de saison


C’est fou comme un simple geste peut me mettre de bonne humeur ou de mauvaise humeur pour toute la journée. Quand je sors de chez moi, le matin, je ne teste pas la température de l’air mais plutôt la gentillesse des gens que je croise. Le sourire d’un chauffeur de streetcar, quelqu’un qui me laisse passer devant lui dans une file d’attente, ou quelqu’un qui me donne son siège dans le métro fera une différence incroyable dans ma journée. Dans le film « While You Were Sleeping, » que j’ai vu 250 000 fois (oui j’ai honte), l’héroïne (qui a le même prénom que moi) admire l’homme (moche) qu’elle aime parce qu’il laisse toujours sa place dans le métro aux gens qui en ont besoin. L’homme en question (dont elle tombera finalement amoureuse du frère) réplique que ce n’est pas du tout héroïque comme geste, ce à quoi la jeunne femme rétorque, « ça l’est pour la personne à qui tu laisses ta place! »

Pour Noël, je n’ai envie que d’une seule chose (à part de voir mes frangins, il est vrai): que tout le monde (moi inclue, hein) ouvre ses yeux. Ce n’est pas facile à faire, parce que même quand on fait attention, on n’est pas toujours au courant de ce qu’on peut faire de plus. Un exemple? Quand je monte dans le métro, certaines personnes me laissent leur siège si le métro est très plein. Merci du fond du coeur. MAIS… quand le métro n’est pas très plein, il arrive que les gens soient assis près des portes et qu’il reste seulement des places au milieu de la rame. Or, le métro démarre très vite et s’arrête très peu de temps aux stations. Les portes s’ouvrant et se refermant très rapidement, je n’ai pas toujours le temps de marcher jusqu’aux places plus éloignées avant que le métro redémarre et me retrouve donc coincée debout près de la porte sans pouvoir m’asseoir. Et si j’ai réussi à m’asseoir loin des portes, à l’arrivée, je n’ai ensuite pas toujours le temps d’attendre que la rame soit immobile pour me lever sans me casser la figure et courir aux portes avant qu’elles ne se referment. La personne que je bénis jusqu’à la huitième génération est celle qui me laisse sa place tout près de la porte et va s’asseoir plus loin. Ca c’est de l’héroïsme pour moi!

Alors voilà mon seul voeux de Noël: faites attention à ce qui se passe autour de vous, et aidez les gens en difficulté, les mamans avec les poussettes, les femmes enceintes, les personnes qui ont du mal à se déplacer, les éclopés, les cabossés par la vie, les mamies et les papis du monde entier. Quand on a sa santé, notre corps nous porte. Quand on ne l’a plus, c’est nous qui devons porter notre corps et c’est parfois douloureux, souvent humiliant, et toujours difficile.

Je déteste les gens qui me regardent avec pitié et qui ont peur de m’ouvrir une porte parce qu’ils pensent que je vais être fâchée. Je bénis ceux qui m’ouvrent la porte comme si c’était naturel de le faire pour tout le monde, ceux qui me disent « laissez-moi vous aider avec ces gros sacs » sans avoir l’air d’être en train de se dire « elle ferait mieux de rester chez elle celle-là, on aurait la paix. » Autres détails: utilisez les escaliers si ce n’est que pour un ou deux étages, pour ne pas faire attendre innutilement les gens qui en ont vraiment besoin. N’utilisez pas le petit bouton qui ouvre les portes automatiquement si je ne suis pas juste à côté de vous, sinon la porte se refermera sur moi. N’utilisez jamais les places handicapées, même pour deux minutes, parce que si moi j’arrive avec ma voiture à ce moment-là, je ne peux pas savoir que vous ne serez là que deux minutes et je vous maudirai. N’utilisez pas non plus les toilettes « accessibles, » certaines personnes ont du mal à marcher, mais d’autres ont du mal à attendre leur tour… Je maudis la personne que j’ai besoin de regarder avec des yeux de martyre avant qu’elle ne se lève en soupirant de son siège pour que je puisse m’y écrouler. Je ne suis pas fâchée quand c’est un geste naturel… et le naturel ne vient qu’avec l’expérience et avec le respect.

J’ai du mal à appuyer sur « publish » ce soir, avec ce post. Je me dis que c’est nul de faire ainsi la morale, et puis je n’aime pas trop parler de tout ça. En même temps, je me dis que si je ne le fais pas, qui le fera? Après tout, miss lulu a été « connue » et lue avant que ses lecteurs adoré se rendent compte de ce côté-là de moi, alors profitons de la célebrité :) (A ceux qui seraient fâchés parce que j’ai « caché » quelque chose, je ferai remarquer que ne l’ai jamais caché. Mes albums photos ont toujours été publiques et cette facette de moi a coloré bien des posts (et bien des commentaires) sur ce blog sans que j’aie à le mentionner directement). Et puis je ne m’expose pas trop en postant ça alors que la plupart de mes lecteurs sont en train de festoyer et ont oublié les blogs pour quelques jours…

Enfin, tout ça pour vous dire que je m’en vais pour 2-3 jours aux Etats Unis, pour y retrouver mes deux soeurs, leurs maris, mon neveux, et mon frangin. Je remonterai ici après Noël avec une soeur, un mari (pas le mien), et un frangin… et on va aller manger ensemble dans un endroit très très spécial… mais c’est une surprise! En attendant de nouvelles aventures, je vous abandonne donc à mon tour, mes chers lecteurs et chères lectrices, et vous souhaite beaucoup de bons moments et de joie où que vous soyez et avec qui que vous soyez! Et surtout, n’hésitez pas à vous régaler sans remors, on ne vit qu’une seule fois ;)

Comme Thanksgiving est au début du mois d’Octobre, ici, les festivités de Noël n’ont pas besoin d’attendre la fin de Novembre pour commencer (comme c’est le cas aux Etats Unis où Thanksgiving a lieu le troisième jeudi de Novembre). La musique et les décorations de Noël commencent donc à apparaître dès le début du mois de Novembre… ce qui fait beaucoup…

Je vais donc vous en rajouter une couche et vous montrer quelques jolies photos de jolies décorations. Les premières photos sont de moi, ensuitent il y a celles de Nat, et puis celle du Padawan. Merci à eux de m’avoir laissé utiliser leurs photos.

perlinpinpin
Cette photo me fait rire à cause de l’affiche qui dit « wrap up the hollidays. » Ici, j’imagine que ça veut dire « emballez vos fêtes » mais aux Etats Unis, on utilise « to wrap up » pour dire « terminer, finir » donc le message n’est pas tout à fait le même :lol: )

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sapinpinpin

harbourfront
Là on voit pas bien, mais c’est un pont (le bleu du bateau est la rambarde du pont) et ça se reflette dans l’eau. C’est tout près de chez moi. Cette photo et la suivante sont de Nat.

Eaton Centre

Dundas Square
Là c’est à Dundas Square, juste à côté de mon boulot. Admirez le joli taxi Granbledois! Cette photo et la suivante sont du Padawan.

joooli

C’est vrai que la musique de Noël partout partout, souvent cucul, et passée en boucle est assez pénible, mais il arrive que je sois parfois émue malgré moi en entendant certaines chansons qui me rappellent mon enfance ou des bons moments de ma vie. Et ces décorations utilisent bien trop d’électricité et sont parfois ridiculement moches, mais avec la tombée de la nuit de plus en plus tôt, ces lumières sont les bienvenues, finalement. Alors entre vos deux cents courses aux cadeaux dans la foule en folie et à la dernière minute, n’oubliez pas d’écouter un peut les quelques jolies chansons qui passent et d’admirer les quelques jolies décorations, après tout, nous ne sommes peut-être pas QUE des adultes blasés et cyniques ;)

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Et un peu de musique du pays du Père Noël pour changer…

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Et un p’tit supplément pour faire rigoler le frangin… s’il arrive à deviner ce que c’est :lol:

Quand j’étais gosse (pardon, on ne dit pas gosse en québecois, ça veut dire autre chose :lol: ), donc quand j’étais enfant, en Suisse, on se faisait parfois un « diner suisse » le soir (ce qui est une contradiction gastrolinguistique, puisque si c’était vraiment suisse, ce repas se serait appelé « souper suisse » puisque le diner est à midi et le déjeuner le matin, soyons logiques). Bref, ce repas mal nommé mais délicieux comportait des pommes-de-terre en robe des champs (aussi appelées pommes-de-terre en robe de chambre), plein de fromage, du pain, et du chocolat chaud si on avait été sages. Aaahhh que c’était bon!!!

Ce soir, j’ai donc décidé de me faire un « diner québecois, » (qui est lui aussi une contradiction gastrolinguistique puisque si ça avait vraiment été québecois, ça se serait appelé « souper québecois » (puisque le diner est à midi et le déjeuner le matin, restons logiques), mais on va pas pinailler)! L’idée m’en est venue après avoir vu le post de Nat ce matin. Je me suis dit que zut, j’allais moi aussi m’acheter une « stollen » (gâteau de Noël avec des fruits confits et plein de sucre dessus et qui vaut 250000 calories à la bouché mais dont je me suis empiffrée à chaque Noël de mon enfance suisse et que je n’ai jamais trouvé aux Etats Unis).

stollen de noel

Je suis donc allée à mon Loblows favorit (le supermarché où je fais toujours mes courses) et là, j’ai vu tout un étalage de fromages « québecois »! « Mangeons notre belle province » ou quelque chose comme ça, y’avait marqué partout! La fromageolique que je suis n’a pas pu résister même une seconde (dans mon cerveau, y’a toute une section qui ne se réveille qu’au mot « fromage » et qui, lorqu’elle s’éveille, fait passer le reste du cerveau en mode « off. » Les symptômes en sont bien connus: je deviens gaga, toute folle, impatiente, j’ai les yeux qui s’allument comme des phares à brouillard, et je dépense des fortunes en fromages sans réfléchir… et je n’ai ensuite aucun remors). Bref, j’ai acheté du Grand Délice et de l’Oka, pour mieux connaître le goût de mon nouveau pays, ainsi qu’un peu de bon pain.

soupe de courge

Avec un bol de soupe à la courge faite maison (miam, en hiver c’est ce qu’il y a de meilleur!), j’ai testé les fromages très scientifiquement et précisemment: en les mangeant! Résultats des courses? Le Grand Délice (qui n’est même pas sur la liste des fromages canadiens de Wikipedia!), c’est comme un Roblochon (en plus haut) trop blanc et trop salé. Bof. Et l’Oka, c’est à pâte un peu plus dure que le Grand Délice, un peu comme le Morbier, et très salé aussi, mais c’est pas mal, je pense que j’arriverai à aimer ça au bout de quelques kilos ;)

oka et grand delice

En tous les cas, Sosso et Calinette ont adoré! Et avec une (hum…) petite tranche de stollen pour finir, je dois avouer que moi aussi j’étais assez satisfaite de mon diner québecois!

première neige! première neige!

