Archives de septembre 2005


A quel légume suis-je en train de devenir de plus en plus allergique?

Indice: c’est un légume que j’adore et dont j’ai parlé plusieurs fois sur ce blog!

Bientôt je ne pourrai plus manger que des bananes si ça continue comme ça! (Oui, les mûres sont confirmées, j’y suis vraiment devenue allergique récemment, c’est une tragédie!).

Vous auriez dû me voir l’autre jour chez ma soeur, quand j’ai trouvé de jolies figues fraîches… j’en dégustais la moitié d’une et ensuite il me fallait boire trois verres d’eau et attendre une heure avant que ma langue et ma gorge désenflent et que je puisse manger la deuxième moitié!! Mais que c’était bon!!! Je crois que j’ai réussi à en manger 3 en une journée!!

Lundi et jeudi matins c’est poubelles, et la pauvre Sosso est terrorisée!

Mardi et samedi matins, avec le retour de ça…

… c’est ça, juste sous mes fenêtres, pendant des heures:

… jusqu’aux premières neiges…

- Vais-je avoir assez de papier « letterhead » (à en-tête?) de Purdue pour écrire toutes mes lettres de candidature étant donné que j’en reçois environ trois feuilles par semaine et qu’il faut que j’envoie environ 50 lettres de candidature ce semestre?

- Etant donné que je peux demander 10 feuilles avec le « watermark » (?) de Purdue par jour, que mon CV fait huit pages, et que mes lettres de candidatures utilisent une page à letterhead et une page watermarked, combien de dossiers de candidature est-ce que je pourrai envoyer ce semestre si j’imprime mon CV sur du papier watermarked?

- Est-ce que les feuilles watermarked vont bien passer dans mon imprimante ou est-ce que je devrais plutôt utiliser les imprimantes à l’école?

- Dans quel sens est-ce que je dois mettre le papier watermarked et à en-tête de Purdue pour que le watermark se lise à l’endroit et que l’en-tête soit en haut et sur le dessus de la page, avec mon imprimante et à l’école?

- Dans quel ordre les pages d’un document à pages multiples vont-elles être imprimées par mon imprimante et par celle de l’école? (ces deux dernières questions sont particulièrement méchantes, parce que les réponses sont différentes pour mon imprimante et celle de l’école!).

- Est-ce que je pourrais imprimer les articles sur des feuilles watermarked ou bien est-ce que c’est du gâchis et je ferais mieux d’utiliser du papier cher mais qu’on peut acheter dans le commerce?

- Qu’est-ce qu’il y a de bien comme papier de qualité qui ne me coûtera pas les yeux de la tête, qui passera bien dans mon imprimante, qui ne sera pas trop lourd à envoyer, et qui donnera quand même une impression de « classe »?

- Quelles enveloppes est-ce que je peux utiliser pour que ça fasse le plus sérieux possible, étant donné que les petites enveloppes sont facilement imprimables avec mon imprimante à la maison, les enveloppes moyennes peuvent utiliser des « labels » (étiquettes que j’imprime moi-même à la maison, ça fais sérieux), mais les grandes enveloppes n’ont pas l’en-tête officiel de Purdue?

- La différence entre un impression « de qualité » et une impression « normale » sur mon imprimante est-elle une question de vitesse d’impression, seulement, ou bien aussi une question de quantité d’encre utilisée par pixel par millimètre?

- Etant donné que mes articles sont longs et que certaines écoles en veulent des copies et que donc je dois utiliser les grandes enveloppes (sans en-tête officiel de Purdue) pour envoyer mes dossiers à ces écoles, est-ce que je ne devrais pas utiliser du papier watermarked pour imprimer les articles et mon CV?

- Si j’imprime mon CV (8 pages) ET mes articles (16 pages au moins) sur le papier watermaked de Purdue et que je ne peux en avoir que 10 feuilles par jour, combien de dossiers de candidature est-ce que je vais pouvoir envoyer ce semestre?

- Qu’est-ce qui est le plus lourd, et donc le plus cher à envoyer? Le papier avec le watermark de Purdue ou bien le papier de qualité et cher du commerce?

- Est-ce que c’est mieux d’imprimer les « graphs » de mes articles en couleur ou bien en noir et blanc? Lequel fera le plus sérieux?

- Etant donné que la secrétaire qui est supposé distribuer les 10 pages de papier watermaked par jour n’en a plus elle-même et que sa commande semble vouloir prendre du temps, sur quoi est-ce que je vais imprimer mes lettres de candidatures dans les jours à venir?

- Est-ce que mes lettres de recommendations, envoyées directement depuis le département, sont photocopiées sur du papier de qualité? Avec le letterhead de Purdue? Le watermark?

- Pourquoi est-ce que tous ces gens, qui vont refuser mes candidatures de boulot, ne peuvent pas lire des lettres et des CV et des articles imprimés du papier pourri et pas cher comme tout le monde???

