Archives de avril 2006


Vous pouvez maintenant voter pour des titres de blogs (en haut à droite dans le menu). Les choix donnés ne sont pas nécessairement les titres que j’adore le plus mais ceux qui vont le mieux pour un blog. Par exemple j’adore « T*ront* Mironton Mirontaine, » « lulu pur sucre », et « Un grand blog d’air, » ce sont probablement mes trois préférés, mais je veux un titre qui se rapporte vraiment à ce que mon blog est, pas juste à n’importe quel blog. Par exemple j’adore « Feuille d’érablablab, » mais ce n’est pas spécific à moi, à la miss lulu et son vieux champ de maïs et ses chatounes et son riz et sa folie. You see ze problème? J’ai aussi joué avec plusieurs autres propositions, comme « Graines de folie et feuilles d’érable, » ou « Du maïs au sirop d’érable. » En plus, je ne veux pas avoir « T*ront* » dans le titre. Donc je mets quelques propositions mais ça peut encore changer et vous pouvez encore faire des tas de propositions, of course :) Je me réserve par contre le droit de de pas choisir le titre préféré de mes lecteurs si tout-à-coup l’illulumination divine me sautait dessus, huhuh!

Claudine a définitivement gagné grand le prix de créativité et Estelle m’a rappelé d’être bilingue, et j’ai encore au moins cinq autres gagnants dont tous ceux dont les propositions ou une variation-sur-proposition sont mentionnées ici. J’attends donc des emails de toutes les personnes sus-mentionnées avec leurs adresses postales pour vous envoyer des p’tites cartes (mais je vous préviens, les derniers gagnants de mes dernières devinettes attendent toujours leurs cartes postales alors faut pas être impatient avec moi).

Merci à tous et à toutes pour votre aide précieuse, et merci aussi de m’avoir bien fait rigoler :) Je pense que le « nouveau » blog ouvrira en juin.

PS. Pour voir tous les titres proposés et les auteurs, c’est .

Ca y est, le début de la fin a commencé. Les « c’est mon dernier… » et « c’est la dernière fois que… » arrivent doucement mais sûrement. Impression de fin alors qu’il n’y a pas encore de nouveau début. Impression de m’approcher déjà un peu trop près du bord de la falaise et de devoir bientôt en sauter sans encore être sûre qu’il y a un trampolin qui m’attend en bas.

Aujourd’hui, c’était mon dernier jour de travail à Purdue. Dernier jours avec mes élèves, dernières copies à corriger, dernières notes à donner, derniers papiers à signer, mon contrat de travail avec Purdue s’est innexorablement terminé comme on termine un carton de glace à la pistache: quand c’est fini c’est fini. Sauf que là, je peux pas aller en acheter un nouveau à Target.

Quatre ans de labeur pour un salaire de misère mais des instants mémorables. Première année cauchemardesque, deuxième année extraordinaire, troisième année pénible, quatrième année sympa, et environ 180 étudiants traumatisés à vie par ma faute :lol:

Je suis rentrée de mon dernier cours, cet après-midi, entièrement lessivée, vidée, épuisée, non pas seulement comme tous les vendredis mais comme si c’était mon premier vendredi après une semaine de quatre ans. Impossible de penser, impossible de bouger, impossible de réaliser l’importance du moment, impossible de jouer avec les chatounes qui m’auront pour elles toutes seules pour les quelques mois à venir.

Au revoir et bonne chance à tous, mes chers élèves. Moi, je prends le train pour d’autres contrées.

Ca ne m’est arrivé qu’une seule fois! C’était lors de ma première année à Purdue et j’avais un cours de syntaxe avec un prof complètement désorganisée et impossible à suivre. On était donc à la fin du semestre et je voulais finir un crétin de papier sur les règles anglaises, françaises, et italiennes de l’utilisation du verbe être comme auxiliaire (passionnant!). Ca faisait quelques jours que j’étais malade mais je voulais quand même tout finir, et j’avais pris rendez-vous à 4 heures en classe, pour en discuter avec la prof… avec une dixaine d’autres étudiants… J’ai attendu, attendu, et attendu… Et à cinq heures elle n’avait pas encore fini de voir les étudiants qui avaient pris rendez-vous avant moi et m’a dit de revenir le lendemain!

Et là, moi qui étais malade comme un chien et qui attendais depuis plus d’une heure en essayant de ne pas tomber dans les pommes, je me suis mise à pleurer! Je lui ai dit que non, entre trois larmes, que soit elle lisait mon p***** de papier tout de suite soit elle ne le lirait jamais parce que moi, j’allais à l’hôpital et je ne sais pas quand j’en sortirais! La pauvre prof (et les autres étudiants) a eu un petit choc, et elle a pris mon papier en me disant qu’elle m’enverrait ses commentaires par emails le soir-même!

Moi, toujours en larmes, je suis sortie de la classe et j’ai téléphoné à ma frangine en lui disant que ça n’allait pas du tout et qu’il fallait qu’elle vienne de toute urgence. La pauvre a tout laissé tomber et a conduit quatre heures pour venir me voir (c’que c’est bien d’avoir de la famille pas trop loin, quand même!).

Le lendemain matin, on est allées à l’hôpital où l’on m’a bien soignée et laissée sortir en début d’après-midi. J’étais encore un peu secouée et la douleur n’était pas partie… et ma pauvre frangine était presqu’encore plus mal que moi de m’avoir vue dans cet état! L’après-midi même, j’avais un autre cours de deux heures dans lequel je devais faire une présentation sur ma recherche. Encore un peu chancelante, j’ai prévenu le prof que je ferais ma présentation (30 minutes) et puis que je partirais parce que j’avais été à l’hôpital le matin-même.

Après ma présentation, ma frangine et moi on s’est cassées et on est allées se remonter le moral à Heisei, un petit restaurant japonais que j’aime bien. Ce n’est pas un grand restaurant super classe, mais je le trouve calme et sympa, et la bouffe est correcte sans être vraiment intéressante, et comme il y a toujours beaucoup de clients japonais, je trouve ça plutôt bon signe. Les sièges et les petites tables sont confortables, la musique n’est pas japonaise mais un mélange de chansons populaires jouées au piano, la miso soup est chaude, et le saumon exqui. Quand on a son anniveraire, on a droit à un dessert gratuit et les serveurs prennent des photos en polaroïdes et les accrochent au mur de l’entrée, où il y a maintenant des centaines de photos de clients qui se régalent.

J’y vais de temps en temps avec une pile de copies à corriger ou un bouquin de statistiques et les serveurs et le patron me reconnaissent. Un des « chefs » aussi, et pendant plusieurs années, sans qu’on se soit jamais parlé, il m’a toujours envoyé quelques sushis de plus ou une petite salade, gratuitement, comme ça, sans raison. Récemment, je me suis quand même installée au bar et on a fait un peu la causette. Il s’appelle José, vient de Mexico, d’Aguas Calientes, et a commencé comme immigrant illégal dans les cuisines à faire la vaisselle, et puis un grand chef japonais l’a pris sous son aile et lui a appris à faire des sushis… On le voit sur la photo, à gauche.

Je prends presque toujours la même chose: un « californial roll » et un « spider roll » (avec une délicieuse salade de soft shell crab dessus) avec une miso soup et un thé vert. Là, j’ai aussi pris des edamame, ces gousses de soja cuites à l’eau bouillant et sur lesquelles on met du sel, miam! Mais hier elles étaient froides, c’était décevant. Le reste était très bon, par contre!

Cette fois, José m’a offer deux petit nigiri rolls. Miam, le saumon est le meilleur! Vous croyez que je n’arriverai jamais à manger tout ça?

Haha, vous ne me connaissez pas! Je prends mon temps, je rêve, je corrige mes copies, je déguste mes sushis, je me perds la tête dans les nuages… et finalement, j’ai tout mangé! Merci à Heisei pour ces nombreux repas reconfortants dont j’ai bien profité pendant ces quatre dernières années, parfois avec ma frangine, de temps en temps avec des amis, et souvent toute seule et bien confortable!

Itatakimas :)

PS. Mauvaise nouvelle: les papiers pour ma demande de permis de travail, que je pensais envoyés par ma future (?) université il y a un mois, n’ont pas encore été envoyés et ne sont même pas prêts. Là, je déprime trop. Ca veut dire encore un mois et demi ou deux d’attente avant de savoir quoi que ce soit… J’en ai marre d’avoir ma vie en suspend comme ça, je peux rien décider tant que j’ai pas ce foutu permis! Aaggghhhh je vais me recoucher, tant pis pour la thèse!

Mes élèves chéris travaillent en ce moment (les pauvres) sur un « grant proposal, » c’est-à-dire une demande de beaucoup d’argent pour un projet de recherche quelconque. Et moi je dois leur dire comment on écrit ces « proposals » (c’est pas évident) et les aider à les écrire… ce qui, étant donné les sujet de recherche de mes élèves, n’est pas tous les jours de la tarte. Les titres de projets continennent des mots comme SAS-based ZnO NW-FETs, poly-silicon thin-film transistors, active matrix organic lighting-emitting diode, PAR-3/PAR-6/atypical-PKC et CRB-3/Pals-1/PATJ, ou encore STATic synchronous COMpensator, multirate algorithm, apical polarity, claudins, occludins et JAMs, Polypyrrole / Cl- et Polypyrrol /TSO-, electrochemical analyzers/workstations model 400A, et j’en passe! Autant vous dire que je comprendrais mieux leurs bidules s’ils étaient écrits en chinois!

Heureusement, mes élèves doivent aussi présenter leur « grant proposal » à toute la classe, comme s’ils étaient à une conférence, et je leur ai bien dit qu’ils devaient expliquer leur projet de recherche en se rappelant que ni la prof (moi) ni les autres élèves ne connaissent rien à leur truc. Le résultat? Des présentations absolument passionantes où j’apprends des tonnes de trucs intéressants à propos de programmes informatiques ingénieux, de détection du cancer, de films chimiques qui filtrent les métaux lourds, d’enseignement de l’anatomie en Jordanie, de nanotechnologie, et de plein d’autres projets diverses et étonnants. J’arrive même à comprendre la plupart des projets, à la fin, et à poser des questions intelligentes, de temps en temps.

Tout ça pour vous dire qu’hier, une élève a présenté un projet de détection du cancer du sein, c’était super complex mais palpitant, et j’ai tout compris. Au départ, elle expliquait comment la présence ou l’absence de certaines protéines peuvent être une indication qu’il y a un cancer et comment on pouvait « chercher » ces protéines lors d’une biopsie avec des teintures qui réagissaient seulement à ces protéines. Sans ces teintures bien spécifiques, on ne pouvait pas savoir que ces protéines étaient présentes. … et tout-à-coup, dans ma petite tête de folle à moi, je me suis dit que ces teintures, c’était comme mon blog: sans mon blog, on ne pourrait jamais deviner qu’une certaine partie de moi existe. Mon blog, produit réactif très potent, révèle au monde un petit bout de moi qui est invisible à l’oeil nu pour le commun des mortels et qui ne peut être observé que grâce à la réaction chimique suivante:

500µl de réactif de Blog (ne contient pas de détergents ni d’autres agents dénaturants), 25.6 ml (1% w/v) de miss lulu, et 800 g d’échantillon de patience (dans des cubettes d’écran d’ordinateur), le tout stabilisé par des intéractions ioniques et achtéèmèliques (avec des acides gras de glace au caramel), forment des clusters avec les groupes aminés des ABSC-TAAQM (Autres Bloggeurs Supers Chouettes-Tout Aussi Addictés Que Moi), et révèlent, par agitation vigoureuse, un petit bout de miss lulu (158 mM Tris, 0.256 N H3PO4, pH 6.9) que si on n’était pas v’nus on n’aurait jamais vu.

