Archives de septembre 2006


Quand je suis allée au Centre for the Arts de Granbled pour y écouter Sibelius et du Tchopine, j’étais super bien fringuée parce que je me suis dit que y’avait que les riches qui pouvaient se payer ce genre de soirée et que les riches s’habillaient chic. En fin de compte, c’était seulement des semi-riches et des pas-trop riches qui étaient à ce concert et peu de gens s’étaient bien habillés. Donc j’avais l’air d’une poire.

Hier soir, je suis allée à un concert au Roy Thompson Hall, en plein centre ville (superbe salle de concert!), pour y écouter un concert de la 9ème de Beethoven jouée par l’orchestre Symphonique de Granbled que j’attendais avec impatience depuis des semaines. Et je m’étais habillée, heu… pas super chic pour ne pas avoir l’air d’une poire… mais cette fois-ci, les gens étaient en limousines et smokings et robes de soirées et rivières de diamants ultra chics et ultra snobs et… j’avais l’air d’une poire!

D’ailleurs, en regardant l’audience, je me suis rendue compte à quel point c’était un concert « pour les blancs, » ce qui est frappant compte tenu de la diversité de la population de Granbled. Même les chanteurs et les musiciens étaient blancs blancs blancs, à part quelques asiatiques et une soprano noire. La musique classique est-elle réservée aux blancs? Aux riches? Ou c’est la même chose? Est-ce une question de culture (les hindous s’en fichent de Beethoven, par exemple) ou d’argent?

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Vous avez remarqué comme on comprend mieux ce que disent les gens si on peut voir leur visage quand ils nous parlent? C’est pareil avec la musique. J’adore les concerts « live » parce que ça permet d’entendre des trucs qu’on n’entendrait jamais sur un CD parce que là, on peut regarder la taille des trompettes, le mouvement des archets des violons, le nombre de violoncelles, les bras du conducteur, la largeur des tambours… Et soudain, on se rend compte que les trombones ne jouent que tout à la fin de la 9ème symphonie mais que par contre, il y a des tas de contrebasses et que ça pédale ça pédale ça pédale pendant tout le concert. Et puis qu’il y a de jolis solos de haubois, qu’il y a des espèces de barrières transparantes (anti-bruit?) entre les vents et les tambours, et que le troisième mouvement est en fait assez nul.

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Bref, tout mon argent va y passer. La musique, y’a que ça de vrai. C’est ma drogue, mon air frais, ma raison, mon équilibre, mon océan, le sang qui coule dans mes veines. Hier soir encore j’ai acheté deux nouveaux billets pour des concerts (concerto numéro 3 pour piano de Rachmaninov et London Philharmonic Orchestra avec Kurt Masur et Sarah Chang) et j’aurais été prête à aller faire la manche dans la rue, à ne pas manger pendant trois jours, ou à laver la vaiselle dans un restau glauque tout un mois s’il avait fallu, pour pouvoir m’acheter ces billets.

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Dans le metro qui me reconduisait à la maison, je me suis presqu’endormie. Mais pas vraiment, parce que j’étais déjà trop excitée par le prochain concert!

Pour lire le message « secret » de l’autre jour, il suffit de rentrer le mot de passe (la ville dans laquelle j’etais avant de venir ici, en un mot, sans majuscule, en un mot unique et tout seul, tout en minuscule, pas en deux mots!), de cliquer sur « submit » et ENSUITE, quand rien ne se passe, il faut CLIQUER SUR LE TITRE DU POST et le post s’ouvre tout seul et ca marche! Scoubidoubidou, je l’ai fait depuis quatre ordinateurs differents et CA MARCHE!

… ou bien on peut lire les commentaires du post d’hier, qui disent a peu pres la meme chose… 

Je sens que je vais souvent ecrire des messages secrets, hehe, juste pour vous muscler les petits doigts :mrgreen:

:lol: :lol: :lol:

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:lol: :lol: :lol:

PS. Le mot de passe du message précédent est le nom d’une ville dans laquelle j’ai habité il n’y a pas si longtemps de ça…

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Devinez où j’ai passé le week-end et à qui j’ai probablement filé ma (première mais certainement pas dernière) grosse grippe canadienne?

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Il paraît que le basketball est une invention canadienne, ça doit expliquer pourquoi j’ai toujours aimé regarder les matches de basketball! J’en ai vu un en vrai, une fois, parce qu’un de mes élèves faisait partie de l’équipe de basket de Purdue et m’avait filé un super billet. J’ai aussi vu un petit match de cricket (pas un vrai, ils peuvent durer plus de 12 heures!), et 30 minutes d’un match de football américain. Et je rêve de voir un match de tennis mais je crois pas que ça soit la spécialité d’ici. Par contre, hier soir, je suis allée pour la première fois dans le Rogers CentRE (je fais des progrès) et pour la première fois voir un match de… de… de… et oui, c’est pas facile à avouer mais je suis allée voir un match de baseball. Ce qui, paraît-il, et aussi excitant qu’un jeu de golf quand on le regarde à la télé, mais je ne peux pas confirmer parce que je n’ai pas la télé et que même si je l’avais je ne regarderais jamais les chaînes de sport et encore moins le golf ou le baseball! Parce que c’est trop chiant! CQFD.

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C’était un jeu, donc, des Yankees de New York contre les Blue Jays de Granbled.

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Grace à ça, j’ai eu la grande joie d’entendre l’hymne national américain avant le canadien… Ironique, n’est-ce pas, que le premier hymne que j’entende au Canada soit l’hymne national américain!