Cliquez sur les photos pour les voir en plus grand.

Ce matin je me suis réveillée avec une Sosso qui ronronnait confortablement dans mes bras sous ma couette, bien au chaud. J’ai ouvert les yeux, et j’ai vu en face de moi un ciel absolument bleu et ensoleillé et je me suis dit « ah, en voilà une belle journée en perspective! » A ce moment-là, ma radio s’est mise en marche et des nouvelles vraiment pas réjouissantes en sont sorties: une femme a jeté son enfant de trois ans sur l’autoroute depuis un pont avant de s’y jeter elle-même, hier soir, ici. Là, je me suis sentie vraiment frigorifiée, et pas seulement à cause des -5 degrés qu’il fait ce matin (ressentis comme -15 à cause du vent). Tous deux sont morts après s’être faits frapper de multiples fois par les voitures qui passaient…

L’âme en peine pour cette mère et son enfant ainsi que pour les automobilistes qui n’ont pas dû passer une nuit très calme, j’ai essayé de me changer les idées, et je suis tombée sur ce post qui m’a rappelé celui-ci.

Et c’est drôle, la nuit dernière j’ai rêvé que j’étais à l’hôpital et que je m’endormais pour une opération (des sourcils!?) dans les bras d’un beau docteur! J’y étais confortable, à moitié endormie, la tête contre son coeur, quand soudain, j’ai levé la tête et remarqué une bague à son doigt… et je me suis dit « tant pis, pour une minute j’ai bien le droit d’avoir un peu de chaleur humaine » et j’ai remis ma tête contre son coeur avant de m’endormir pour de bon.

Tout ça me fait penser que si on avait un peu moins peur de partager ses sentiments de temps en temps, cette mère et son enfant n’en seraient peut-être pas arrivés là, la nuit dernière. La periode de Noël est particulièrement difficile pour beaucoup de gens, et je dois avouer que j’ai de la chance d’avoir de la famille pas trop loin, parce que sinon je déprimerais sérieusement. Et je sais que c’est irrationnel, mais l’idée de passer le nouvel an seule, alors que ce n’est vraiment qu’un jour comme un autre si on y pense, ne me fait pas trop plaisir. C’est complètement con, puisque je passe la plupart des autres jours seule et parfaitement heureuse, (enfin, seule avec mes chatounes, ça fait quand’même une grosse différence).

Bref, je vous mets cette jolie vidéo, à propos d’un type qui a essayé de changer les choses.

Et hop, j’envoie des gros bisous à tout le monde en passant! Joyeux lundi :)

bisous

Pendant des années, des années, j’ai voulu aller habiter à Vancouver. Vancouver, c’était mon premier choix de ville canadienne, bien avant Montréal et Granbled. Et j’avais plusieurs excellentes raisons pour vouloir aller là-bas: la ville est au bord de l’océan mais en même temps tout près des montagnes, c’est une ville très internationale, etc. etc. mais la raison numéro UNE était le temps, le fait qu’il ne neige pratiquement jamais là-bas où seulement 2 centimètres par an au maximum… La pluie ne me dérange pas, je l’aime bien, même, mais la neige, ça je déteste! Et depuis que je suis à Granbled, je me dis que bientôt, très bientôt, je trouverai un boulot à Vancouver et je pourrai enfin aller y vivre…

HAHAHAHAHAHAHAHA!

MOUAHAHAHAHAHAHAHAHAHA!

Eh ben pour la première fois depuis très très longtemps dans la vie des vancouverites (vancouverains? vancouverois? vancouverreux?), IL A NEIGE 15 CENTIMETRES là-bas, alors qu’ici, on a à peine vu trois flocons pointer le nez et rebrousser chemin à toute allure en voyant ma sale tête!

HAHAHAHAHAHAHAHA!

Comme le dit toujours mon père, y’a un bon Dieu pour les crapules! Ahh que ça me fait du bien de savoir ça! Ahhh que la vie est belle! Ahhh, que j’aime Granbled, tout soudain :D

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Ces magnifiques photos ont été prises par Vincent.

PS. Ce post est mon 1200ème post…

Cher Père Noël,

Je t’écris avant qu’il ne soit trop tard pour te rappeler que les chatounes et moi on a changé d’adresse cet été. Heureusement, ça ne devrait pas trop te compliquer les choses puisqu’on habite maintenant beaucoup plus près de chez toi (adresse ci-dessous jusqu’à demain).

Je voulais aussi te dire combien les chatounes et moi on a été sages cette année. Calinette est une amour, surtout depuis qu’on a déménagé, et elle a recommencé à ronronner et à me faire des tas de calins. Si elle a fait la vilaine pendant le déménagement, c’est parce qu’elle était comme moi, elle se faisait du soucis pour nous trois parce que c’est une gentille petite maman. Maintenant, notre champ de maïs lui manque un peu comme à nous, mais elle m’a récemment confié qu’elle est heureuse, ici, avec son nouveau râcleur de ciel et la vue superbe qu’elle a sur la ville et le lac quand elle y est perchée. Enfin, il faut aussi que tu saches qu’elle a bien pris son médicament dégueu pour soigner son infection urinaire pendant toute la semaine, ma princesse!

Sosso, elle, c’est ma p’tite poupée, et elle aussi a été adorable cette année. Elle a bien mal commencé l’année, la pauvre, avec sa p’tite patte amochée et tous les soucis qu’on a eu avec ça. Heureusement, des dixaines de supers amis de blogs nous ont aidé à remonter la pente et à tout faire pour qu’elle aille mieux. Maintenant, la papatte se remet doucement et Sosso est à nouveau une petite chatoune toute heureuse. Elle mange bien (même un peu trop bien parfois), elle adore jouer, elle fait des calins tout doux, elle est très rigolotte, et elle aime bien dormir dans mes placards et mes tiroirs. Pendant le déménagement, elle a été très brave et n’a presque pas pleuré pendant les dix heures de routes, ma p’tite puce adorée.

Et moi? Heu… si, si, moi aussi j’ai été sage cette année. J’ai bien bossé sur ma thèse et je l’ai même finie à temps, j’ai aidé l’économie américaine en voyageant par monts et par vaux (veaux?) (vaud?) pendant tout l’hiver, j’ai trouvé un travail, je me suis fait beaucoup de soucis quand ma Sosso s’est amoché la patte, je suis devenue Docteure, j’ai déménagé dans un nouveau pays, j’ai commencé un nouveau travail, j’ai écrit quelques articles, j’ai reçu une bourse de recherche pendant l’été, je me suis fait plein de nouveaux amis, j’ai aidé l’économie canadienne en dépensant des fortunes à Ikéa, chez le vétérinaire, et chez les fromagers et pâtissiers de Granbled, j’ai fait bosser plein d’étudiants qui n’attendaient que ça, j’ai hébergé mon frangin et ma famille chez moi, et j’utilise les transports en commun au lieu de la voiture pour sauver la planète.

Voilà, cher Père Noël, les raisons qui me poussent à t’envoyer cette liste de cadeaux que les chatounes et moi nous réjouissons grandement de recevoir.

Sosso et Calinette aimeraient:
- de la bonne bouffe,
- de la bonne bouffe,
- de quoi s’amuser un peu,
- quelques capsules pour renforcer les os et les tendons de la Sosso,
- une fontaine pour éviter à Calinette d’avoir trop d’infections urinaires.

Quant à moi, j’aimerais:
- du chocolat suisse (Tourist, au lait et blanc),
- des cours de cuisine (un cours par mois),
- de la semoule,
- des jumelles (pour regarder ce qui se passe à l’aéroport, dans la rue en bas, et chez mes voisins ;) ),
- une location de violon (ou d’alto) et des cours de musique,
- un livre de recettes avec du sirop d’érable,
- un food processor,
- une sorbetière,
- plein de bouquins et d’autres trucs innutiles!

Cher Père Noël, on imagine bien que ton budget est serré cette année, c’est pour ça que les chatounes et moi te donnons plein d’options de cadeaux, on est sûres que tu trouveras bien un petit quelque chose qui correspond à ton budget dans notre liste. On te remercie mille fois d’avance et on t’envoie des tas de bisous et de calins,

miss lulu et les chatounes.

PS. On n’a pas de cheminée, désolées, et la porte pour aller sur le toit est fermée pour l’hiver, alors il te faudra rentrer par la fenêtre de la catroom, fais attention, te casses pas la figure sur le râcleur de ciel!

PPS. Si tu préfères nous envoyer un petit chèque pour que nous achetions nous-même ce dont nous avons besoin, ne te fais pas de bile, nous acceptons les dollars canadiens, les dollars américains, les euros, et les francs suisses (mais pas le yen, sorry).

PPPS. Après investigation, il semblerait qu’Amazon refuse d’envoyer autre chose que des bouquins au Canada! Je mets donc l’adresse de ma soeur… ça évitera aussi les frais de port internationaux et ceux de douane…

Alors que j’étais tranquillement en train de travailler dans mon bureau cet après-midi, deux jeunes étudiants hystériques ont débarqué à ma porte avec des paniers que j’espérais remplis de bonbons et gâteaux mais qui étaient en réalité tristement remplis de petites serviettes humides individuelles et anti-germes, ainsi que de gros rouleaux de gros autocollants bleus et moches sur lesquels étaient écrit « I’ve done it, now do your part! »

De quoi s’agissait-il? Du vaccin contre la grippe! Ces chers étudiants hystériques m’ont raconté que si je ne me lavais pas les mains toutes les heures je pouvais mourir, qu’il fallait que je me les lave devant mes étudiants pour leur donner le bon example, que j’aille immédiatement me faire vacciner contre la grippe pour ne pas l’attrapper et ensuite contaminer le reste de l’université (et ensuite coller l’autocollant sur mon pull pour démontrer au monde mon sacrifice), qu’il fallait que j’évite de toucher les poignées de portes et les trucs pour pousser les chariots dans les magasins parce que c’est là qu’on trouvait le plus de germes (entourer lesdits objets avec des kleenex), et que surtout, surtout, il fallait que je fasse le « sleeve sneeze » pour ne pas risquer la peste et l’exil à perpétuité de la société canadienne.