(le premier qui peut me dire ce que c’est que cette bestiole et ce que signifie ce logo aura toute mon estime!!!)

miss lulu: ah tiens, on est vendredi (samedi), ça serait chouette de faire quelque chose, ce soir…

miss lulu: oui allez, il serait temps que tu bouges ta graisse de temps en temps, tu fais jamais rien!

miss lulu: ben oui je sais, mais je suis bien chez moi, dans mon lit, avec un bon film et sosso sur le bide!

miss lulu: haha, laisse-moi rire! t’as jamais assez de tune pour te louer des films et tu regardes toujours les mêmes vieux trucs!

miss lulu: ouais… mais c’est des bons films quand même! mais bon c’est vrai…

miss lulu: tu sais très bien que j’ai raison! allez, fais quelque chose de toi, sors, vois des gens, va au cinoche, au restau, au concert, au théâtre, merdeàlafin!

miss lulu: oui oui oui… mais il pleut en plus, pis y’a pas de théâtre ou de concert, et l’essence est tellement chère que ça me fait râler de devoir retraverser la ville!

miss lulu: toujours des excuses! allez, fais-toi plaisir de temps en temps, tu as bien bossé cette semaine, tu mérites un petit moment sympa.

miss lulu: ouais c’est vrai! je pourrais aller dans un restau sympa, commander des tas des trucs délicieux, et les manger en corrigeant les copies de mes élèves…

miss lulu: ou tu pourrais lire un livre DROLE et INTERESSANT que TU choisis, pour une fois…

miss lulu: nan, pas le temps, faut vraiment que je corrige ces copies. sinon faut que je numérote tous ces questionnaires, mais là ça serait le boxon sur la table du restau…

miss lulu: pfff… toi alors, t’arrives toujours avec 150 trucs et c’est le fourbi partout et je suis sûre que tous les restaurateurs de la ville te connaissent!

miss lulu: et alors? ça me va très bien, qu’est-ce que tu veux que je fasse d’autre? regarder les autres clients manger? merci bien!

miss lulu: tu pourrais sortir avec quelqu’un, tu sais, ça se fait ce genre de truc, chez les gens normaux, avoir une conversation agréable tout en mangeant, et passer une soirée sympa en bonne compagnie…

miss lulu: mouais… et avec qui je pourrais faire ça, hein?? je veux pas sortir avec des mecs, et d’ailleurs j’en connais aucun de bien et pas déjà marié, et les trois filles que je connais sortent toutes avec leurs mecs à elles, alors!

miss lulu: skeuté chiante parfois! allez, on cause on cause, mais il est déjà presque 9 heures du soir et tout ferme à 10 heures dans ton bled, alors bouge-toi! va au restau avec tes fichues copies et basta!

miss lulu: ouais mais dans quel restau? franchement, outback j’y vais tout le temps et il fait froid, c’est sombre, et j’ai promis de plus manger de viande. heisei c’est trop loin et trop cher. olive garden c’est pas vraiment bien. khana khasana j’y vais déjà tout le temps, bientôt la proprio va me mettre un lit de camp dans la cuisine si ça continue. tous les autres trucs de la ville sont soit des mexicains pas terribles, soit des steakhouses, soit des fastfoods!

miss lulu: …

miss lulu: …

miss lulu: … ouaip, t’as raison, y’a vraiment rien de potable dans ton bled! mais quel trou, aussi! qu’est-ce que t’es venue faire ici ma pauvre??

miss lulu: …

miss lulu: … allez, merdeàlafin, faut que tu te casses d’ici, c’est plus possible, c’est la dèche, y’en a trop marre du champ de maïs, il est temps que tu ailles dans un coin civilisé!

miss lulu: ouais… en attendant, je vais aller finir le reste de glace à la pistache et regarder un vieux film pour la quinzième fois avec sosso sur le bide!

miss lulu: ptain quelle faignasse celle-là! … … bon… … ben alors apporte la glace rhum-raisins, hein, tant que t’y es! allez sosso, raboule!

En classe, cette semaine, on travaille à se créer un curriculum vitae digne de ce nom! C’est pas facile. Les CV américains ne ressemblent pas du tout à ceux d’autres pays. Il faut aussi bien connaître la différence entre un « CV » (long, complet), et un « résumé » (en français dans le texte! De deux pages maximum, avec seulement les choses les plus importantes sur sa vie professionelle). Et en plus, chaque discipline a ses propres règles. On cogite sur les catégories qu’on peut utiliser dans un CV…

élève 1: Education!

miss lulu: Bien, et quoi d’autre?

élève 7: Le noms de références qui peuvent nous écrire des lettres de recommendation?

miss lulu: Oui, bien, dans un CV on mettra le nom, l’adresse, et le numéro de téléphone de chaque référence. Dans un résumé on mettra simplement les noms ou bien « References available upon request. » Autre catégorie, à mettre dans son CV?

élève 4: Expériences de travail!

miss lulu: Très bien, ça c’est vraiment important bien sûr! Et qu’est-ce qu’on peut mettre d’autre, comme catégorie sur son CV? Pensez à quelque chose qu’on reçoit…

élève 2: Heu… les mentions et les récompenses (« awards »)?

miss lulu: Oui, ça c’est très important aux Etats Unis! Tout le monde a des awards. Si vous n’en avez pas, commencez à y penser. On doit souvent envoyer sa propre candidature pour ce genre de chose, ça vient rarement tout seul. Maintenant pensez à quelque chose d’autre qu’il est encore plus difficile de recevoir (je pense aux fameuses « grants » (bourses de recherche) américaines) et qu’on peut mettre dans son CV…

élève 6: Les prix Nobels!

huhuhuh!

Non mais pourquoi pas après tout!? Même les Prix Nobels ont été à l’école! Ces jeunes ont de l’ambition: peut-être qu’un jour je pourrai dire que j’ai été la prof d’un Prix Nobel :)

Allez, zou, on va faire une petite marche pour prendre l’air frais et s’oxygéner les neurones au lieu de rester planté devant l’ordi!