Par contre, le spectrum du complex rodamine-acide linoléique dans du benzène a un point isosbestique à 495nm et un maximun à 515nm, mais ça on s’en fout!

Trop cool, mon projet de recherche, hein?

Tous ces mots savants et ces expressions viennent des projets de mes élèves et de ce site traduit avec google, on dirait.

Eh oui, j’ai acheté du poulet, il y a quelques jours! Moi, miss lulu, qui me veux végétarienne, anti-torture, anti-antibiotiques, anti-OGM, anti-tout-ça, j’ai craqué à cause d’une jolie recette et aussi parce que pour la première fois de ma vie, j’ai trouvé du poulet bio dans mon champ de maïs!!! Où va le monde, je vous l’demande!

Cette recette est un peu longue mais est probablement l’une des meilleures recettes essayées depuis le début de l’année! Comme soupe froide en entrée, c’est absolument divin et archi exotique! En soupe chaude comme plat principal, c’est à tomber! En dessert, je sais pas, mais faut voir;)

Comme d’hab, j’en ai deux versions: celle du bouquin, assez longue, et la mienne, un peu plus facile.

Il faut, pour 6 personnes (moi j’en ai eu pour tous mes repas pendant 2 jours, p’tit dèj inclu, ça passe très bien):

1. pour le bouillon:
- du poulet (1 ou 2 blancs, c’est plus facile)
- 1 carrotte épluchée et en morceaux
- quelques branches de celeri (beurk, pas mis) en morceaux
- quelques oignons de printemps (scallions) en rondelles
- 2 cm de gingembre rapé (j’ai mis de la pâte toute prête)
- j’ai rajouté un-demi oignon en morceau, du persil, une tomate en morceaux, et quelques champignons de Paris en fines tranches.

Mettre tout ça dans une casserolle avec du poivre et du sel et beaucoup beaucoup d’eau et faire bouillir doucement pendant 2-3 heures. Enlever la graisse s’il y en a pour faire un joli bouillon clair. Jusque là, c’est fastoche.

Enlever le poulet du bouillon et le laisser refroidir. Enlever les os et la peau (s’il y en avait au départ, moi je n’avais que des blancs) et « déchirer » le poulet en morceaux fins. Laisser le bouillon refroidir (enlever les légumes du bouillon si on ne veut pas les réutiliser en passant tout à la passoire).

2. pour le reste:
- 2 tomates
- du beurre
- un oignon haché finement
- 3 gousses d’ail hachées
- quelques feuilles de curry (j’en n’ai pas trouvé, j’ai mis une cuillère de curry en poudre à la place)
- un peu de pâte de curry de Madras (pas trouvé, j’ai mis de la pâte de curry tailandais à la place)
- 250 gr (1 cup) de lentilles rouges, lavées et égoûtées
- 75gr (1/3 cup) de riz cuit (short grain)
- 250 ml (1 cup) de crème de coco (j’ai mis du lait de coco, ça se trouve dans les magasins asiatiques)
- un peu de coriandre fraîche (cilantro) (j’aime pas ça, j’ai mis quelques graines de coriandre et du persil frais à la place).

- Si vous avez le courage, enlevez la peau des tomates. Les couper en fins morceaux.

- Faire fondre le beurre dans une grande casserolle et y cuire les oignons quelques minutes jusqu’à ce qu’ils soient transparents. Ajouter l’ail et les feuilles de curry (là j’ai mis les épices et la pâte de curry).

- Ajouter les lentilles et le bouillon (sans le poulet, donc. Ils avaient enlevé les légumes du bouillon mais moi je les ai gardés avec). Faire bouillir quelques minutes puis ajouter les tomates et laisser cuire à feux doux 20 minutes au moins.

- Ajouter le riz cuit et le poulet ainsi que la crème de noix de coco et faire un peu chauffer quelques minutes mais pas bouillir (c’est mauvais pour la crème de noix de coco paraît-il). Rajouter du sel si besoin est.

- Servir chaud ou froid avec de la coriandre fraîche cicelée dessus (ou du persil) et du chutney de mangue (j’en avais pas).

Ca a l’air pas facile mais ça l’est, par contre ça prend du temps… mais c’est absolument exquis et très délicat comme plat, surtout pour une soupe. Et ça s’appelle du Chicken Mulligatawny.

Guten Appetit :)

PS. J’ai trouvé des feuilles de vignes (pas le camp de nudistes qui devrait aller avec, malheureusement, ils sont un peu prudes les républicains d’Indiana ;) ). Maintenant, je n’ai pas de bonnes recettes pour les utiliser, alors j’écoute vos propositions! (Par contre, je ne trouve toujours pas de fruits confits et c’est tragique!! On ne trouve ça que pendant les fêtes de fin d’année, ici, misère de misère de champ de maïs!)

kekséksa?

Le premier qui trouve la bonne réponse a le droit de m’envoyer une carte postale :lol: (le deuxième aussi en fait, je suis trop magnanime).

PS. Oui je sais, la moitié de de mes lecteurs attendent une carte postale de mon champ de maïs… je ne vous oublie pas, et promis, elle arrivera avant Noël!

PPS. Merci à Chicago pour ses nombreuses cartes. Ou bien il s’ennuie ferme ou bien j’ai un admirateur secret ;) Et merci aussi à une gentille lectrice de Bretagne pour ses deux magnifiques cartes! Je les accrocherai toutes dans mon nouveau bureau à Granbled :)

Douze pages d’intro (abstract, table des matières, dédicace, et tout le blah blah), 230 pages de texte sans compter le dernier chapitre, et 140 pages d’appendices. A partir de 350 pages, on doit diviser le chmilblik en deux volumes. Ce qui coûte le double de sous, etant donné qu’on doit faire environ 15 copies du machin (pour les profs, pour la librairie, pour la soutenance, pour le public, pour moi) et tout ça sur du papier spécial en plus. J’ai fait joujou avec mes appendices (ça a l’air vraiment dégeu de le dire comme ça, hein?) en réduisant la taille des lettres de 12 à 11 points et je suis arrivée à 120 pages mais je suis sûre que je vais me faire tapper sur les doigts par le monsieur du format et mon comité de recherche.

De toutes les manières, je sais pas pourquoi je panique à cause de la taille du machin, j’arrive pas à l’écrire, ce foutu dernier chapitre. Jusqu’à maintenant, cette p***** de thèse a été longue mais pas difficile à écrire. Tout ce que j’avais à faire c’était de lire des tas de bouquins et d’articles et de les analyser et de les résumer, et puis de calculer des milliards de combines statistiques (j’ai plus de 2000 pages de résultats) et de choisir les résultats qui prouvent ce que je veux prouver en ignorant soigneusement les autres et de les écrire dans mes diverses et nombreux chapitres, et c’est tout. En fait, je n’ai jamais eu à réfléchir.

Et là, le dernier chapitre c’est le hic. Le trou noir. La gueule ouverte sans un mot qui sort. La main glacée, moite, paralysée. L’oeil vitreux et le cerveau aux abonnés absents. Ca fait des jours et des jours que je suis devant ce dernier chapitre… et il est toujours vide. D’une vacuité infinie, même. Je ne peux pas, je ne sais pas, je n’y arrive pas. Soudain, on me demande d’être intelligente. Comme ça, tout-à-coup, on veut que je sorte des trucs super philosophiques et intéressants, profonds, originaux, sensationnels, et qui vont révolutionner le monde de la linguistique et de l’enseignement de l’anglais. Mais moi, moi, pauvre petite miss lulu de rien du tout, je ne sais pas faire ce genre de truc, moi! Je suis ignorante, incapable, tout juste bonne à écrire trois recettes à peine bouffables sur mon blog et à faire des bisous à mes chatounes. Moi, braves gens, faut pas trop m’en demander!

Je suis terrorisée, terrifiée, transie de peur. Je regarde la page blanche devant moi et j’ai l’impression d’être prise dans un bloc de marbre qui coule à pic dans des eaux glacées, le Titanic en perdition, en gros. J’ai des envies d’aller grimper à la proue du bateau de ma fenêtre et de dire « regarde, je vole » en sautant du troisième étage. Les heures passent et la page blanche aboie reste intacte, de sa blancheur immaculée, d’une pureté démesurée, éternellement vierge, comme la neige sur le Kilimanjaro, la conne!

Je n’y arriverai jamais, c’est pas possible! Il faut que je l’ait terminé dans deux semaines au plus tard, ce chapitre maudit. Pourquoi, mais pourquoi je m’inflige de telles tortures?! Qu’est-ce qui m’a pris de penser que j’y arriverai plus rapidement que les autres? Pourquoi j’ai tellement peu confiance en moi-même que je veux toujours faire mieux que la moyenne? Pourquoi je me complique toujours la vie au lieu d’en profiter? Pourquoi je ne me trouve pas un mari riche pour pouvoir arrêter de bosser et m’amuser dans ma cuisine?

Je veux pas je veux pas je veux pas je peux pas je veux pas je veux pas je veux pas je veux pas je peux pas je peux pas, j’ai trop peur!

Quand je suis un peu stressée, je mange. Je fais la cuisine et je mange sans arrêt. Il m’arrive de faire tellement à manger que mon frigidaire est plein de trucs que j’ai fait un ou deux jours auparavant et qu’il faut que je mange en urgence… mais je continue de cuisiner.

Quand je suis vraiment sérieusement stressée, j’arrête de manger. Complètement. J’ai atteint ce stade il y a deux jours. Je n’ai plus faim, cuisiner ne me dit rien, je n’ai plus envie de rien, aucune recette ne m’inspire, et la chaleur de l’été qui nous est tombée dessus il y a quelques jours n’améliore pas la situation. Je n’ai plus ni l’envie ni le temps ni le courage de rester des heures au-dessus des fourneaux. Avant-hier j’ai mangé un demi pot de glace à la pistache et c’est tout. Hier, la deuxième moitié. Et encore, je me suis forcée.

Heureusement, je suis une grande fille et ma maman m’a bien appris qu’on ne survit pas très longtemps en ne mangeant que de la glace à la pistache et que si je tombe malade, ça ne va pas m’aider à finir d’écrire ma thèse. Et je sais qu’en général, je recommence à manger normalement à partir du moment où je me sens vraiment malade de ne plus rien manger, c’est-à-dire au bout de quelques semaines. Ce qui sera exactement le moment où je devrai brillamment présenter ma thèse… Donc ce soir, après une longue discussion avec moi-même, j’ai mis un bol de riz dans mon autocuiseur et je l’ai laissé cuire tout seul et puis refroidir. Ensuite, j’ai coupé deux tomates dans le riz et ajouté une petite boîte de thon et une petite boîte de maïs. Avec un peu d’huile d’olive, de vinaigre à l’estragon, et du sel, ça m’a fait une petite salade froide et légère dont j’ai accepté de manger un tier ce soir. Je garde le reste pour le déjeuner et le dîner de demain. Je dois vraiment me forcer, mais c’est pour la bonne cause! Et puis j’écoute de la country music. C’est grave, je vous avais prévenus!

