jeu 25 août 2005
Ladies and gentlemen, je dois vous faire des aveux bien tristes: je suis naze! Epuisée jusqu’à l’os, la corde, la moëlle, et le coeur d’artichaut. J’ai du jus de navet dans les veines, les muscles réduits en confiture, les os tout fondus, le cerveau en bouillie, et l’énergie d’un calamar neurasthénique échoué sur une platforme d’exploitation d’ydrocarbures par temps de canicule. En un mot comme en mille, j’ai l’impression d’avoir passé sous un rouleau compresseur.
Je lisais ce soir un vieux post qui date du 30 avril, à la fin du semestre de printemps… et où je faisais une liste de tout ce que je devais faire cet été. Et bien je l’ai fait, tout ça… à part bronzer et dormir! Je n’ai pas arrêté. Même pendant mes 10 jours en France en juin, je n’ai pas arrêté de bosser sur une demande de bourse que je devais envoyer quelques jours après, et en plus, avec la débacle familiale qu’on connait, on ne peut pas vraiment dire que ça ait été des vacances. Le reste de l’été, j’ai bossé à fond sur ma recherche, écrit 3 articles, dont deux qui ont déjà été acceptés, préparé et présenté deux présentations de conférences, lu des tonnes et des tonnes de bouquins et d’articles, me suis occupée de l’association dont je suis la présidente (budget, etc.), écrit cinq « proposals » pour des conférences de l’année prochaine, préparé deux nouveaux sites internet pour les deux cours que j’enseigne cet automne, suis allée dans le Michigan, le sud de l’Indiana, le Wisconsin, Paris, l’est de la France, la Belgique, le sud de la France, et l’Ouest de la France, ai appris deux ou trois trucs sur les statistiques, ai appris des tonnes de trucs pas faciles en psychologie, ai pris des tas de cours pour savoir me servir d’Excel, trouvé 40 directeurs d’écoles d’anglais qui ont accepté de participer à mon projet, envoyé 30 dossiers à 30 universités pour qu’ils acceptent que j’y fasse ma recherche, fini par me trouver un nombre totallement inconnu de participants dans une vingtaine d’écoles, écrit trois questionnaires, les ai testés et fait traduire en 12 langues différentes (traductions dont j’ai reçu la facture ce matin: $2050,28), ai envoyé ces questionnaires avec des lettres individuelles, des timbres (j’ai réussi à dépenser pour plus de $600 de timbres en deux jours!!), des étiquettes à mon adresse, et des enveloppes de retour de courrier à ces 20 écoles… lundi dernier…
Et là, au moment où on pourrait croire que je peux enfin respire deux minutes en attendant les réponses des participants, ben non. Les cours ont repris et j’ai beaucoup d’élèves, des pas faciles, et dont je devrai lire et noter des papiers de 5 pages chacun chaque semaine. Et ce soir, je suis allée à mon premier « job search meeting, » qui est une réunion pour apprendre comment chercher du boulot… et je dois dire que je suis complètement découragée. Cette semaine, il faut donc que je révise mon CV, finisse d’écrire une lettre de motivation (je suis trop nulle pour ça!!!), écrive un résumé de ma thèse, écrive un « teaching philosophy » ou explication sur ma façon d’enseigner, écrive des emails aux 4 personnes qui ont promis de m’écrire des lettres de recommendation pour leur demander de le faire rapidement, demande des « transcripts » (lettre officielle des écoles où je suis allée qui expliquent quels cours j’ai passé et les notes reçues) à deux universités, et écrive un « writing sample » de 20 pages pour montrer comment j’écris mal parce que je n’ai pas encore de bonnes publications. Et dès le début de septembre, des centaines d’offres d’emplois seront envoyées par des centaines d’universités, et il faudra que je les trouve et y réponde… Le temps qu’il faut passer pour répondre à UNE (un?) offre d’emploi est entre 8 et 10 heures. Le nombre de réponses qu’il faut envoyer, en moyenne, pour se faire inviter à 2 interviews dans les universités et finalement recevoir UNE offre d’emploi (si on a beaucoup de chance!), est de 40.
Je peux pas. Ce soir, je peux pas. Je suis trop naze!
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