Qu’est-ce que le « sleeve sneeze »? C’est une méthode « anti-germe » contre laquelle je m’oppose haut et fort. En effet, comme on peut le voir sur l’affiche ci-dessous qu’on trouve un peu partout, le « sleeve sneeze » veut qu’on éternue dans la manche de son manteau ou de son pull au lieu d’éternuer dans ses mains. Comme ça on garde les mains propres. Excusez-moi, mais je trouve qu’il est plus facile de me laver les mains après avoir craché dedans que de me laver le manteau ou le pull après avoir craché dessus, au boulot en tous les cas! En plus, maintenant, quand on me verra éternuer dans mes mains en public, ce que je fais depuis toujours et qui jusqu’à il y a quelques jours était considéré « poli » (plutôt que d’éternuer sans me couvrir la bouche), on va trouver que je suis impolie parce que je ne le fais pas dans ma manche! Génial! Vive le progrès!

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Y’a marqué: Vous n’avez pas de kleenex? Faites le « sleeve sneeze. » Eternuez dans votre manche. Gardez vos mains propres. Stoppez la propagation des GERMES!

Et moi qui croyais que seuls les Américains étaient obsédés par les germes… En tous les cas, je vous conseille vivement d’aller vous laver les mains après avoir lu ce post parce que je viens d’éternuer dans mes mains et je continue à tapper sur mon clavier comme si de rien n’était… beurk!

Ladies and gentlemen, j’ai une grande nouvelle à vous annoncer: je déménage au Mexique dès demain! C’est pas possible autrement, j’ai fait une gaffe, j’m'ai trompé, y’a erreur, et d’ailleurs mon ordinateur vient de m’envoyer ce message:
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Si je restais ici, il me faudrait impérativement et urgemment aller dévaliser le Eaton Center (pardon, Centre, ce qui est canadien con parce qu’on dit entER et non ENTRE et lettER et non lettRE) pour y acheter: une combinaison lunaire une fourrure en lapin polaire albinos, des mounbouttes helvétiques aux noisettes, un bonnet à grelots harmoniques, des collants triple épaisseur en laine vierge de Trinidad & Tobago, des lunettes de ski hautes définitions, un masque à gaz (en espérant que ça fonctionne par -80 degrés celcius), des gants en peau de chèvres et soie sauvage, des raquettes en nylon anti-gèle, et des pantalons doublés de fourrure de cariboux blancs nourris au grain bio. PARCE QU’ON S’LES GELE!!!!!

Bon d’accord il y a 50 centimètres de neige qui sont tombés à deux heures de Granbled et nous n’avons vu que quelques flocons hier et aujourd’hui, donc relativement parlant, on a de la chance, mais je peux vous dire que j’ai rarement eu autant de mal à avancer et respirer et ne pas geler sur place que depuis deux jours tellement la bise est violente et les températures polaires.

Les lèvres? Interdit de se mettre du rouge à lèvres parce qu’on s’enfouit le visage dans une écharpe ou deux. Même le baume qui pourrait soulager nos lèvres gercées par le froid est interdit sous peine de poils-de-chats-et-d’écharpite intense. Les mains? On oublie, y’a pas de solution, on prie pour qu’elles ne se détachent pas cet hiver. Les oreilles? Il faut soit sacrifier les oreilles soit sacrifier le chignon (et avec lui son air civilisé), c’est un choix comme un autre. Les pieds? On ne les sent plus malgré les chaussettes de laine et les grosses godasses, ça fera moins mal si on se fait marcher dessus c’est déjà ça.

Et le pire dans tout ça? C’est que les stations de métros et les magasins et les bureaux sont surchauffés à mort et que dès qu’on est à l’intérieur, on étouffe, on sue comme des boeufs, et on a plus qu’une envie c’est de se mettre à poil! Vive le capitalisme!

Et on est seulement début octobre :cry:

Mais bon, comme on le sait tous, miss lulu, bien qu’elle soit très heureuse de mettre un point final à sa thèse, elle en a par dessus la tête. Tellement qu’on peut se demander si elle se rappelle qu’on est au joli mois de mai. Alors, simplement pour lui rappeler, avec un bisou sur chaque joue, un brin de muguet de mon jardin un peu au nord de Grandbled, de Lou:)

muguet pour miss lulu

Non mais c’est pas bientôt fini ces âneries??!!

Avec le retour de ça:


il y a aussi le retour de ça:

(Pour tous ceux qui n’étaient pas là l’année dernière…)

Ouééééé c’est la Saint Valentin aujourd’hui!! Alors il faut savoir quelque chose de TRES important: aux Etats Unis on ne dit pas seulement « je t’aime » à son amoureux ou son amoureuse mais à tous les gens qu’on aime!! Par exemple à not’ maman, nos frangins, nos amis, nos roommates, nos élèves, nos profs, nos enfants, nos chats, et tout et tout et tout!!! Et on le dit avec des jolies cartes et plein de chocolat et surtout plein de petits coeurs PARTOUT!

Bien sûr, on le dit deux fois plus à son amoureuse ou son amoureux, et les hommes dépensent en moyenne $200 en repas, fleurs, et cadeaux pour leur amoureuse, et les femmes en moyenne $100 en ce célèbre jour pour leur amoureux!

68% des étazuniens préfèrent recevoir des chocolats plutôt que des fleurs à la Saint Valentin! 65% des étazuniens préfèrent le chocolat au lait!

La production de chocolat aux Etats Unis fait bien marcher l’économie du pays. Pour chaque dollar dépensé en importation de cacao (dont 47% viennent de la Côte d’Ivoire), deux dollars sont utilisés pour des produits du pays qui servent à la confection de bonbons, gâteaux, et chocolats: sucre, lait, amandes, cacahuettes, sirop de glucose, etc.

C’est pour ça que les magasins se font la concurrence pour vendre le plus de bidules possibles et le plus cher possible! Il y a DEUX cartes de crédit pour chaque personne vivante aux Etats Unis!

En Angleterre, 9 millions de roses sont vendues le jour de la Saint Valentin!

Dans le monde entier, 50 millions de roses (et surtout des roses rouges) sont échangées ce jour-là!

Saviez-vous que l’Eglise Catholique reconnait TROIS Saints Valentin, tous les trois martyrisés le 14 février?

Une des légendes sur un des Saints Valentin raconte qu’il a été tué pour avoir aidé des Chrétiens emprisonnés dans les prisons romaines à s’échapper, parce qu’ils y étaient torturés et tués.

Une autre légende raconte qu’un des Saints Valentin était un prêtre Romain qui mariait les jeunes gens en cachette alors que l’empereur Claudius II avait décrété les mariages interdits afin de faire des soldats des jeunes hommes.

58 million d’étazuniens pèsent trop lourd pour leur taille, 40 millions sont obèses, et 80% des étazuniens de plus de 25 ans pèsent plus qu’ils ne devraient. En 1982, 4% des enfants (6-11 ans) étaient trop gros, en 1994, 16%. Aujourd’hui, 25% des enfants blancs et 33% des enfants noirs et hispaniques pèsent plus qu’ils ne le devraient.

Aux Etats Unis aujourd’hui, il y a environ six mille mariages par jour! Seulement 54% des femmes et 57% des hommes de plus de 15 ans, aux Etats Unis, sont mariés!

En moyenne, un étazunien moyen (huhu) mange environ 12 kilos de chocolats et bonbons par an, surtout le jour de la Saint Valentin. Les suisses en mangent à peu près autant que ça mais sur toute l’année. (Une autre source me dit que les suisses en consomment en fait le double. Je ne sais qui croire!)

A 20 ans, il y a 128 hommes célibataires (veufs, pas mariés, divorcés) pour 100 femmes céllibataires (veuves, pas mariées, divorcées). C’est la belle vie, j’aurais dû en profiter!

Par contre, à 65 ans, il ne reste plus que 33 hommes célibataires (veufs, pas mariés, divorcés) pour 100 femmes célibataires (veuves, pas mariées, divorcées). Ce que j’en conclus est que plus le temps passe, plus ça va devenir difficile de trouver un homme bien! Et aussi que les femmes mènent la vie dure aux hommes, les pauvres!

8% des chocolats exportés de Suisse partent aux Etats Unis (et encore, ça compte pas mes exportations!)! Par contre, seuls 3% des ventes de Nestlé sont du chocolat!

Harry Truman a fait la connaissance de sa future femme, Bess, alors qu’il n’avait que 6 ans et elle 5! Ils s’écrivirent pendant des années, même pendant leur mariage, lorsque Harry voyageait, et ils ont été mariés pendant plus de 50 ans! (pff c’est rien, mes grands parents aussi, hein!)

En Janvier 1845, un jeune homme nommé Robert Browning, petit écrivain de poèmes et de pièces de théâtre peu connu et de 32 ans, écrivit une lettre à Elizabeth Barrett, jeune femme de 39 ans, malade, et poète de renommée mondiale, pour lui dire qu’il aimait ses poèmes de tout son coeur. Ils s’écrivirent pendant longtemps avant de se marier en cachette en Italie, mariage pour lequel Browning écrivit le poème ce-dessous qui le rendit célèbre. Ils vécurent 15 ans en Italie jusqu’à la mort d’Elizabeth. On peut encore visiter leur maison, la Casa Guidi, in Florence.

Ici, on dit que le jour de la Saint Valentin est bon pour la santé: la dernière étude médicale et psychologique montre que le chocolat, le vin, et l’amour sont bons pour le coeur! Le chocolat est bon contre la depression et le mauvais cholesterol, le vin est bon contre les arrêts cardiaques, et le bonheur, ben c’est bon pour le système immunitaire et la vie en général :)

La conclusion d’un des psy de l’étude: si c’est bon pour la santé, pourquoi attendre la Saint Valentin pour bouffer du chocolat, boire de l’alcool, et faire l’amour?!

