ven 3 nov 2006
Il y a un peu plus d’un an, j’ai reçu un courriel de l’éditeur d’un grand journal de linguistique. Ce monsieur m’expliquait qu’il avait lu ma thèse de maîtrise (ça doit bien être le seul) et qu’il voulait que j’écrive un « state-of-the-art article » sur le sujet. Un article « state-of-the-art » c’est un peu une bibliographie mais en plus détaillé, une sorte d’explication de tous les articles, livres, thèses, présentations de conférences, projects de recherche écrits sur le sujet dans le monde entier. Unutile de dire que j’ai dit « oh oui monsieur, je serais heureuse d’écrire votre machin! » et qu’ensuite je me suis rendue compte de ce que ça voulait dire et j’ai paniqué à mort.
J’ai donc envoyé un courriel à quelqu’un que je n’avais jamais rencontré mais qui venait d’écrire un gros bouquin sur le sujet et qui avait l’air sympa, et je lui ai demandé s’il voulait écrire le « state-of-the-art article » avec moi. Il a dit OK. Or, il se trouve que ce cher monsieur qui m’a sauvé la vie (enfin, pas encore tout à fait) habite en Espagne… et qu’on a jusqu’à l’été prochain pour finir (enfin, il faudrait peut-être le commencer d’abord) notre article et l’envoyer à l’éditeur du grand journal.
On a écrit un « proposal » détaillé de l’article, et il a été accepté, et après on s’est donnés des « deadlines, » des dates limites quand moi je devais avoir fini cette section et lui cette section et nous ce passage, etc…. Mais en fin de compte, on n’y arrive pas. C’est vraiment difficile de travailler comme ça, à distance, et c’est un article tellement gros (et différent des autres articles qu’on écrit en général) qu’on ne sait pas très bien comment s’y prendre.
J’ai donc eu une brillante idée: aller en Espagne bosser avec lui, tout simplement! C’est plus facile quand on se voit et qu’on peut se parler. C’est plus facile de se donner des limites de temps très courtes, du genre « on bosse sur ce passage jusqu’à trois heures de l’après-midi et après on va visiter Barcelone mais seulement si on a fini le passage en question! » Génial, non?
Alors hier je suis allée voir ma cheffe et je lui ai demandé quand je serai libre en été. Les cours finissent mi-avril, mais ensuite il y a les examens, les rapports, et plein d’autres trucs à faire avant de pouvoir aller en vacances. Elle m’a dit que je serai libre vers la mi-juin… mais que si je voulais aller en Espagne, je devrais prendre 10 jours de vacances en février plutôt, parce que c’est à ce moment-là qu’on a le plus besoin de soleil et de chaleur et que comme ça, en plus, je n’attendrais pas trop longtemps avant de pouvoir bosser sur mon article. Et comme on a une semaine de vacances en février, justement, ça tombe parfaitement bien! (Et elle m’a dit que tous les profs profitaient de cette semaine de vacances pour aller en Floride, au Mexique, en Espagne, dans n’importe quel endroit chaud et ensoleillé de la planête!) Elle a des bonnes idées parfois, ma cheffe, hein?
Alors voilà, j’ai enfin un petit projet à moi, quelque chose qui m’aidera à sortir ce matin alors qu’il fait -6 degrés et qu’on attend de la neige pour ce soir. Un petit rêve de soleil qui m’aidera à passer les vacances de Noël à bosser comme une folle à la maison parce que parfois j’ai des idées tordues et qu’il faut ensuite en payer le prix. Je n’ai pas encore le billet, je n’ai pas encore les détails (et je n’ai pas encore demandé à mon ami espagnol si ce moment de l’année lui convient bien, hum), mais je m’en fiche, parce que maintenant j’ai l’Espagne dans la cabeza, et Dieu que ça fait du bien!!!