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Y’avait même plein de publicité partout, même sur le gazon…

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Et ailleurs…

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Y’avait des joueurs très jeunes et des joueurs très vieux. Et les vrais fans qui prennaient des notes très compliquées à propos de chaque envois de balle…

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Et plein de bruit et de musique et des gens qui hurlaient et de machins bidules dans tous les sens, et trente mille personnes…

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Pis une fille qui connaissait tout, l’autre qui connaissait rien à rien (moi), et la troisième qui avait mal au bide et qui avait pas assez de place pour ses jambes.

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Y’avait aussi des joueurs qui s’étaient habillé dans le style classique (avec les chaussettes par-dessus les pantalons) et d’autres plus modernes (moches, quoi).

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Les frites étaient pas mauvaises mais hors de prix, et le hotdog était très mauvais et hors de prix. Mais fallait bien « jouer le jeu. » Ah, le toit du Rogers machin était fermé parce que l’hiver est arrivé et on se serait gelé les fesses s’il avait été ouvert! Dommage!

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Bref, c’était sympa, long (3 heures!), et le jeu n’était pas génial en soi, surtout quand on ne comprend pas grand’chose, et j’ai bien hurlé et crié même quand je ne savais pas pourquoi. Mais je pense franchement que la balle est trop petite pour un si grand stade. A mon avis, le jeu serait vachement plus intéressant si la balle était plus grosse, le terrain plus petit, le jeu plus rapide, les joueurs plus souvent en train de se courir après ou de s’entasser les uns sur les autres… et en plus, je n’ai jamais réussi à voir le panier, c’est dingue, non? Ah y’a pas de panier en baseball? Ptain, j’ai vraiment rien compris moi! P’tête que je devrais me mettre au golf…

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Cliquez sur la dernière photo!

Je vous donne la description en français (c’est pas moi qui l’ai dit!) d’un bidule que j’ai acheté l’autre jour et vous devez deviner ce que c’est pour de vrai, ok? Attention, attachez vos ceintures!

« Mini racleur de ciel: Fournit chaque chat son propre secteur au repos. Ronronnez-fect l’endroit pour exercer l’instinct d’éraflure normal d’un chat. Abondance des endroits flânants. »

Mouahahahaha! Vous avez deviné?

Non?

Allez, un p’tit effort…

L’instinct d’éraflure ça vous dit rien?

Un mini racleur de ciel, pourtant, c’est pas si compliqué à imaginer!

Allez, je suis sympa, je vous mets les photos!

Ouhh là…. y’a des trucs qui dépassent… Qu’est-ce donc? On commence à deviner les « secteurs au repos »… :lol:

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On fait un petit coucou par le troutrou? On voit bien les « endroits flânants » là, hein ;) (flânants ET poilus!)

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C’est dingue, ça ronronne-fect à merveille ces machins-là :lol:

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Et voilà, ça commence toujours avec un gentil petit bisou… et ça finit toujours en se tappant dessus (c’est normal, c’est l’instinct d’éraflure) :lol:

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Mais qu’est-ce qu’on s’amuse sur notre nouvel arbre à chat mini racleur de ciel (attention, de la même couleur que la moquette, on fait pas n’importe quoi dans notre catroom, non mais!) :lol:

Moi j’vous dis, j’ai raté ma vocation! J’devrais illico me reconvertir en traductrice anglais-français-mais-pas-n’importe-lequel, spécialiste en produits pour chats!

J’écoute parfois une station de radio qui est vraiment pénible parce qu’il y a de la musique magnifique la moitié du temps, et de la musique absolument attroce l’autre moitié du temps. Mais il y a aussi des annonces culturelles. L’autre jour, j’ai entendu une annonce pour un concert du concerto pour violon de Sibelius et du deuxième concerto pour piano de Chopin, un de mes morceaux préférés au monde, alors j’ai pris mon courage à deux main et j’ai téléphoné pour prendre des billets. C’était la première fois que je faisais ça… j’étais un peu nerveuse… et j’ai dit à la madame « je voudrais un billet pour le concert de Tchopine » comme une complète illettrée d’Indiana, au lieu de dire « Chowpin » comme Chopin se dit en anglais. Haha. Haha.

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Bref, malgré une panne de métro et une foule si compacte que la moitié des gens qui attendaient le métro devait attendre la rame suivante (un jeudi soir à 7 heures!), je suis arrivée à North York, une banlieue au nord de Granbled (avant, Granbled s’appelait York), et j’ai facilement trouvé le Center (pardon, Centre) for the Arts où avaient lieu une pièce de théâtre chinoise et mon concert, joué par l’orchestre Philhamonique de Granbled (c’est quoi la différence entre un orchestre philharmonique et un orchestre symphonique?).

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J’avais imprimé mon billet depuis internet (c’est pratique la technologie parfois!) et malgré la meute de vieilles madames en robes de soirée accrochées aux bras de vieux monsieurs aux cheveux blancs, j’ai vite trouvé ma place au deuxième rang du balcon.

Après quelques discours d’autres vieux monsieurs aux cheveux blancs (en fait pas tous, il y avait aussi un chinois aux cheveux noirs qui parlait en chinois!), les musiciens sont arrivés (les femmes avec leur sac à main qu’elles mettaient sous leur chaise!). Le premier violon ressemblait à Dany deVito, et il y avait aussi un arraignée musicophile qui tissait sa toile au plafond, c’était très rigolo!