Quand votre amoureux ou votre amoureuse vous donne une paire de chaussures ou un parapluie, en Korée, ça veut dire qu’il/elle veut se séparer de vous! Bon à savoir!

Cadeaux que vous pouvez faire à votre amoureux, votre amoureuse, ou n’importe qui d’ailleurs, le jour de la Saint Valentin (ou n’importe quand, d’ailleurs): acheter une étoile (une vraie de vraie, avec ses coordonées astronomiques et tout) et lui donner le nom que vous voulez, qui deviendra son nom officiel; des roses (pfff minable); des petits dessous (ou dessus) coquins et mignons; des chocolats en forme de coeurs (ou pas); des bijoux; envoyer des jolies cartes avec des mots d’amours; trouver des belles images pour mettre sur son téléphone portable ou son ordinateur comme fond d’écran; dire « je t’aime » dans toutes les langues du monde; chanter des chansons d’amour en vous accompagnant de votre guitare; et j’en passe!

English – I love you
Afrikaans – Ek het jou lief
Albanian – Te dua
Arabic – Ana behibak (to male)
Arabic – Ana behibek (to female)
Armenian – Yes kez sirumen
Bambara – M’bi fe
Bangla – Aamee tuma ke bhalo aashi
Belarusian – Ya tabe kahayu
Bisaya – Nahigugma ako kanimo
Bulgarian – Obicham te
Cambodian – Soro lahn nhee ah
Cantonese Chinese – Ngo oiy ney a
Catalan – T’estimo
Cheyenne – Ne mohotatse
Chichewa – Ndimakukonda
Corsican – Ti tengu caru (to male)
Creol – Mi aime jou
Croatian – Volim te
Czech – Miluji te
Danish – Jeg Elsker Dig
Dutch – Ik hou van jou
Esperanto – Mi amas vin
Estonian – Ma armastan sind
Ethiopian – Afgreki’
Faroese – Eg elski teg
Farsi – Doset daram
Filipino – Mahal kita
Finnish – Mina rakastan sinua
French – Je t’aime, Je t’adore
Gaelic – Ta gra agam ort
Georgian – Mikvarhar
German – Ich liebe dich
Greek – S’agapo
Gujarati – Hoo thunay prem karoo choo
Hiligaynon – Palangga ko ikaw
Hawaiian – Aloha wau ia oi
Hebrew – Ani ohev otah (to female)
Hebrew – Ani ohev et otha (to male)
Hiligaynon – Guina higugma ko ikaw
Hindi – Hum Tumhe Pyar Karte hae
Hmong – Kuv hlub koj
Hopi – Nu’ umi unangwa’ta
Hungarian – Szeretlek
Icelandic – Eg elska tig
Ilonggo – Palangga ko ikaw
Indonesian – Saya cinta padamu
Inuit – Negligevapse
Irish – Taim i’ ngra leat
Italian – Ti amo
Japanese – Aishiteru
Kannada – Naanu ninna preetisuttene
Kapampangan – Kaluguran daka
Kiswahili – Nakupenda
Konkani – Tu magel moga cho
Korean – Sarang Heyo
Latin – Te amo
Latvian – Es tevi miilu
Lebanese – Bahibak
Lithuanian – Tave myliu
Malay – Saya cintakan mu / Aku cinta padamu
Malayalam – Njan Ninne Premikunnu
Mandarin Chinese – Wo ai ni
Marathi – Me tula prem karto
Mohawk – Kanbhik
Moroccan – Ana moajaba bik
Nahuatl – Ni mits neki
Navaho – Ayor anosh’ni
Norwegian – Jeg Elsker Deg
Pandacan – Syota na kita!!
Pangasinan – Inaru Taka
Papiamento – Mi ta stimabo
Persian – Doo-set daaram
Pig Latin – Iay ovlay ouyay
Polish – Kocham Ciebie
Portuguese – Eu te amo
Romanian – Te iubesc
Russian – Ya tebya liubliu
Scot Gaelic – Tha gra’dh agam ort
Serbian – Volim te
Setswana – Ke a go rata
Sign Language – ,\,,/ (represents position of fingers when signing’I Love You’)
Sindhi – Maa tokhe pyar kendo ahyan
Sioux – Techihhila
Slovak – Lu`bim ta
Slovenian – Ljubim te
Spanish – Te quiero / Te amo
Swahili – Ninapenda wewe
Swedish – Jag alskar dig
Swiss-German – Ich lieb Di
Tagalog – Mahal kita
Taiwanese – Wa ga ei li
Tahitian – Ua Here Vau Ia Oe
Tamil – Nan unnai kathalikaraen
Telugu – Nenu ninnu premistunnanu
Thai – Chan rak khun (to male)
Thai – Phom rak khun (to female)
Turkish – Seni Seviyorum
Ukrainian – Ya tebe kahayu
Urdu – mai aap say pyaar karta hoo
Vietnamese – Anh ye^u em (to female)
Vietnamese – Em ye^u anh (to male)
Welsh – ‘Rwy’n dy garu
Yiddish – Ikh hob dikh
Yoruba – Mo ni fe

Et tout ça pour vous dire que normallement, je peux aller prendre plein de photos dans mon magasin préféré (Target) sans problème, mais là je suis allée dans un autre magasin et je me suis fait engueuler trois fois parce que je prennais des photos alors j’ai dû me cacher pour prendre celles qui sont ici et c’est pour ça qu’elles sont parfois très nulles et souvent très moches… mais ça donne quand même une idée de la folie des gens ici, en ce fameux jour de la Saint Valentin! (En fait, cette année il y avait beaucoup trop de monde, c’était la folie, on se serait cru la veille de Noël, alors pas moyen de prendre de photos nulle part!)


How do I love thee? Let me count the ways.
I love thee to the depth and breadth and height
My soul can reach, when feeling out of sight.
For the ends of being and ideal Grace.
I love thee to the level of every day’s
Most quiet need, by sun and candlelight.
I love thee freely, as men strive for right;
I love thee purely, as they turn from praise,
I love thee with the passion put to use
In my old griefs, and with my childhood’s faith.
I love thee with a love I seemed to lose
With my lost saints—I love thee with the breath,
Smiles, tears, of all my life! and, if God choose,
I shall but love thee better after death.

Elizabeth Barrett Browning.

PS. Toutes ces informations viennent de tas de gens, de tas de site internet, d’emails que j’ai reçus, du History Channel, et de ma petite tête chocolatée!

Les résolutions de nouvel an, c’est bien connu, c’est souvent de la rigolade. C’est pour ça que j’en prends rarement, parce que je n’aime pas me décevoir moi-même. Par contre, quand j’en prends, je les tiens. Ben oui, je ne prends que des résolutions que je sais à l’avance que je pourrai tenir. Pas du jeu? M’en fiche :)

Il y a environ quatre ans, j’ai pris la résolution de bien « tipper » les serveurs de réstaurants, c’est-à-dire de leur donner un bon pourboire. Ici, les serveurs se font payer des salaires très très bas, plus bas que le salaire minimal, alors ils dépendent beaucoup des pourboires pour survivre.

C’est sûr, il faut un minimum de service, pour que je sois généreuse. Je veux qu’on prenne ma commande avec un sourire, ou du moins sans me faire sentir que je leur casse les pieds et que je ferais mieux d’aller dans le macdo d’à côté; je veux qu’on m’apporte ce que j’ai commendé, bien sûr, même si mon « order » (ma commande) est compliquée et que ma vinaigrette doit être « on the side » et non pas déjà mélangée à ma salade et mon ice-tea « with no ice » please; je veux que mon serveur vienne me remplir mon verre d’ice-tea quand il se vide, et qu’il débarasse ma table des assiettes vides au fur et à mesure; mais surtout, surtout, je veux qu’on me fiche la paix!

Ce n’est pas facile, ici, d’avoir la paix. En effet, comme les serveurs dépendent tellement des pourboires pour survivre, ils ont intérêt à avoir le plus de « custommers » (clients) possibles pendant leur « shift » (les heures de travail). Il faut donc être le plus poli possible pour avoir le plus gros « tip » possible, et en même temps, il faut que les clients mangent le plus possible (puisque le « tip » est normalement 15% de la note totale mais si le serveur a été super sympa on peut laisser plus, et s’il a été nul on peut laisser moins), mais en même temps, il faut que les clients mangent très vite pour laisser rapidement la place aux clients suivants. C’est tout un art.

Mais moi, je n’aime pas qu’on me stresse. J’aime aller au restau toute seule avec un bon bouquin ou des piles de copies à corriger et manger beaucoup mais lentement (mais comme je suis seule, même si je mange beaucoup, ma note n’est jamais bien grosse). Et puis je n’aime pas qu’on soit « trop gentil » avec moi et qu’on vienne toutes les deux minutes voir si tout va bien. Je vais donc contre tous les principes de base des serveurs qui doivent donc me détester et me voir comme « le parfait client à ne JAMAIS avoir! »

C’est pour ça que je « tip » bien. En général, je laisse 20% ou plus si tout s’est bien passé. Et puis je ne vais jamais au restaurant pendant les « busy times » (heures de pointe) parce que ça serait vraiment méchant. (Là, c’est pratique que la plupart des restaurants soient ouverts toute la journée parce que je peux y aller vers 4 ou 5 heures, quand il n’y a pas encore beaucoup de monde). Parfois, je préviens les serveurs de mes intentions et je leur demande si c’est OK, et s’ils sont sympas et me fichent vraiment la paix, je suis super généreuse. Dans mes moyens, hein, quand même. Je ne laisse pas $50 de pourboire quand ma « bill » n’était que de $20! Et je tiens cette résolution depuis que je l’ai prise.

Tout ça pour dire que cette année, ma résolution est d’apprendre à bien faire le riz, parce que pour le moment, c’est la cata. Pas juste du riz au micro-onde, hein, mais du riz dans le « rice cooker, » des puddings de riz, du risotto, des tartes au riz, du riz pilaf, des croquettes de riz à la mozzarella, du riz mexicain, du riz créole, du riz asiatique, du riz sauvage, des crêpes de riz, des soupes au riz, des salades de riz, et plein d’autres recettes différentes avec du riz. J’ai donc acheté un petit bouquin qui s’appelle « The Essential Rice Cookbook » ($7.99 chez Borders, mais je ne le trouve pas sur Amazon ou Barnes and Noble) et qui explique plein de techniques différentes et plein de recettes d’un peu partout avec du riz. Miam!

