lun 23 oct 2006
J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Laquelle voulez-vous en premier? Bon, je vous donne la bonne d’abord parce que la mauvaise a vu le jour à cause de la bonne. Donc, tenez-vous bien, j’ai enfin trouvé une femme de ménage! Oui je sais, je suis super flemmarde et tout, mais je ne pouvais plus faire face à la montagne de poils de chats qui s’accumulaient dans mon grand appartement. J’étais débordée. Alors j’ai cherché un bon moment et finalement j’ai trouvé quelqu’un de bien (que nous appellerons Cinderella) à travers une agence de nettoyage. Cinderella est venue cet après-midi et goodness gracious, que ça fait du bien d’être dans un appartement propre!
J’ai lu il n’y a pas longtemps un bouquin super intéressant qui s’appelle Nickel and Dimed, de Barnara Ehrenreich, une journaliste qui a passé un an à bosser dans les « petits jobs » de ceux qui n’ont pas de diplômes: serveuse, vendeuse (entr’autre à Wal-Mart, ça vaut le détour!), et femme de ménage. Elle raconte comment ces jobs payent si peu et n’offrent aucun « benefits » (assuances, etc.), et que finalement, il est impossible pour quelqu’un de vivre au-dessus du seuil de pauvreté même avec DEUX de ces jobs à plein temps, (super mauvais pour la santé à court terme, impossibilité de bosser longtemps pour la même boîte, impossibilité de louer un appartement décent, etc.). C’est édifiant comme bouquin et ça fiche la trouille.
Elle raconte aussi que les sociétés de nettoyage demandent par exemple $25 de l’heure aux clients mais ne payent les femmes de ménages elles-même que $9 de l’heure. Donc j’ai vraiment hésité à passer par une société de nettoyage mais comme je n’ai rien trouvé d’autre, j’ai finalement décidé d’essayer quand’même en me disant que le Canada était peut-être mieux de ce côté-là… Et ce qui m’a rendue bien triste c’est que Cinderella m’a raconté que c’était la même chose ici. Elle m’a dit que si je le voulais et que je ne disais rien à la société de nettoyage en question, elle viendrait « en privé » quand je voudrais et que je pouvais ne la payer que $15 de l’heure. En plus, la société en question me demandait 3 heures minimum par semaine (à $25/heure, donc, ce qui fait quand’même beaucoup), et Cinderella est d’accord de ne venir que pour deux heures par semaine. Sur un mois, ça me fait payer $120 au lieu de $300 et pour elle, ça lui fait gagner $120 au lieu de $108 et 4 heures de travail en moins (et moins d’impôts à payer aussi j’en suis sûre)! Tout le monde y gagne! Je sais, capitalistement parlant, ce n’est pas très honnête, mais humainement parlant, ça l’est. Et maintenant que j’ai avoué que j’ai une femme de ménage au noir, je ne pourrai plus jamais espérer devenir présidente, première ministre, ou sénateure. Tant pis…
La mauvaise nouvelle, c’est que Calinette avait joué avec l’un des couvercles de ma boîte de lentilles de contact et l’avait perdu, et que donc je gardais une lentille dans un récipient sans couvercle… et Cinderella n’a pas vu qu’il y avait une lentille dans le bidule avant de le rincer… donc byebye my lentille de contact, il va falloir que j’aille m’en refaire faire une paire très très vite! Bon, ça fait presque deux ans que j’avais les mêmes donc ça va (visiblement, mes changements de lentilles sont toujours dramatiques…). En plus, c’est bien, ça m’apprendra comment me faire rembourser ce genre de chose par mon assurance, espérons que ça marche aussi bien que le dentiste! Et comme en plus j’ai de la chance, je peux aller voir l’occuliste une fois tous les deux ans, mais comme une nouvelle « période de deux ans » commence en janvier 2006 pour mon assurance, en réalité je pourrai y retourner dans un an si je veux (ou si Cinderella refait des siennes).
Voili voilà, c’était les dernières aventures du docteur lulu en directe de son champs de maïs Granbled. Et vous, votre fin de semaine s’est bien passée?
24 commentaires que j'aime à “cinderella”
Laisser un commentaire
Vous devez vous enregistrer pour laiser une commentaire.