Une de mes lectures préférées, quand j’étais gamine, en plus de La Petite maison dans la prairie (les bouquins, pas la série télévisée, la télé n’existait pas à l’époque), c’était Treize à la douzaine. C’était la vraie histoire d’une famille de 12 enfants, écrite par deux de ces enfants, et dont le père, Frank Gilbreth, est ingénieur industriel et invente plein de trucs géniaux pour faire gagner du temps à sa progéniture (surtout dans la salle-de-bain). Il utilisait aussi ses enfants pour des tas d’expériences bizarres et marrantes. Ce qui est drôle, c’est qu’il n’y a pas longtemps de ça, je me suis souvenue que plusieurs des enfants Gilbreth étaient allés à Purdue, et que Lillian Gilbreth, la mère, à la mort de son mari était devenue prof en génie industriel à Purdue (et est une des premières femmes à avoir obtenu un doctorat d’ingénieur!). Avec Armstrong (pas le cycliste, Neil) et Amelia Earhart, c’est une des célébrités de l’université! J’ai aussi appris que le système d’autoroutes utilisé aujourd’hui en Indiana avait été conçu, entre autre, par Frank Gilbreth. J’ai dû être profondément influencée par ce livre, sans m’en rendre compte, et c’est pour ça que j’ai choisi de venir étudier à Purdue!

Bref, ce que je voulais raconter c’est que les Gilbreth avaient un « homme à tout faire » un peu fou et qui s’appelait Tom. Tom avait un chat à qui il avait appris à sauter sur son dos quand il ouvrait la porte du frigidaire, pour aller sur le dessus du frigidaire boire son lait qui l’y attendait. Tout allait très bien dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que Madame Gilbreth décide un jour de passer à la télévision (ils étaient vraiment célèbres!) et de montrer sa cuisine. Elle ne savait rien cuisiner, mais pour l’occasion elle avait décidé prétendre faire une tarte aux pommes en directe devant les caméras. Et bien sûr, au moment où elle a ouvert le frigidaire pour prendre le beurre, le chat de Tom, bien dressé, lui a sauté sur le dos et elle a hurlé de peur et tout laissé tomber par-terre devant l’Amérique entière.

Le souvenir de cette aventure m’est revenu ce soir, alors que je me disais que j’avais élevé une vraie tigresse! A peine suis-je dans la cuisine que Sosso arrive en courant, et elle saute sur mes genoux, sur le comptoire de la cuisine, dans le frigidaire, n’importe où où il peut y avoir de la nourriture! Elle attend impatiemment que je lui donne un petit bout de fromage, une assiette à lècher, un peu de glace rhum-raisin, des pâtes au pesto, du gratin d’aubergines, bref, d’absolument tout et n’importe quoi. Il n’y a rien qu’elle n’aime pas, à part la soupe micro-onde thailandaise.

En suivant l’exemple de célebrités avant elle, telles que Fifi brindacier, Suzie risquetout, et Dora l’exploratrice (admirez la culture!), j’ai bien peur que ma p’tite Sosso soit en phase de devenir Sosso la terreur!

fridge.jpg

Heureusement que je n’ai aucune intention de passer à la télé, moi ;)

Parfois, il faut bien l’avouer, je suis vraiment bête. C’est rare, mais ça arrive. Mais aujourd’hui, je me décerne la palme d’or de la bêtise! Bon, puisqu’il faut bien se trouver une excuse, je mets ça sur le compte de mon stress particulièrement stressant ces jours-ci…

Bref… j’avais donc rendez-vous à 10:30 du matin dans une certaine université qui s’appelle North Park University. C’est pas compliqué, hein, surtout que j’avais le plan du campus! Alors pour être sûre, j’ai regardé une carte sur internet et j’ai noté plein de directions dans tous les sens… et puis je suis partie!

D’abord, il faut que je vous dise que Chicago, c’est le bordel intégral! Sérieusement!! D’habitude je prends l’autoroute 90 qui est payante mais supposée être « bien »… et c’est toujours le merdier total. Donc cette fois-ci je me suis dit que ça suffisait de payer des milles et des cents pour des cacahuettes et que j’allais plutôt prendre la 80… qui est en plus mon autoroute favorite au monde parce que si je la conduis toujours tout droit pendant quelques jours, j’arrive en Utah :) L’avantage de la 80, c’est qu’elle est gratuite… mais c’est toujours le merdier total! Des travaux dans tous les sens, des camions en veux-tu en voilà et qui conduisent comme des fous, des embouteillages à n’en plus finir… bref… heureusement que c’était gratuit! Chicago: à éviter!

Donc, premièrement, je n’ai pas du tout suivi les directions parce que je prennais plein de photos alors je ne faisais pas pas vraiment attention à où j’allais… mais c’est tant mieux, parce que grâce à ça j’ai pris des jolies photos! Deuxièmement, les directions que j’avais écrites étaient pour une autre université, l’université de l’Illinois à Chicago… donc ouf que je ne les aie pas suivies… quoi que… et troisièmement, quand après QUATRE heures de route je suis enfin arrivée là où je pensais devoir aller, je me suis rendue compte que ce n’était encore une fois pas la bonne université. C’était NorthWESTERN et non pas North PARK où je devais aller! Mais je suis conne moi ou quoi???

Conclusion de l’affaire, je suis arrivée en retard de 30 minutes à mon rendez-vous, qui, si vous me connaissiez, sauriez que ça ne m’est JAMAIS arrivé d’être autant en retard que ça. Même en général, si je suis moins que 10 minutes en avance, j’ai l’impression d’être en reard! Ptainbordeldemerde! La honte que je me suis prise!!! Heureusement que le monsieur était gentil et que j’ai pu faire ce que j’avais à faire, quand même (pipi, en fait, en premier, parce qu’après quatre heures de stress pendant lesquelles je suis sûre que tout Chicago m’a entendu gueuler I HATE MY LIFE!, les pipirooms étaient plus que bienvenus!!). Finalement, tout est bien qui fini bien… et c’était pareil au retour, j’ai eu du mal à sortir de ma voiture tellement l’envie était pressante… huhuh… bref… (ben oui, je déteste m’arrêter dans les aires de repos sordides, et y’a pas de macdo entre Chicago et Lafayette alors bon, faut attendre…).