J’ai besoin d’autres recettes comme ça, avec du riz précuit (fini les risottos et autres riz au lait), faciles, légères, et fraîches. Vous, comment la faites-vous la salade de riz? Qu’y ajoutez-vous? Que me conseillez-vous de faire comme autres plats froids à base de riz (si possible)? Je rappelle que je n’aime ni le celeri en branche ni le fenouil ni la menthe ni le réglisse et que je suis allergique à la plupart des fruits frais (mais cuits ça va). Ah, et je ne trouve pas d’olives mangeables (à part des olives vertes), ici, donc pas possible d’en ajouter dans la salade de riz.

J’attends vos idées :)

Puisque je vais bientôt quitter mon champ de maïs et qu’il me manque déjà (n’est-ce pas ironique?), j’ai décidé d’écrire ici et de mettre des photos des choses dont je veux me souvenir: les endroits, les gens, les restaurants, les paneaux, les magasins, les routes, les stations essences, les librairies, les maisons, les fleurs, les usines, le campus de Purdue, et des tas d’autres choses belles ou moches, intéressantes ou pas intéressantes de Lafayette, comme ça ça donnera peut-être envie à quelqu’un de venir habiter ici :lol:

Aujourd’hui, c’est à Panera et Borders qu’on va aller! C’est un peu comme les frères siamois avec ces deux-là, quand on trouve un Borders on trouve presque toujours un Panera juste à côté et vice-versa. Panera, c’est une sandwitcherie, une pâtisserie, un coin où manger une bonne soupe ou une salade avec un p’tit « cinnamon crunch bagel » et buvant multiples chai teas, en écrivant sa thèse pendant des heures, et en profitant d’une connection wifi gratuite! C’est sympa, il y a plein de prises pour les ordinateurs, des sièges confortables, et du café « free refill » (vous payez pour une tasse et ensuite vous pouvez vous reservir autant de fois que vous voulez aux multiples thermos à votre disposition), si vous aimez ça. La seule chose que je leur reproche c’est que l’air conditionné est à fond là-dedans donc je ne tiens pas longtemps si j’ai oublié ma petite laine!

Entre Panera et Borders, il y a un petit coin avec un micro-onde, un toaster, un frigidaire, des ustencils, des serviettes, de la crème, du ketchup et plein d’autres bidules du genre et des tables au soleil où on peut aussi s’installer pour bouquiner, travailler, papoter… et même jouer aux cartes avec les copines!

Borders, c’est une librairie. Une de ces méchantes librairies comme dans You’ve Got Mail avec Meg Ryan qui ont tué toutes les petites librairies du coin avec ses prix impossibles à concurrencer et une sélection incroyable non seulement de bouquins sur absolument tout mais aussi de musique et de films. C’est vrai, à chaque fois que je vais à Borders j’ai un petit pincement de coeur pour la dernière librarie indépendante de Lafayette où je sais que je ne trouverai pas ce que je cherche et même si je le trouvais (malgré les deux employés ronchons), le prix serait double du prix de Borders.

Mais ce que j’aime le plus, à Borders, c’est qu’il y a des fauteuils super confortables partout et surtout dans des petits recoins tranquilles, où on peut s’installer avec un bon bouquin et le lire en entier si on veut, sans avoir à l’acheter!

J’aime bien me mettre près de la fenêtre comme cette jeune fille, au soleil, aussi longtemps que je veux, un peu cachée dans les rayonnages, confortable, avec un ou deux bouquins que je ne suis pas sûre d’acheter mais peut-être, si le début me plaît. J’aime être entourée de bouquins, comme ça (mes bibliothèques à la maison ne sont pas aussi intéressantes!) et sentir les livres, voir les milliers d’images, de couleurs, de titres, les noms célèbres ou étrangers… ça m’inspire et me calme.

J’ai demandé à ce type si je pouvais le prendre en photo, je le trouvais trop mignon! Il a rigolé et dit oui, bien sûr, et a ensuite « posé » pour moi très sérieusement pendant quelques minutes. Je lui ai dit « c’est pour ma famille en Europe qui ne me croit pas quand je leur dit qu’on peut lire les bouquins (et les magazines) sans même les acheter, comme ça, peinards, pendant des heures! » Il a dû penser que j’étais folle, parce qu’ici, ce n’est pas inhabituel d’avoir un petit café (boissons/pâtisseries) parfois dans la librairie-même (comme c’est le cas chez Barnes and Noble, une autre grande librairie concurrente) et des tables, des fauteuils, et des gens qui lisent à coeur-joie sans être embêtés par personne!

Petite liste des prix…. (Quelqu’un peut m’expliquer les prix canadiens, je pige pas. C’est en cents par litre? Pour les Etats Unis c’est en dollars par gallon).

petite carte pas marrante du tout et qui donne super envie de retourner en Utah!.

Je sens que je vais aller vivre en Alberta, moi…

A part ça, bonne nouvelle, la zone pour les DVDs est la même au Canada qu’aux Etats Unis! Je vais pouvoir garder mes 250 DVDs.

Je vais vivre jusqu’à 102 ans! « Your life expectancy is 102 years old » m’a dit ce crétin de questionnaire. Ca ne s’invente pas!

Et vous? Dites-moi que vous en avez aussi pour un moment, que je sois pas toute seule à me morfondre…

Quand je pense que pour le moment je ressemble à ça:

Et que je ressemblerai à ça (ou pire!) pendant au moins cinquante ans:

Je vais de ce pas me finir mon carton de glace au caramel! Espérons que ça me réduira ma peine de quelques semaines au moins…

Mon ordinateur est vieux, il a plus de trois ans, et il prend trois heures pour ouvrir des nouvelles pages. J’ai envie de lui envoyer une bonne baffe et je rale: allez, spèce de crétin, bouge-toi le c**, merdàlafin!

Je prends une douche et en sortant de ma baignoire je ne retrouve plus mes lunettes (pas facile, quand on n’a pas ses lunettes sur le nez!). Je mets la salle de bain sans-d’ssus-d’ssous et je peste: punaise, crottes de lapins, je suis trop nulle, elles sont où ces foutues lunettes, saleté de vie, merdàlafin!

Sosso ne mange pas son petit déjeuner, c’est complètement anormal pour elle qui mange de tout et n’importe quand. Je lui fiche sa nourriture sous le nez et je m’énerve: Sosso, allez, bouffe, sois sympa, j’ai pas le temps de me faire du soucis pour toi, merdàlafin!

Je suis en retard pour le boulot et ma ceinture de sécurité se coince, bien sûr ça n’arrive jamais quand je suis à l’heure. Je tire dessus comme un malheureuse et je gueule: nan mais c’est pas vrai, foutu lundi, foutue bagnole, j’en ai trop marre, merdàlafin!

Je passe deux heures à calculer des statistiques que j’ai oublié de calculer et je commence à entrer les résultats, quand je me rends compte au bout d’une heure de travail que les calculations étaient fausses. J’ai envie de tout fiche par la fenêtre et je hurle: p*tain de thèse, p*tain de vie, p*tain c’que ch’suis conne, merdàlafin!


… J’sais pas vous, mais moi j’commence à sentir la pression monter…

Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles du désir de la Vie pour elle-même.
Ils passent par vous mais ne viennent pas de vous,
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées.
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez loger leurs coprs, mais pas leurs âmes.
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même en rêve.
Vous pouvez vous efforcer d’être semblables à eux, mais ne cherchez pas à les rendre semblables à vous,
Car la vie ne revient pas en arrière et ne s’attarde pas avec le passé.
Vous êtes les arcs à partir desquels vos enfants, telles des flèches vivantes, sont lancés.
L’Archer vise la cible sur la trajectoire de l’infini, et Il vous courbe de toutes ses forces afin que les flèches soient rapides et leur portée lointaine.
Puisse votre courbure dans la main de l’Archer être pour l’allégresse,
Car de même qu’Il chérit la flèche en son envol, Il aime l’arc aussi en sa stabilité.

Gibran Khalil Gibran

Je n’ai pas d’enfants et j’espère ne pas en avoir, mais j’ai deux chatounes qui sont un peu mes bébés. Contrairement à des enfants, elles resteront des bébés donc ma responsabilité est moindre, je sais que je ne vais pas faire d’elles des tueuses, des présidentes, des balayeuses, ou des doctorantes. La deuxième partie de ce magnifique texte ne s’applique donc pas à moi.

La première, par contre, si. Mes chatounes sont mes bébés et je les adore. Je leur donne tout mon amour, des milliers de bisous par jour, de la bonne nourriture, des soins chez le vétérinaire, des jeux pour s’amuser, des lits confortables, et en gros une vie pas vraiment palpitante mais remplie d’amour. Je dis « ma Sosso » et « ma Calinette » quand je leur parle, « ma coquine » et « ma crapule, » « ma princesse » et « ma poupée. » Elles sont à moi. Et pourtant…

Sosso n’aime pas les calins que je veux lui faire. Elle n’aime que ceux qu’elle veut, quand elle veut, où elle veut. Je la prends dans mes bras et elle part en courant. Elle vient vers moi avec ses yeux langoureux et reste à ronronner dans mes bras pendant des heures alors que je dois travailler. Calinette ne vient me faire de bisous que quand elle a faim. Elle a trouvé que c’était un bon moyen de me faire la nourrir. Elle passe et repasse entre mes jambes dans la cuisine quand elle veut que je la prenne dans mes bras et que je lui gratouille la tête pendant quelques minutes avant de repartir en courant alors que moi j’aurais bien continué plus longtemps.

Mes chatounes ont leur caractère, leur personalité, leurs besoins, et leurs envies. Et moi aussi… sauf que ce sont rarement les mêmes. Parfois je suis égoïste et je dis à Sosso « dis donc, ma cocotte, je dépense des fortunes pour toi en loyer, en bouffe, en vétérinaire, en jeux, en littière, et c’est comme ça que tu me remercies?! Tu pourrais au moins me laisser te faire UN bisou avant de t’enfuire en me griffant rageusement parce que j’ai osé te garder DIX secondes dans mes bras! Espèce d’ingrâte! » Et je boude pendant 30 secondes avant de craquer à nouveau parce qu’elle me fait les yeux doux… de loin.

Je n’ose même pas imaginer ce que c’est d’avoir des enfants et de les voir grandir différemment de ce qu’on avait espéré, en bien ou en mal, et de les voir inexorablement s’éloigner et changer… Au moins mes chatounes ne passeront pas par l’adolescence et ne vont pas me demander de leur payer un psy (même si elles en avaient besoin, ce dont je ne doute pas) parce que je suis une mauvaise mère. Au moins elles ne vont pas décider d’aller faire des études au Japon et vivre leur vie sans moi au bout du monde.

Je les regarde dormir tranquillement sur les fauteuils et elles sont heureuses. Moi, je dois apprendre à être heureuse parce qu’elles sont heureuses, et non pas parce qu’elles me rendent heureuse de la façon que j’ai choisie. Je dois apprendre à être heureuse parce qu’elles sont elles, ces belles chatounes coquines, et non pas parce qu’elles sont miennes.

Rajoutage
Sur ma page yahoo d’aujourd’hui! Ce type doit avoir lu mon post, c’est pas possible…

L’autre jour, un certain Tirui et une certaine zébue m’ont donné l’envie d’essayer quelque chose de nouveau et d’un peu fou: le gâteau de riz aux poires! Ohhh j’en ai rêvé pendant des nuits et des nuits, imaginant moultes façons de faire ça toutes plus alléchantes et créatives les unes que les autres…

Si bien qu’en fin de compte, avec une idée bien précise en tête, j’ai acheté des poires et je me suis mise au travail! Mouahahah! Quelle folle steu miss lulu!