A bas les pâtes! Vive le riz! Ma résolution est donc d’apprendre à faire plein de trucs et de vous présenter mes … heu… essais… et j’espère mes succès avec ces recettes. Comme je ne trouve que du « long grain rice » et du « short grain rice » dans mon champ de maïs, je vais aller acheter du bon riz chez ma sister ce weekend! Et ensuite, attention les casseroles, ça va riz-goler! Je n’ai pas peur du riz-dicule, moi, mesdames et messieurs, ni de prendre des riz-sques!

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Calinette, Sosso, et leur miss lulu vous souhaitent à tous une année 2006 pleine de succès, de joies, de calins, de rencontres, de partages, de bons moments, de bisous, d’amour, de courage, de bonheur, et de popcorn!

Calinette, Sosso, and their miss lulu wish you all a new year 20052006 full of successes, happiness, love, joy, courage, strength, friends, good times, kisses, and pâtisseries!

Et une note toute spéciale pour une grande copine à moi et un grand copain à Calinette et Sosso, qui passent par des moments bien tristes ces jours-ci. Je pense très fort à vous tous!

Cliquez sur la fenêtre! Ben oui, en l’honneur de mon départ de ce matin, et comme j’aime les surprises, voilà un calendrier de… l’Après? Disons en tous les cas un petit souvenir de Noël, très spécial, et que je suis sûre que vous aimerez. C’est peut-être pour ça qu’il n’y a plus de porte vers Noël mais une fenêtre vers le futur…

Noël

Noël… Neige sur la province.
Dans les foyers pleins de tendresse,
Un sentiment conserve
Les sentiments passés.

Coeur qui s’oppose au monde entier,
Quelle vérité, la famille !
Profonde est ma pensée,
C’est pourquoi j’ai de la saudade.

Et comme elle est blanche de charme
La vue du paysage que j’ignore,
Telle qu’elle se montre dans la vitre
De ce foyer que je n’aurai jamais.

Fernando PESSOA, Traduction de Patrick Quillier

Je quitte donc aujourd’hui mon champ de maïs… jusqu’au premier de l’an (mon avion de retour part à 8 heures du matin le premier, aïe aïe aïe!). Pour deviner où je vais, je crois qu’il suffira d’un seul mot: buisson! J’y achèterai cinq cartes postales que j’enverrai aux cinq premiers qui m’enverront, par email, la bonne réponses :) J’y vais pour une conférence, un entretien d’embauche, et y retrouver ma tante et fêter avec elle un anniversaire très important: mes dix ans, le 26 décembre, jour pour jour, de ma vie aux Etats Unis. Eh oui, il y a dix ans de ça exactement, j’arrivais avec ma tante à Los Angeles… et nous avons passé le Nouvel An à San Diego… avant d’aller m’installer dans ma petite chambre de dortoire en Utah. Dix ans! Je ne m’en souviens presque plus. C’est comme si j’avais toujours habité ici. Quand on me demande « are you going HOME for the holidays? » j’ai envie de répondre « mais je SUIS ici chez moi! » Je peux aller en visite en France ou en Suisse, mais chez moi c’est ici, dans mon champ de maïs, avec mes chatounes. Je peux rêver de bouffe française, de paysages suisses, de culture, de musées, de la langue de Molière… mais je finis toujours par penser et rêver en anglais, par aimer ma petite vie ici, mes habitudes, ma joie de tourner à droite quand le feu est rouge, les parkings handicapés partout, le respect qu’on donne à ma recherche, ma facilité à enseigner de la façon « américaine » à mes élèves, les restaurants et magasins toujours ouverts… Je suis ici chez moi. Dix ans, presqu’un tier de ma vie!

J’emporte mon ordinateur avec moi, mon appareil photo, et le BON cordon pour les photos! Et aussi mon adaptateur! Alors je pourrai continuer de blogger, addicte que je suis… mais comme je l’ai dit lors du premier jour de mon calendrier, ce blog va respirer un peu. Pas s’arrêter, mais respirer. Parce que de finir ma recherche et ma thèse pour août, c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de travail si en plus on raconte ses histoires de champ de maïs à plein temps! Mais pas d’inquiétudes, ce blog n’est pas prêt de fermer!

Je vous laisse mes chatounes à garder. Prennez-en bien soin s’il-vous-plaît! Ne faites pas courir Sosso, qui doit reposer sa guibole, et si vous voyez qu’elle boite, donnez-lui une petite tappe sur la hanche arrière-gauche pour rentrer l’articulation… et faites bien attention que Calinette mange sa part de croquette. Quand je ne suis pas là, elle ne mange presque pas et Sosso mange sa part… Et puis faites-leur des gros calins très souvent, elles en manqueront. Changez l’eau de leur bol tous les jours et nettoyez les litières tous les deux jours. Je suis trop triste de les quitter, mes chatounes, mes crapules adorées, ma p’tite poupée (Sosso) et ma grande princesse (Calinette).

La fenêtre a été offerte par Elvira.

La porte pour le royaume de Noël vous attend, elle est ouverte pour vous tout en grand! Allez, ne soyez pas triste, c’est la dernière mais c’est NOEL :) Et cliquez aussi ici pour voir la porte en plus grand, ça en vaut le détour!!

Voyons, d’où vient le verbe ? Et d’où viennent les langues ?

Voyons, d’où vient le verbe ? Et d’où viennent les langues ?
De qui tiens-tu les mots dont tu fais tes harangues ?
Écriture, Alphabet, d’où tout cela vient-il ?
Réponds.

Platon voit l’I sortir de l’air subtil ;
Messène emprunte l’M aux boucliers du Mède ;
La grue offre en volant l’Y à Palamède ;
Entre les dents du chien Perse voit grincer l’R ;
Le Z à Prométhée apparaît dans l’éclair ;
L’O, c’est l’éternité, serpent qui mord sa queue ;
L’S et l’F et le G sont dans la voûte bleue,
Des nuages confus gestes aériens ;
Querelle à ce sujet chez les grammairiens :
Le D, c’est le triangle où Dieu pour Job se lève ;
Le T, croix sombre, effare Ézéchiel en rêve ;
Soit ; crois-tu le problème éclairci maintenant ?
Triptolème, a-t-il fait tomber, en moissonnant,
Les mots avec les blés au tranchant de sa serpe ?
Le grec est-il éclos sur les lèvres d’Euterpe ?
L’hébreu vient-il d’Adam ? le celte d’Irmensul ?
Dispute, si tu veux ! Le certain, c’est que nul
Ne connaît le maçon qui posa sur le vide,
Dans la direction de l’idéal splendide,
Les lettres de l’antique alphabet, ces degrés
Par où l’esprit humain monte aux sommets sacrés,
Ces vingt-cinq marches d’or de l’escalier Pensée.

Eh bien, juge à présent. Pauvre argile insensée,
Homme, ombre, tu n’as point ton explication ;
L’homme pour l’oeil humain n’est qu’une vision ;
Quand tu veux remonter de ta langue à ton âme,
Savoir comment ce bruit se lie à cette gamme,
Néant. Ton propre fil en toi-même est rompu.
En toi, dans ton cerveau, tu n’as pas encor pu
Ouvrir ta propre énigme et ta propre fenêtre,
Tu ne te connais pas, et tu veux le connaître,
LUI ! Voyant sans regard, triste magicien,
Tu ne sais pas ton verbe et veux savoir le sien !

* Victor Hugo: Voyons, d’où vient le verbe ? Et d’où viennent les langues ?

PS. Je suis allée manger indien à midi, mon petit cadeau à moi-même… et j’étais entourée de toute la population indienne de Lafayette, c’était très drôle. Et comme les serveurs étaient tous hispaniques, j’étais la seule du restaurant à avoir l’air bien pâle, huhuh ;)

PPS. Calinette est comme moi quand elle est angoissée et triste: de mauvaise humeur! Ca fait quelques jours qu’elle sent que je vais partir et elle hésite entre une humeur triste et caline et une humeur boudeuse et méchante. J’essaye de la rassurer, ma p’tite Calinette chérie, mais je sais qu’elle ne mange rien quand je suis absente. Et à mon retour, elle est toujours hyper caline, comme pour me dire « tu vois, je suis gentille, s’il-te-plaît ne pars plus jamais, je serai toujours gentille! » Ca me brise le coeur. Heureusement que je ne serai pas partie pour plusieurs semaines, comme l’année dernière!

PPPS. Je suis trop naze, je retourne me coucher! Bonne journée de Noël à tous… et n’oubliez pas d’aller faire un tour sur ma dernière porte :) Merci de vos visites sur ce calendrier, ça a été une super expérience! Et… à demain pour un retour aux nouvelles ordinaires du blog de miss lulu dans son champ de maïs!

Le site d’origine de la porte se trouve ici.

Cliquez sur la porte pour entrer. Mais comme hier, n’oubliez pas de mettre votre manteau d’hiver et vos gants… et une carotte, aussi. Conseil d’amie ;)

La frégate La sérieuse

Qu’elle était belle, ma Frégate,
Lorsqu’elle voguait dans le vent !
Elle avait, au soleil levant,
Toutes les couleurs de l’agate ;
Ses voiles luisaient le matin
Comme des ballons de satin ;
Sa quille mince, longue et plate,
Portait deux bandes d’écarlate
Sur vingt-quatre canons cachés ;
Ses mâts, en arrière penchés,
Paraissaient à demi couchés.
Dix fois plus vive qu’un pirate,
En cent jours du Havre à Surate
Elle nous emporta souvent.
- Qu’elle était belle, ma Frégate,
Lorsqu’elle voguait dans le vent !

[...]

* Alfred de Vigny: La frégate La sérieuse

PS. Pour tous ceux qui seraient trop occupés pour venir par ici demain, je souhaite un JOYEUX NOEL! Mais la dernière porte s’ouvrira demain, la plus grande, la plus belle, la vraie porte de Noël. Alors… à demain :) (Moi je retourne à mes statistiques, en attendant!).

PPS. Ceux qui voudraient connaitre mon état d’esprit du moment, c’est en anglais et par là

Foi : VINGT-QUATRE heures de doute… mais une minute d’espérance.
Georges Bernanos

Le site d’origine de la porte se trouve ici.