Tout ça pour dire que … je suis une vraie patate! Et que les toreaux c’est les Chicago Bulls (équipe de basketball), les Ours c’est les Bears (football américain), les oursons les Cubs (baseball), et les chaussettes blanches c’est les White Socks (encore du baseball), et que toutes ces équipes viennent de Chicago! Et que j’ai plein de photos pour vous (j’obéis à mes lecteurs, moi)!! Cliquez sur celle-ci, et ensuite cliquez sur chaque photo pour la voir en plus grand! Bonne visite :)

Eh oui, je quitte mon champ de maïs! Pour combien de temps? Pour aller où, très précisemment? Et pourquoi? Voilà tout plein de questions qui vous garderont occupés jusqu’à mon retour ;)

Je vous donne quand même un indice: dans la ville dans laquelle je vais il y a des ours avec leurs bébés, des taureaux, et des chaussettes blanches, entre autres… (oh elle est vraiment trop facile celle-là, les expats et mes frangines n’ont pas le droit de jouer, et si vous trouvez, donnez une chance aux autres, huhuh). Et l’endroit précis où je vais se situe sur trois rues parallèles qui ont des noms d’étendues d’eau célèbres.

A très bientôt :) … et soyez sages!

PS. tout à l’heure, je me suis demandée quelle heure il était en France pour savoir jusqu’à quelle heure ptiruisso ose blogger, et quand j’ai regardé l’horloge sur mon blog, je me suis dit « ah, il est 2 heures du français » (au lieu de 2 heures du matin!).

… OK je me casse!

Ma copine Karen et moi sommes allées voir un film, aujourd’hui. En ressortant, j’ai dit « et maintenant qu’on est bien déprimées, retournons à notre vie de tous les jours pour nous sentir mieux. » Ma copine Karen a dit « c’est marrant, certaines personnes vont au cinéma pour rire et fuire la dure réalité de la vie de tous les jours. Nous, c’est le contraire. On va voir des films déprimants sur la vraie réalité de la vie, et ensuite, pour s’en échapper, pour se sentir mieux, pour oublier, on retourne dans notre vie de tous les jours tellement plus facile. » Et c’est vrai. Quand bien même on pourrait croire que notre vie est horriblement difficile, quand on y pense, et quand on la compare à la vie de la majorité des gens sur cette planète, notre vie est un vrai film sympa et rigolo qui nous permet d’oublier ce qui se passe dans le reste du monde.

C’est sûr qu’avec ma copine Karen, on ne va pas voir des films toujours rigolos. On a vu The Motorcycle Diaries, sur la vie du Che, et puis The House of Sand and Fog et Crash, sur le racisme, et puis aussi Hotel Rwanda, sur la guerre civile et l’abandon des noirs par les blancs. Aujourd’hui, on est allées voir The Constant Gardner (La constance du jardinier, en français), de Fernando Meirelles, avec Ralph Fiennes, sur des essais illégaux de médicaments sur la population du Kenya. Toujours la même chose: les riches blancs s’en mettent plein les poches. Les pauvres noirs meurent. Le pouvoir corrompt.

J’ai dit à ma copine Karen, en sortant, que des films comme ça, ça n’est pas toujours utile. En fait, les gens qui auraient besoin de voir ce film pour ouvrir les yeux sur la réalité du monde sont ceux qui ne vont pas aller le voir. Et les gens comme moi, qui ne se font aucune illusion sur la corruption, la haine, le fric, et la bêtise de ce monde, sont ceux qui vont aller le voir et souffrir encore plus de ne rien pouvoir faire pour changer le monde. Comme on dit en anglais: it’s preaching to the choir, c’est-à-dire que ça ne fait que convraincre les gens qui sont déjà convaincus. J’ai pensé la même chose en voyant les réactions des gens à Farenheit 9/11. Les gens qui savent que le buisson maudit est un crétin ne pourront qu’être d’accords avec ce que raconte le film. Les gens qui pensent que le buisson maudit est un dieu ne voudront pas voir ou croire le film et ne feront que de le critiquer bêtement.

Comme dit un critique de film sur The Constant Gardner (et j’ai lu exactement la même chose sur American History X, The Motorcycle Diaries, Farenheit 9/11, Hotel Rwanda, et tant d’autres): « [this movie] is a concoction of paranoia-drenched conspiracy theories and white liberal guilt over Africa that purports to sympathize with the plight of impoverished Kenyans, but whose real agenda is the vilification of evil Western corporations and the celebration of Africa-loving white martyrs. » Eh oui, dès qu’il y a des sentiments, dès que les méchants ne sont pas des extra-terrestres, et dès qu’on ose dire que le pouvoir corrompt et que l’homme blanc a peut-être tord, c’est tout de suite de la « propagande libérale » (au sens américain).

Alors je voudrais bien savoir, et s’il-vous-plaît, aidez-moi à comprendre, parce que là je ne pige vraiment pas: les républicains pensent-ils VRAIMENT que c’est bien de s’en mettre plein les poches en s’en fichant de savoir si les autres souffrent de leur succès? Peuvent-ils VRAIMENT être aveugles au point de refuser de voir ce qui se passe autours d’eux? Pensent-ils VRAIMENT que la misère du monde n’existe que par la faute des pauvres et des miséreux? Croient-ils VRAIMENT que leurs actions n’ont aucune conséquence sur la vie des gens autour d’eux? Sont-ils VRAIMENT naïfs au point de croire que les politiciens et les corporations internationales sont sincères et ne veulent que le bien du peuple? Ont-ils VRAIMENT un coeur si dur qu’ils peuvent rester sourds face aux cris de détresse du monde?

