ven 2 juin 2006
Il est passé 20 heures et je dois impérativement envoyer un « conference proposal » avant minuit… le stress ne s’arrête jamais.
Le truc marrant dans ma vie, c’est que je dois tout le temps expliquer aux gens ce que je fais, ici. Non, je ne suis pas la plus vieille dans mon programme, on a même fêté les 55 ans d’une copine il y a une semaine. Non, je ne lis pas du Chomsky jour et nuit. Oui, j’ai 10 ans d’expérience après 10 ans à l’université et trois diplômes. Oui, le doctorat est une saleté d’invention. Non, finir un doctorat et trouver du boulot n’est pas une partie de plaisir.
Le truc que je dois expliquer, maintenant, c’est la suite, la « vie » après le doctorat, la vie d’une « faculty member on tenure track. » Kéké? Accrochez-vous, ça va secouer!
Il y a cinq façons différentes d’être prof à l’université:
- lecturer: prof embauché pour un contrat d’un an, renouvelable une ou deux fois. Mal payé, sans « benefits » (assurence maladie, cotisation à la retraite, etc.).
- visiting professor: souvent un prof d’une autre université qui va passer un ou deux ans ailleurs, ou bien un contrat de courte durée mais un peu mieux payé qu’un lecturer et avec les « benefits. »
Ces deux premières « positions » ne sont pas permanentes, ou, comme on dit en anglais, ce ne sont pas des « tenure track positions. »
- assistant professor: (c’est ce que je vais être) position conditionellement permanente, bien payée et avec tous les « benefits » (surtout au Canada, haha). On est normalement un assistant professor pendant trois-quatre ans.
- associate professor: après avoir été assistant professor et si on passe la « tenure review, » on devient aussi associate professor. Le job est maintenant permanent à vie et on se fait beaucoup mieux payer et c’est le début de la belle vie.
- full professor: ben c’est le top, Paname, plein de sous et plus besoin de se faire chier à publier et tout ça
Voili voilà. Sauf que vous ne savez pas ce que ça veut dire, « tenured. » J’vous esqueuplique: si j’ai une « tenure track position » ça veut dire que j’ai un contrat potentiellement permanent, et si je suis « tenured » ça veut dire que je l’ai, le contrat permanent. Le truc, c’est que pour passer de tenure track a tenured, il faut bosser à mort, dans trois domaines bien distinctifs: la recherche + publications + conférences, l’enseignement, et le « service. »
- la recherche: continuer à bosser sur des projets de recherche et en publier les résultats dans des journaux professionels importants et à des tas de conférences. L’importance des journaux et des conférences, ainsi que la longueur et le nombre d’articles publiés et présentés sont comptabilisés très scientifiquement.
- le service: cela correspond à tout le reste, les trucs comme être patron d’une association professionelle, faire partie de plein de comités de thèse ou d’embauche, organiser des trucs au niveau départemental ou de l’université, aller à toutes les réunions, créer des nouveaux programmes, mettre des nouveaux cours sur pied, organiser une conférence, etc. Tout ça est aussi très scientifiquement évalué et comptabilisé.
- l’enseignement: ça, ce sont les évaluations des élèves à la fin de chaque semestre. Si les élèves ne sont pas contents, ça fait très mal.
Quand on est assistant professor, on se fait donc évaluer à la fin de chaque année (au niveau départemental) pour vérifier qu’on a bien bossé dans ces trois domaines. Normalement, on ne peut pas se faire virer, sauf pour faute grave, mais la pression monte avec les années. Pendant la sixième année, on est non seulement évalué par tous les chefs du département où on travaille mais aussi par ses collègues, et plein d’autres chefs de l’université (deans, chairs, directors, etc.). Tous ces braves gens écrivent des tas de lettres de recommendation (ou pas), tout le boulot des cinq dernières années est réévalué, on a plein de meetings avec plein de gens qui fichent la trouille parce qu’ils ont le droit de nous virer alors qu’ils ne nous connaissent même pas, les autres profs qu’on croyait être des amis vous poignardent dans le dos, etc. Et tout ça pendant un an!