Hola, me llamo doctor lulu y estoy muy feliz
24 commentaires que j'aime à “première brique du château…”
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3 novembre 2006 à 9:36
Ma foi, tu as déjà des idées de Canadienne
3 novembre 2006 à 9:40
Oh génial ! Je suis très contente pour toi et j’espère que ton collègue sera dispo pour travailler en février. Il habite à Barcelone ? Il paraît que c’est une ville vraiment intéressante culturellement et très agréable.
3 novembre 2006 à 9:41
Ah, parfait! Quand tu m’as dit que tu voulais aller en Espagne en été, ça m’a un peu fait peur, il y fait vraiment trop chaud, mais en février ça doit être sympa comme tout!
3 novembre 2006 à 10:03
Tu as juste le temps pour réviser ton espagnol…Muy bienne.Ou regarder des films d’Almodovar pour retrouver le bon accent……
3 novembre 2006 à 10:16
oh veinarde! C’est ce que j’aimerai faire cette année, partir au soleil en février…Bon ok, je m’occuperai de ets chatounes…
tu m’enverras une carte postale hein?
3 novembre 2006 à 12:00
Et ben voilà!
…C’est un peu comme dans « Les poupées russes », sauf que forcément l’aller-retour Granbled-Barcelone -bien que plus exotique- ne peut pas se faire aussi aisement que Paris-Londres…
Bien joué pour ta première brique!
3 novembre 2006 à 12:57
Sympa, comme projet! Et si en plus tu pouvais avoir un billet payé par l’université… A mon bureau, ils aiment bien faire des conférences et des séminaires dans des endroits chauds.
C’est marrant quand tu parles du processus éditorial, c’est exactement ce que je fais, sauf que je suis du côté de l’éditeur et des comités éditoriaux…
3 novembre 2006 à 2:03
Olivier: haha, maintenant tu vois mieux le genre de tortures par lesquelles passent tes « écrivains »
(sinon ma prochaine conférence c’est à seattle, en mars… z’ont intérêt à avoir du soleil là-bas aussi!!)
sylh: huhuh, tu veux dire qu’il faudrait que je me trouve un charmant jeune espagnol à charmer, au passage?
Nat: ohhh merci
bien sûr que je t’enverrai une carte, je te rapporterai même un peu de sable de la plage si tu veux
(à ce soir?)
time after time: excellent idée, almodovar
jojo: ouaip, faut espérer qu’il pleut pas tout le temps à cette époque
Jenny: il habite pas très loin de barcelone, oui, à lleida, et ça fait très très longtemps que j’ai envie d’aller voir barcelone et son architecture, effectivement
Dre Papillon:
j’apprends vite, hein?
3 novembre 2006 à 2:47
Ah lala… je me doutais bien de quelque chose hier… on ne mentionne pas: Espagne à tout hasard chez Miss lulu!
Quel beau projet mais que de boulot en vue aussi! Tu changeras jamais et c’est bien ainsi
3 novembre 2006 à 3:04
c’est vrai que les canadiens fuient le Canada en hiver. Il paraît que c’est le moment de la grosse déprime. Super projet.
3 novembre 2006 à 3:09
Fais un détour par chez nous, c’est pas si loin après tout !
3 novembre 2006 à 3:21
Avoir l’Espagne dans la Cabeza !! Waou, j’adore cette expression. J’ai eu tellement ça moi aussi qu’un jour j’y ai vécu 9 mois de pur bonheur à Salamanque. C’était génial.
3 novembre 2006 à 4:59
Chouette ! … de supers photos en perspective , plongée et contre-plongée !
Pourras-tu me faire chère Lulu un gros plan du Mont de Tarek ( bin Ziad pour ne pas le nommer ) ?