D’abord, j’ai fait un riz au lait (avec de la vanille et une écorce de cannelle dedans) exquis, mais alors tellement exquis que c’en était presqu’un crime. Jusque là, à part le litre de lait bouillant renversé sur ma cuisinière et qui a pris feu et que ça a pué dans toute la baraque et que j’ai dû ouvrir la porte et toutes les fenêtes et que les chatounes en ont profité pour se casser parce qu’elles avaient peur de l’alarme anti-incendit et des odeurs de cramé et des flamme et que c’est vraiment pas pratique de faire du riz au lait dans ces conditions, tout allait bien.

Pendant tout ça, j’ai fait cuire deux poires épluchées et coupées en deux dans une casserole remplie d’eau avec une cuillère à soupe de sucre par demi-poire. Ca m’a pris environ une heure pour faire le riz et pendant ce temps-là, les poires cuisaient à petits bouillons.

Ensuite, j’ai enlevé les poires de leur jus et je les ai laissées refroidir avant de les couper en petites tranches. Et j’ai bu le jus! Miam!

La phase suivante était de mettre du riz dans des petits ramequins jusqu’au milieu, de mettre les rondelles de poires sur le riz, puis de finir de remplir les ramequins avec du riz. Et de finir les restes de riz sur le champ directement de la casserole! Miam! Pendant ces opérations, j’ai eu un vague pressentiment que les choses allaient mal se passer et que le coup des poires au milieu ça n’allait pas aider, mais passons. J’ai mis les ramequins recouverts d’une feuille de plastique au frigo pendant une nuit.

In ze morning, j’ai essayé de démouler mes ramequins, et là, misère, ça a été une vraie pagaille! Le riz au lait CA COLLE! En plus, comme je l’avais craint, les poires au milieu faisaient que la moitié du ramequin sortait mais pas l’autre… Bref, j’ai quand même réussi à tout sortir même si c’était moins joli que prévu, retourné sur mes petites assiettes. J’en ai profité pour manger le ramequin le plus amoché juste pour voir et le jus des poires s’était infiltré dans le riz et je peux vous dire que s’il y a un paradis sur terre, il a un goût de riz au lait aux poires!

Finalement, j’ai voulu faire la maline pour épater mes lecteurs et parce que j’aimerais bien être « up there » avec tous ces blogs culinaires qui ne se prennent pas pour la queue de la poire (huhuhuh) avec leurs délices plus créatives les unes que les autres! Donc… j’ai décidé de mettre un peu de caramel sur mes gâteaux de riz! J’ai mis de l’eau et du sucre dans une casserole et j’ai fait bouillir… mais je crois que je ne savais pas comment faire du caramel parce que mon premier caramel n’a jamais blondi. Il est resté tout blanc… En plus, je n’en avais pas fait assez donc j’ai tout versé sur mon premier gâteau de riz et là, huhuhu, ça s’est transformé en une épaisseur massive de caramel (blanc) qui a entièrement enfermé le riz et les poires et a collé tout ça à l’assiette jusqu’à la quatrième aire glaciaire! Pour le manger, il m’a fallu casser quelques couteaux et finir au marteau piqueur… et je n’ai plus pu parler pendant le reste de la journée tellement mes machoires étaient soudées par le sucre!

J’ai donc réessayé de faire un deuxième caramel et cette fois, il a bruni, mais il était beaucoup trop épais, donc ça ne s’est pas écoulé joliment sur mon dernier gâteau de riz. Comme il y en avait moins, c’était plus facile à manger, heureusement, et je dois avouer qu’à petite dose, avec le riz et les poires, c’était divin! Mais il fallait quand même un bon coup de cuillère à chaque fois pour se « casser » une bouchée!

Conclusions de l’affaire: il m’a fallu trois jours pour nettoyer le lait qui avait coulé sous les plaques et jusque dans le four et qui puait, je ne sais toujours pas faire du caramel, mes gâteaux de riz auraient été excellents avec un petit coulis de framboise ou du chocolat cuit avec un peu de crème (plus facile à casser), et j’ai des bonnes idées, parfois, mais p’têt qu’il vaudrait mieux que je m’abstienne, la prochaine fois, parce que là, mes couteaux sont fichus, il faut que je prenne un rendez-vous chez le dentiste, les voisins pensent que je suis pyromane, mes chatounes partent en courant dès que je m’approche de la cuisine, et je n’ose pas demander une nouvelle cuisinière à mon proprio de peur de me faire vider!

Mais ch’était vachement bon, hein :)

Joyeuses Pâques a tutti!

Je viens de passer trois heures assise par-terre dans ma cuisine en essayant d’y garder mes chatounes et en écoutant la radio et les sirènes de tornades hurler partout dans la ville… La grêle qui nous est tombée dessus était de la taille de balles de golf. Dans la ville d’à côté, la grêle était de la taille de balles de baseball! Du jamais vu! Toutes les radios de l’Indiana ne parlent que de ça, de l’interdiction de sortir ou de prendre sa voiture, de l’importance de rester dans sa cave ou loin des fenêtres ou loin des arbres si on est dehors, des dégats, des couvertures dont il faut couvrir sa tête, des nouvelles tornades qui nous arrivent dessus, des rapports de la police… L’Indiana se fait éventrer, il est temps que je m’en aille!

Je voulais vous raconter mon appartement à Granbled, ce soir. Une chose est sûre, il n’y aura pas de tornades. Il y aura de la neige mais ce n’est pas dangereux de rester au chaud à la maison quand il y a trop de neige. Et puis le froid sera mieux pour la Sosso qui a du mal à respirer dès qu’il fait trop chaud.

Mon appartement est au dernier étage d’une grande tour. La vue sur le lac est magnifique et les bruits de la ville ne nous atteignent pas. Il y a un grand balcon sur lequel les chatounes se prélassent au soleil ou jouent à attraper les flocons de neige. Sur le balcon, il y a aussi des jonquilles, quelques herbes aromatiques, un grand bac d’herbe à chat, une chaise longue, et une petite table pour picniquer quand il fait beau.

Dans mon appartement, il y a une grande chambre avec une grande fenêtre au sud pour laisser entrer la lumière. Il y a aussi un petit cagibi pour suspendre mes robes et mes costumes et y garder mes habits d’été. Le sol est en bois, pour pouvoir nettoyer les poils et autres « accidents » de chats plus facilement que sur la moquette. Mon nouveau lit est large et confortable et il y a des tiroirs bien pratiques juste sous mon lit pour mettre mes sous-vêtements. Il y a aussi tous mes CDs, mes DVDs, et quelques bouquins, et j’ai même une connection internet sans fil pour m’y connecter depuis mon lit avec mon nouvel ordinateur. Les chatounes ont des petits lits sur les étagères, au pied de mon lit, dans les placards, et sur le large rebord de la fenêtre où je peux aussi m’asseoir pour bouquiner tranquillement. Les rideaux sont jaunes et orange et laissent passer le soleil le matin.

A côté de la chambre, il y a une grande salle de bain avec une fenêtre. La baignoire n’est pas trop haute mais large, le lavabo aussi, et il y a plusieurs miroirs dans lesquels je ne suis pas obligée de monter sur un tabouret pour m’y voir. Il y a des petites étagères bien pratiques qui me permettent de ranger mon fourbis facilement et un petit cagibi pour y mettre les réserves de PQ, de shampoing, et de savon, les serviettes de toilettes propres, et le linge sale. Juste à côté de la salle de bain, il y a une toute petite pièce dans laquel il y a la place pour les affaires des chatounes, leurs caisses, quelques jouets, et les réserves de littière et de nourriture.

Il y a aussi un grand salon très lumineux grâce à la grande baie vitrée du balcon, dans lequel j’ai mis mon bureau, mon canapé, et quelques fauteuils pour y inviter des amis. Les chatounes peuvent y courir à coeur joie et faire des dérappages en beauté sur le parquet. Il y a quelques jolis tabeaux peints par mon Papi au mur, des images, des miroirs pour réfléchir la lumière, et un grand tapis coloré. C’est là aussi qu’il y a toutes mes bibliothèques qui contiennent de plus en plus de bouquins ennuyeux. Et puis il y a la table à manger avec sa nappe jaune et ses quatre chaises juste à côté du balcon pour pouvoir admirer la vue et le coucher de soleil pendant qu’on mange.

Finalement, il y a la cuisine avec son joli carrelage. Elle n’est pas trop grande mais peut permettre à deux personnes ou une personne et deux chats de cuisiner des délices ensemble. Elle est ouverte sur le salon avec un petit bar sur lequel je mange la plupart du temps. Il y a un grand frigidaire moderne avec le congélateur en bas. Le four a une porte en verre avec une lumière pour qu’on puisse voir ce qui se passe dedans, et les plaques sont à gaz. L’évier a un broyeur et deux bacs, et il y a même une machine à laver la vaisselle! Il y a beaucoup de place pour travailler sur le comptoire et y mettre mon four à micro-ondes et mon auto-cuiseur. Il y a aussi des placards un peu partout même pas trop hauts et une étagère spéciale pour y mettre toutes mes épices.

Ai-je oublié quelque chose?

Avec ma soeurette jojo, cet après-midi, nous avons discuté du prochain titre de mon blog. Certains de mes visiteurs ont déjà donné quelques idées, mais là, j’ouvre un vrai concours. La personne qui trouve le titre que j’utiliserai aura droit à un cadeau de Granbled (plus qu’une carte postale, hein! Un vrai, gros, beau cadeau). Les cinq (ou plus, si je suis de bonne humeur) autres personnes qui trouvent des titres que j’adore et ai hésité à adopter ou me feront bien rigoler auront droit à une carte postale de Granbled. Bien sûr, si je finis par utiliser un de mes choix, le gros cadeau ira à la personne qui aura trouvé un titre que j’ai presque presque adopté!

Voilà quelques uns de mes choix et quelques uns de jojo aussi. Si vous manquez d’inspiration (ce dont je doute mais bon, y’a toujours les timides), vous pouvez toujours voter pour un de ces choix ou une des propositions de quelqu’un d’autre:

1- de tout à Granbled*
2- lulu et approuvé (jojo)
3- docteur lulu dans son érable perchée…
4- doc lulu à Granbled (jojo)
5- un peu de tout, beaucoup de rien
6- une baguette, une raclette, un hamburger et une poutine (haha, je plaisante, faudrait trouver quelque chose de canadien qui rime avec hamburger ou quelque chose d’étatsuniens qui rime avec poutine)

Allez, un peu de créativité, nom d’un p’tit lapin en chocolat! Pensez au genre de trucs que j’écris sur ce blog, à ce que vous aimez, aux raisons pour lesquelles vous y revenez, à l’image que vous avez de moi, à ce que vous connaissez de ma vie… Et vos réponses n’ont pas besoin d’être intelligentes, hein, ça peut être drôle, bête, bizarre, mignon, cucul, gracieux, sérieux, triste, joyeux, abracadabrant, coquet, déconcertant, embarassant, insensé, saugrenu, halluciné (tiens, j’hallulucine c’est pas mal comme titre :lol: ), rustique, savoureux, barbare, polisson, mièvre, ridicule, délicat, sauvage, travaillé, truculent… hein :)

Ce concours est ouvert jusqu’à début mai donc si vous avez des suggestions qui vous viennent dans quelques jours, pas de problèmes, vous pouvez encore gagner! Ah, et relisez souvent ce que les autres écrivent, on est parfois inspirés par les bêtises d’autrui ;)

*J’écrirai le vrai nom de la ville sur ma banière bien sûr, mais là je ne peux toujours pas écrire ce nom sur mon blog… Pour tous ceux qui ne savent toujours pas où se trouve Granbled, il suffit de savoir que c’est une très très grande ville au Canada (ni à l’ouest ni vraiment à l’est…).