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D’abord, on a eu droit à la Suite Picasso, d’Henry Somers, un compositeur canadien moderne (pas mal, pas mal). Ensuite, un jeune violoniste canadien lui aussi est venu nous jouer le concerto (op. 47) de Sibelius. Je dois avouer que je ne suis pas fan de ce concerto que je trouve décousu, mais j’adore absolument les « sons » de Sibelius. Il a le grand talent d’arriver à me transporter magiquement dans les forêts infinies de Finlande où se cachent les trolls, les fées, les sorcières, et les dieux du Kalevala.

Ensuite (et comme mes voisins allemands étaient partis, j’ai peu avoir une place un peu meilleure), une jeune (14 ans!) pianiste canadienne nous a joué le concerto pour piano de Chopin. Ce concerto est un joyau de délicatesse et de virtuosité! Par contre, j’ai toujours trouvé que l’orchestre derrière dérange presque tellement c’est un « accompagnement » sans intérêt. Je ne sais pas bien comment expliquer ça, mais avec Sibelius, l’orchestre a aussi une voix, c’est un équilibre entre le violon qui chante et l’orchestre qui lui répond. Avec Chopin, seul le piano a une voix, c’est le seul instrument qui ait vraiment de l’importance dans ce concerto, et l’orchestre est perdu, fondu, derrière le piano. C’était quand’même magnifique! Il n’y a rien de tel qu’un concert « live » pour me redonner le goût à la vie, me remplir d’énergie, m’inspirer, et me faire rêver. C’est magique de pouvoir non seulement entendre cette musique que j’adore mais aussi de pouvoir voir se construire les notes sous les doigts agiles des musiciens!

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Dans le métro qui me reconduisait à la maison, il y avait une vieille chinoise en face de moi qui s’était teint les cheveux en blond et qui équeutait un sac de haricots verts.

Il m’est pratiquement impossible de trouver des chaussures

1) qui soient à ma taille (j’ai des tout petits pieds)
2) qui soient confortables au départ
3) qui soient toujours confortables à l’arrivée
4) qui ne soient pas moches
5) qui ne coûtent pas la peau des fesses
6) qui soient solides et de bonne qualité.

Je veux dire, parfois je trouve des chaussures jolies et à ma taille, mais dès que je les ai portées plus de 5 minutes, j’ai mal aux pieds. Ou bien elles sont super confortables tout le temps mais aussi super moches. Ou bien confortables et de bonne qualité mais trop chères ou trop moches. Ou bien parfaites sauf qu’elles n’existent pas à ma taille. La chaussure parfaite à mon pied, je la trouve une fois tous les cinq ans, et encore!

Mais là, je sais pas comment ça se fait, j’ai trouvé une paire parfaite. Les talons sont hauts mais pas trop, et je m’y trouve plus confortable que dans beaucoup de mes chaussures sans talons! Et étrangement, malgré les talons hauts, je m’y sens bien en équilibre et bien stable, alors que c’est rarement le cas avec des talons hauts, sauf s’ils font 20 centimètres de diamètre! Je peux aussi marcher pendant des heures sans avoir mal aux pieds. Elles ont l’air relativement solides (pas super beaucoup mais bon, un peu quand’même), et elles n’étaient pas hors de prix. Et elles sont relativement jolies, assez en tous les cas pour le boulot, les conférences, les concerts, et les mariages de frangines. Et il y avait même du 5… mais pour une fois le 6 m’allait mieux. Je les ai portées portées portées pendant des jours pour être sûre qu’elles n’allaient pas se fiche en l’air ou me faire mal partout, mais non, nada. J’ai les pieds un peu enflés après, mais c’est comme avec toutes les chaussures « ouvertes » (pas à lacets). Le miracle!

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Bref, le miracle était tel que je suis allée racheter exactement la même paire une deuxième fois, parce que c’est trop rare de trouver une perle!

Et puis c’est rigolo, regardez, l’intérieur (moche mais on s’en fout, on ne voit pas l’intérieur quand je les porte) est différent dans chaque chaussure! J’aime ça :)

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Pendant les trois jours du weekend de Labour (et non pas Labor) Day, il y avait l’Ex, aussi appelée l’Exhibition, grande foire et exposition de je ne sais pas quoi à l’Ontario Place, une île de Granbled transformée en parc d’attraction géant et permanent. C’est le genre de truc où je ne mets jamais les pieds parce que je n’aime pas la foule et le bruit, mais c’est un peu dommage parce qu’il y avait visiblement des trucs sympas.

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J’ai pu malgré tout en profiter un peu grace à la position stratégique de mon immeuble, et j’ai eu droit à trois jours d’avions de toutes sortes qui nous passaient et repassaient juste devant le nez en faisant vibrer les fenêtres et toutes les accrobaties possibles et imaginables (les chats étant bien planquées sous le lit) et à trois soirs de feux d’artifices très chouettes.

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Le premier jour (samedi), il pleuvait beaucoup et j’ai cru que les bruits des avions c’était le tonnerre… jusqu’à ce que j’aille à Ikéa avec des copains et qu’on voit passer des avions presqu’à raz des arbres…

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Le deuxième jour, j’étais dans ma chambre en train de rêvasser quand soudain, un avion de chasse m’est passé pratiquement sous le nez et les vitres ont failli voler en éclat! J’ai passé l’après-midi à regarder les pirouettes et les cacahuettes et à essayer de calmer les chatounes…

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Le troisième jour, je suis montée sur le toit! Là, j’ai d’abord eu la joie de voir, pour la première fois, le Rogers Centre ouvert! Il y avait un match cet après-midi là mais malheureusement, je n’étais pas assez haut pour voir le match lui-même.