Ou bien c’est moi qui suis vraiment conne de laisser mes larmes couler devant un tel film, d’oser croire que ce qu’il raconte n’est pas entièrement faux, et d’avoir l’audace de penser que ce monde n’est pas tout beau tout gentil? Je ne comprends pas.

Quand les habitants d’Ann Arbor se donnent du mal pour peindre de jolies bornes à incendit aux couleurs de Vincent Van Gogh ou Keith Haring, certains français, eux, trouvent leur inspiration ailleurs…

Merci FreZ ;)

miss lulu et ses élèves:

miss lulu: Alors, racontez moi comment vous avez appris l’anglais.

élève 1, de Corée: Ben moi j’avais un prof super méchant et difficile, mais maintenant je suis contente, parce que grâce à lui, j’ai bien appris l’anglais.

élève 3, de Chine: Moi j’ai toujours détesté l’anglais et j’ai toujours eu des mauvaises notes.

élève 4, de Taiwan: Alors moi, j’ai surtout appris à lire et écrire en anglais, à l’école, et quand je suis arrivée ici je ne pouvais pas dire un mot d’anglais et je ne comprennais rien de ce que les gens disaient.

élève 7, de Chine: moi j’avais un ami qui parlait très bien anglais. Un jour, je lui ai demandé comment il faisait, et il m’a dit qu’il prennait des notes sur tout ce que disait le prof mais aussi ses gestes, ses intonations, etc. C’était une vraie révélation, cet ami a été une inspiration pour moi.

miss lulu: Alors grâce à cet ami, tu as commencé à prendre des bonnes notes en cours?

élève 7: non, à la fin de chaque cours d’anglais je photocopiais ses notes!

miss lulu: Racontez-moi pourquoi vous étudiez ce que vous étudiez ici.

élève 2, doctorant en « civil engineering »: Moi, je voulais devenir écrivain, mais mes parents voulaient que je sois un ingénieur, alors j’ai dû leur obéir. Maintenant je fais de la recherche sur l’asphalte.

élève 4, doctorante en « electrical engineering »: J’adore la photographie, et je veux être photographe un jour. En attendant, je travaille sur les appareils photos numériques.

élève 5, doctorant en « computer engineering »: J’ai toujours été fasciné par les ordinateurs et je veux les rendre plus rapides et plus performants.

élève 7: doctorante en « mechanical ingineering »: Quand j’étais petite, je lisais des histoires de science fiction sur des voitures qui se conduisaient toutes seules… et mainenant, je travaille à ce que ça devienne une réalité.

élève 9: doctorant en « entomology »: Dans une classe de biologie de ma jeunesse, un de mes profs nous a montré qu’on pouvait manger certains insectes. Ce jour-là, j’ai décidé d’étudier les insectes. J’étudie ceux qui ont le meilleur goût comme ça je peux toujours en manger quelques uns au passage!

Cliquez sur l’image pour voir le reste de la bédé…

PS. Dommage que le ridicule ne tue pas…

Certains et certaines auront probablement pensé que ce post n’avait été écrit que dans l’intention de faire remonter des statistiques dignes d’un mois d’août bien trop vide et calme, ou d’attirer les les jeunes hommes… Et puis il y aura ceux qui ont vu le 1 du titre et se seront dit que peut-être, à part les petites culottes, il y avait anguille sous roche. Eh bien anguille sous roche il y avait, en effet!

J’imagine que mes chers lecteurs auront surtout regardé les images… et passé moins de temps à faire une analyse du texte qui les précédait. Pourtant, au détours de ces quelques mots, il y avait beaucoup de choses que j’aurais voulu dire sans y arriver. Beaucoup de sentiments et d’émotions cachés au creux de ces phrases anodines. Mais l’histoire n’était pas facile à raconter… et même aujourd’hui, après plusieurs semaines, je ne sais toujours pas bien mettre les mots sur tout ce que je ressens.

L’histoire remonte à un certain soir de juin. Ce soir-là, je suis allée à mon premier Paris Carnet et j’y ai rencontré Ebb. Avec elle et Racontars, nous avons longuement parlé du système de santé publique du Canada, et Racontars nous expliquait qu’une amie était morte d’un cancer à cause de la lenteur du sysème. Pas la joie. Et imaginez ma surprise quand, le soir-même, nue devant mon ordinateur par une chaleur toujours écrasante à passé minuit et en train de raconter cette soirée sur mon blog, je me suis soudain rendue compte que j’avais quelque chose de rond et dur et pas tout à fait normal à l’intérieur de mon sein gauche!

Si cette nuit-là j’ai surtout réfléchi, au lieu de dormir, les jours suivants n’ont pas été trop difficiles, parce que j’avais pris une décision: si c’est quelque chose de grave, je ne le dirai jamais à personne! Et en même temps, je savais que toute ma vie n’a été qu’un miracle de survie d’un problème après l’autre, donc je savais que ce ne serait pas grave. Mais quand même. Ca faisait mal, en plus, surtout pour moi qui ne dort que sur le ventre! Après quelques jours, j’en ai parlé à mes soeurs, mais elles savaient que c’était un secret.

