Hier matin, nous avons eu la grande joie de voir notre moquette dégueue du couloir du troisième étage être enfin remplacée! Ouéééé me direz-vous! Mais non, en fait, car nous avons aussi eu la joie de respirer de doux effluves de colle à moquette toute la journée et je peux vous dire une chose: CA PUE!

Vers la fin de la matinée, n’en pouvant plus et me sentant vaguement shootée par cette chimie, j’ai décidé d’ouvrir la fenêtre. Et là, joie, le printemps était enfin arrivé dans mon champ de maïs et les oiseaux gasouillaient, à la grande joie des chatounes, et les jardiniers avaient décidé de venir arroser les plat-bandes sous nos fenêtres de terraux nouveaux et d’engrais frais. Et je peux vous dire une chose: CA PUE!

En début d’après-midi, saoûlée par la colle et nauséeuse à cause de l’engrais, j’ai décidé de faire de la cuisine bien épicée pour embaumer ma maison d’odeurs exotiques et enivrantes… qui se sont mélangées à l’odeur de pneus brûlés de la couche d’huile anti-corrosion dont avait été peinturlurée ma toute nouvelle cuisinière, la précédente ayant rendu l’âme il y a quelques jours. Et je peux vous dire une chose: CA PUE!

Ce soir, la tête comme une citrouille grâce à la colle, l’équilibre un peu chaviré à cause de l’engrais, et des hauts-le-coeurs solides m’assayant avec l’huile chimique brûlée, j’ai décidé de sortir une vieille bougie parfumée offerte par une copine que je n’avais jamais utilisée parce que je ne suis pas fan des bougies parfumées, croyant qu’un léger parfum orange-cotton-concombre ne pouvait qu’effacer les odeurs envahissantes. Mais je peux vous dire une chose: CA PUE!

Et là, en train de mourir dans un mélange de vapeurs pestilentielles et douçâtres à vous tuer un troupeau entier de caribous, je me suis dit une chose, une seule, avant d’aller vomir mon dîner au goût de colle anti-corrosive: prions pour que ma cabane au Canada ne soit pas trop près d’une ferme à cochons parce que là, je demande l’asile politique au Zimbabwe!