Si tout va bien, on devient « tenured. » Si ça se passe mal, on a un an pour trouver un nouveau boulot et byebye! C’est un procédé long, attroce, et humiliant pour tous. J’ai vu plusieurs de mes profs passer par là. Certains ont craqué et sont partis avant même d’avoir les résultats. Et puis il y a par exemple des injustices: publier c’est plus important que d’être un bon prof; être un bon prof c’est normal donc on n’est pas récompensé pour ces bonnes évaluations, mais être un moyen prof ça compte tout de suite contre vous; les hommes ont 24% de plus de chance de recevoir leur tenure s’ils ont des enfants, alors les femmes ont 70% de moins de chance (en fait, je me rends compte que je ne connais qu’une seule prof qui ait reçu sa tenure alors qu’elle avait un enfant); on se base parfois moins sur les résultats concrets que sur les les inamitiés et brouilles entre collègues; et j’en passe!
Voilà ce qui m’attend! Mon boulot est donc « tenure tracked » et l’avantage de l’université où je serai, c’est qu’ils donnent une première chance de tenure après seulement trois ans, pour les gens exceptionnels (c’est-à-dire qui n’ont pas de vie)! Si ça ne passe pas après trois ans, on a une deuxième chance la sixième année.
J’ai trois amis qui sont devenus assistant professors l’année dernière. Ils me racontent que 60% de leur temps est passé en réunions, 30% est passé à faire de la recherche et bosser sur leurs publications, et les 10% restants sont passés à préparer les cours, à corriger les copies, et à essayer de ne pas s’endormir devant les élèves.
Bien sûr, je vais essayer de viser les trois ans seulement… et je suis donc déjà en train de bosser sur quatre articles (dont un qui doit être fini fin juin) et une idée de livre (que je dois présenter fin juillet)! Alors que je commence seulement à bosser me faire payer en août!
J’ai juré ne jamais écrire de thèse de maîtrise et je l’ai fait. J’ai juré ne jamais essayer d’avoir un doctorat et je l’ai eu. Je ne sais pas si c’est une bonne idée de me donner des buts, en fait. Les non-buts ont plutôt l’air de bien marcher…
Ahhhhh c’teu trouille que je me tappe déjà, à l’idée de devoir passer par tout ça!!!!
Et ailleurs, c’est comment?
32 commentaires que j'aime à “life after ze phd”
Laisser un commentaire
Vous devez vous enregistrer pour laiser une commentaire.



1 juin 2006 à 10:06
J’ai cru comprendre (tu confirmeras ou infirmeras) qu’il y avait aussi un coté « people » important dans l’obtention de la tenure : il faut donner l’impression que tu es adapté à l’environnement de la fac au sens large, et que tu ne vas pas vouloir te casser deux ans après la tenure. Donc, aller aux barbecue chiants organisés par les collègues, ne pas trop bitcher sur « quel put@in de trou paumé plein de cons, ici » (ou du moins pas en public), jouer au squash avec le chef…
1 juin 2006 à 11:09
aca: hehe, je voulais aussi parler de ça mais mon post était déjà un peu long… j’espérais bien que quelqu’un allait le rajouter
c’est effectivement malheureusement très vrai, ce que tu racontes! beurk!
