Nous interrompons momentanément les programmes italiens (parce qu’en plus les photos ne sont toujours pas arrivées) pour demander à tous et à toute de l’aide et de l’inspiration divine parce que là ça va pas mais alors pas du tout et je suis prête à pêter un plomb ou deux ou à envoyer valser toutes mes casseroles par ma fenêtre de 20ème étage!

La journée a mal commencé parce que j’ai essayé de mettre mes lentilles de contact après avoir coupé un petit piment serano en jolies rondelles et j’ai donc eu les yeux rouges et brûlés pendant toute la matinée. J’aurais dû me méfier. Mais j’ai refusé d’abandonner la partie si vite parce que même quand le destin me fout des baffes je l’ignore et j’ai essayé de faire des pommes-de-terre avec une sauce indienne au yoghourt. J’avais acheté du yogourt* « sans gélatine » juste pour voir, et quand je l’ai mis dans une poêle (au lieu d’une casserole comme la recette l’indiquait) et que j’ai chauffé le tout, le yahourt s’est séparé, comme de la mayonnaise qui tourne, et c’était immonde et liquide avec des bouts jaunes d’une sorte de fromage blanc flottant misérablement au milieu.

Je me suis donc dit que j’aurais dû mettre tout ça dans une casserole comme indiqué dans la recette et chauffer moins rapidement et que ça m’apprendrait à ne pas suivre les recettes, ce que j’ai fait avec l’autre moitié de mon yahourt, mais hélas, le mauvais sort s’est acharné sur moi (et pourtant les anglais n’avaient même pas débarqué et ce n’était pas la pleine lune ni un vendredi 13) et ma mixture s’est de nouveau immédiatement liquéfiée en une sorte de sauce ignoble et inqualifiable qui est elle aussi passée dans l’évier!

Têtue mais obstinée, je suis allée acheter du yoghourte « avec gélatine » (normal, quoi) en rentrant du boulot et j’ai réessayé ma petite sauce (et c’est là que j’ai aussi remarqué que je n’avais cuit que la moitié des pommes-de-terre que j’avais épluchées, pour une raison inconnue, ce qui prouve bien que je suis soit débile soit carrément à interner) et j’ai retenté l’expérience parce qui ne tente rien n’a rien et qu’impossible n’est pas français! Cette fois-là, j’ai suivi la recette à la lettre et au mot, avec exactement le bon nombre de grains de sel, de demi-cuillérées de coriandre en poudre, de pointes de couteau de truc jaune dont je ne me rappelle plus le nom, de rondelles de piments, et de « cups » de yogurte frais à 2% de matière grasse parce c’est tout ce qu’il y a à Granbled à part le 0% mais là faut quand’même pas pousser!

Et? Ben ça a râté. Pareil. Sous mes yeux larmoyants et ma mine dégoûtée, sous mon regard fulminant et mes douces mains maladroites, mon beau yaourt crêmeux et ses épices odorantes se sont transformés en vomissure d’huître grippée, en dégueuli de printemps pourri, en dégobillis d’un vendredi soir sans rédemption.

Je suis maudite!

Ma question est donc, en gros: où ai-je merdé? Lecteur généreux en conseils avisés et féru de cuisine indienne ou passionné de Lactobacillus bulgaricus et autres laits fermentés, pourrais-tu, je t’en prie à deux genoux, me remettre dans le droit chemin avant que je n’aie épuisé les stocks de yogourt canadiens et me sois mise à dos toute la communauté indienne de Granbled? Grâce t’en sera rendue jusqu’à la troisième génération (ou même quatrième si non seulement tu m’expliques ze problème mais arrives en plus à me dévoiler les secrets du réchauffement de la planète du yaourt à des fins de sauçage de pommes-de-terre)!

En attendant, moi je vais noyer mon chagrin dans… un lassi à la mangue, mouahahaha!

*J’essaye toutes les orthographes possibles, y’en aura bien une qui sera juste…

 

PS. Shiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit, it’s SNOWING!!!! (added on October 11, 2006, 4:42 PM from work).