PS. A propos de Granbled, je dois avouer que je suis très touchée depuis cette histoire parce que non seulement tout le monde fait attention sur mon blog, mais en plus plein de bloggeurs et visiteurs géniaux utilisent « Granbled » sur leurs blogs et commentaires ailleurs quand ils parlent de cette ville, maintenant. C’est bête mais ça me touche beaucoup :) Merci à tous ceux qui se reconnaîtront!

PPS. A propos de noms, merci à la personne qui m’a envoyé une jolie carte d’Irelande récemment, avec seulement trois initiales comme signature. J’aimerais bien savoir qui se cache derrière ces initiales.

PPPS. Si vous avez envie de m’envoyer des cartes postales que j’épinglerai sur le mur de mon nouveau bureau à Granbled (j’ai demandé un Cézanne mais ils ont refusé), vous pouvez me les envoyer comme ça: mon nom de famille se trouve dans l’URL de ce blog, Department of English, le nom de l’université où je suis, West Lafayette, IN 47907–USA poils aux doigts. Mirci :)

6:05-8:30: Se faire réveiller par les chatounes. Les envoyer voir ailleurs!

8:30-8:45: Se faire réveiller par les chatounes pour la quinzième fois. Abandonner l’idée de continuer à dormir. Aller les nourrir.

8:45-9:00: Se faire un milkshake à la banane. Le boire en faisant un sudoku.

9:00-10:30: Lire des tas de blogs. Ecouter la moitié des nouvelles à la radio avant de laisser tomber pour risque de déprime. Glander.

10:30-11:00: Chatter avec sa soeur en Italie. Ecrire des tas d’emails pas intéressants ou intéressant, c’est selon. Pester contre la poste, l’administration, les fonctionnaires, les français, les canadiens, les moustiques, et sa paresse.

11:00-12:30: Se préparer une grosse soupe (avec du riz) pour le soir et un curry de légumes (avec du riz) pour midi pour se consoler. Laisser mijoter en faisant des calins aux chatounes et un sudoku.

12:30-1:00: Déguster le curry de légume (avec le riz) en faisant un sodoku.

1:00-1:30: Aller vérifier si les copin(e)s ont mis des commentaires sur son blog ou répondu à ses commentaires sur les leurs. Répondre à quelques emails qui datent d’une semaine ou plus.

1:30-2:00: Réviser le chapitre 6. Changer la taille du titre. Changer les couleurs des graphes. Rajouter quelques phrases ici ou là. Essayer de penser. Avoir du mal. Faire semblant.

2:30-3:00: Taquiner les chatounes. Faire la vaisselle. Manger de la glace au caramel.

3:00-3:30: Réviser le chapitre 6. Enlever quelques paragraphes inutiles. Rajouter quelques tables pour faire joli. Changer la taille du titre. Corriger quelques fautes ici ou là.

3:30-3:45: Aller vérifier qu’on a des visiteurs sur son blog. Répondre aux commentaires. Commencer une grille de mots croisés et abandonner dès que ça devient trop difficile.

3:45-4:30: Traffiquer sa table des matières. Rajouter quelques lignes. Changer le format des pages. Ajouter un sous-titre pour faire plus joli. Changer PhD en Ph.D. sur la page de garde. Réviser son chapitre 6. Agrandir un graphe. Rechanger les couleurs des graphes comme c’était avant. Effacer quelques phrases que sa directrice de thèse n’a pas aimées. Jouer avec le « thesaurus » pour utiliser des mots plus intelligents.

4:30-5:00: Jouer avec les chatounes. Manger de la glace à la mangue. Faire un sudoku. Répondre à quelques emails. Oublier de faire des tas de trucs super importants avant 5 heures du soir!

5:00-5:45: Faire une « outline » de son dernier chapitre. Agoniser sur les titres et les sous-titres. Souligner les titres puis changer d’avis. Et rechanger d’avis une dernière fois. Pour aujourd’hui. Rajouter quelques idées ici et là pour faire joli. Changer les espaces entre les lignes pour avoir l’impression d’avoir plus écrit.

5:45-6:15: Réchauffer et manger la soupe. Faire un gros calin à Calinette. Ne pas oublier le dessert (glace à la pistache). Nettoyer la cuisine. Aller vérifier que les copin(e)s ont laissé des commentaires sur son blog.

6:15-7:00: Commencer à lire un chapitre d’un vague bouquin très ennuyeux. Laisser tomber dès le deuxième chapitre, quand ça devient vraiment trop barbant.

7:00-8:00: Réviser son « outline » de dernier chapitre. Lire les directives de Purdue une vingtième fois pour être sûre que le format de la table des matières est le bon. Changer les lettres de tous les appendices parce qu’on en a rajouté un au début. Sauvegarder tout ce qu’on a fait aujourd’hui sur son deuxième ordinateur. En profiter pour regarder si les copin(e)s ont répondu à ses commentaires sur leurs blogs.

8:00-8:30: Aller manger encore un bol de soupe. Se retenir de cuisiner quelque chose de plus aujourd’hui (ça détend). Avoir envie de sortir mais la flemme de s’habiller. Se rendre compte qu’on a oublié de faire deux trucs super importants aujourd’hui mais il est trop tard maintenant.

8:30-10:30: Regarder un film adorable envoyé d’Ecosse par kiara.

10:30-11:30: Vérifier les commentaires sur son blog. Penser à ce qu’on va écrire pour demain. Aller finir le carton de glace au caramel. Faire des calins aux chatounes pour leur souhaiter bonne nuit. Nettoyer leur littière. Crèmer les rides.

10:30-11:30: Ecrire un post sur son blog pour demain. Ecrire un dernier email. Répondre une dernière fois aux commentaires. Faire un dernier bisou aux chatounes. Eteindre la lumière.

11:30-2:00: Ne pas arrêter de penser à tout ce qu’on aurait dû faire autrement, ce qu’on a oublié de faire, comment on va finir cette &%!$£!#@& de thèse, ce qu’on va oublier de faire demain, comment on va payer les déménageurs, le nouvel appartement avec un balcon, comment on va finir cette &%!$£!#@& de thèse, tous les emails auxquels on n’a pas répondu, les cartes postales pas envoyées, les plats de riz qu’il faudra essayer demain, les élèves qui ne font pas leurs devoirs, comment on va finir cette &%!$£!#@& de thèse, ce qu’on va écrire demain sur son blog, les papiers qu’il faut renvoyer à l’immigration parce que la poste les a perdus, la soeur qui a un bébé très bientôt, comment on va finir cette &%!$£!#@& de thèse, les parents qui vont débarquer cet été, la voiture qu’il faudra faire modifier pour le Canada, les problèmes qu’on a avec … …

Dear miss lulu,
 
Following is important information regarding the H5N1 Type A influenza virus, commonly called  »bird flu. »

Recently, the United States Center for Disease Control (CDC) has not recommended that the general public avoid travel to any of the countries affected by avian flu virus, but persons visiting areas with reports of outbreaks among poultry or humans are advised to follow some basic guidelines:

Travelers should avoid all contact with poultry (chickens, ducks, geese, pigeons, turkeys and quail) or any wild birds, and avoid settings where infected poultry may be present, such as commercial or backyard poultry farms and live poultry markets. Also, travelers should not eat uncooked or undercooked poultry or poultry products, including dishes made with uncooked poultry blood.

For up-to-date information on travel notices, precautions and warnings, visit the CDC Web site at http://www.cdc.gov/travel/outbreaks.htm.

Information about Purdue planning and other topics related to the potential pandemic is available on the Web at http://www.purdue.edu/news/fluinfo/. Individuals can register there to receive alerts when the Web site has been updated.
 
Sincerely,
 
The Director, International Students and Scholars, April 2006.

Ils sont fous ces Romains!

Ce blog est de plus en plus souvent en anglais, c’est quoi ce binz?!

Imaginez que vous vous retrouviez en face du buisson maudit, vous savez, ce crétin échappé d’un asile au Texas qui fait joujou avec la planète comme si c’était un jeu vidéo et qui tue comme il respire? Vous avez deux minutes pour lui expliquer ce que vous pensez de son manque d’humanité, sa bêtises profonde, son abus de pouvoir, sa manipulation sans scrupule de ceux qui lui font confiance. Vous, devant la personne la plus puissante au monde. Le type qui peut vous envoyer la CIA aux fesses et vous faire passer des vacances au soleil dans une certaine prison un peu plus au sud simplement parce que vous avez une tête qui lui revient pas. Est-ce que vous oseriez? Franchement, honnêtement, est-ce que vous pensez que vous pourriez faire ça?

Moi je ne sais pas. Je voudrais penser que oui. Mais je pense que non. J’aurais trop les boules, et puis je serais super intimidée et j’en perdrais mon anglais, je bafouillerais, et je finirais par dire « nice to meet you » et je partirais en courant.

Je pensais à ça après avoir vu un film il y a quelques jours, un film qu’il faut impérativement voir. Un de ces films qui nous permettent de mieux comprendre le monde d’aujourd’hui même si ça ne parle pas d’aujourd’hui. Un de ces films qui disent exactement tout ce qu’on pense depuis longtemps sans avoir jamais su trouver les mots pour le dire. Et surtout, un de ces films où l’on se dit que vraiment, il y a des gens qui ont un sacré courage et qu’on aimerait en avoir autant. Pas du courage du genre « j’ai sauté à l’élastique du haut du pont du Gard, je suis super courageuse » mais de ce genre de courage qui change le monde et le cours des planètes. C’est du film Good Night and Good Luck que je parle, bien sûr.

Et puis j’ai repensé encore plus à tout ce courage très recemment, depuis qu’un certain Harry Taylor, même pas sénateur ni rien du tout, a exprimé le fond de sa pensée au buisson maudit, comme ça, tout simplement. Je suis sur le cul! Enfin quelqu’un qui a vraiment du courage. Pas sur internet, pas sur un blog, pas dans un journal, pas dans une conversation avec son voisin, non, ce type a eu le culot de dire enfin au buisson maudit ce que des milliers d’américains (et pas que!) pensent et n’osent pas dire ouvertement. Wouah! Regardez Good Night and Good Luck et admirez les similarités!

« You never stop talking about freedom, and I appreciate that. But while I listen to you talk about freedom, I see you assert your right to tap my telephone, to arrest me and hold me without charges, to try to preclude me from breathing clean air and drinking clean water and eating safe food. What I want to say to you, is that I, in my lifetime, I have never felt more ashamed of, nor more frightened by, my leadership in Washington. I feel like, despite your rhetoric, that compassion and common sense have been left far behind during your administration. I would hope, from time to time, that you have the humility and the grace to be ashamed of yourself. »

(Vous n’arrêtez pas de parler de liberté, et j’apprécie cela. Mais alors que je vous écoute parler de liberté, je vous vois prendre le droit d’écouter mes conversations téléphoniques, de m’arrêter et de m’emprisonner sans preuves, de m’empêcher de respirer de l’air propre et de boire de l’eau propre et de manger de la nourriture saine. Ce que je veux vous dire c’est que de ma vie entière, je n’ai jamais été aussi honteux ni plus effrayé par ce qui se passe à Washington. Je pense que malgré ce que vous ne cessez de dire, la compassion et le sens commun ont été abandonnés depuis que vous êtes président. J’aimerais bien que de temps en temps, vous ayez l’humilité et la grace d’avoir honte de vous-même.) (Pardonnez ma traduction très libre).