2 juin 2006 à 2:05
Ce que tu peux te dire aussi, c’est que si tous tes collègues sont désagréables, ou que tu n’aimes pas du tout le bled où est installée l’université, (ce que je ne te souhaite pas du tout), ce n’est pas forcément une bonne chose qu’on te titularise là…
2 juin 2006 à 3:55
Ben dis-donc Lulu ça fait tout un programme ça… et je te tire mon chapeau. Ailleurs je sais pas mais mon activité cérébrale à moi elle s’est nettement ralentie depuis sept ans… et pour cause! Sur le point de devenir traductrice, je réalise que le petit bout de dix mois qui me fair risette me verra quand même beaucoup moins alors je décide comme ça (à quelques mois du concours) de devenir prof de français. J’ai donc arrêté mon mémoire en plein milieu, fourré mon nez dans les rapports de jury et les livres d’ancien français, de grammaire et de littérature. J’ai baragouiné de la phonétique historique pendant quelques semaines après le thé du matin et je suis devenue prof. J’avais juré d’aller plus loin, juré de faire autre chose et puis je me suis envolée vers d’autres horizons. Alors bien sûr rien ne remplace les « je t’aime Maman » du réveil et les sourires éperdus de gratitude parce que j’ai joué à l’élastique ou fait un gâteau au chocolat. Quelquefois cependant je regrette de ne plus lire autant, de ne plus écrire comme avant… Mais tu veux que je dise Lulu… finalement avec les années (on dirait que j’suis vieille mais po du tout!)je me dis que le principal c’est de s’éclater dans ce qu’on fait. Même si les collègues sont quelquefois lourds, les élèves souvent ingrats, le cursus (commme le tien) super long et ardu… faut continuer à rire.
Oulà faut que j’arrête d’écrire le matin moi, ça fait tout de suite super sérieux. Bonne journée Lulu !
P.S. : Au fait sur le petit bandeau en bas y’a inscrit que tu seras Dr Lulu dans 11 jours. C’est la date de ta soutenance?
2 juin 2006 à 3:59
Les non-buts c’est le détachement. Le détachement nous permet d’avoir le recul nécessaire pour atteindre ce que nous devions être. Donc quand t te fixe des non-buts tu te fiches de l’échec. Et quand on réussit à surpasser ses peurs plus rien ne peut nous arrêter.
2 juin 2006 à 4:24
Je crois Lulu que nous devrions tirer profit de ta tumultueuse expérience pour , en cette période de coupe du monde faire comprendre aux divers directeurs , entraîneurs et conseillers sportifs qu’ils devraient chaudement inviter leurs équipes à … ne pas (se )donner de buts … seule certitude qu’ils en mettront le plus possible ! !


Je retiens l’expression : » les gens exceptionnels n’ont pas de vie » ! …
Je te dirais qu’ici , le système d’engagements et de promotion universitaire est quasi similaire ( c’est normal … influence américaine oblige )… mais je ne vois pas les gens que je connais ( dont mon mari … ) ressentir véritablement la pression que l’on ressens à la lecture de ton billet … peut-être parce que tu as voulu résumer sur un seul post forcément trop court une évolution qui dans la réalité prend un temps considérable ? …Je connais aussi (ça ça s’est passé en Jordanie ) .. un professeur assistant qui s’est fait viré de l’université pour faute grave effectivement … il a tout simplement , le gros bêtat , voulu faire passer un article pompé en réalité sur l’article d’un ancien professeur en espérant que cela ne soit pas découvert !… manque de pot … un des membres de la commission d’édition avait lu l’article de ce prof pompé !..; Mon mari quant à lui est devenu tout doucement prof de langues associé après 8 ans d’université … Depuis il s’est calmé , a obtenu un poste de vice-doyen ( pour une durée de deux ans renouvelables si la personne obtient un bon rapport des supérieurs ) de la faculté des langues et de traduction … Je ne suis pas sûre qu’il obtienne un jour le titre de ‘full professor ‘ … parce qu’il commence sérieusement à manquer d’inspiration pour la composition des articles règlementaires et que bien entendu il n’a plus autant d’énergie qu’avant … surtout avec les conditions climatiques dans lesquelles on bosse ici ! ! … quant à moi j’ai quelques expériences de ‘lectrice ‘( mais avec un simple DEA en poche … )en Jordanie … ici , je préfère largement rester bien au frais à la maison et faire quelques petits travaux de traductions( bien payés ) à domicile … peinarde ! … Je te souhaite beaucoup , beaucoup de courage et je suis certaine que tu continueras à atteindre tous les buts que tu refuses de te fixer ! !
Au fait … c’est quoi ce projet de livre hein ? … un truc en coopération avec Chomsky ? ? ! …
2 juin 2006 à 5:01
.oooO Oooo.