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Et puis j’ai remarqué que je n’étais pas la seule à avoir eu la brillante idée d’aller sur le toit!

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On voyait bien les gens des immeubles d’en face qui s’amusaient bien eux aussi. Et on voyait que les petits avions décolaient du petit aéroport en face de chez moi, et les gros avions (il y avait des sacrés machins!) décolaient probablement de l’aéroport international qui est un peu plus loin (heureusement).

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Et dans les immeubles autour du mien, il y avait aussi plein de gens sur les balcons et les toits. J’aime bien cet immeuble pour une raison, qui peut la trouver?

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Cet immeuble-là, c’est pour Nils (t’as vu, ça avance, hein!)… et aussi pour vous montrer les embouteillages terribles qui ont durés tout l’après-midi parce que les gens voulaient aller à Ontario Place.

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En bas, sur les quais, la foule était compacte, et il y avait aussi plein de bateaux partout sur le lac, j’imagine que c’était un bon point de vue aussi!

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C’était super sympa, sauf qu’il m’aurait fallu des … heu… trucs pour voir plus près, comment ça s’appelle ces machins? Binoculars en anglais. Voilà. Parce que c’était tout près mais c’était quand’même un peu loin.

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Mais y’a vraiment eu des trucs impressionants. Ils ont même fait un coeur dans le ciel mais j’avais plus de piles dans mon appareil photo. C’est une belle salle de spectacle, mon appartement, hein?

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Bon, ça fait plus d’un mois que je suis employée à plein temps et ça fait une semaine que j’enseigne l’anglais à des morveux qui n’en ont déjà plus rien à fiche, il est grand temps que la retraite arrive! Nan mais c’est vrai, y’en a marre de ce boulot!

Hier, je me disais que j’aurais bien recommencé un doctorat. Sérieux, c’est super cool d’être étudiant en doctorat, on fait à peu près ce qu’on veut quand on veut, on a des dates limites, des gens qui vous disent quoi faire et comment et quand et qui vous donne plein de compliments, un p’tit boulot pas stressant et sans responsabilité à côté pour pas crever de faim, des buts, des succès rapides et faciles, et personne ne s’attend vraiment à ce qu’on fasse des miracles.

Maintenant, tout le monde s’en fout de si je vais au bureau ou pas, tout ce que je dois faire c’est publier publier publier publier publier publier publier, il n’y a aucune échéance, pas de succès faciles, pas de A, pas d’explications mais des mégatonnes d’expectations très vagues, et rien que nous en face de nos p’tains d’articles à se demander quand vient la retraite. C’est IN-SU-POR-TABLE!

Je me suis foutu le dos en l’air, je ne sais pas comment, et j’ai une infection à la jambe. Alors je vais pas au boulot demain. Ah, tout le monde s’en fout? C’est bien ce que je pensais. Je ne pourrai même pas dire « désolée madame, j’ai pas pu faire mes devoirs parce que j’étais malade. » Non, tout le monde s’en fout. Je peux très bien bosser à la maison en plus, ce que je n’ai pas du tout envie de faire. Mais même si je le fais pas, tout le monde s’en fout.

Je n’arrive pas à accepter cette « plate infinitude » de ma vie devant moi. Je n’arrive pas à accepter que dans 10 ans, 20 ans, 30 ans, je serai toujours en train de faire la même chose que ce que je fais aujourd’hui. Elèves, articles, élèves, articles, élèves, articles, élèves, articles… ad perpetuum… ad nauseum. C’est tout, c’est ma vie, et ça ressemble à l’encéphalogramme d’un homme mort. Y’a plus rien d’autre. Plus d’examens, plus de cérémonies de graduations, plus de profs chiants, plus de devoirs à rendre mardi sinon on est mort, plus de copains pour rigoler pendant les cours, plus de procrastination éhontée, plus d’inscouciance.

Je crois que je vais commencer un doctorat en chimie organique.

Mais que contemplent les chats du voisin?

La réponse est un peu plus à l’ouest ;)

Il est incontredisable que ma bonne humeur passe par mon estomac! En cas de vague à l’âme, un bon repas japonais ou indien ou… français… ne pourra que me remettre les yeux en face des trous pour revoir le monde sous un meilleur angle. Ce n’est pas que la bouffe elle-même qui me fait cet effet mais aussi la présentation des plats, les couleurs, les odeurs, les formes, les goûts subtiles, et le décors, bien sûr. Pas besoin que ça soit « fancy » (chic), mais il faut que le tout soit agréable aux yeux comme aux oreilles comme au nez comme à la bouche! Et puis il faut que ça soit un truc confortable, pas super prétentieux, parce que là, j’ai tellement la trouille de faire une gaffe (manger ma salade avec la fausse fourchette, mon Dieu, quel crime!) que je ne profite plus de rien.

Je pense que c’est un truc qui me déprimait le plus dans les restaurants aux Etats Unis. La présentation des plats et la tenue à table (si on sait même ce que ça veut dire de manger à table) sont souvent le dernier des soucis des Américains. Et les buffets (où on se sert de ce qu’on veut, quand on veut, et autant qu’on veut) sont une invention géniale, mais j’étais souvent un peu dégoûtée de voir la mégatonne de bouffe empilée sur les assiettes et gobée d’un seul coup.

