Il semblerait que mon « disclaimer » au début du dernier post n’ait pas été lu ou compris par certaines personnes et en particulier mes lecteurs canadiens que j’adore et que je comprends qu’ils s’énervent en lisant mes conneries parce que s’ils osaient faire des GENERALITES à la con sur la Suisse ou la France, je serais aussi fâchée à mort. Alors je le redis plus clairement: mes OBSERVATIONS sont SEULEMENT des GENERALITES qui me sont venues à l’esprit après SEULEMENT QUATRE MOIS dans UNE SEULE VILLE CANADIENNE. Il est donc ABSLUMENT CERTAIN que ce que je raconte n’est que des idioties GENERALISEES qui ne concernent QUE MOI. JE M’EXCUSE auprès de tous les canadiens du monde que j’offusque en GENERALISANT ainsi sur un pays aussi grand et diversifié que le Canada. Et pour que tout le monde se sente mieux, les suisses sont tous des banquiers et des voleurs d’or juif, et les français puent et sont arrogants. (Et je parle même pas des belges!) Tout le monde est fâché? Je peux continuer?

Thème du jour: la santé. Parlons d’abord de mon amie (que nous appellerons Karibou): Karibou, étant tombée dans les escaliers, elle ressentit une douleur terrible au pied et décida d’aller voir un médecin. Clopinant et souffrant le martyre, elle prit le métro et se rendit dans la première clinique qu’elle trouva sur son chemin. Hélas, cette clinique ne prenait pas de nouveaux clients et on l’envoya dans une deuxième clinique. Clopin clopant, elle prit le bus et se retrouva devant une clinique qui la renvoya illico, cette fois parce qu’elle se spécialisait dans les problèmes de drogués seulement. Bien mal en point et au bord de l’évanouissement, notre amie Karibou se rendit donc dans une troisième clinique et là, miracle, on l’accepta. Par contre, le médecin qui la vit pendant exactement deux minutes lui expliqua qu’elle s’était probablement bousillé l’orteil, qu’elle devait payer $50 pour la visite, et qu’elle devait se rendre dans une QUATRIEME clinique pour se faire faire des radios. Une semaine plus tard, le médecin lui dit de repasser par la troisième clinique parce qu’il avait reçu les resultats de ses radios. Là, une infirmière expliqua en deux minutes à Karibou qu’elle s’était cassé le gros orteil, qu’elle devait se mettre du scotch pour tenir ses deux orteils immobiles, et qu’elle devait payer $50 pour la visite. Aux US, Karibou aurait vu un médecin dans la première clinique où elle aurait débarqué, ses radios auraient été prises au même endroit, et elles auraient été interprétées immédiatement (OK, peut-être au bout d’une heure ou deux). La facture aurait été beaucoup plus salée (probablement de $400 de plus) mais l’assurence de Karibou aurait tout couvert sauf les « deductibles » (en général $20-$50). Il est a noter que Karibou n’avait à l’époque pas droit à l’OHIP (assurance maladie de l’Ontario) et que c’est peut-être pour ça qu’elle a dû payer les $100 (plus le coût des radios) de sa poche. C’est à voir.

Quand je suis arrivée au Canada, on m’a prévenue qu’il me fallait urgemment un « médecin de famille » que j’irais voir en cas de pépins et qui me « réfèrerait » à d’autres médecins (orthopédistes, neurologistes, etc.) si nécessaire. Une amie m’ayant recommendé un médecin, j’ai téléphoné là-bas pour me faire dire (on était fin juillet) que je pouvais retéléphoner en JANVIER pour mettre mon nom sur leur LISTE D’ATTENTE.

Il me semble que le système social du Canada est réputé de part le monde pour être excellent… et je ne dis pas qu’il est nul. Je dirais plutôt qu’il est très moyen pour tout le monde au lieu d’être, aux US, excellent pour les gens qui peuvent se l’offrir et pratiquement inexistant pour ceux qui ne le peuvent pas. Aux US, beaucoup d’employeurs offrent une couverture à leurs employés à plein temps (une couverture qui est donc excellente par rapport au Canada), mais les employés à mi-temps ne sont que rarement couverts et ceux sans travail ne le sont que par Medicare et Medicaid, des couvertures médicales à faire pleurer tout ce qui ne se dit pas Républicain. Au Canada, tout le monde est couvert par les assurences de l’état, mais le service est dangereusement lent et inéficace. Certains employeurs offrent des couvertures privées à leurs employés (avec déductions mensuelles sur le salaire, bien sûr), comme c’est le cas pour moi, mais même ainsi, avec l’OHIP plus un assurance privée, je dois payer DE MA POCHE tous les frais médicaux dont je peux avoir besoin et ENSUITE me les faire rembourser (à part le dentiste que je ne paye pas du tout). Payer $329 de ma poche pour des nouvelles lentilles de contacte ça passe, mais imaginez si j’étais allée voir un neurologiste, que j’avais eu des radios, des médicaments à acheter, etc.!

On dit que les médecins sont sous-payés et débordés, au Canada, mais je ne sais pas pourquoi. Beaucoup de cabinets de médecins ne prennent pas de nouveaux clients ou ont des listes d’attentes démentielles. En plus, pour aller voir un spécialiste il faut d’abord passer par son médecin de famille qui vous permet ou non d’aller voir le spécialiste en question (avec donc un rendez-vous six mois plus tard chez ce spécialiste si vous avez de la chance).

Enfin, en Ontario, au Québec (sauf pour les français), au Nouveau-Brunswick, et en Colombie-Britanique, les nouveaux immigrants ne sont pas couverts par l’OHIP (ou l’équivalent de chaque province) pendant leurs trois premiers mois au Canada. Mais même après trois mois et pour tous les habitants de ces provinces, les médicaments, lunettes/lentilles, soins dentaires, et services d’ambulances ne sont pas couverts. Je ne sais pas exactement si un même système existe aux Etats Unis, en ce qui concerne les immigrants, puisque moi j’ai tout de suite été couverte par l’assurance de mon université.

Alors… le Canada possède-t-il le meilleur programme d’assurance maladie au monde? Certainement pas! Comparé à la France, le système est déplorable (et ne me dites pas que la Sécu est au bord de la faillite, elle l’a toujours été). Comparé aux Etats Unis, le système est tout simplement différent, mais je dirais que pour environ 1/3 de la population, le système américain est de très loin meilleur. Bien sûr, je ne sais pas si ça serait possible d’avoir un système aussi efficace que le bon côté des Etats Unis pour tout le monde…

Un dernier petit truc: au Canada comme aux US, on appelle le 911 en cas d’urgence.