( ) ( )
\ ( ) /
\ \ / /
\__) (__/
2 juin 2006 à 5:04
Argggh !! ça a pas marché
C’est marrant, je réagis comme toi
Après mon postgrade, j’avais juré de ne plus passer un seul examen et pourtant…
Je viens de jurer de ne plus repasser d’examen et…
2 juin 2006 à 5:21
Ben dis donc, quelle rafale!!!…
Est ce qu’on arrive à prendre encore du plaisir à faire ce qu’on fait dans ces conditions?
C’est bien d’être stimulée, mais bon, la vie privée, c’est quand?
J’ai choisi il y a 16 ans de mettre ma carrière d’ostéopathe en veilleuse (au ralenti) pour m’occuper de mes jumeaux… Aujourd’hui, je ne regrette pas mon choix, je regrette d’avoir du faire le choix.
Mais j’ai quand même une bonne qualité de vie.
Hauts les coeurs!
2 juin 2006 à 6:23
Triste de te décevoir,mais il y a autant de pression actuellement sur la profession de femme de ménage ou d’agent de surface.Je vois souvent des petites annonces genre » même pour bas salaire » On demande à ces métiers de plus en plus de performance genre » vous devez pouvoir faire tout le ménage en 2 heures ( maison de 3 étages, 3 salles de bain, les vitres…) Je connais bien ces working-poors, et ceux qui sont âgés souffent vraiment dans leur corps. Mais le marché du travail est débordé par les millions de travailleurs d’Afrique, d’Asie et des pays de l’Est. En Suisse Medecins sans frontières vient d’ouvrir une permanence pour eux car ils n’ont aucun accès aux soins. C’est le monde à l’envers !
2 juin 2006 à 7:09
hé ben !
moi qui disais que tu allais être tranquille après, je retire !
en france c’est un peu la même chose, avec plus de dimension donnée aux concours. je ne sais pas si on peut être enseignant chercheur sans l’agrégation. ça doit être possible, mais beaucoup plus long et difficile …
si tu avais été en france, je pense qu’après ta thèse (ou avant) tu aurais du passer l’agrégation qui est un concours national ( pour te donner une idée, dans la fac de valenciennes, y’a des candidats chaque année mais aucun ne l’a jamais eu en lettres depuis 15 ans d’existence de la fac, y’a très peu d’élus) . ensuite, tu aurais obtenu un poste en lycée et tu aurais été chargée de TD à la fac ( le lectureur dont tu parlais je crois ) . Ensuite encore , c’est travaux de recherches mais surtout copinages et compagnie, pour te faire engager en tant que prof titulaire .
la différence qu’il y a par contre c’est que tu ne peux pas te retrouver totalement sans boulot si ton travail ne plait pas, tu n’évolues plus dans ta carrière simplement ou on te mute au placard.
( bon ce sont de vieux souvenirs de quand j’étais à la fac, je pense que d’autres préciseront mieux que moi pour la france
)
2 juin 2006 à 7:37
Juste deux remarques pointilleuses destinées à « confuser » tout le monde :
- Lecturer : il y a des contrats de lecturer de polusieurs années (voire permanents) avec super bon salaire et bénéfices. Perso tant que j’ai pas fini le PHD je serai sur un contrat de lecturer de 3 ans (car ils ne peuvent pas faire signer, là où je vais, un contrat d assistant prof à qq un qui n a pas le PHD, je serai donc promue quand je l aurai et probablement non renouvelée si je l’ai pas, ce qui arrivera pas vu que je vois le bout – bout qui dure 8 mois dans mon cas pour les raisons qu’on a déjà évoquées). Et là où je suis actuellement certaine lecturer ont un super statut. Rare donc mais possible. Il y a plusieurs sortes de lecturer disons.