Bref, comme les Canadiens deviennent un peu trop les copains des Américains à mon goût, ces temps-ci, il fallait que je trouve de nouvelles raisons d’aimer mon nouveau pays d’adoption, et après la sympatique expérience du Clafouti la semaine dernière, je me suis dit que les Granbledois savaient peut-être ce que c’était que de la bonne bouffe française, et je suis allée essayer Le Saint Tropez, un petit « bistrot » qui se veut « aux accents du Sud de la France, » sur King Street, pas loin de chez moi.

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J’y suis donc allée vers midi, en ce lundi de Labor Day (pardon, Labour Day), jour de la fête du travail aux Etats Unis et au Canada et voilà ce que j’ai découvert: une grande salle assez sympatique, pas trop chic mais un peu exagéremment « française, » avec une petite terrasse sur le trottoir (mais il faisait trop frisquet pour y manger), de la musique un peu forte dans la grande salle, et une autre terrasse derrière mais que je n’ai pas vue.

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Ce qui était marrant et sympa, c’était les grandes fenêtres qui donnaient sur la rue et qui pouvaient se « remonter » grâce à un système de rails au plafond, ce qui faisait que par beau temps, ils peuvent entièrement ouvrir leur restaurant sur la rue. Là, un des pans était ouvert quand je suis arrivée, mais ils l’ont refermé parce qu’il faisait assez frisquet ce jour-là.

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En entrée, j’ai pris une soupe de poisson (moules et poisson blanc, carottes, tomates, oignons, et bouillon) qui était terriblement brûlante mais pas mauvaise mais pas transcendante. C’était visiblement fait maison mais ça n’avait pas beaucoup de goût. La baguette, par contre, était délicieuse.

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Ensuite, j’ai pris les saucisses de Toulouse (il y a quoi dedans?) avec de la sauce à la moutarde, qui sont visiblement une de leurs spécialités, et un petit Merlot pas mauvais mais comme je ne bois jamais de vin, c’était difficile de savoir si c’était du bon. Les frites étaient parfaites et délicieuses, ça c’était cool, et les saucisses assez bonnes, malgré la sauce qui n’avait aucun goût de moutarde. Les quantités étaient parfaites (bon, j’aurais pû manger plus de frites mais je peux toujours manger plus de frites, quelle que soit la quantié ;) ). Ca manquait de salade (j’aurais pu en prendre au lieu de la soupe mais j’avais envie d’une petite soupe…).

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Hélas, le dessert m’a beaucoup déçu! J’ai commendé des profiteroles mais je n’avais pas vu que c’était marqué PROFITEROLE sans S sur le menu… et c’était un gros choux rempli d’une glace à la vanille quelconque et dégoulinant de sauce au chocolat, tellement que ç’en était écoeurant. Le chou était tout molasson tellement il était imbibé de chocolat, et tout n’avait que le goût de chocolat, trop de chocolat. Bouh!

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Voili voilà. A part ça, le service était très très très lent, ce qui est certainement un plus par rapport aux restaurants Américains qui vous retirent les assiettes alors que vous ne les avez même pas encore finies, mais là c’était quand’même presque trop lent. Heureusement que j’avais apporté un bouquin avec moi pour préparer mes cours, donc je ne me suis pas ennuyée. Les prix? Très honnêtes pour un « bistrot » français au Canada. Pas donné mais honnête. Je dirais que c’était les mêmes prix que dans les autres restaurants du même style mais pas français à Grambled, ce qui est plutôt sympa je trouve.

Les serveurs étaient sympas et parlaient visiblement tous bien français. La « hostess » à l’entrée était même française, et c’est là que j’ai remarqué que je n’avais plus envie de dire que je parle français parce que 1) je n’ai pas envie d’essayer d’expliquer d’où je viens et tout le tralala, 2) je n’ai plus envie de me faire de nouveaux ami(e)s qui vont repartir bientôt (il y a beaucoup de française(s) qui sont ici pour un an seulement, avec un permis de travail spécial (PVT)), et 3) je suis une snob et je n’ai pas envie de passer pour une petite française qui est là pour un an et qui prendra le premier petit job qu’elle trouvera (pardon Estelle et Delphine ;) ). Alors je me cache sous mon anglais et personne ne remarque rien et tout le monde me fiche la paix.

Bref, en rentrant, j’ai été prise dans des embouteillages terribles, ce qui m’a permis de prendre cette photo de marmots devant leurs écrans télé dans leur voiture… Et la raison de ces embouteillages? Je vous la raconterai bientôt, mais sachez qu’une visite sur mon toit s’est imposée, et des boules quies aussi!

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Allez, je lui décerne un 15/20 au St Tropez, parce que j’ai quand même envie d’y retourner un jour voir s’il y a mieux que cette gigantesque profiterole!

Premier jour d’école pour le dr. lulu! Et mon estomac en était tellement chamboulé que j’ai bien failli arriver en retard, moi qui allait passer la moitié du cours à rabacher à mes chers bambins que s’ils osaient arriver même une minute en retard à mes cours, j’en serais mortellement offensée!

Donc je suis partie de chez moi en retard, et puis j’ai failli trucider le streetcar qui a mis bien longtemps pour arriver, et puis je me suis dit qu’il fallait décidemment aussi trucider la compagnie des transports de Granbled (TTC) parce qu’ils n’ont aucuns sièges où on peut s’asseoir dans leurs stations de métro et de streetcar et qu’avec un cheval mort trois tonnes de bouquins dans mon sac à dos et le bide en compote, c’était vraiment la galère.