Cliquez sur la porte pour… heu… sortir… mais n’oubliez pas de mettre votre manteau d’hiver et vos gants, conseil d’amie ;)

Puisque les Ronsard et autres Hugo ont abandonné la partie avant d’arriver à vingt-trois, il faut bien que les poètes modernes reprennent le flambeau et se chargent de me trouver des jolis poèmes pour mon calendrier. Alors après Brassens, un excellent intermédiaire entre la vieille et la nouvelle école, on retrouve Vincent Delerm, que plein de gens n’aiment pas mais moi si quand même un peu. Cette chanson n’est pas ma préférée, mais ma préférée n’avait pas vingt-trois dedans, alors on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a mes braves gens :) Ce qui est cool, par contre, c’est qu’on peut l’entendre pour de vrai ici, cette chanson.

L’appartement

Dans cet appartement, 23 rue Saint-Vivien
Tu viens de passer trois ans et tu t’en vas demain
Y a des traces de punaises partout dans le papier peint
Un carton sur une chaise, quatorze piles de bouquins
Tu t’endors les yeux ouverts sur le parquet désert.

Dans cet appartement, 23 rue Saint-Vivien
Trois joyeux anniversaires, une seule Saint-Valentin
Le chauffage qui déconne et la douche explosée
Répondeur, interphone, vous êtes bien chez Daphnée
La cuisine inondée, la voisine désolée.

Et puis aussi un soir d’avril il y a deux ans
Au milieu du couloir toute seule avec Alban
T’as parlé avec lui
Pendant quatorze minuteries.

Dans cet appartement, 23 rue Saint-Vivien
Y a des soirées qui traînent à trois heures du matin
C’est la sauce bolognaise en plein sur la moquette
La fumée des anglaises et la fenêtre ouverte
Une voix qui a demandé : « Est-ce que quelqu’un peut me ramener ? »

C’est Simon qui répare pour la quatrième fois
L’hallogène trouvé un soir dans les poubelles d’habitats
C’est Gwenaëlle qui squatte huit jours le canapé
Un problème d’ouvre-boîte et un double des clés
Des amis inséparables qui se sont séparés.

Et puis aussi un soir avec du martini-gin
T’as avalé pour voir toute la boîte d’aspirines
23, rue Saint-Vivien
Ca n’allait pas si bien.

Toutes les lampes allumées à cinq heures en hiver
L’auto-collant Nestlé en haut du frigidaire
Le mercredi passé sans un projet spécial
Les dessins animés, l’Assemblée Nationale
Descendre un peu plus tard s’il s’arrête de pleuvoir

Devant l’appartement, 23 rue Saint-Vivien
Peut-être que dans trois ans tu passeras avec quelqu’un

Et derrière ton visage tout ce qui ne se dit pas
Les histoires, les images que tu gardes pour toi
Une soirée de juin
23, rue Saint-Vivien.

Dans cet appartement, 23 rue Saint-Vivien
Tu viens de passer trois ans et tu t’en vas demain…

* Vincent Delerme: L’appartement

PS. Merci mille fois à La Miss pour un joli CD de musique que j’adore: les concertos pour piano de Bach. Parfait pour Noël! Y’a pas à dire, j’ai des super copines :)

PPS. On va opérer Sosso au début de l’année :( J’ai vraiment plus envie de partir, là, parce que j’ai peur que quelque chose lui arrive pendant que je suis absente…

PPPS. J’ai commencé à écrire mon quatrième chapitre… Ben mes enfants, je suis pas au bout de mes peines! C’est l’ENFER INTEGRAL! Ma détermination de finir mon doctorat cet été s’en trouve fort ébranlée!

PPPPS. Un blog qui m’était cher est mort… je déteste la mort des blogs que j’aime, ça me fiche le caffard! Comme quand des visiteurs que j’aime ne viennent plus… et on les oublie… ils nous oublient… et c’est comme si notre « rencontre » n’avait jamais existé… Les boules!

Le site d’origine de la porte se trouve ici, chez notre ami Sale bête qui a fait des superbes photos des tempêtes de l’hiver dernier (entre autres!).

Poussez tout doucement la porte… tout doucement…

Le vingt deux septembre

Un vingt et deux septembre au diable vous partites,
Et, depuis, chaque année, à la date susdite,
Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous…
Or, nous y revoilà, mais je reste de pierre,
Plus une seule larme à me mettre aux paupières :
Le vingt et deux septembre, aujourd’hui, je m’en fous.

On ne reverra plus, au temps des feuilles mortes,
Cette âme en peine qui me ressemble et qui porte
Le deuil de chaque feuille en souvenir de vous…
Que le brave Prévert et ses escargots veuillent
Bien se passer de moi et pour enterrer les feuilles :
Le vingt-e-deux septembre, aujourd’hui, je m’en fous.

Jadis, ouvrant mes bras comme une paire d’ailes,
Je montais jusqu’au ciel pour suivre l’hirondelle
Et me rompais les os en souvenir de vous…
Le complexe d’Icare à présent m’abandonne,
L’hirondelle en partant ne fera plus l’automne :
Le vingt et deux septembre, aujourd’hui, je m’en fous.

Pieusement nous d’un bout de vos dentelles,
J’avais, sur ma fenêtre, un bouquet d’immortelles
Que j’arrosais de pleurs en souvenir de vous…
Je m’en vais les offrir au premier mort qui passe,
Les regrets éternels à présent me dépassent :
Le vingt et deux septembre, aujourd’hui, je m’en fous.

Désormais, le petit bout de cœur qui me reste
Ne traversera plus l’équinoxe funeste
En battant la breloque en souvenir de vous…
Il a craché sa flamme et ses cendres s’éteignent,
A peine y pourrait-on rôtir quatre châtaignes :
Le vingt et deux septembre, aujourd’hui, je m’en fous.

Et c’est triste de n’être plus triste sans vous

* George Brassens: Le vingt deux septembre

PS. Vais-je avoir le courage de sortir de mon lit demain?

PPS. J’ai des champignons, des courgettes, un poireau, de l’emmental, plein de lait, de la crème liquide, des pâtes, des canneberges sèches, du beurre, du pain, deux oignons, et des bananes. Que puis-je faire de tout ça?

PPPS. J’ai reçu un très joli sous-tif noir hier, de quelqu’un que j’aime beaucoup et qui se reconnaitra. Merci mille fois :) (je voudrais bien le montrer à mes lecteurs adorés (ça plairait sûrement plus que mon calendrier), mais j’essaye de trouver un boulot ces jours-ci alors c’est pas le moment d’exhiber mes nibards sur mon blog, hehe!

PPPPS. J’ai commandé des timbres très spéciaux… avec mes chatounes dessus! Eh oui, on peut faire ça ici, c’est trop cool, et avec n’importe quelle photo! Ce sont des timbres normaux, sauf qu’on fait sa propre image dessus. C’est la première fois que j’essaye… et tout ça par internet bien sûr. Pour ceux qui habitent aux Etats Unis et qui voudraient essayer, c’est par ici. En plus, pour ceux qui ont un mac, pour une fois, il y a un petit programme spécial qui s’intègre à iPhoto delicieusement bien! Génial! Je vous dirai ce que ça donne quand j’aurai reçu les timbres.

PPPPPS. Sosso boitille toujours de temps en temps. C’est douloureux à voir. Elle continue de sauter et courir quand son genou n’est pas déboîté et bien sûr c’est super mauvais pour elle mais je n’arrive pas à l’arrêter. Ce soir, je me suis fait des chataignes au four, et la Sosso a passé la soirée à courir après les épluchures de chataignes grillées dans toute la maison… Si ça empire, il va falloir l’opérer. Et je pars dans quatre jours… merde!

PPPPPPS. Il parait que je dois beaucoup écrire pour que ceux qui sont coincés au boulot en ces jours difficiles où beaucoup de gens sont en vacances ne s’ennuyent pas trop. Bon… que puis-je vous raconter? Ca fait quelques jours que je passe de fâchée à ennervée à fâchée à déprimée à ennervée à fâchée… en plus ça me fâche d’être fâchée… Heureusement que de recevoir des cadeaux, de parler avec des gens qu’on aime, et de faire de la cuisine ça change les idées, surtout quand on en fiche partout dans la cuisine, qu’on se brûle, et que la pile de vaisselle sale s’accumule aussi vite que les réserves de glace à la pistache diminuent! Les chats ne savent pas encore faire la vaisselles, c’est tragique!

… C’était les tangiversions pseudo-philosophiques de miss lulu à ses heures creuses… à vous les studios.

Le site d’origine de la porte se trouve ici.

Allez-y, cliquez sur la porte pour entrer… mais je vous préviens, le texte d’aujourd’hui est… heu… différent de ce à quoi nous sommes habitués… mais ça fait du bien de temps en temps :)

*Scott Adams Moi je penche plutôt pour l’affirmative, malheureusement!

Et comme le ouèb n’était pas assez intelligent pour me trouver un poème ni trop long ni trop macabre et tout fait avec vingt et un dedans, je vous offre, en première mondiale, un très joli poème écrit par quelqu’un qui visite ce blog depuis quelque temps, Djinn.

Vingt et un
Ce jour béni
Ou l’on devenait un
Ou l’on avait le droit
Ou l’on obtenait le pouvoir
Vingt et un
Depuis combien de temps
Les attendaient-on?
Enfin..on était grands
Enfin..on pouvait décider
Manger à 7 et demi ou 8 moins le quart
Prendre la porte et ne jamais revenir
Prendre part à la conversation
Dire ses idées ses envies
Ne pas avouer ses fautes
Deja!! Devenir grands
Sans avoir été préparés
Vingt et un…
Etre précipités
Passer des langes à la lumière
Et si souvent s’y brûler.

Merci Djinn :)

PS. Alors, la glace à la noix de Mijo est délicieuse. J’avais oublié de mettre la crème alors ça ne prennait pas et c’était trop sucré, surtout que je n’avais pas trouvé de lait concentré non sucré. Mais bon, j’ai rajouté la crème, et c’est délicieux. Je conseille la recette (très facile) à toute personne qui aime les noix, et je pense que cette glace serait parfaite avec une compote de pommes tiède (pas trop chaude parce que la glace fond vite). Dé-li-cieux!