- Tenure – attention il ne faut pas confondre tenure et permanence ! dans beaucoup d’endroits elles viennent ensemble, mais c’est loin d’être obligatoire (d’ailleurs à mon entrevue d’embauche c’est un point qui a été soulevé et ils m’ont expliqué que contrairement à ailleurs les deux venaient ensemble chez eux, ce qui m’a « confusée » parce que, comme toi, je supposais que tenure impliquait permanence – pantoute donc).
Enfin, tout ça c’est valable pour US+Canada, évidemment ce serait trop simple si chaque pays n’avait pas ses propres règles ! (comprendre UK vs. France est déjà un sport d’une subtilité rare…)
bisous !
Mu
2 juin 2006 à 7:43
ah oui encore un truc « confusant » tant qu on y est ! en français (du Canada) le terme « associate professor » est traduit par « professeur agrégé » mais il ne faut pas confondre avec l’agrégation française décrite par Krysalia qui se déroule au niveau nationale (alors que l’aggrégation « tenure » est une décision de l’université) !
(désolée de ramener ma fraise sur ces sujets hautement passionnants…. uniquement quand on est dedans !!!).
Et j’appuie très fort miss lulu quand elle parle de pression relativement à l’agrégation… dans une université pasloindechezmoi 4 profs présentaient l’agrégation (tenure !) un l’a eue, un s est suicidé – ok santé mentale déficient probablement blablabla mais le fait est que la pression est énôôôrme et que ce n’est pas du tout un cas isolé.
Bon, miss lulu, si on n a pas l’agreg on part élever des chats dans l’ouest canadien ok ?
2 juin 2006 à 7:50
Tu ne vas jamais en finir avec toute cette accumulation de diplomes ! Bientout la retraite …
2 juin 2006 à 9:24
Je viens de lire les deux anciens billets que tu mets en lien sur ce post … et bien Lulu je viens de comprendre que tes colères et ras le bol multiples … tes angoisses … tes craintes … tes démêlés avec toi-même et avec la police … heu ! pardon … je veux dire … avec autrui … tes insatisfactions permanentes et je pense sincères … tes prises de recul systématiques … tout ça a une fonction très salutaire … celle d’éviter de te faire prendre la grosse tête parce que moi je te le dis Lulu … au cas où dans l’action tu l’aurais oublié … tu es BRILLANTE Lulu… tu es une perle rare … !
2 juin 2006 à 9:31
Mel: bienvenue dans mon champ de maïs
mais si mais si, on finit toujours par… finir
Musarde: merci pour les détails, je comptais bien sur mes lecteurs pour en donner, parce que mon post se faisait long, là
effectivement, beaucoup de gens qui se font embaucher avant d’avoir fini leur doctorat sont lecturer. sinon, moi je me vois bien en prof de français pour chats…
krysalia: ohhh l’education nationale, je préfère ne pas m’y frotter
déjà, je bénis la différence la plus grande entre votre systeme et le notre: je n’ai pas besoin d’enseigner au lycée!! et je me fais embaucher parce que je sais me vendre et j’ai des bons diplômes, pas parce qu’un concours est trop difficile. pfiou!! tu connais les titres qu’ont les professeurs d’université à tous les niveaux?
mom: oui mais les femmes de ménage ne sont pas obligée de publier. ici c’est « publish or perish » qu’on dit!
osteolala: j’ai eu de la chance, pour le moment je n’ai pas eu à faire de choix drastique comme ça, puisque je n’ai ni mari ni enfants… et je croise les doigts pour que ça ne m’arrive pas avant d’avoir ma tenure.
Ze Minimousse: oui, le succès monte à la tête et après on n’arrive plus à s’arrêter, hein?
Cloclo: ohhh le plagiarisme c’est moche… je connais quelqu’un qui avait fait une petite étude et l’avait publiée dans un petit journal… et 10 ans plus tard, l’a republiée dans un bouquin comme si c’était une grande étude récente… et s’est fait prendre. mauvais! pour mon bouquin, c’est compliqué mais pas autant que si c’était avec chomsky
c’est sur l’éducation des profs d’anglais, en très gros.