Je suis sur le cul. Merci du fond du coeur Monsieur Taylor! J’espère que vous n’allez pas bientôt être victime d’un accident de voiture ou d’un incendit accidentel…

On saura jamais c’qu’on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau?
Ou le pire ou plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau
S’il fallait plus que des mots ?

Jean-Jacques Goldman, Né en 17 à Leidenstadt.

Je suis pas sociale du tout, mais alors pas du tout! Je n’aime pas les fêtes avec plein de gens, et même si parfois j’apprécie un repas avec quelques copains, je fuis les foules comme un chat le vétérinaire! Mais parfois je fais un effort, surtout quand c’est ma super copine Gigi qui m’invite pour sa fête annuelle « pour les femmes seulement » et où sont conviées toutes les élèves et professeures du département et des tas d’autres copines sympas de copines sympas. Ca fait beaucoup d’inconnues et beaucoup de bruit mais aussi beaucoup de bonne bouffe (c’est un « potluck » ou « repas canadien » comme on dit en Suisse, c’est-à-dire que chacun apporte un trucs à manger ou à boire et on fait un grand buffet) et puis c’est aussi la seule occasion pour moi de voir certaines copines qui sont aussi cloîtrées chez elles à écrire leur thèse.

Ma tactique, comme je suis timide, c’est de me trouver une chaise près du buffet (et de manger autant que possible) et comme ça, j’accoste les personnes qui viennent se servir et entame des conversations pendant qu’elles se servent, du genre « ah tiens, ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vues, comment se porte ta thèse? » Comme tout le monde passe par le buffet, ça me permet de parler à plein de gens chouettes sans avoir à « entrer » dans des conversations déjà entamées parce que je déteste ça!

Ce soir, donc, c’est ce que j’ai fait. C’était chouette et j’ai parlé avec une fille dont le mari vient de Granbled donc elle m’a raconté plein de truc, et quand elle est partie fumer sa clope, une autre fille que je ne connaissais pas s’est assise à côté de moi pour continuer une conversation avec une deuxième fille que je ne connaissais pas. J’ai profité de mon répit pour grignoter quelques fraises (marrant, je n’étais pas du tout allergiques aux fraises ce soir!) quand soudain, je me suis rendue compte que la fille à côté de moi avait un accent français bien prononcé… …

Je me suis donc tournée vers elle et lui ai demandé tout à fait impoliment d’où elle venait. De France, bien sûr, m’a-t-elle répondu! Moi aussi, j’ai dit, en français! Alors là, on a papoté pendant un bon moment et c’était super sympa. La deuxième fille que je ne connaissais pas était élève en doctorat dans le département de français, et donc nous avons bien discuté et rigolé en français.

A un moment, on a discuté des sentiments anti-français qu’on peut ressentir ici, et je me suis dit que cette jeune fille française, Dorothée, pourrais sûrement apprécier Bonjour América, ce podcast tout à fait hilarant de Vinvin, qui veut que la France et les Etats Unis soient de nouveau copains. J’ai donc demandé à Dorothée si elle connaissait les blogs… question idiote… et elle m’a dit que oui, elle en lisait mêmes quelques uns, surtout celui d’un français qui habitait aux Etats Unis mais c’était dommage parce qu’il était rentré en France maintenant, quelque chose comme Inside ou Outside the USA… …

Mouahahah! J’ai dit « un français en Pennsylvanie? » Et elle m’a regardé avec des yeux tout ronds en disant oui, c’est ça, exactement! J’ai bien rigolé et je lui ai demandé si elle connaissais le nom d’autres lecteurs, et de miss lulu en particulier… Alors elle s’est écriée « Oui! Et je suis allée sur son blog parce que j’ai vu qu’elle est à Purdue et je me demande bien qui c’est et j’ai demandé à plein d’autres français s’ils connaissaient une miss lulu à Purdue mais personne ne la connait! » :D

Mouahahaha! Quand je lui ai dit que c’était moi elle a trop rigolé… et ça faisait super bizarre! J’ai rencontré des bloggeurs, dans le passé, mais jamais quelqu’un qui lisait mon blog comme ça, par hasard, et surtout pas aux Etats Unis! En plus, elle avait visité mon blog à l’époque où je parlais de mes élèves ingénieurs, et donc elle pensait que j’étais moi aussi ingénieure… D’ailleurs, elle m’a dit « et il y avait le petit nain » … et il va falloir que je le réveil de son hibernation, celui-là, parce que c’est bientôt le printemps!! Elle avait même vu mon post sur le dîner de Thanksgiving chez Gigi et avait vu un de ses copains sur une de mes photos, mais à l’époque elle ne connaissait pas Gigi!

Le monde est petit. La bloggosphère l’est encore plus! Qu’est-ce qu’on a pu rigoler ce soir, ensemble! C’est marrant, parce que je ne connais qu’une française à Purdue, et c’est une de mes élèves avec qui je n’ai jamais échangé un mot de français, alors qu’il y a plein de français (et visiblement de françaises!) dans le coin. Je suis trop antisociale, trop timide. Et je parie que je vais maintenant faire l’effort d’aller à leur « French talk » du mercredi après-midi, où sont invités tous les élèves de français et les français/francophones de Purdue et où je vais rencontrer un beau français dont je tomberai follement amoureuse et je ne voudrai plus quitter mon champ de maïs parce que lui n’aura pas terminé son doctorat en génie chimique! Je vous le parie! C’est toujours comme ça, on commence à adorer l’endroit qu’on a détesté pendant des années au moment où on va le quitter et c’est à ce moment aussi qu’on rencontre des gens dont on tombe amoureux et après c’est la tragédie…

Enfin… la miss lulu n’est plus si anonyme maintenant, elle a été découverte par une de ses lectrices! Et ça fait super bizarre, je peux vous dire! Imaginez que demain, dans le bus, quelqu’un vous raconte qu’il lit parfois votre blog, sans savoir que c’est vous qui l’écrivez et alors que vous n’avez jamais rencontré cette personne auparavant… Debleu debleu! Les surprises que nous réserve la vie sont parfois… surprenantes :)

Tout d’abord, je voudrais remercier tous ceux et celles qui nous on fait des gentils cadeaux et qui ont pensé à nous trois hier. Tout ce qui s’est passé hier est expliqué dans les commentaires du post précédent. Il me reste $69.14 des cadeaux qu’on a fait pour ma Sosso, et comme elle va des problèmes avec ses articulations pour le restant de ses jours, j’utiliserai cet argent pour continuer à lui acheter des médicaments qui renforcent ses articulations et repousseront les problèmes sérieux un peu plus longtemps. Si vous n’êtes pas d’accord avec ce plan (et vous préféreriez que je m’offre une nouvelle voiture, à la place), n’hésitez pas à me le dire :)

J’étais seule chez moi pendant presqu’une journée entière. Pas de chatoune sur mon lit en train de bouffer les couvertures, pas de chatounes en train de réclamer à grands miaulements à manger dans la cuisine, pas de chatoune sur mes genoux en train de ronronner à coeur joie en m’envoyant tout plein de poils dans la figure, pas de chatounes en train de tout faire tomber en se courant après dans toute la maison, pas de chatounes pour démarer l’imprimante au milieu de la nuit, pas de chatounes tranquillement assises à côté de moi dans la cuisine pendant que je me faisais à manger. Personne. Le vide. C’est là que je me suis demandé comment j’ai fait pour vivre si longtemps sans mes p’tites chéries pour me faire rire 200 fois par jour et me faire craquer d’amour 500 fois par minute.

Pourquoi je les aime tant ces crapules? Je crois qu’une des raisons principales c’est qu’elles m’apprennent à vivre. Elles montrent toujours leurs sentiments, elles offrent de l’amour gratuitement, elles vivent très bien quand je ne suis pas sur leur dos, elles savent s’amuser et dormir juste assez pour bien vivre. Elles ne me mentent pas, elles ne me cachent rien, elles n’ont pas d’arrières-pensées, mais elles sont assez malines pour savoir comment obtenir ce qu’elles veulent!

Calinette, c’est ma princesse, ma coquette, ma choupinette adorée, ma chérinette, mon amoureuse. C’est elle qui m’a adoptée et c’est mon aînée, la petite maman de Sosso, mon inspiration, et mon oreiller en cas de grand stress ou de besoin d’amour. Elle est grande, belle, intelligente, fière, mais parfois elle laisse tomber cette image de « cheffe de meute » et saute sur mes genoux pour se faire caliner comme un bébé pendant quelques minutes… avant de repartir comme si de rien n’était! Elle est très intuitive et sensible. Elle sait déjà qu’on va partir à Granbled, elle reconnait mon stress, elle réagit à tout changement, et elle ressent tout très fortement. Elle est aussi toujours un peu triste, au fond d’elle-même, depuis que j’ai adopté Sosso. Je sais quand elle n’est pas contente et je sais quand elle pleure. Le matin, elle guête mes premiers mouvements et dès que j’ouvre les yeux, elle saute sur mon lit, me fait un gros bisou sur le nez, et commence à jouer avec mes lunettes jusqu’à ce que j’accepte de les mettre et donc de me lever pour la nourrir. Elle aime aussi se nettoyer pendant des heures et puis regarder les oiseaux piailler à la fenêtre. Et puis Calinette aime tout ce qui est sucré, surtout la glace et les gâteaux, et aussi les feuilles de chou-fleurs qu’elle machouille pendant des heures.

Sosso, c’est mon bébé, ma poupée, ma cocotte, ma coquine, ma ‘tite Totto, la crapule de mes vieux jours, mes « pattes de velour » et ma p’tite chérie aux yeux de braises. Quand il fait nuit, je vois souvent ses yeux dans le noir qui m’observent. Et souvent, quand je suis dans mon lit en train de bosser, je la vois arriver avec un regard langoureux et sauter dans mes bras, coincer sa tête contre mon coeur, et commencer à ronronner pour des heures et des heures. Pour Sosso, le soleil brille toujours même si parfois, comme aujourd’hui, la vie est difficile. Elle adore jouer, sauter partout, courir, s’aggriper à la couverture du sofa comme si sa vie en dépendait, faire peur aux oiseaux de la fenêtre, attrapper mes élastiques à cheveux un peu partout, même sur ma tête, et les dévorer. Sosso adore ma cuisine et elle attend toujours (pas toujours patiemment!) que j’aie fini de manger pour aller lècher mes plats! Même si elle aime moins le sucre que Calinette, elle adore mon riz au lait! Et quand je lui dis « non, Sosso, ne mange pas mon riz au lait » elle fait des bruits caverneux tellement marrants et bizarre que ça me fait rigoler et craquer à chaque fois! Elle, elle n’attend pas que je me réveille, le matin. Dès qu’il fait jour, elle vient sur moi et pousse ma couverture du bout de son nez. Je me couche alors sur le dos et Sosso vient s’installer confortablement sur mon ventre, sous mes couvertures, et ronronne comme une bienheureuse… et on se rendort comme ça parfois pour quelques heures. Elle, elle est craquante et rondouillette, aimante et (souvent) obéissante, coquine et rigolotte.

