J’imagine que d’être prof ça veut dire ça: 40% de réunions, 20% d’enseignement devant des élèves, 60% de corrections de copies, et 50% d’écrivage d’articles à la noix (et remerciez le ciel que je ne sois pas prof de maths).

Bref, comme je le disais l’autre jour, je n’ai pas vraiment été engagée pour faire le boulot que je devrais/pourrais faire avec mon diplôme, et écrire des tas d’articles c’est bien beau, mais j’ai quand’même aussi envie de me sentir utile de temps en temps. Donc, après ma petite déprime passagère, j’ai décidé d’aller parler avec ma cheffe pour lui dire que ras-le-bol, j’en avais marre de servir à rien! Je lui ai expliqué que le cours que j’enseigne est vachement nul pour des tas de raisons et que j’avais envie de changer plein de trucs et d’enseigner cette même classe encore une fois en hiver, pour « tester » ma nouvelle méthode, au lieu d’enseigner un truc différent comme prévu.

Elle a dit OK.

C’est vachement gonflé parce que je n’ai absolument rien de prêt pour enseigner cette classe différemment (en gros, je n’ai aucune idée de ce que je vais faire mais je sais ce que je ne vais PAS faire, c’est un début), et ça va être beaucoup de boulot de préparation, surtout pendant mes « vacances » de Noël, snif snif… Et comme ça va être la première fois que c’est enseigné de cette nouvelle façon, il faudra que je note tous les détails de la préparation, de l’organisation, du pourquoi et du comment, et de tout ce qui se passe pendant tout le cours-même, pour que les profs qui l’enseigneront dans le futur sachent comment le faire et pourquoi (si tout se passe bien)… Mais au moins ça m’occupera pendant les longues nuits d’hiver et j’aurai l’impression de servir à quelque chose!

Les autres profs qui enseignent cette classe ce semestre (on a plusieurs sections de la même classe) ne vont probablement pas être super contentes. Premièrement, elles ne savent pas que je suis leur boss et me traitent pour le moment comme la nouvelle petite jeune qui ne sait rien (c’est à peu près ça, faut dire), alors ça ne va pas leur plaire que je change tout à ma façon alors qu’elles enseignent ce cours à leur façon depuis des années. Deuxièmenent, je leur pique leur boulot (elles se font payer par classe alors que moi, je me fais payer par année, quel que soit le nombre de classe que j’enseigne) alors ça va râler dans les chaumières (et oui je sais, là c’est pas sympa).

Mais faut positiviser! Les élèves perdront moins leur temps avec leur cours à la noix, moi je perdrai moins d’énergie à m’énerver parce que je suis forcée de faire des trucs anti pédagogiques, le niveau de l’université n’en deviendra que plus prestigieux, et le monde deviendra meilleur. Si si, grâce à moi et à mon impertinence héroïsme, le monde deviendra meilleur, y’a aucun doute là-dessus!

Aaahhhh, j’ai déjà les boules… ça fait du bien de se sentir utile :D