A mon retour aux Etats Unis une semaine plus tard, je suis allée voir un médecin qui m’a envoyée faire des ultra-sons… cinq semaines plus tard! Et après ça, on se plaint au Canada! Inutile de vous dire que mes mois de juin et juillet n’ont pas toujours été faciles, même si au fond de moi je savais que ça ne pouvait pas être grave. Ce qui est intéressant, c’est que j’ai commencé à avoir des pensées qui m’étaient tout à fait inconnues jusqu’alors. Je me suis dit que je ne voulais pas aller faire ces ultra-sons, que je ne voulais pas qu’on me tripote, me pique, me regarde, me détaille, me trafique, me palpe, me tripatouille, et me fasse mal. Et surtout, pire que ça, je ne voulais pas qu’on puisse atteindre à la beauté de mon petit sein joli!

Oui je sais, c’est con à dire comme ça, mais je les aime bien mes seins, moi. C’est même une des seules choses dont je suis fière, une des seules choses qui ne soit pas mal foutue chez moi, une des seules choses qui n’a jamais eu de problèmes! Et surtout, surtout, c’est ma féminité! Je ne m’habille pas particulièrement joliement, je ne mets pas de maquillage, je porte rarement des chaussures à talons, mes cheveux sont souvent en gros chignon quelconque… mais mes seins sont toujours là, eux, mignons, petits certes, mais une preuve certaine que je suis une femme et que même si je cache bien mon jeu, j’ai parfois envie d’en profiter. Le reste de moi est fort peu intéressant, moche même, parfois, et douloureux ou trivialement négligeable. Le reste de moi s’est aussi fait charcuter un certain nombre (inconnu) de fois, jusqu’à ce que ça devienne normal. Allez-y, coupez, collez, endomagez, tailladez, rafistolez, cousez, trafiquez tout ce que vous voudrez chez moi, mais ne touchez pas à mes nichons! Ne touchez pas à cette femme en moi! Voilà ce que j’ai pensé pendant ces cinq semaines. Je me les garderai intactes jusqu’au bout, mes seins! Je resterai une femme!

Comme je l’avais prévu, ce n’était rien de bien grave. Qu’un simple kyste enflammé qu’il a été intergalactiquement infiniment bigrement douloureux de vider (mais très intéressant à regarder, il faut bien l’avouer). Et qui n’est pas revenu depuis. Mais mes pensées restent les mêmes. Si on m’avait parlé d’une telle histoire il y a quelques mois de ça, j’aurais dit bah, mais c’est rien, c’est pareil de se casser un bras et de se faire aspirer le kyste d’un sein! Mais cet été, j’ai réalisé que non, c’est TRES différent! Un bras est un bras, mais un sein représente quelque chose de plus intime, de plus profond, de mythique, presque. Si un bras fait partie du corps humain en entier, le sein, lui, fait partie de la féminité, de l’identité, du mystère que sont les femmes, des tréfonds de nos sensations secrètes et profondes. Si vous ne me croyez pas, touchez le bras d’une femme… et puis touchez son sein… et vous comprendrez!

Ce fameux post parlait de ce dont on peut orner ses seins, de cette « façon agréable de se sentir jolie, de se sentir une « vraie femme, » de porter des jolies choses, même si personne (ou presque?) d’autre que moi ne peut le voir. » C’est peut-être ridicule, surtout qu’on ne pense pas souvent de cette façon et à ce genre de détails, et puis je n’ai pas les bons mots pour le dire, mais être une femme ce n’est pas qu’une questions d’apparence extérieure, de voix plus aigüe ou de cheveux plus longs. C’est aussi se sentir femme, se savoir femme, et s’affirmer femme, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Mais où est donc Ornicar???

PS. nan mais c’était pour rire parce que j’avais Sosso dans les bras donc je n’avais qu’une main de libre pour écrire… en fait je voulais vous demander laquelle de ces bornes est votre préférée :) Moi j’aime la petite vache… et la bleue et rouge avec le soleil.

PPS. Ah zut, j’ai oublié de dire que quelques unes de ces photos n’avaient pas été prises par moi mais par Astrid. En plus c’est grâce à elle que Diane a remarqué ces magnifiques oeuvres d’art et m’en a parlé et que ma chtite soeur et moi sommes allées à leur recherche (pas d’Astrid et de Diane, des bornes, faut suivre)! C’était pas facile, hein, on a failli avoir 15 accidents!! Mais je l’ai mise où ma tête, moi, aujourd’hui???

PPPS. Pasfolle est revenue, l’avez-vous vue???

Chers professeurs du département d’anglais,

Nous avons une trentaine d’élèves d’universités de la Nouvelle Orléans qui sont déjà arrivés à Lafayette et West Lafayette et qui ont été tout de suite admis à Purdue. Veuillez nous envoyer un email pour nous dire si vous pouvez accepter un ou deux élèves dans vos classes. Nous nous attendons à recevoir plus d’élèves des régions touchées par Katrina dans les prochains mois. Merci d’avance pour votre aide,

Purdue University.

combien???

où???

Pour essayer d’oublier ce qui se passe dans le monde, les morts, les mensonges, la détresse, la violence, la peur, la bêtise, la solitude, la haine, la misère… et le fait que je ne puisse rien y changer. Je parlerai de ce qui se passe en ce moment dans ce pays un autre jour, quand j’arriverai à mettre des mots sur ma rage et ma tristesse.

qui???

comment???

pourquoi???

PS. Demain, plein de photos de… … … quelque chose de tas de couleurs différentes, qui a à voir avec l’eau, les gros camions, et qu’on trouve à chaque coin de rue d’Ann Arbor. Carte postale de champ de maïs à celle ou celui qui trouve ce qui sera sur ces photos :)

Pendant ma première année dans mon champ de maïs, il y a trois ans de ça, je me suis faite un ami. Plus jeune que moi, sympa, assez intelligent, marrant. Il venait d’un monde complètement différent du mien et j’étais vraiment heureuse de l’écouter me raconter sa vie, ses expériences, et la réalité de la vie d’un étudiant universitaire du midwest: drogues, fraternités, fêtes, copines, tricheries, bêtises, alcool, cours, famille, et toutes ces choses si typiques d’un campus universitaire américain et que je n’ai jamais vécues mais que mes élèves vivent au jour le jour. Moi, je lui racontais mon travail, mes livres, ma recherche, mes voyages, mon ennui.

