mar 24 août 2004
un jour j’étais amoureuse. d’un homme, hein, bien sûr (bon, d’une femme aussi un jour mais c’est une autre histoire). lui, il vivait au canada, et moi, en suisse. au commencement, on s’écrivait des lettres. des vraies, à la main, avec le timbre et les petits coeurs et autres petits gribouillis qu’on peut faire sur papier. un mois il m’écrivait, et le mois suivant je suis écrivais. pendant quatre ans, on a fait ça. ensuite, je suis allée lui rendre visite pour la première fois et lui aussi est tombé amoureux de moi. et pendant 2 ans je suis allée le voir au canada, il est venu me voir en suisse, on se téléphonait, on s’écrivait, on s’aimait, on s’attendait, on se manquait. et puis c’était fini, le chili l’avait adopté.
un jour, j’étais amoureuse d’un homme (nan mais arrêtez, la femme c’était beaucoup plus tard!). lui, il vivait pas très loin de chez moi, en fait, tout près de l’université où on prennait tous les deux des cours d’informatique. et puis il était suisse-allemand. on fait tous des erreurs dans notre vie, hein. et elle, elle était finlandaise et elle l’aimait encore, alors bien sûr c’était compliqué notre affaire et puis on se téléphonait, on s’embrassait, on s’attendait, on se quittait, on se retrouvait au cours d’informatique, on se manquait, elle le reprennait. et puis c’était fini aussi, elle l’avait repris pour de bon.
un jour, j’étais amoureuse d’un homme (haha, celui-là c’était après la femme, mais je vais pas écrire un roman, hein, bon alors ça suffit!). lui, il avait 19 ans, et moi, j’en avais 27. lui, il apprenait l’anglais, et moi, je l’enseignais. lui, il aimait les fêtes et la musique et le cinéma. et l’armée. moi, j’aimais les livres, la mer, et le silence. et pas l’armée! mais je croyais que les choses pouvaient changer, et qu’est-ce qu’on s’aimait! on rigolait, on vivait éperduement, on s’embrassait, on se disputait, on se rabibochait, on s’aimait, sans jamais avoir assez l’un de l’autre. et puis je me suis fait virer de mon université, je suis partie en suisse, et lui en equateur. et puis c’était fini, il était tombé amoureux d’une architecte. ça arrive.
un jour, je voudrais que quelqu’un m’aime maintenant, ici, entièrement. pas par lettre, pas par téléphone, pas par e-mail, pas parfois, pas avec une autre, pas peut-être, pas ailleurs, pas dans 2 ans. ici. entièrement. maintenant. juste pour voir…
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