Mais 10 jours quand même … tu trouves pas que ce sera un peu juste ? : la première journée pour découvrir ton hôte , les 8 jours suivants pour découvrir la contrée , la journée du dixième pour préparer tes valises et acheter quelques babioles … Il te restera à peine une nuit pour écrire quelques phrases de votre oeuvre commune ! … ( j’ai comme dans l’idée que tu vas te trouver un poste de travail en Espagne
)
3 novembre 2006 à 5:48
Super projet, sauf que comme le dit Cloclo, ce sera un peu juste si tu veux découvrir le pays, et puis faudra prévoir un détour pour embrasser mom… bah c’est pas grave, tu y retourneras en juin pour pouvoir bosser
Nan j’déconne, j’sais bien que t’es une fille sérieuse !! Et pour la température, ici il fait pas -6 degrés mais ça fait 3 jours que j’me les gèle quand même, alors j’imagine même pas ce que je ferais là-bas… ben tiens pour me réchauffer, j’pourrais t’écrire une carte postale, quelle idée, qu’elle est bonne… Ben non c’est pas encore fait, chui définitivement pas sérieuse mouaaa !! Bises
3 novembre 2006 à 7:35
Pouky: huhuh, pas une carte postale du cervin enneigé s’il-te-plaît
Cloclo: hélas, je resterais bien tout l’hiver en espagne si je le pouvais, mais mieux vaut 8 jours que rien du tout… et puis il suffira d’y retourner l’hiver prochain pour mieux tout visiter
mijo: haaa la petite veinarde
je vais demander à ma cheffe ce qu’elle pense de l’idée de me laisser partir 9 mois en espagne
mom: ah ben non, ça sera à vous de faire un détour cette fois
Josée: bienvenue par ici
oui, il y a même des canadiens qui vont passer tout l’hiver en floride, paraît-il…
!Béo! ben en fait, ces idées de voyage me sont venues exactement au moment où je les écrivais et de la façon dont je les ai écrites
marrant, hein? ce qui montre à quel point c’est dangereux quand je pense un peu trop
3 novembre 2006 à 8:44
Barcelone en février, quelle merveille !
!
j’aime beaucoup l’allusion à » on sortira visiter la ville, si on a fini ce passage à telle heure »
tu as bien raison
4 novembre 2006 à 2:13
Mince alors Lulu ( même avec quelques kilos en plus !) … Je pensais que tu allais t’empresser de me demander où se trouvait ce Mont Tarek que j’évoque lourdement et je m’apprêtais à te donner fébrilement la réponse … mais rien ! pas une allusion … j’en conclus donc que tu sais où c’est
Alors on aura pas droit à un beau dépliant photographique pour cette ( courte ) fois ?
4 novembre 2006 à 2:58
Gibraltar, Cloclo, Gibraltar
malheureusement, ce n’est pas vraiment dans la région de barcelone (sauf si mes souvenirs de geographie sont un peu rouillés)…
krysalia: moi je travaille mieux avec des limites de temps courtes (et des récompenses à la fin
). si tu me dis « écris ce bouquin, t’as 2 jours pour le finir » t’auras un meilleurs bouquin que si tu me dis « t’as 2 ans pour le finir. » je suis vraiment pas faite pour être prof d’université…
4 novembre 2006 à 3:19
En avion, Simone Lulu ! Les voyages forment le jeunesse.
4 novembre 2006 à 3:49
… ou sauf si le Mont a été déplacé!…
4 novembre 2006 à 7:27
Il me semble que j’avais laissé un commentaire qui disait justement qu’il faut partir à la semaine de relache… je vois que ceux qui vivent ici connaissent le truc. l’été on va au Nord, l’hiver on va au sud. Ça fait longtemps que les oiseaux ont trouvé cela. Bien content pour toi.
4 novembre 2006 à 12:39
Moukmouk: ben oui mais je ne m’étais pas rendue compte de l’importance de partir à ce moment-là… et je ne savais pas qu’on avait des relâches à ce moment-là non plus
Cloclo: huhuh, on sait jamais avec ces espagnols, c’est vrai
métamorfosis: et il faut bien que jeunesse se passe aussi
4 novembre 2006 à 4:02
si vas a Barcelona, hauries d’aprendre la català, no l’espanyol
5 novembre 2006 à 10:08
maizalors c’est catalan que tu vas parler ou castillan ? quoi qu’on parle à Gibraltar ? et pis tu vas où exactement en Espagne ? parceque faut pas s’tromper pour les films à regarder avant de partir pour réviser non mais !