PPS. J’ai aussi essayé de faire des endives au jambon… mais ma bechamelle s’était « séparée » pendant la cuisson au four, avec le beurre fondu sur le dessus et le reste (blanc) dessous. Quand même très bon mais bizarre. Je me suis super brûlé le doigt en essayant d’enlever le beurre avec une cuillère… Et en plus, ma bouteille de lait s’était renversée par terre au moment où je commençais ma bechamelle! Heureusement que les chatounes venaient de finir de manger et ne traînaient donc pas dans la cuisine… C’est pas miss lulu aujourd’hui, c’est miss catastrophes!

PPPS. A part ça, j’ai rien fichu de la journée. Dieu que ça fait du bien. Je retourne à mes DVD (Nip / Tuck, con et sanglant mais très distrayant), bonne journée les amis :)

PPPPS. J’ai lancé quelques invitations, mais si quelqu’un veut participer à mon calendrier le 22 ou le 23, qu’il le fasse savoir, la porte est encore peut-être ouverte.

Le site d’origine de la porte se trouve ici.

Cliquez sur la porte pour l’ouvrir.

A vingt ans

À vingt ans on a l’oeil difficile et très fier :
On ne regarde pas la première venue,
Mais la plus belle ! Et, plein d’une extase ingénue,
On prend pour de l’amour le désir né d’hier.

Plus tard, quand on a fait l’apprentissage amer,
Le prestige insolent des grands yeux diminue,
Et d’autres, d’une grâce autrefois méconnue,
Révèlent un trésor plus intime et plus cher.

Mais on ne fait jamais que changer d’infortune :
À l’âge où l’on croyait n’en pouvoir aimer qu’une,
C’est par elle déjà qu’on apprit à souffrir ;

Puis, quand on reconnaît que plus d’une est charmante,
On sent qu’il est trop tard pour choisir une amante
Et que le coeur n’a plus la force de s’ouvrir.

*René-François Sully Prudhomme: A vingt ans

PS. Sosso s’est déchiré le ligament latéral externe! Alors son genou (?) ne tient pas bien en place et se déboîte de temps en temps, pauvre petiote. La vétérinaire a dû l’endormir pour pouvoir l’examiner tellement elle avait mal et se débattait! Après l’examen et tout, on pouvait rentrer à la maison, mais je suis restée chez le vétérinaire encore une bonne heure avec ma p’tite Sosso sur les genoux jusqu’à ce qu’elle soit bien réveillée, parce que je ne voulais pas la secouer jusqu’à la maison (emballée dans un de mes pyjamas parce qu’il faisait un méchant -15 C!) et puis je savais que Calinette allait lui sauter dessus (Sosso sent « le vétérinaire » et ça, Calinette déteste alors elle est très méchante avec Sosso à son retour) et je voulais qu’elle soit en état de se défendre. On ne peut rien faire qu’attendre que ça aille mieux tout seul, en essayant que Sosso ne saute pas partout (hum, on peut toujours essayer…), et si ça ne guérit pas tout seul, il faudra l’opérer :( Pauv’ choutte, ça me fait tellement de peine de la voir boitiller comme ça…

PPS. J’ai envoyé des tas de cartes de voeux avec dessus des timbres ultra chers… huhuh… c’était les timbres que j’avais achetés pour ma recherche et qui m’ont été renvoyés par les écoles qui ne les ont pas utilisés. Mes cartes de voeux valent de l’or ;)

PPPS. En bonne consommatrice que je suis, je me suis acheté au moins: de quoi faire de la glace à la noix (qui est dans le congélateur, je vous en dirai des nouvelles demain), de quoi faire des quiches, des gâteaux, des biscuits, des cheese-fries, des gratins d’endives au jambon et d’aubergines à la mozarella, et une bonne soupe, et aussi de la glace à la pistache, à la mangue, au chocolat blanc / framboises, du pain, du lait, du fromage de chèvre… et j’en passe!

PPPPS. Mon champ de maïs serait-il en train de devenir civilisé?? J’ai aujourd’hui trouvé dans mon magasin du sucre bio et de l’huile de canola (colza?) bio!! Bon, pas encore de l’huile d’olive, de pain, ou de beurre bio, mais quand même, là j’étais sur le cul! Je parie que le jour où je quitterai ce bled va s’ouvrir un super restau japonais et un Whole Foods! Ouaip, ça m’avait déjà fait le coup en Utah…

PPPPS. Et parce que tout n’est pas toujours rose dans ce monde, même à Noël, un deuxième joli poème mis en musique:

Nuit et Brouillard

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu’une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d’arrêts et de départs
Qui n’en finissent pas de distiller l’espoir

Ils s’appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D’autres ne priaient pas, mais qu’importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

Ils n’arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d’oublier, étonnés qu’à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n’ont plus cours
Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire
Et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter ?
L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été
Je twisterais les mots s’il fallait les twister
Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent

Jean Ferrat

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Vingt-quatre heures l’été

Dix-neuf heures
On ne cherche plus, on est
là, on écoute le vent,
son bruit de mer dans les feuilles
ou dans l’enfance. Le corps
va rentrer dans la douceur
de ce qui trouve un nom.
Entre le jour, son envers
il y a comme une fissure,
aux vitres comme des flammes
qui ne brûlent plus. Les mains
reviennent vers les objets,
les visages vers leur image.
Le souffle de l’éphémère
à sept heures tisse les
ombres, les détisse. Un peu
de cendre se mêle au bleu,
au présent un peu d’oubli.
Le soir ressemble à de l’eau:
on l’attend, on ne le voit pas.

Vingt heures
Que l’on compte huit ou vingt
on comprend que la lumière
est en sursis. Maintenant
dedans et dehors échangent
leurs privilèges. On habite
également dans les feuilles,
et dans les murs. D’un espace
à l’autre courent les fils
d’un impalpable réseau.
Les portes n’arrêtent plus
l’allée-et-venue des corps.
La lancette des grillons
larde la lueur des chambres
où pérorent les speakers.
Il faut revenir au ciel
qui est ce qu’on a de mieux
en matière de spectacle:
le rose traverse le bleu
l’ombre le clair, le clair l’ombre.
C’est l’heure de l’intermède.

Vingt-et-une heures
Quand le jour cherche à durer
la douceur de l’air revient
tout effacer. On oublie
le temps. Les arbres se prennent
à l’encre de leurs branches.
A l’intérieur des voix parlent
mais comme éteintes. Le ciel
devient trop proche: une braise
entre les feuilles. On ne sait
plus ce qui vient ou s’en va.
Chaque chose se retire
dans son ombre, disparaît.
L’instant est une lueur.
On reste dans sa clarté
avec juste ce qu’il faut
de corps pour ne pas se perdre.
Ce qu’on regarde, on l’oublie.
La bouche s’ouvre, se ferme.
Le compte n’y est plus. Peu
à peu on s’abandonne aux
délices de l’entre-deux.

Vingt-deux heures
Dix heures. Les chiens aboient
comme si on entendait
l’envers brutal du silence.
Comme si montaient de la terre
une violence de voix
acharnée à mettre en pièces,
le calme à peine conquis
de la nuit. De temps à autre
ils se taisent et c’est, sans fin,
un clignotement muet,
un bourdonnement de bouches,
quelque chose comme des
lèvres entrouvertes, des mots
sans suite qui s’éparpillent
Et puis les cris recommencent.
Ils disent l’heure des dents,
le noir qui s’est mis à luire,
une obscure transaction
de racines et de ténèbres,
l’invisible connivence
de l’étoile et du charbon.

* Jacques Ancet: Vingt-quatre heures l’été

PS. J’ai un peu changé l’apparance de ce blog… qu’en pensez-vous?

PPS. Je vais aller braver la foule en délire pour essayer de trouver du pain, du lait, de quoi vivre encore quelques jours avant mon départ pour, pour… un endroit secret (pas l’Europe, hélas!), et surtout, des noix! Ben oui, j’ai envie d’essayer de faire moi-même toute seule comme une grande de la glace à la noix! Je vous en reparlerai plus tard :)

PPPS. Je fiche plus rien en ce moment… petite déprime d’avoir à passer Noël seule ici… avec en plus une blogosphère très largement en vacances… Heureusement qu’il y a mes chatounes, et puis la glace à la noix… et peut-être d’autres délices, va falloir que je me gâte, hehe ;) Z’auriez pas des idées de trucs bons, faciles à faire, mais quand même un peu « exotics » ou exceptionels (pas des escargots ni des huîtres, siouplait)?

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Scrupule

Je veux lui dire quelque chose,
Je ne peux pas ;
Le mot dirait plus que je n’ose,
Même tout bas.

D’où vient que je suis plus timide
Que je n’étais ?
Il faut parler, je m’y décide…
Et je me tais.

Les aveux m’ont paru moins graves
A dix-huit ans ;
Mes lèvres ne sont plus si braves
Depuis longtemps.

J’ai peur, en sentant que je l’aime,
De mal sentir ;
Dans mes yeux une larme même
Pourrait mentir,

Car j’aurais beau l’y laisser naître
De bonne foi,
C’est quelque ancien amour peut-être
Qui pleure en moi.

*René-François Sully Prudhomme: Scrupule

PS. Sosso s’est cassé la patte ou quelque chose. Ca fait une semaine qu’elle a l’air de souffrir de sa patte arrière gauche, la pauvrette. On va aller chez le docteur lundi. Quelle mère indigne je dois être, pour que mes chatounes soient toujours mal en point comme ça…

PPS. Y’aurait pas quelqu’un qui chercherait une prof d’anglais, par hasard?

PPPS. J’ai essayé d’aller faire des courses (pain, lait, etc.) hier après-midi… ben avec la circulation merdique qu’il y avait (première fois que je vois ça dans mon champ de maïs, parce que pour qu’il y ait des encombrements sur les routes à quatre voies, faut y’aller! Vous auriez dû voir la queue sans fin de voitures qui essayaient d’aller à la poste, huhuh, toute l’artère principale de la banlieue principale de Lafayette (bien deux kilomètres) était bouchée à cause de ça! Et dans tous les sens, parce que bien sûr les gens continue d’avancer et tournent, même s’ils vont se faire coincer au milieu des intersections. Z’ont dû trop bouffer de maïs transgénique par ici!) j’ai laissé tomber! Je suis rentrée chez moi et j’ai bouffé des pâtes… comme d’hab… sauf que là, ma zia m’avait envoyé du délicieux parmesan, alors c’est beaucoup mieux passé :) Je sens que je vais hiberner quelques jours et aller faire les courses pour mes cadeaux APRES Noël, moi!