Pendant quelques mois, nous avons donc beaucoup papoté, assis dehors au soleil, par email, ou en mangeant le sandwiche de midi. Et c’était bien. Pas romantique, hein, mais très sympa. Mais petit à petit, les choses ont changé, tout doucement d’abord, et puis trop rapidement ensuite. Il n’aimait pas le fait que j’étais prof, que je pense que les drogues et l’alcool n’étaient pas la meilleure façon de vivre, que j’avais de l’autorité sur mes élèves, que j’étais plus âgée, et encore plein d’autres choses que je n’ai comprises que bien plus tard. En gros, il a commencé à penser que j’étais une snobinarde bien pensante et moraliste. Il avait sûrement raison, mais sa façon de me le montrer a dérapé d’une façon spectaculaire. Très vite, il a commencé à me sortir « mes quatre vérités, » a me dire que j’étais vraiment trop nulle, trop conne, trop chiante, trop bête, trop « jugemental » comme on dit en anglais… Et puis il m’a envoyé des messages où il me disait que j’étais une horrible amie, une personne détestable, un être humain abominable… Je sais que j’ai ma part de responsabilité dans cette histoire qui est beaucoup plus compliquée que je ne l’écris ici, mais en gros, je me suis retrouvée avec un type qui m’insultait à chaque fois qu’il le pouvait.

C’était bizarre, comme sensation. Au début, je me disais qu’en effet j’étais une fille horrible et une vraiment mauvaise amie, et que si les choses se passaient mal c’est que j’avais dû faire quelque chose de mal. Chaque fois qu’il me sortait quelque chose qui m’enfonçait un peu plus, je me disais que je l’avais sûrement mérité ou bien que mieux vallait avoir un ami comme ça que pas d’ami du tout. Moi qui n’ai jamais compris que des femmes puissent rester dans des relations violentes, moi qui me suis toujours dit « je ne me laisserais jamais faire comme ça, je partirais, je me batterais, je n’accepterais jamais de me faire traiter comme ça! » je me suis réveillée un jour, environ cinq mois plus tard, et je me suis rendue compte que si, je m’étais laissée faire, et sans me battre, en plus. J’avais laissé un type m’insulter jour après jour, me démolir, me traiter de tous les noms, me dire que j’étais moins que rien, et à chaque fois, je lui avais trouvé des excuses, à chaque fois j’avais pensé qu’il devait avoir raison, à chaque fois je m’étais dit que c’était de ma faute.

Je me suis toujours dit que ça devait pourtant être facile de partir, de claquer la porte, de ne plus jamais revoir ceux qui nous font du mal. Mais cette année-là, j’ai appris que c’était facile de juger les autres! La situation était vraiment terrible, et mes amies me disaient sans cesse de laisser tomber, de porter plainte, d’envoyer le mec valser, d’ouvrir les yeux, merde à la fin! Mais non. Et pourtant je me croyais intelligente et forte. Mais non. Il m’a fallu pratiquement six mois pour me rendre compte de ce qui se passait vraiment. Il m’a fallu ensuite un bon moment pour me pardonner d’avoir été aussi aveugle.

Il n’y a pas longtemps de ça, j’ai été témoin d’abus de ce genre. La même chose: pas physique mais verbal. Les coups ne tombaient pas sur le corps mais sur le moral, l’estime de soi, et la dignité, et chaque mot était envoyé pour enfoncer et détruire un peu plus la personne qui les recevait. C’était là, devant mes yeux, et j’étais tellement stupéfaite de ce que j’entendais que je n’ai même pas volé au secours de la personne qui rapetissait devant mes yeux. Je m’en veux terriblement. Et je me fais aussi beaucoup de soucis pour cette personne que j’aime qui s’est faite ainsi démolir sans réagir, peut-être par habitude. On aurait dit moi il y a trois ans.

Je n’ai rien dit, ensuite. Je n’ai pas osé, parce que je me souviens de mes amies me disant sans succès de ne pas me laisser faire, et de mon aveuglement, de mon entêtement à pardonner, à me démolir encore plus moi-même, à trouver des excuses, à avoir peur de la solitude. C’est facile de juger la vie des autres… mais c’est terriblement difficile d’accepter qu’on ne peut rien faire pour arrêter leurs souffrances.

Bonjour, je lis toujours votre blog avec intérêt et plaisir d’autant plus que vous avez beaucoup de points communs avec ma fille, doctorante à Paris. Je vous dis ce que j’ai toujours dit à mes 2 filles: ne jamais se laisser humilier ou maltraiter par quiconque surtout quand on est soi-même respectueux de toute personne. De plus éviter de ruminer le passé, y penser certes, en tirer des leçons à l’occasion mais ne pas culpabiliser, c’est trop tard. je suis très forte pour donner des leçons car c’est pour moi-même d’abord qui suis le stress personnifié et qui veux l’éviter aux autres.
Ma fille en ce moment , comme beaucoup de doctorants, doute beaucoup en ce moment elle n’est même plus sûre de son sujet de thèse et comme je lui sert de « punching ball » essayer de remonter le moral ça me connait.
Bon courage et continuez, vous êtes super.

… et 30 minutes plus tard…

… les mystères de la chromatologie…

(Vous excuserez ce texte sans accents, je suis chez ma soeur et je sais pas comment on fait les accents sur un PC).