Lancelot: je ne suis pas entièrement d’accord avec toi: parfois, on se fixe des buts trop difficiles et on abandonne parce que la pression est trop forte. moi, je ne me fixe aucun but et comme je sais que je peux y arriver, j’y arrive, mais je n’ai pas peur de me payer la honte de ma vie si je n’y arrive pas. pour moi, c’est « j’essaye mais si je n’y arrive pas je ferai autre chose et ça sera tout aussi bien. »
Serendipity: oui, je soutiens ma thèse le 13 juin
tout le monde est invité! quant aux choix, je dis ça, hein, mais je ne sais pas où j’en serai dans 3 ans… comme je l’explique à Lancelot, j’essaye, mais on verra bien
Blip: c’est sûr, c’est possible que je veuille me casser au bout d’un an ou deux! Le truc c’est que si je fais ça, je perds un an, tu vois, parce qu’ensuite il faut recommencer à zero dans une nouvelle université, pour la tenure… mais ça en vaut la peine si les conditions de travail sont meilleures, c’est sûr!
2 juin 2006 à 10:02
En France on est soit Ater, maître de conf ou professeur.
*ATER => en cours de thèse, on peut être engager par l’université en tant que responsable de TD. Contrat d’une année renouvelable une fois.
*Avec la thèse en poche, et l’agrégation, on passe des qualifications pour devenir maître de conférence. Ca donne le droit d’encadrer des étudiants en master 1.
*Pendant qu’on est maître de conf’, la recherche avance et pour passer Professeur, il faut une thèse d’agrément (enfin c’est pas le terme je crois mais c’est l’idée). Donc une nouvelle soutenance devant tt un parterre de grands pontes et hop! s’ils sont content, pouf! statut de professeur. Là du coup, on peut encadrer des étudiants en master 1, 2 et thèse.
Valà.
En France ce qui compte c’est concours + copinage.
Bon courage à toi en tout cas
2 juin 2006 à 10:33
llyn : tu m’enlèves les mots de la bouche !
bien d’accord pour le copinage … les fac ici c’est pire que Dallas :/
2 juin 2006 à 11:21
Avec tout ce que tu as déjà publié dans tes blogs, tu n’est pas prête du perishing quand même ! Est-ce que ça compte puisque ça conte ? ( à la manière de Cloclo, avec un clin d’oeil )
2 juin 2006 à 11:38
mom
2 juin 2006 à 12:23
Merci pour les explications. Je commence a realiser que tout ce qui est recherche/publication n’est pas que dans le domaine de la science!!
Quels cours vas-tu donner? Vivement que tu arrives ici que tu m’expliques tout ton background!
(j’ai la flemme de chercher dans le site! lol)
2 juin 2006 à 12:51
En tout cas, 1000 mercis mis lulu pour ce texte instructif que je vais réutiliser largement !!! ça devrait même être un point de départ de wikipedia.fr pour expliquer le système nord américain ! quand on me demandera d’esspliker je n aurai qu à donner l url d ece post… tu devrais pouvoir rajouter certaines de tes quotes d audiences à ton dossier de tenure : après tout tout ça joue pour le rayonnement de ta profession et indirectement de ton université… mais bon il vont trouver bizarre que tu donnes des rapports de citations dans la section « service » de ton dossier
)
2 juin 2006 à 1:16
mais si à Grandbled, il fait super froid pendant 10 mois, tu hibernes, et tu fais tout le boulot à ce moment-là et quand le soleil est là, pouf, t’es en vacances non ? c’est pas aussi simple ?
2 juin 2006 à 7:46
Hum je me retourne quelques jours et le train de Lulu a sacrément avancé… faut que je fasse attention moi sinon même en courant ! Comment ça marche… pour simplifier le peu que j’en connais, au choix soit tu massacres celui dont tu veux la place et tu couches avec tout ceux qui peuvent te la donner… soit le contraire !!! bon si tu es brillant ou terriblement bien intégré dans le bon groupe au bon moment, tu as le choix entre tuer et coucher, tu peux te contenter de l’un des deux… bien sûr tout ça aprés la thèse pour laquelle il faut avoir… je vais pas recommencer l’histoire c’est la même… moi de toute manière j’ai tout balancé par la fenêtre à un an de la fin… j’avais tué tout le monde et il ne restait plus personne avec qui coucher… décidement la sociologie est bien un sport de combat !!!