Finalement, je ne suis arrivée en classe que 10 minutes avant le début du cours, ce qui, pour moi, est être en retard. Je me suis assise au bureau du professeur (ça me fait toujours bizarre) et j’ai attendu mes élèves en priant pour qu’ils aient tous la brillante idée de choisir un autre cours que le mien parce qu’il y avait 25 élèves inscrits sur ma liste et que c’était 25 élèves de trop! Malheureusement, certains n’avaient pas été inspirés et ils sont arrivés les uns après les autres, tous avec des yeux de merlans frits à la vue de leur prof qui avait une tête de lycéenne anorexique.

Au fur et à mesure que les élèves entraient dans la salle de classe, je leur demandais leurs noms et les langues qu’ils parlaient. Au début, je me suis dit « oh un iranien, c’est original ça, » et puis « tiens, deux iraniens dans la même classe, c’est inhabituel, » et puis « trois iraniens? mais c’est le débarquement de Normandie par ici! » et puis quand j’en étais à huit iraniens, j’ai bien été forcée de me rendre à l’évidence que soit je m’étais trompée de salle de classe et que j’avais atterri dans une mosquée iranienne par erreur, soit j’avais mal lu la description de l’université et je ne m’étais pas rendue compte que tous mes élèves seraient iraniens, soit le ciel m’envoyait un signe comme quoi mon prochain mari serait iranien. Toujours est-il que j’étais bien soulagée en voyant s’asseoir dans ma classe un coréen (c’est bien la première fois que j’étais heureuse de voir un coréen!), un azerbaïdjanais, un hong kongois, un sri lankais, et un irakien.

Moi j’aime pas les premiers jours de classe. On fait des risettes aux élèves, on leur parle de plein de trucs importants et qu’ils oublieront deux minutes plus tard, on leur dit de ne pas dire docteur lulu mais miss lulu parce que ça fait trop sérieux, on leur explique en long et en large comment on va les tortuer mais qu’ils doivent garder le sourire aux lèvres sinon ça va barder, et à la fin de l’heure, tout le monde il est content, tout le monde il se connaît, tout le monde il a tout compris, et on se dit que finalement ça va bien se passer parce qu’avec une prof aussi chouette que ça des élèves aussi chouettes que ça, ça ne peut QUE bien se passer… Et puis il y a le deuxième jour de classe qui arrive et là paf, les douze élèves qui manquaient le premier jour (désolée m’dame, le métro a eu un accident, j’ai pas trouvé le bon building, y’avait une chèvre sur l’autoroute, mon chat a mangé mon réveil) débarquent et il faut TOUT recommencer à zéro et on les aime beaucoup moins, ces nouveaux élèves, ils ne font pas partie du « groupe » et ils cassent l’atmosphère et ils seront jamais bien intégrés, et on regarde les « anciens » élèves avec une petite larme à l’oeil en se disant qu’eux ils étaient bien sympas et qu’on le regrette bien notre petit groupe de 13 élèves à majorité iranienne et que ces nouveaux ils nous fonch’ et que le semestre est foutu!

En tous les cas, saviez-vous qu’en farsi, on peut laisser tomber les pronoms personels comme en espagnol? C’est pour apprendre des trucs comme ça que je suis devenue prof, et avec tous ces élèves iraniens, le farsi n’aura bientôt plus de secrets pour moi. Tout n’est pas perdu…

Afin de tromper votre ennui, chers amis visiteurs de ce docte blogue et fréquent commentateurs d’icelui, je vous transcris verbatim deux dépêches relevées récemment dans des quotidiens canadiens.

J’invite ardemment les commentaires de Miss Lulu, Mom, Ibéo, et tout(e) autre habitué(e) suisse(ssessesse) afin que je susse quel effet l’air alpin, les effluves d’edelweiss, les lederhosen trop ajustés ainsi que les espèces caprines ont sur les trous du gruyère et des helvètes cervelles.

Avec les intenses et hilares salutations de votre nonmaisien correspondant, RJF


Suisse: sans permis au volant d’un camion (Presse Canadienne)
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Pendant 14 ans au moins, un habitant du canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures, dans le nord-est de la Suisse, a conduit des voitures, des camions et camionnettes sans avoir de permis. L’homme âgé de 36 ans a été découvert, par hasard, après un excès de vitesse enregistré par radar.Comme l’amende n’était pas payée, la police a en effet été chargée de l’encaissement mais c’est en vain que le gendarme de la localité à cherché trace d’un permis de conduire au nom du propriétaire du véhicule.

Interrogé, le conducteur a fini par avouer qu’il n’avait jamais eu de permis mais roulait régulièrement depuis 1992 au moins. Il avait même été conducteur d’un camion de 18 tonnes pendant plusieurs mois et, à titre professionnel, chauffeur-livreur avec une camionnette.


L’absence de chèvres l’a fait rouler vite (Agence France Presse)
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Arrêté pour excès de vitesse au Canada, un touriste suisse a tenté de justifier sa conduite par le fait qu’aucune chèvre ne se posait en obstacle.Le conducteur roulait à 161 kilomètres à l’heure dans une zone où la limite est fixée à 100 km/h sur une autoroute reliant Montréal à Toronto.

Un agent l’a arrêté pour excès de vitesse et le conducteur lui a dit qu’il croyait pouvoir rouler ainsi parce qu’il y avait peu de chances qu’il renverse une chèvre.