Quand je me lève, finalement, le matin, je dis « qui c’est qui a faim?? » et elles courent tout autour de moi et vers la cuisine en miaulant comme si je ne les avais pas nourries depuis dix ans! Quand je suis dans la salle de bain, Sosso reste assise tranquilement sur les toilettes (fermées!) et Calinette se perche sur la petite bibliothèque devant la salle de bain et elles me regardent attentivement me brosser les cheveux ou me nettoyer les oreilles. Quand je travaille à la maison, Calinette se perche sur mon fauteuil et Sosso sur le sofa à côté de mon bureau, ou elles se mettent à la fenêtre juste devant moi et elles m’observent ou dorment tranquillement, et me rappellent souvent qu’il n’y a pas que le boulot dans la vie, il y a aussi les calins et les jeux! Quand je rentre du travail, elles entendent la clé de la porte et arrivent à se coincer le museau entre le mur et la porte quand je l’entr’ouvre, et parfois, si je ne fais pas attention, elles arrivent à courir dans le couloir et alors là, c’est pratiquement impossible de les faire rentrer à la maison. Calinette va renifler à chaque porte et gratter chaque paillasson dans le couloir, et Sosso lui court après et se roule sur la moquette rugueuse du couloir en se faisant les griffes contre les murs sans scrupules. Calinette court pour s’enfuir tout au bout du couloir, quand je lui dis de rentrer. Sosso trotte allègrement vers moi et vient frotter sa tête dans ma main quand je dis « allez, à la maison! » Chaque lundi et jeudi, elles jouent à qui aura peur du camion poubelle en premier et Sosso est de plus en plus courageuse. Et certains jours, au moins une semaine par mois, je suis très allergiques à elles ou au sable de leurs littières, et quand j’éternue vingt fois, trente fois de suite, Sosso fait des petits bruits très drôles comme quand elle voit des oiseaux qu’elle veut croquer, comme si elle me disait à tes souhaits à chaque fois.

Sans mes chatounes, la vie serait une erreur, a dit Nietzsche je crois, non? En tous les cas, c’est ce que moi je dis! Je ne peux jamais rester déprimée ou fâchée pendant longtemps, parce qu’il y en aura toujours une pour me faire rire. Je ne peux jamais rester triste pendant longtemps, parce qu’il y en aura toujours une pour venir me faire des calins. Elles sont belles, courageuses, drôles, douces, coquines, curieuses, intelligente, indépendantes, je les adore, et elles m’adorent. Que demander de plus de la vie?

* sur un thème de Samantdi

On m’a souvent demandé ce que je pensais du CPE. Eh bien je ne suis ni pour ni contre le CPE, bien au contraire! Malgré tout, je me sens comme une obligation morale de me mettre en grève pour protester contre tout: les lois débiles, les politiciens véreux, les étudiants stupides, le travail obligatoire, les mauvais salaires, les licenciements injustifiés, les diplômes inutiles, le chômage grandissant, la pollution croissante, la pauvreté injustifiable, la bêtise infinie, les thèses imbéciles, les chatounes opérées, et j’en passe!

De plus, je lis sur les blogs de l’hexagone que les français prennent souvent des « RTT. » Je ne sais pas ce que c’est que les RTT (repos tout terrain?), mais j’en ai déduit, après de longues délibérations avec moi-même, que ça devait être quand on en avait marre de travailler et qu’on devait trouver un acronyme qui sonne bien pour justifier son oisiveté. C’est sûr que « j’en ai ras le c*l de ce boulot de m*rde, j’me casse! » ça sonne moins bien que « je prends un RTT, à lundi les copains! » A force de lire ça un peu partout, ça m’a donné des idées.

En conclusion, la moralité de l’histoire c’est qu’aujourd’hui j’ai pris un RTT (j’ai dit à mes élèves que j’étais « vachement occupée à faire quelque chose de vachement important ») et de plus, je fais la grève. Ma Sosso chérie sera à l’hôpital pour 30 heures avec sa garce de copine Calinette et moi je s’rai toute seule chez moi à me faire un souci d’encre et à m’ennuyer sans les calins et les bêtises de mes p’tites chéries.

Alors voilà, je vais me pieuter, dormir, manger ma soupe indienne divine, dormir, regarder Good Night and Good Luck, dormir, glander, lire des blogs, dormir, regarder un autre film où il ne faudra pas réflechir cette fois, dormir, manger tout un pot de glace au caramel et gauffrette au chocolat, dormir, et boire au moins deux bouteilles de jus d’abricot pour oublier ma solitude et mes soucis.

Aaahhhh je vais enfin pouvoir me sentir française et solidaire! A demain amigos, ce blog prend un RTT et fait la grève du CPE! Et soyez sages pendant mon absence, hein, ne commencez pas une nouvelle grève contre une nouvelle loi qui vous donne encore plus de vacances! Attendez-moi! :lol:

PS. Nouvelles des chatounes dans les commentaires!

Depuis que je sais que je vais déménager bientôt, je trie mes tonnes de papiers et je jette pratiquement tout. Parfois c’est difficile et triste de jeter comme ça toute une partie de sa vie, mais j’ai l’habitude. Hier, j’ai failli jeter une collection de papiers que j’ai écrits durant ma première année aux Etats Unis pour une classe de « personal history writing. » Finalement, j’ai gardé quelques textes marrants… et j’en copie un ici au cas où je perdrais ces papiers (dont je n’ai plus de copies électroniques). Je copierai les autres de temps en temps. Désolée, c’est en anglais et c’est long, et ce n’est ps nécessairement des textes faits pour des blogs, mais c’est de l’anglais très facile et ce sont des bons souvenirs pour moi. Je garde même les fautes d’origine :)

I really wanted to go, but my parents said it would kill me. And they were almost right! However, I was sure I could make it. It would be the first time I went somewhere with the other students in my class. I was sick of staying at home every time they were doing something fun. The year before, they had gone to Italy and to the mountains. I had stayed at home! This time, I felt that I could go with them. I was 17 and old enough to be a little more independent. I also wanted to take some risks because it would make my life a little more interesting.

So, I told my parents to trust me, and I took the bus on this very early morning of February 1990, with twenty other students and our English teacher. This bus would take us all to London, some twelve hours later. Since we all were poor students, we couldn’t afford the train, so we had to rent the bus. The « Tunnel sous la Manche » didn’t exist at that time, so the bus would drive to Le Havre where we would go on a boat, and then the bus would drive us to Canterbury, our final destination.

Of course, the bus driver didn’t want to take the French highways because there are « péages » to pay, so he took every little road he could find, until he had lost us in the deep and unwelcoming north of France! Fortunately, we were just on time to catch our boat, and, on this dark evening, the bus entered the entrails of the boat, while we tried to find a place to sit on the deck. It was the first time I would cross « La Manche. »

Just as we were leaving the port, the wind began to blow, and the security instructions began to be given: « If the boat sinks, don’t worry, » « it’s the first very strong wind in three years but don’t worry, we are prepared for it » and so on, just so that we would feel better! We were on the deck, trying to stay together, to see the stars through the heavy clouds, and to laugh rather than to scream.

I don’t know how, but we finally made it to England, arriving late at night in Canterbury. A lot of people were waiting for us. Every one of us had to go with a family with which we would stay for three weeks. I remember seeing a student from my class, Christian, leaving with somebody in a beautiful Porsche and wondering why it was he instead of I. My very good friend Catherine also left very quickly with a lady who seemed very nice. Then, a little man with a beard called my name and I left with him. He had a very British accent and I was too tired to understand him.

The house in which I was going to stay was a nightmare. It was close to school, which was good for me, but my room was on the second floor, and the stairs had no banister and very high steps, and the bathroom was on the first floor. I don’t remember how many nights I fell of those steps, trying to go to the bathroom without waking up the whole family.

This family, by the way, was very strange. The father was a German teacher, and he always talked to me in German, which upset and confused me a lot. The mother was never at home, and when she was, she cooked extremely bad dinners. The son was never happy, and the daughter was terribly ugly and almost simple-minded. Their bathtub was broken, so I had to take showers at the neighbors’, where another student was staying. There was no TV, but fortunately, there was a piano. Across the yard was the school, and behind the school was a farm with thousands of pigs, which smelled really bad!

On the first day of class, we had a big surprise: leather jackets, nose earrings, earrings for the guys, and chewing gum in class were not allowed. Smoking was also totally forbidden, and all these rules would create numerous problems between the schoolteachers and the students of my class. Our first class every morning would be art history, then we would have math or gymnastics or chorale, and in the afternoon, we could choose between silk painting and metalworking. I chose silk painting, and my two very best friends, Catherine and Michele chose the other class, which made me mad. I was very jealous of Catherine at that time, because she spent a lot more time with Michele than me, and I felt that she was stealing my friend. That first day of school, I also learned that Michele was staying with a very old woman in a very old and dirty place, and that Catherine was staying with a very nice family in a typically British cottage. Michele and I once spent a day with Catherine’s family, and the mother prepared a delicious meal for us, took us to visit a beautiful castle near the sea, and bought us « fish and chips. »

Two or three times a week, our English teacher would take us to London. That was the most terrible and also the best part of this trip to England. We would take the train together, very early in the morning, and arrive an hour later at the Victoria Train Station in London. In London, we would have to run the entire day in order to visit as many museums as possible and to see as many places as possible. In-between museums, we were usually free to spend an hour as we wanted wherever we wanted. But we had to be on time for the next museum or sometimes for a theater play. Our teacher was a very tall man, always stressed, and he would make us run from one underground to the next as fast as possible, then run to the museum, run to the London Bridge, run to the House of Parliament, run to the next museum, run to the underground, run to the train station…

The underground was a nightmare. We were such a big group that we couldn’t always stay together in the same car. So we didn’t know where to change trains or when to leave the train. We would always be scared to lose someone or that one of us might miss our train back home. For me, the always-broken-automatic-stairs would always be where I had to go and I was always the last one to enter the train–when I didn’t miss it! I was sometimes so tired I wished I had listened to my parents and stayed home. But at other times I was very happy not to have listened to them: I was having a lot of fun!

It was just the beginning of spring, and London and Canterbury were beautiful. We saw a lot of teacher plays and comedies, and I became very good at buying my tickets at the same time as Michele so my seats would be next to hers. I spent a lot of money buying CDs and books, and going to « interdit aux moins de 18 ans » movies.

In class, I had a very hard time understanding what the teachers were saying, so I copied different papers from everyone’s notebooks, except for my last paper. We had to write about our feelings towards art history, and I wrote a marvelous text explaining that I loved art history (which was not the case at all!). I lied so well that it saved me from the F I deserved for having copied all the other papers. In my silk paining class, I made a very ugly thing that doesn’t have a name. And in math, I spent a lot of time decorating my notebooks with my own artwork!

At my host-family’s home, I usually invited Michele to stay with me, and we would cook special Swiss dishes (not always good) and play four hands music on the piano for hours. Our favorite was the Hungarian Dances from Brahms, which we would play over and over and so often that my family was soon sick of it! Michele and I would also go to my place and stay there instead of going to school, when the weather was too bad, and play Brahms, only Brahms… The weather during those three weeks was very bad, so bad that usually, during the night, trees would fall on roads. That sometimes scared me, especially when I was feeling homesick or when I couldn’t sleep.