23 octobre 2006 à 12:49
Rholala, c’est le grand confort quand meme a Granbled
.
Sinon, ici sur la baie on se plaint pas. On a pu profite d’un petit weekend d’ete indien avec 29C a l’ombre.
Bonne semaine!
23 octobre 2006 à 1:12
Miss Lulu, je suis jalouse ! j’aimerais bien avoir une cleaning lady, moi aussi. Mais je ne peux pas me l’offrir, ça c’est sûr (même sans passer par la voie officielle). C’est moi qui suis en dessous du seuil de pauvreté, même avec tous mes jobs (ou surtout ? il y a un effet de cumulation à étudier, par là, je pense).
Ma fin de semaine a été dure, d’où peut-être ce commentaire qui fleure l’amertume…
Et vue l’heure à laquelle je suis encore sur l’ordinateur, je crains que le début de celle qui vient ne soit guère prometteur. Et je n’ai pas ton énergie pour mettre ton ça en jolis billets bien rédigés, alors que j’en mourrais d’envie.
Amicalement.
23 octobre 2006 à 2:08
J’adore ton goodness gracious, on peut te le piquer ou il y a un copyright ?
Je crois qu’on peut souhaiter des tas de bonnes choses à Otir qui en a besoin. Alors des tas, Otir !
Miss Lulu aussi, natürlich !
23 octobre 2006 à 2:10
Dis donc, il est même dans le dictionnaire, le goodness gratious ! Alors ce n’est pas le copyright qui t’aidera à payer Cinderella… Désolée…
23 octobre 2006 à 4:11
Ce que tu racontes m’inquiète d’autant plus que pour les ultra libéraux, l’image des Etats-Unis où on travaille si on veut et où n’importe qui peut s’en sortir, façon de dire que la précarité n’est qu’une vue de l’esprit, obtiennent malgré tout un certain crédit.
Va, tant mieux pour Cinderella et toi, tant pis pour le Sénat ou la présidence…
23 octobre 2006 à 4:21
J’ai lu ce livre de Barbara Ehrenreich aussi et ce qu’elle y raconte n’était pas très drôle effectivement mais système de santé mis à part je suis persuadée que les sociétés de nettoyage fontionnent sur les mêmes bases en France…
Quand j’étais très active et très débordée j’ai eu égalementune femme de ménage et je dois dire que c’était bien agréable de rentrer du travail dans une maison propre : c’était une perle bien sûr mais je n’avais pas de lentilles, juste un magnétoscope juché sur une télé qui ne demandait qu’à tomber. Un jour où elle essayait de dépoussiérer la télé, le magnéto et la lampe de salon armée d’un chiffon et de deux bras (comme beaucoup d’entre nous)elle réussit vaillamment à retenir la télé, à moitié le magnéto et pas du tout la lampe. Ce fut son seul exploit en bris divers.
Je l’ai gardé jusqu’à ce je déménage et je l’ai fait embaucher après par une amie qui en fut également ravie.
Bisous et bienvenue dans un monde sans poussière.
23 octobre 2006 à 6:15
je t’approuve entièrement sur le job au black… quand on gagne un salaire aussi ridicule, éviter d’en reverser une partie a une agence, puis au fisc, c’est non seulement indispensable mais vital.
23 octobre 2006 à 6:29
Je trouve que ces agences, c’est des vrais négriers, tout ça parce qu’ils peuvent mettre en contact le client et la putzeuse…..C’est vrai que ça favorise le travail au noir, ce qui est bien au présent, mais pas si on a un accident, une maladie ou qu’on est trop vieux pour travailler…..
23 octobre 2006 à 8:52
Oui mais sa sécu, sa retraite tout ça ?… (ou alors ca n’existe pas au Canada ?)
23 octobre 2006 à 8:59
pragmata: c’est pas génial non plus pour la caisse de retraite…
krysalia: oui, parce que sinon ça devient ridicule, hein…
angeline: ça doit effectivement être un peu partout pareil, mais je pense que les conditions de travail en france doivent quand’même être un peu meilleure qu’aux etats unis (c’est pas difficile) et permettre à ces gens de vivre à peu près correctement, non?