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une histoire
Ecrit par visiteursympa dans visitors

J’ai une petite histoire à raconter, il ya 2 semaines environ je suis allé rendre visite à une femme que j’ai connu il y a 30 ans et dont j’étais eperduement amoureux. Nous avons gardé des contacts episodiques, une lettre ici ou là, un e mail de temps en temps. Bref j’ai toujours su ou elle était. Elle a eu plusieurs aventures depuis et elle est mariée depuis une vingtaine d’années maintenant. Il y a 3 ou 4 mois j’ai eu envie de l’appeler au téléphone un matin, la communication a duré 3 heures. Depuis les lettres et les e mails se sont multipliés, nous avons échangé des photos, et nous avons décidé de nous revoir pour une fin de semaine. Après 9 heures d’autoroute, j’ai débarqué dans son bled, nous nous étions donné rendez-vous sur une petite plage devant le petit hotel que j’avais reservé. Je ne voulais pas necessairement rencontrer son mari en allant chez elle. J’étais allongé sur la plage depuis une demi heure deja quand j’ai entendu sa voix derrière moi. Elle était là, comme je l’imaginais dans mes rèves les plus fous. Nous nous sommes tombés dans les bras. Nous ne nous étions pas vus depuis 18 ans. Pendant 2 jours nous nous sommes raconté nos vies, nous n’avons pas arreté de parler. Elle était la petite fille que j’avais connu quand nous étions au début de la vingtaine. Nous avons passé une bonne partie de la journée sur la plage presque deserte. Elle avait préparé un pique-nique, j’avais amené une bonne boutteille de vin. Le soir nous avons choisi un petit resto dans le port. Elle est retournée bien sagement chez elle après diner, et le lendemain matin, nous nous sommes retrouvés au petit dejeuner à mon hotel et nous avons passé encore une mémorable journée avant que je reprenne le chemin du retour. Depuis j’ai l’impression d’avoir ajouté 20 ans à ma vie, j’ai envie de changer de voiture, de changer de garde robe, de repeindre la cuisine, de refaire le sous-sol, bref je pensais que ça n’arrivait qu’au cinéma ou dans les romans, mais non ça m’arrive à moi aussi. Bon il ya bien des obstacles à cette histoire, elle aurait beaucoup à perdre en quittant son mari, lui qui la trompe avec d’anciennes amies, sa part sur la maison, une maison et un coin qu’elle adore, mais depuis des années que son mari ne la regarde plus, elle aussi à l’ìmpression de revivre. Elle n’a jamais eu d’enfants. De mon coté je suis libre comme l’air, je ne me suis jamais marié. Il faut prendre cela un jour à la fois, je comprends qu’il faut doucement l’habituer à ma présence dans son esprit et ses pensées. Mais je suis un peu perdu, je ne sais pas trop quoi faire maintenant pour faire que les choses se passent. guizee, (montréal)

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thank you for all those great photos. That sunflower is beautiful! So tall ! So many blossoms!
I have to keep this short as we are doing house construction and I am helping where I can. Your e-mail was very loving and so was the poem you sent. I am a bit
concerned about you though. I hope you come to realize that what I said about not wishing to change my life is real and that you are throwing yourself into a fantasy world you are creating. It is hard to tell you once again that I am married and see myself not wanting to change anything. Our visit together was so we could remain the friends we have always been and share so much together. I think we should not have another visit this soon as you are investing too much emotion into this relationship and I am getting a bit uncomfortable with this. I really truly adore you as my friend and yet I cannot share your fantasies that you are creating. I hope you understand.
, please understand that there are a lot of good sides to my marriage and that as my friend you will realize that I am where I am because I want to be. 
I have often wished happiness for you over these years and thought if you just allowed it, someone could be sharing the good things in life with you as well. I know this is not what you want to hear but it is the truth and I don’t wish to lie. You are my angel of love but that does not change the fact that I have a life that is important to me and it’s the life I chose. 
Don’t be upset or sad…….accept things the way they are. You can’t push things your way, things have to happen willingly.
Dear gabi,

its ok, i understand, i certainly don’t want you to feel uncomfortable with this, and i am sorry i was too pushy. i feel like an idiot now, its your life, and it is none of my business. My feelings, i will keep them to myself like a big boy and that is the way it will be then. C’est bien dommage, what can I say, it is the sort of thing that cannot be forced , It was too much and I see it more and more. My visiting you was not the idea of the century, if i had only pretended a little it would have been fine, but i guess I am too immature in that respect..It was my heart who spoke and not my reason.You probably did the right thing to marry a guy for the convenient aspect of it. So many people do it, and in some countries it is the norm after all. Comfort and security is very important, and we are no longer kids who just throw things away for an ideal. Ideals are good in movies or novels, but real life is very different, and i am not doing irony here, The only reason you would throw things away would be if you were in love and 20 years younger like when you did it with dave, and since it is not the case why would you want to change things ? right ? you are in love with your animals as you say and you still are attached to your husband maybe you are in love with him and just dont want to admit it to me, that is ok if you wanted to spare my feelings, i understand. i am not bitter, dont forget that I love you and if you can assure me that you are contend or even a little happy like that , I would be satisfied. what am i saying even if you were not satified, it still is none of my business to change it but only yours, and i agree with that. If tomorrow, you wanted to throw things away there, you probably would not want to come running here when you know how sticky I am, its too much to handle if one is not in love, i can see that. So now we have to let things go, and i will make myself a salad with string beans, yellow tomatoes, oregano, from my garden, some mint leaves, olive oil, balsamic vinegar, and dijon mustard, you dont know what you are missing..dont feel sad because i feel sad a little, i cannot deny it but i will survive like i always did
At least I know i am still capable of falling in love and for that I thank you immensely, I did not know I could still have those feelings at my age and I must admit it it feels great to know that. I just have to figure out what to do with it now..It is funny how those love songs you always hear on the radio feel different when you are in love, i never noticed it before. that is why you probably find these songs silly, the ones i pushed down your throat on the cds i sent you.(there is one more coming up next week). Of course they are successful songs so they must be good and have their purpose, anyways, I will be fine… I wont come and visit in the near future.. it will just make things worse you are right. And we should stop with those roller coaster silly emails full of illusions at least on my side. You were always rational with it, i know, you are the more mature of both of us maybe it is because you went through too much misery emotionnally in your past, you know what it is and you wont fall for it anymore, you are a big girl and I admire you for it., I am sincere. So thank you for the memories, like they say in the song and lets stay friends on a different level, i promise i will try. You know i did not see the signals, why would your husband want to build and renovate if he wanted to leave? I was so stupid.. So i wont say i love you anymore at the end of my emails, you just have to guess it ok?