We all had so much fun that I sometimes wished those three weeks never ended. But they did. And again, we too the terrible bus that had no bathroom in it and got lost, the horrible boat that wanted to drown us, and the never-ending little roads of France. I was exhausted but I had survived, and I was ready for my next trip–to the United States!

PS. Parce que je suis trop triste et déçue qu’Olivier arrête son blog, je vous propose d’aller faire sauter ses commentaires en lui disant que de perdre un blog de cette qualité c’est pas du tout juste et trop cruel et une trop grosse perte pour la bloggosphère et qu’il a intérêt à s’en ouvrir un nouveau ou à continuer le sien sinon ça va chauffer! (et attention, Granbled c’est pas loin de Montréal!).

PPS. Un dernier petit geste pour la Sosso? Merci!

Il paraîtrait que certains de mes lecteurs assidus « ne savent pas quoi dire d’intelligent » et ne laissent donc pas (ou pas souvent) de commentaires! Holly cow! Est-ce que cela voudrait dire que mes posts requièrent des commentaires intelligents??!! Va-t-il falloir que je mette un « disclaimer » au début de chaque post explicant que les commentaires mêmes pas intelligents sont les bienvenus? Ca me peine. Mais je comprends. Après tout, je ne laisse pas non plus toujours de commentaires chez les bloggeurs que je lis quotidiennement. Surtout en ce moment (hum…)…

Mais quand même! J’ai environ 600 visiteurs par jours… dont 300 venant de gougle et au moins 100 d’autres recherches burlesques et sans rapport avec mon blog (sex games est toujours numéro un dans le hit parade des recherches débiles qui mènent directement à mon blog). Donc j’ai environ 200 visiteurs SYMPAS et NORMAUX chaque jour… mais de loin pas 200 commentaires.

Ce ne sont pas les commentaires que je cherche mais le confort de mon blog. Je veux que mon blog soit aussi facile à lire et à commenter qu’une feuille de chou locale ou que les dernières nouvelles à la télé (là je sais pas si c’est une bonne idée, en fait) ou comme le vieux canapé aux ressorts pétés et plein de poils de chat mais dont on n’arrive pas à se séparer.

Alors aujourd’hui, je vais écrire une grosse bêtise pas intéressante et tous mes lecteurs, surtout les timides, devront eux aussi laisser des commentaires bêtes et pas intelligents! Vous pouvez me dire l’heure qu’il est, le temps qu’il fait, la marque de votre voiture, ce que vous avez mangé pour le p’tit dèj, le nom de votre chat, la dernière idiotie que vous avez sortie, une blague débile, le numéro gagnant du lotto (héhé), la couleur de vos chaussures, le nombre de page que votre imprimante imprime à la minute, le genre de musique que vous n’aimez pas écouter, le lieu de vos dernières vacances, la longueur des cheveux de votre voisin chauve, le nombre de fourchettes que vous possedez… Bref, il est absolument interdit de laisser un commentaire intelligent aujourd’hui de même qu’il est interdit d’être timide!

Voyons… que puis-je raconter comme bêtise pour vous mettre tous et toutes à l’aise? …

Ah, grande nouvelle: mon annulaire de pied droit est plus petit que mon auriculaire de pied droit, mais pas mon annulaire de pied gauche. C’est tout à fait consternant comme nouvelle! Je ne sais pas si je vais m’en remettre!

Et happy birthday à ma môman :D

PS. Un piti cadeau pour ma Sosso qui se fait opérer vendredi? Mirci!

Cela fait quand même trois mois que je mange du riz à pratiquement chaque repas et au moins 6 fois par semaine! Je m’admire, surtout que je n’ai pas l’intention de m’arrêter en si bon chemin. Je me sens en bien meilleur forme depuis que j’ai arrêté les pâtes et je n’ai plus jamais de boutons sur le visage! Mes cheveux et mes ongles poussent encore plus rapidement qu’avant et mon estomac est très heureux lui aussi de ce régime. Ce qui est marrant, c’est que ce que je cuisine n’est pas forcément léger… mais on dirait que le riz fait tout passer comme une lettre à la poste sans me faire prendre un gramme!

Pour garder l’envie de manger du riz tous les jours, il faut que j’essaye une nouvelle recette au moins trois fois par semaine! Parfois je suis des recettes de mes livres de cuisine, parfois je m’inspire des blogs culinaires, et parfois… je fais n’importe quoi et je regarde ce que ça donne. Souvent c’est très bon, parfois étrange, rarement mauvais.

L’autre jour, par exemple, j’avais envie d’un truc bizarre et nouveau et de fromage! J’ai trouvé une vague buchette de fromage de chèvre « frais » et j’ai pris trois oeufs, du riz cuit pour deux personnes, et une tomate (et de l’ail si on aime). C’est tout. D’abord, j’ai mis des rondelles de tomates au fond de petits ramequins bien huilés (avec un peu d’ail écrasé). Ensuite, j’ai mélangé mon riz avec les oeufs et du sel et du poivre. J’ai mis un peu de la mixture dans les ramequins, sur les tomates, en tassant bien. Ensuite, au milieu j’ai mis une couche (1/2 centimètre, pas trop épais) de fromage de chèvre (en tassant bien) et j’ai terminé avec ce qu’il restait de riz (en tassant bien). J’ai mis tout ça au four moyen pendant une-demi heure… et tadaaaa, voilà un bien joli petit soufflé de riz et de chèvre avec une délicieuse rondelle de tomate grillée incrustée dedans!

C’était super bon même si un peu sec. Je pense que j’aurais pu rajouter une rondelle de tomate au-dessus du chèvre et/ou mélanger un peu du jus de tomate au riz avec les oeufs. J’aurais aussi pu mettre un peu de crème et de persil dans mon mélange…. C’était difficile à démouler et on devine le chèvre au milieu du riz, ce qu’il n’est pas moche mais fait moins la surprise. Ce que j’ai beaucoup aimé, c’était les goûts vraiment différents du chèvre, du riz, et de la tomate, et puis les couleurs. Avec une petite salade verte toute simple c’était extra! J’aime bien me surprendre, comme ça!

Buen provecho :)

PS. Certaines personnes ont décidé que leur premier cadeau était pour Sosso… et que le suivant sera pour Calinette. Merci ;) (mais faut pas trop exagérer quand même, hein!)


You Should Date A Swede!


You’re a romantic, albeit an understated and practical one.
It’s more about a steady partnership for you, not unrestrained falling
Your Swede will give you the unwavering love you crave
While making up some mean pancakes and meatballs on the side!

PS. Vendredi on opère la Sosso. Le Sossothon (PrincessH©) est toujours ouvert, mais attention, les personnes qui ont déjà fait des donations sont interdites de Sossothon! Je parle en particulier de Kiara, a n g e l, Candy Froggie, Djinn, et PrincessH qui ont déjà beaucoup trop donné! Toute donation faite par des personnes ayant déjà fait un beau cadeau à ma Sosso sera refusée (et j’ai les noms!). Je déteste vraiment demander de l’aide (mais là je n’ai pas le choix) alors ne soyez pas trop gentils, ça me rend super inconfortable!! Pour information, il me reste exactement $256.01 après nos derniers déboires félins et j’ai aussi acheté un petit panier transporteur de chat la semaine dernière pour pouvoir transporter Sosso ET Calinette chez le véto pour qu’elles y restent ensemble.

PPS. Cette fois c’est pour de vrai que je suis chez Olivier! Merci Olivier :)

Je n’arrive pas à dormir. En fait, je n’arrive PLUS à dormir depuis quelques semaines. Il y a trop de trucs qui passent à toute vitesse dans mon p’tit cerveau qui n’en peut plus… finir ma thèse à temps (plus qu’un chapitre et des millions de révisions), trouver des déménageurs, publier des articles, déménager, opérer la Sosso, recevoir un permi de travail, fêter ma graduation, trouver un nouvel appartement, commencer une nouvelle vie, bien finir le semestre avec mes derniers élèves, ne pas pêter trop de plombs…

Ca doit être le changement d’heure!

J’ai bien rigolé (pas méchament, hein) quand j’ai vu des bloggeurs se pleindre du changement d’heure européen la semaine dernière. Moi cette nuit, dans mon champ de maïs, c’est LA PREMIERE FOIS EN QUATRE ANS que je change d’heure!!! Je vous raconte pas le chenit que ça promet en Indiana pendant quelques jours! Parce que non seulement les gens ne savent plus changer d’heure (Hein??!! Dans quel sens!!?? Pourquoi??!!), mais en plus chaque ville d’Indiana a pu changer d’heure… OU PAS!!!

Bref, je suis « wired » comme on dit ici, électrisée! J’ai regardé Walk the Line aujourd’hui, au lieu de bosser sur ma thèse, c’est un film très bien, je m’attendais à beaucoup moins bien, surtout que je n’aime aucun des acteurs. Il a reçu un oscar ou deux, non? Très bon film, vraiment. Intéressant de comparer la vie du type en question avec celle d’Elvis Presley, par exemple.

Et puis j’ai enfin lu mes emails du début du mois de mars… un mois de retard c’est pas trop, si?!

Alors j’ai écrit:

3 cartes postales à des bloggeurs aux US
4 au Canada
1 en Allemagne
1 en Italie
2 en Suisse
et 13 en France

Il ne me reste plus qu’une carte de rabe et 12 encore promises à des bloggeurs dont je n’ai pas les adresses postales. Envoyez-moi vos adresses, saperlipopette! Je sens qu’il va falloir aller racheter des cartes de champs de maïs en urgence dés lundi!

Je suis pas sûre, mais je crois que j’ai posté un truc presqu’intelligent sur la Canada chez Olivier. C’est possible que je me trompe, hein, mais allez quand’même voir son blog, il est très chouette, même si je n’y ai rien posté.

Au Canada, est-ce qu’on écrit les dates comme aux Etats Unis? March 3, 2006 au lieu de 3 March 2006? Et est-ce qu’on fait les 7 avec un petit trait au milieu comme en France ou bien comme il apparait à l’ordinateur? Et le 1? Et est-ce qu’on dit/écrit 2.5 ou 2,5 pour deux et demi?

Et puis franchement, QUI a inventé des codes postaux aussi crétins???!!!

Bon, je vais ressayer de dormir avant d’écrire encore plus d’âneries… C’est déjà difficile de ne pas pêter un cable pendant la journée, mais alors la nuit je vous raconte pas!

Pour souligner la venue prochaine de Miss Lulu au Canada, et connaissant ses talents culinaires, je contribue une de nos recettes nationales, qu’elle pourra déjà essayer:

Le Crastillon du chef Groleau

Ingrédients, quantités au goût:

De la joudoine
de l’aspinouche
de la poutane
du picossé
de la roublette
et un tout petit peu de teinture verte

Mélangez le tout vigoureusement pour que ça soit mou uniformément.
C’est pas grave si ça fait des mottons, car c’est les mottons qui goûtent le plus bon, hmmm!

Rajoutez ensuite des ingrédients divers
Des patates de mouche puis des petits vers de terre
Ainsi que les assaisonnements secrets qui ont avantage à rester secrets.

Et voilà, c’est prêt pour la dégoûtation.

Et n’oubliez surtout pas: le crastillon, qui doit toujours être bien dégorgé, accompagne toujours bien les mets de poisson, sauf de mai à mars.

Pour une version audio, cliquez ici

Soyez patient(e) même en DSL le fichier audio prend parfois de 20 à 30 secondes pour se charger.

Avec les compliments de RJF