Anne: ce bouquin démontre qu’effectivement, c’est une vue de l’esprit. il y en a qui s’en sortent, c’est sûr… peut-être 0,01%?
hoplalavoila: huhuhuh, hélas, ce n’est effectivement pas moi qui l’ai inventé mais si tu veux m’envoyer quelques dollars à chaque fois que tu l’utilises, n’hésite pas, hein
Otir: je comprends bien ton amertume. je sais que j’ai une belle vie facile comparé à la vie de beaucoup de gens dans ce monde et en particulier aux etats unis. je pense que ce genre de boulot qui ne permet pas de s’en sortir est effectivement un cercle vicieux parce que ça ne permet justement pas de faire quoi que ce soit pour en sortir… je ne sais pas quoi te dire à part bon courage!
Bluelulie: voui, les femmes de ménage sont indispensables à granbled pour balayer dans les igloos
23 octobre 2006 à 9:01
kiara: haha, comme je le disais à pragmata, exactement. je n’ai pas de solution, mais je pense qu’elle doit connaitre les conséquences et faire le meilleur choix… ou le moins pire… peut-être que ça lui permet de mettre un peu plus d’argent de côté elle-même?
23 octobre 2006 à 12:44
Dommage pour la lentille, mais je crois que tu as des lunettes à part non?
Sinon, super génial que t’aie trouvé une femme de ménage qui m’a l’air bien sympa en plus.
23 octobre 2006 à 12:55
ouh là là, je vais faire l’affreuse ; j’ai eu des Cinderell(e) qui m’ont aussi offert de travailler au black ; mais et la sécu ? et la retraite ? et les arrêts maladie ?? et quand elle ne venait pas ? et les congés payés ? mais y’a pas chez vous des « chèques emploi service » tu payes l’Ursaaf mais ensuite ça te revient qu’à 40 % du prix que t’as payé car c’est déductible de tes impôts ??? ça c’est bien,renseigne toi, ça m’étonnerait que ce soit les Français qui aient inventé cela quand même !
23 octobre 2006 à 2:46
eh, dans Asterix chez les Bretons, il arrete pas de dire ‘bonte gracieuse’. C’est chou, non? C’est un volune super drole, surtout pour ceux qui connaissent un peu l’anglais et qui peuvent comprendre les references. Je l’ai relu recemment, et il m’a bien fait rire!
23 octobre 2006 à 2:58
Moi, j’ai arrêté les lentilles, c’est mauvais pour ma santé
23 octobre 2006 à 3:19
roh la la je vais te dénoncer! hihi
Elles sont sympa tes photo de Penintruc, qu’est-ce que tu racontes??!!
Dis tu me diras où tu vas chez l’ophtalmo?
23 octobre 2006 à 7:24
« Je sais, capitalistement parlant, ce n’est pas très honnête »:
Si la boite souhaite faire concurrence, elle peut le faire par exemple en proposant des services en plus, à toi (remplaçants en cas d’abscence de l’employé, etc.) comme à ta femme de ménage (congés payés, etc).
Euh, si ma mémoire est bonne, le capitalisme c’est la loi de l’offre et la demande, non? Donc on peut voir ça comme ça: ta femme de ménage t’a proposé un prix inférieur à celui de sa boite: son offre est meilleure DONC capitalistement parlant c’est celle qui est choisi
Quand à la situation française, il y a le systeme des chèques emploi-service: « l’employeur » (ex: miss Lulu) récupère je ne sais plus où un carnet de chèque emploi-service. Il reglera ses employés avec lesdits chèques qui seront automatiquement gérés par l’administration: une partie servira au salaire, une partie aux cotisations sociales, etc. Le fait de travailler ouvre automatiquement droit au remboursement d’une bonne partie des frais de santé. Et sinon, en cas de revenus trop bas (ou pas de revenus), il y a un systeme (CMU) qui prends en charge la totalité des frais de santé.
24 octobre 2006 à 1:19
Anneau: la boîte en question peut surtout m’envoyer leurs avocats aux fesses s’ils découvrent le pot aux roses, en fait…
Nat: galère intégrale pour l’ophtalmo, attends qu’on en parle plus avant d’y aller!