hugs

En son temps, alors que je n’étais encore qu’une pauvre étudiante fauchée, j’aimais à rêver de jours plus fastes où j’aurais un vrai boulot, un vrai salaire, une vraie vie, et un compte en banque digne de ce nom.

« Quand j’aurais de l’argent » j’allais d’abord m’offrire les services d’une coutûrière aux doigts agiles qui saurait me faire des jolis vêtements à ma taille exactement, parce qu’il y en a marre de devoir aller m’acheter les frigues dans les rayons enfants!

« Quand j’aurais de l’argent » j’allais ensuite avoir un cuisiner personnel qui me ferait des plats de tous les pays et la vaisselle aussi, parce qu’il y en a marre de bouffer du riz et des pâtes tous les jours et de l’amoncellement ininterrompu de la vaisselle dans l’unique bac de l’évier!

« Quand j’aurais de l’argent » j’allais enfin pouvoir m’acheter des fleurs, des tas de jolies fleurs très souvent pour rendre mon appartement un peu plus heureux et moi aussi en passant, parce qu’il y en a marre de vivre sans ces couleurs qui me font rêver et ces parfums qui me font sourire!

Hélas, mes rêves avaient oublié qu’on ne devient pas milionnaire en jouant aux profs d’anglais et qu’il faudrait soit me chercher un mari riche soit jouer au loto (ce qui revient à peu près au même) avant de pouvoir exaucer les deux premiers rêves. Heureusement, les profs d’anglais ont quand’même la chance d’avoir le droit de s’acheter, en plus du pain, du vin, et du boursin (et du clafouti) quotidiens, quelques jolies fleurs de temps en temps!

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33,33% de succès oniriques après seulement un mois de vrai boulot, de vrai salaire, et de vraie vie, c’est plutôt encourageant, non?

Il y a des jours où je m’en veux à mort d’avoir quitté la vie facile des Etats Unis, et puis il y a des jours où je m’en veux un peu moins… Et si je cherche bien, il y a même, oh miracle, des jours où je suis bien contente de vivre à Granbled!

Lundi dernier, par exemple, j’eu la joie d’avoir à dîner chez moi trois charmantes françaises fort sympatiques, un peu fofolles sur les bords, c’est vrai, et qui ne chantent pas toujours juste, mais qui dansent par contre très bien (sauf en cas d’orteils démolis).

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Ensemble et dans la bonne humeur, nous nous régalâmes d’un repas étrange composé de poulet rôti, de chips, de salade de riz, de salade grècque, de glace au caramel, de compote de pêches, et de vers gommeux qui ne sentaient pas la rose.

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Comme quoi, il y a certaines choses dans la vie qu’on aurait préféré ne jamais connaître…

Après ce surprenant festin, nous decidâmes d’aller rendre visite à mon toit, ce dernier se situant au 22ème étage et proposant, d’après la rumeur, de larges BBQ, des tables de pic-nic, et une vue transcendante sur la ville. Effectivement, nous ne pûmes qu’être déçues en bien par cet immense toit d’où nous admirâmes l’autoroute, la CN tower, les BBQ, le lac, les îles, un petit port, le fameux Rogers Center (pardon, Centre), et Granbled dans toute sa splendeur!

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Comme quoi, il est parfois bon de savoir ce qui nous traîne par-dessus la tête et pas seulement dans la tête! (Et je me demande si je ne vais pas aller planter ma tente sur mon toit pour le restant de l’été, moi, tiens…).

Et comme les bonnes surprises arrivent rarement seules (comme les mauvaises, d’ailleurs), j’invitai à déjeuner chez moi ce midi-même un charmant couple mi-française mi-canadien tout frais débarqué de leur Georgie profonde (Atlanta, pas Tbilisi) et tout aussi déboussolé que moi par un choc culturel impitoyable et passionné. Pour nous remettre un peu de nos émotions et contempler la vie sous de meilleurs auspices, je décidai de nous offrir un de ces petits desserts alléchants dont me rabattait les oreilles le guide des restaurants, boulangeries, et magasins français à Granbled offert par mon frangin sans pitié. Je fis donc la connaissance de Clafouti, une accueillante pâtisserie française se trouvant sur Queen Street (mais heureusement pas trop près de chez moi) et dont les petites tartes aux fruits aussi divers que biscornus (lychees, vous avez dit lychees?) firent la joie de nos pupilles et nos papilles (sans compter le divin pain aux raisins que je m’offris au passage parce que je le vaux bien (et le pain au chocolat que je me garde pour demain matin mais que je ne sais pas si j’aurai la patience d’attendre jusque là)).

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Comme quoi, il est parfois difficile d’abandonner un champ de maïs mais le clafouti en vaut irrévocablement la chandelle!