Il y a quelques temps, quelqu’un m’a dit qu’il fallait que je reponde a un questionnaire sur la bouffe. Je ne sais plus qui, sorry… ni la question exacte d’ailleurs… mais ca parlait de bouffe et de souvenirs d’enfance. Alors voici quelques plats/mets/trucs typiques de mon enfance et mes souvenirs. En fait, je n’ai pas repondu tout de suite au questionnaire parce que je ne savais pas quoi repondre. Ma memoire est mauvaise en general, mais en ce qui concerne mon enfance, c’est un trou noir et c’est tres bien ainsi. Mais bon, je vais faire de mon mieux, et comme dirait Charles Ingalls, c’est ca qui est le plus important.

Alors un plat de mon enfance? La pizza de ma maman. Pate au beurre faite maison, sauce tomate faite maison avec des oignons, et dessus, des anchois et des olives noires. J’en salive rien que d’y penser. Ce qui est interessant, c’est que ma mere a fait ca pendant des annees, et quand on etait petits, on lui disait meme qu’avant de mourir, elle devait nous faire des provisions de pizza qu’on surgelerait pour le reste de notre vie… mais depuis un moment, elle est passee a la pate sans beurre et toute faite de la Migros, il y a des trucs bizzares sur la pizza, et elle n’en fait de toutes les manieres pratiquement plus jamais. C’est quelque chose que je regretterai toujours! Et comme je ne sais pas faire la pate a tarte, que les anchois sont pratiquement introuvables, et que les olives noires mangeables sont inconnues aux Etats Unis, je n’aurai plus jamais la joie de manger de ce delice… qu’il me faut donc oublier, comme le reste de mon enfance.

Un autre plat? Le boeuf-carrottes de ma grand’mere. Quand on allait voir nos grands’parents dans l’est de la France, on avait du boeuf-carrottes. Delicieux. Fait maison, juteux, tendre, divin. Je ne me rappelle plus vraiment d’en manger, ni les visites a mes grands’parents, en fait, mais je me rappelle du souvenir. Depuis, mes grands’parents sont morts et je n’ai des souvenirs que de la brioche surgelee que nous donnait ma grand’mere pour le petit dejeuner, les derniers temps quand on allait la voir. Il y a certains souvenirs qu’il est triste d’oublier…

J’ai un autre souvenir de nourriture un peu pareil, avec mon autre grand’mere, quelque chose dont je ne me souviens pas vraiment mais dont le souvenir du souvenir me reste: le riz au lait et la semoule que ma grand’mere me faisait quand j’etais petite et a l’hopital, et que je refusais de manger la nourriture d’hopital. Quand on y pense, c’etait bete, je suis sure que ce qu’on nous donnait etait bien meilleur que ce que je mange la plupart du temps aujourd’hui… mais j’ai un souvenir precis quand meme, celui de refuser un flan au chocolat qu’on avait pour le dessert et de me faire engueuler par l’infirmiere. Donc ma mamie me nourrissait de riz au lait et de semoule froide en cachette, puisque mes parents habitaient trop loin de Paris a l’epoque. (En fait j’aime pas trop ce souvenir parce que je n’aime pas me dire que mes parents m’avaient abandonnee dans un hopital comme ca…).

Un dernier truc dont je me rappelle c’est le repas de Noel. Chaque annee, les enfants avaient la charge de preparer le repas de Noel. On avait un livre de cuisine pour enfants qui s’appelait La cuisine des petites filles, et dedans, il y avait une recette de « pomme herisson » qu’on faisait chaque annee: des demi-pommes cuites dans de l’eau sucree puis decorees d’amandes effilees grillees, comme des petits herissons. Tres bon! On faisait aussi la « salade de Noel » avec des pommes-de-terre, des endives, des noix, et des bettraves rouges. Je trouve intriguant que recemment, mes soeurs m’ont dit ne pas aimer cette salade, en fait! Moi si. Mes Noels d’enfance sont une telle confusion de bons et de mauvais souvenirs que je prefere me rattacher aux quelques bons qu’il me reste.

Sinon… ben c’est tout… a part les petits souvenirs de ma mere qui engueulait toujours mon pere parce qu’il mettait trop de vinaigre dans la salade, du cumain dans je ne sais plus quoi, et des raisins secs dans la semoule, et qui coupait toujours trop de pain et achetait toujours trop de pates. J’imagine que ces souvenirs sont assez frais dans ma memoire pour la bonne raison que certaines choses ne changeront jamais… Je me souviens aussi des tartelettes a l’abricot de la Migros que j’aimais m’offrir quand je vivais seule en Suisse, et le pain aux noix. Je me souviens de gratins de pommes-de-terre delicieux, d’un gateau d’anniversaire de 18 ans en forme de violoncelle parce qu’on fetait en meme temps le nouveau violoncelle de jojo, et des petits dejeuners aux Aresquiers pendant l’ete, dans la grande salle a manger, quand on etait tellement contents de pouvoir enfin manger de la baguette apres une annee passee a manger du pain bio-farine bise-bon pour la sante. Et puis c’est a peu pres tout.

Je dois avouer que je n’aime pas trop essayer de me souvenir de tout ca, parce que c’est souvent rattache a des souvenirs que j’essaye d’oublier depuis des annees… mais la pizza de ma maman sera mon eternel regret. Peut-etre que pour mon anniversaire de 50 ans j’arriverai a lui en faire faire une pour moi. Je vais commencer ma campagne de persuasion des aujourd’hui! Et je vous raconterai tout ca dans… heu… quelques annees ;) En attendant, je refile le questionnaire a qui le veut! Et bon appetit!