2 juin 2006 à 10:41
Dorian: tu fais de la sociologie de cuisine, maintenant?
zia: hélas… si seulement
Musarde: hehe, t’as cas copier tout ça dans wikipedia, mais y’a 2-3 trucs qu’il faudrait vérifier quand même (je ne suis pas sûre de combien d’années on est assistant prof et associate prof, par exemple).
Nat: je t’expliquerai tout ça tout bientôt
mom: hélas… si seulement
Llyn: merci for ze explications
ça m’a l’air super joyeux tout ça, hehe!
3 juin 2006 à 5:50
De rien pour les infos
Merci à toi d’avoir expliqué comment ça se passe par chez toi 
lol
Joyeux, moui, si on a les bons contacts. Je désespère de réussir un jour dans le milieu universitaire français, du coup. M’enfin bon… les vieux croutons finiront bien par laisser leurs places
3 juin 2006 à 10:06
Juste pour préciser quelques points: l’agrégation n’est pas obligatoire pour devenir maitre de conf… il y a d’ailleurs des disciplines dans lesquelles l’agreg n’existe pas! le recrutement est « national »: après obtenu la précieuse qualif, tu attends l’ouverture des postes (annoncé au JO, même date pour toutes les sections et universités), tu déposes un dossier, tu espères être auditionné puis sélectionné puis recruté -par exemple, là tous les auditions sont terminées et la semaine prochaine, les universités annonceront leurs « classements »… Le « truc » c’est les candidats locaux: comme par hasard, dans la fac où tu passais ta thèse, un poste s’ouvre avec exactement ton profil et sinon, bah reste le copinage et la chance…
3 juin 2006 à 10:49
En voilà une bonne idée ça Lulu sociologue de cuisine… ça va me changer des hôpitaux psy et de la banlieue ça !!!
3 juin 2006 à 10:55
Une question: ici, les nouveaux embauches ne donnent qu’un cours pendant 1 a 3 ans pour pouvoir booster leur recherche… tu as droit a pareil ? Mon (ex) advisor avait l’air de dire que c’etait la pratique aux USA (ou au NM ???).
Tiens, ca me fait penser que je doit raconter mes malheurs de grad student sur mon blog…
3 juin 2006 à 7:40
Cloporte: non, c’est très rare de n’avoir qu’un cours comme ça! la plupart des gens ont 2/3 (2 in the fall, 3 in the winter) ou 3/3. s’ils ont de la chance c’est 2/2 ou 1/2. moi j’ai 1/1 mais seulement la première année et j’ai dû pas mal insister (sinon c’était 2/2 et ensuite 3/3). tout ça dans des université de recherche, hein, parce que dans des liberal arts colleges ou des community colleges c’est beaucoup plus, y’a pas mal de gens qui font 4/5, par exemple.
Dorian: tu bosses dans les hôpitaux psychiatriques?? ahhh je comprends mieux
4 juin 2006 à 12:21
Voui, en fait, je voulais dire un cours par semestre ! Bon, ben c’est ma fac alors qu’est bizarre. Mais ca, je commence a m’y faire…
4 juin 2006 à 1:12
Cloporte: nan mais je pense que chaque université a ses petites différences… je ne sais pas, peut-être que d’autres universités font comme toi, mais après avoir vu beaucoup d’offres d’emploi et vu ce qui arrivait à mes copains de classe qui graduaient avant moi, je peux te dire que je suis la seule à avoir un 1/1 la première année et que je n’ai vu aucune offre qui proposait ça. ah, en plus ça doit beaucoup dépendre de ta branche. c’est peut-’etre un truc de scientifiques et moi je suis en liberal arts alors evidemment, nous on ne passe pas 15 heures par jour dans un labo. elle est peut-être là la différence.