Allez, comme ça fait un moment que je dois à plein de monde tout plein d’explications sur ce qui s’est passé avec la Sosso et le ratage d’opération et les vomissements et tout ça, je m’y colle ce soir. J’espère que mes chers lecteurs et généreux donnateurs à l’Opération Sosso ne m’en voudront pas de ne pas avoir raconté tout ça plus tôt: quand je suis dépassée par les événements, je préfère attendre que les choses soient un peu calmées avant d’en parler, comme si d’ignorer le problème allait le faire disparaître. C’est bête, oui je sais…

Ce qui s’est passé n’est pas très clair. Beaucoup de choses ont merdé en même temps… D’abord, j’étais ultra ultra stressée à cause de mon entretien de boulot à New York (aller-retour en une journée et première « campus visit »). Ensuite, je me faisais vraiment beaucoup de soucis à propos de la papatte de la chatounette. C’était terrible de la voir boiter comme ça, et en même temps, les frais de l’opération me paraissaient fous, même avec l’aide de tas de gens au coeur d’or (j’ai reçu environ la moitié des frais de l’opération + pré/post-opération, ce qui est super, mais… il fallait encore trouver l’autre moitié)! Je pense que les chats ont senti l’angoisse et le stress par lequel je passais.

Quand j’ai enfin décidé de faire l’opération, j’ai emmené Sosso chez le vétérinaire (un autre, mon habituelle ne pouvant pas faire cette opération spécifiquement) et il a fait plein d’analyses de sang et m’a dit que tout était complètement anormal, qu’ils allaient envoyer du sang à de plus grands labos à Indianapolis parce que là ça les dépassait, etc. Vous imaginez mon état pendant le week-end qui a suivi. En plus, Sosso sentait le désinfectant et le « docteur » quand elle est rentrée (puisque le véto a refusé de faire l’opération), et Calinette a commencé à lui faire une guerre abominable. Résultat (?), Sosso a arrêté de manger. Ou plutôt, elle vomissait sans arrêt tout ce qu’elle buvait ou mangeait. Après trois jours pendant lesquels Sosso ne pouvait rien garder dans son estomac et moi je passais mes jours et mes nuits à nettoyer la moquette, à paniquer pour mon entretien, et à essayer que Calinette ne tue pas Sosso qui s’affaiblissait, j’ai emmené Sosso aux urgences des bébêtes au milieu de la nuit pour la faire rehydrater avant de partir pour New York… et bien sûr, elle sentait de nouveau le véto à fond… Oui je sais, je n’ai pas joué très intelligemment dans cette histoire… mais je pense que mon cerveau s’était mis en mode « panique » et que je n’arrivais tout simplement plus à penser.

A mon retour de New York la nuit suivante, Sosso était à demi-morte et refusait carrément de boire ou de manger, et Calinette absolument folle de rage et de hargne! Et donc après avoir espéré pendant 48 heures que mon retour les calmerait, j’ai conduit Sosso chez le véto (notre véto normale, celle qu’on aime) et je lui ai dit de la garder pendant deux jours et de la remettre sur pattes, parce que là, avec mon stress de recherche de boulot plus Calinette qui ne la laissait pas respirer, je n’en pouvais plus et Sosso non plus! Ils ont donc gardé Sosso pendant deux jours, lui ont filé du barium pour débloquer son estomac qui était un tas de noeuds, l’ont bien rehydratée, lui ont permis de se reposer un bon coup… Et après deux jours, elle était comme neuve et on est rentrées à la maison. Calinette lui a fait la guerre pendant 3-4 jours, mais Sosso avait plus de force pour se battre, et elle a recommencé à bien aller rapidement (elle avait quand même perdu pratiquement 2 kilos, ce qui pour un piti chat comme ma Sosso est énorme!).

Bref, on n’a pas pu faire l’opération, avec tout ça. Les analyses de sang complètement anormales ont finalement été une erreur du labo du véto!! J’ai dû payer environ $600 de frais de véto entre les urgences, les analyses (pour rien, et non, ils ont dit que les erreurs arrivaient à tout le monde et que je devais quand même payer) et les deux jours d’hôpital pour Sosso… ce qui est pratiquement tout l’argent que j’ai reçu par Paypal…

Donc nous revoilà au point de départ. Sosso boite toujours mais Calinette s’est calmée avec elle, en gros, même si c’est pas encore le grand amour. Par contre, elle est toujours très fâchée contre moi même si on a quelques bons moments de temps en temps. Mais on essaye de respirer et de retrouver une vie normale toutes les trois. Je ne peux tout simplement pas repasser par tout ça en ce moment, j’ai trop de soucis avec ma thèse et ma recherche de boulot, il faut que je me concentre là-dessus de temps en temps quand même. Dans un ou deux mois, soit je laisse tomber l’idée de trouver du boulot cette année, soit j’en ai trouvé un, et une fois qu’on sait ce qu’on deviendra l’année scolaire prochaine, on pourra repenser à l’opération. C’est tragique, parce que plus on attend et plus le problème de Sosso empire doucement mais sûrement, même si elle a retrouvé toute son énergie… mais il faut que je garde UN PEU le contrôle de la situation de temps en temps, sinon je vais pêter un cable! Et avec mes deux conférences super importantes de mars (encore une semaine loin de la maison!), le mariage de ma soeur, les soucis du frangin et des parents, mon visa expiré, mes statistiques inutilisables, et le boulot toujours inexistant, la stabilité de ma vie est loin d’être facile à retrouver.

Une fois, j’ai vu une carte postale avec une longue corde qui pendait et un gros noeud au bout de la corde avec quelqu’un qui s’y accrochait désespéremment. Il y avait écrit sur la carte « when you’re at the end of your rope, make a knot and hang in there! » (quand vous êtes au bout de votre corde, faites un noeud et restez bien accrochés, mais c’est un jeu de mot, parce que « hang in there » veut aussi dire « courage! ») Pendant ces deux semaines de panique totale et intégrale, mon monde s’est écroulé. J’étais absolument seule pour faire face à tout ça, avec l’envie d’aller me cacher avec Sosso au fond de mon placard et qu’on se laisse mourir toutes les deux. Le noeud à ma corde qui m’a permi de m’accrocher, c’était ce blog et les gentils messages de tout le monde et vos cadeaux. C’était le seul moment de « normalité » qu’il me restait. J’étais horriblement seule, mais je regardais la Sosso endormie dans mes pulls et je lui disais « Courage ma Sosso, tu dois être forte, tu vas t’en sortir, c’est pas possible autrement, il y a tellement de gens qui pensent à toi! » (Je suis la reine du transfer sur mes chats, au cas où vous n’auriez pas encore remarqué!)

Elle vient de sauter dans mes bras, ma p’tite Sosso, et elle coince sa tête contre mon coeur et ronronne comme une bienheureuse. Calinette dort paisiblement à mes pieds. On est bien toutes les trois, mais l’équilibre est encore bien fragile.