Ze Mimicaribou: ça fait pêter?
Anaïs: j’espère que tu l’as lu à haute voix à Alexou pour le cultiver un peu…
zia: en anglais on dit « you have to choose the best of two evils. » moi, ça me fait rager de payer une compagnie qui s’en met plein les poches et de voir bosser une femme chez moi devant mes yeux et qui ne se fait pas un rond. elle, elle a fait un choix, elle sait les aventages et les inconvénients j’en suis sûre. elle peut même se faire virer si tout ça se sait. mais qui te dit que sa compagnie lui file une assurance et une retraite? je me rends de plus en plus compte que le canada c’est pas non plus le paradis social qu’on promet. je comprends bien ton point de vue et j’y ai bien pensé quand elle m’a fait son offre, mais qu’est-ce que tu veux que je fasse de plus? que je mette l’argent que je ne paye pas sur son fond de retraite? et en plus je ne sais pas ce que c’est que l’ursaaf…
!Béo! oui, et heureusement pour les lunettes, sinon je peux même pas lire un bouquin ou sortir de chez moi!!
24 octobre 2006 à 3:24
Non ça flingue la cornée
24 octobre 2006 à 5:25
De nos jours, dans un pays comme la Suisse, on ne va plus chez le médecin parcequ’on paye de sa poche tant qu’on n’a pas dépassé la franchise de 600 frs pour nous, le dentiste n’est pas remboursé, ni l’ophtalmo, ni les lunettes, ni l’homéopathie, ni, ni, ni. Bref, mieux vaut être riche et en bonne santé que…..Et pourtant les cotisations sont énormes……alors ? Bon, c’est la médecine à 2 vitesses, comme on dit, et ça a l’air d’être bien accepté et gràce à ça les assurances (privées, bien sûr ) font leur beurre, ce n’est pas comme la sécu française….Parfois cela m’enrage de voir le comportement des Français vis à vis de leur assurance maladie. Alors si c’est pareil au Canada….
24 octobre 2006 à 12:50
l’ursaaf c’est l’organisme où je paye les cotisations de ma Chinderella à moi après lui avoir fait un chèque emploi service sur un chéquier que je me suis procurée auprès de ma banque. mais ptête ça existe pas chez les Canadiens ???
24 octobre 2006 à 9:55
Et bien, le système des boîtes à ménages, c’est la même chose que les écoles de musiques. Les élèves (enfin, les parents) payent 17$ pour une leçon de 30 min par semaine, je n’en reçoit que 8$ (par demi-heure), et quand l’élève ne vient pas c’est jamais de sa faute et moi je ne suis surtout pas payée pour attendre, hein!
Voilà pourquoi je suis secrétaire de jour, prof de musique de nuit. :’(
25 octobre 2006 à 8:54
Lady Iphigenia: je pense que c’est la même chose depuis la nuit des temps dans tous les systèmes où un employeur nous « trouve du travail. » mais ton arrangement à toi me parait un peu plus honnête que celui des femmes de ménage en général (dans mon cas c’était $9 par heure, pas par demi-heure, et la boîte me demandait $25 par heure!) et surtout, tu te détruis moins physiquement en enseignant le piano qu’en faisant le ménage. la femme de ménage qui se fiche les genoux et le dos en l’air après 2 mois de travail n’aura jamais assez pour se payer un docteur et un arrêt maladie (aux USA). (ceci-dit, j’ai été prof de piano pendant 5 ans et j’admire toute personne qui fait ça!)
27 octobre 2006 à 9:15
C’est très drôle cette histoire … ( avec tout mon respect pour toi et cendrillon ) … car finalement , avec cette bévue involontaire de cendrillon , le système ( capitaliste pour ne pas le nommer ) se retrouve dans ses comptes … : Si tu étais restée dans le circuit officiel en payant ( plus cher ) l’entreprise et non pas cendrillon , celle- ci serait restée moins longtemps chez toi et donc n’aurait pas eu le temps de faire disparaître par mégarde la lentille … que maintenant tu es contrainte de devoir racheter à un prix peut-être mirifique … pour compenser en quelque sorte le tarif que tu as refusé de payer à l’entreprise ! ! MDR … is that clear ? !