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Cliquez sur l’anta pour l’aprire… mais en fait non, ne cliquez pas, le petit lutin d’aujourd’hui n’est pas encore arrivé… Mais j’espère qu’il sera passé à mon reveil, sinon… ben… la surprise d’aujourd’hui sera qu’il n’y a pas de surprise… mais il y a encore de l’espoir, revenez dans quelques heures :) Faut bien qu’il y ait un peu de suspens dans ce calendrier parfois, non? C’est bon, le lutin est passé, allez-y, ça en vaut la peine :)

Roman

I

On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits – la ville n’est pas loin -
A des parfums de vigne et des parfums de bière…

II

- Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche…

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête…
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête…

III

Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
- Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l’ombre du faux col effrayant de son père…

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif…
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…

IV

Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
Vous êtes amoureux. – Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire !…

- Ce soir-là…, – vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade…
- On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.

*Arthur Rimbaud: Roman

PS. Ce soir, je suis allée dans le SEUL endroit des Etats Unis où il ne passe pas de musique de Noël, le restaurant Outback, parce que je n’en peux plus de cette musique sucrée et ringarde et casse-pieds, qui passe dans tous les magasins, les restaurants, à la radio, partout, partout, partout. Et je croyais enfin avoir la paix le temps d’une assiette de cheese fries et d’une salade… mais à la table juste à côté de moi se sont assises quatre jeunes femmes qui faisaient partie d’une chorale et qui se sont exercées pendant tout mon repas à chanter leurs chants de Noël! Ironie, quand tu nous tiens…

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Click on the door to open ze picture… errrr… the picture to open ze door… well really, if you think about it, you need to click on the door to open the window. This is ridiculous! Whoever invented this game was crazy!

La coccinelle

Elle me dit : Quelque chose
Me tourmente. Et j’aperçus
Son cou de neige, et, dessus,
Un petit insecte rose.

J’aurais dû – mais, sage ou fou,
A seize ans on est farouche,
Voir le baiser sur sa bouche
Plus que l’insecte à son cou.

On eût dit un coquillage ;
Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir
Se penchaient dans le feuillage.

Sa bouche franche était là :
Je me courbai sur la belle,
Et je pris la coccinelle ;
Mais le baiser s’envola.

- Fils, apprends comme on me nomme,
Dit l’insecte du ciel bleu,
Les bêtes sont au bon Dieu,
Mais la bêtise est à l’homme.

*Victor Hugo: Coccinelle

PS. Dieu que les vacances font du bien!

PPS. Merci à ma zia pour le super cadeau pour les chatounes :)

PPPS. Je suis sûre que c’est l’anniversaire de quelqu’un aujourd’hui, alors joyeux anniversaire :)

PPPPS. Je perds la boule mais c’est pas grave…

PPPPS. Je trouve qu’il est très, vraiment très difficile de travailler avec ça devant moi toute la journée (remarquez que ça a un petit patin rose et l’autre noir):

Le site d’origine de la porte se trouve… heu… j’ai perdu le lien :( Si quelqu’un le retrouve, merci de me le passer.

Pour compliquer un peu les choses: cliquez sur le nez et la porte s’ouvrira… ou en bon français: tirez la bobinette et la chevillette cherra! Tirez pas trop fort quand même, on sait jamais, c’est peut-être Moukmouk là-dessous ;)

Parce qu’il y en a marre de la neige et marre des jolis poèmes!

Ballade de merci

A Chartreux et à Célestins,
A Mendiants et à Dévotes,
A musards et claquepatins,
A servants et filles mignottes
Portants surcots et justes cottes,
A cuidereaux d’amour transis,
Chaussant sans méhaing fauves bottes,
Je crie à toutes gens mercis.

A fillettes montrant tétins,
Pour avoir plus largement hôtes,
A ribleurs, mouveurs de hutins
A bateleurs trayant marmottes,
A fous, folles, à sots, à sottes,
Qui s’en vont sifflant six à six
A vessies et mariottes,
Je crie à toutes gens mercis,

Sinon aux traîtres chiens mâtins
Qui m’ont fait ronger dures crôtes,
Mâcher maints soirs et maints matins,
Qu’ores je ne crains trois crottes.
Je fisse pour eux pets et rottes ;
Je ne puis, car je suis assis.
Au fort, pour éviter riottes,
Je crie à toutes gens mercis.

Qu’on leur froisse les quinze côtes
De gros maillets forts et massis,
De plombées et tels pelotes.
Je crie à toutes gens mercis.

*François Villon: Ballade de merci

(Je comprends pas le poème: il dit merci thank you, ou merci pitié? (oui je sais je suis nulle ne poésie française)). Et deux poèmes pour le prix d’un, parce que Villon m’a fait aimer la poésie française même si je la comprends pas toujours, et à cause de ce qui s’est passé aux Etats Unis lundi soir et ce soir… et qui continue de se passer…

L’Épitaphe de Villon ou  » Ballade des pendus  »

Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s’en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n’en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l’infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
A lui n’ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n’a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

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Heures

Aumône au malandrin en chasse
Mauvais oeil à l’oeil assassin !
Fer contre fer au spadassin !
- Mon âme n’est pas en état de grâce ! -

Je suis le fou de Pampelune,
J’ai peur du rire de la Lune,
Cafarde, avec son crêpe noir…
Horreur ! tout est donc sous un éteignoir.

J’entends comme un bruit de crécelle…
C’est la male heure qui m’appelle.
Dans le creux des nuits tombe : un glas… deux glas

J’ai compté plus de quatorze heures…
L’heure est une larme – Tu pleures,
Mon coeur !… Chante encor, va – Ne compte pas.

*Tristan de Corbière: Heures

PS. Mon entretien s’est passé… bien… je ne sais pas, en fait, c’était difficile de savoir. Les gens (cinq personnes) étaient sympas et les questions pas trop difficiles, mais comme d’habitude je cause je cause je cause, j’ai essayé d’être concise et rapide dans mes réponses. Alors j’ai l’impression que je n’ai pas vraiment répondu à leurs questions. Bon… on en saura plus fin janvier, pour cette université.

PPS. Ma masseuse a dit que mon cou et ma nuque étaient des sacs de noeuds comme elle en avait rarement vu. Mes maux de tête sont donc bien le résultat de sterno-cléïdo-occipito-mastoïdiens en bien mauvais état, comme je m’en doutais. Elle m’a fait du bien mais c’est pas encore la joie. Je pense que le stresse de la fin du semestre et des entretiens d’embauche et de ma recherche, la neige qui rend chacun de mes pas péreilleux, le froid polaire, et les 12 heures par jour que je passe devant mon ordinateur n’aident pas. En attendant mon prochain rendez-vous, je me shoot aux anti-douleurs et j’essaye de ne pas garder ma tête dans la même position plus de quelques minutes de suite…

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Fantaisie

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très-vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… et dont je me souviens !

*Gérard de Nerval: Fantaisie

Et parce que le 13 est un jour spécial pour moi, voilà un deuxième poème aimablement offert par Jean Michel:

Artemis

La Treizième revient… C’est encor la première;
Et c’est toujours la seule, – ou c’est le seul moment;
Car es-tu reine, ô toi! la première ou dernière?
Es-tu roi, toi le seul ou le dernier amant?…

Aimez qui vous aima du berceau dans la bière;
Celle que j’aimai seul m’aime encor tendrement:
C’est la mort – ou la morte… O délice! ô tourment!
La rose qu’elle tient, c’est la Rose trémière.

Sainte napolitaine aux mains pleines de feux,
Rose au coeur violet, fleur de sainte Gudule:
As-tu trouvé ta croix dans le désert des cieux?

Roses blanches, tombez! vous insultez nos dieux,
Tombez, fantômes blancs, de votre ciel qui brûle:
- La sainte de l’abîme est plus sainte à mes yeux!

Gérard de Nerval: Artemis, Les Chimères

PS. J’ai cassé mon essuie-glace droit et mon gratte-glace en plastique en essayant d’enlever la glace de mon pare-brise. Et je ne trouve de gratte-glace dans aucun magasin, ils ont tout vendu après la dernière grosse tempête de neige! C’est décidé: je déménage au Mexique! (Qui est la nouille qui a dit que je devrais aller vivre au Canada???)

PPS. Demain: entretien d’embauche… ze crise! On est au moins QUATRE, dans mon département (une franco-suissesse, une allemande de l’est, une chinoise sérieuse, et un américain du midwest), à vouloir le même poste et à avoir un entretien demain. Avis à la famille: ne me téléphonez SURTOUT PAS entre 19 et 22 heures, heures de Tolochenaz!!! C’est pas une blague!!

PPPS. Première internationale: miss lulu a fait une tarte aux oignons! Complètement au p’tit bonheur la chance (plein d’oignons, une pâte toute faite (eh oui, personne n’est parfait), deux oeufs, de la crème, des petits cubes de gruyère), mais délicieuse quand même! S’il faut des entretiens d’embauche pour que je commence à faire la cuisine, où va-t-on?! L’est pas belle ma tarte?

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Cliquez sur la porte pour l’ouvrir… heu… bon d’accord, y’a pas de porte, sont fous ces finlandais ;)

La ronde sous la cloche

Douze magiciens dansaient une ronde sous la grosse cloche
de Saint-Jean. Ils évoquèrent l’orage l’un après l’autre,
et du fond de mon lit je comptai avec épouvante douze
voix qui traversèrent processionnellement les ténèbres.

Aussitôt la lune courut se cacher derrière les nuées,
et une pluie mêlée d’éclairs et de tourbillons fouetta
ma fenêtre, tandis que les girouettes criaient comme des
grues en sentinelle sur qui crève l’averse dans les bois.

La chanterelle de mon luth, appendu à la cloison, éclata ;
mon chardonneret battit de l’aile dans sa cage ; quelque
esprit curieux tourna un feuillet du Roman-de-la-Rose qui
dormait sur mon pupitre.

Mais soudain gronda la foudre au haut de Saint-Jean. Les
enchanteurs s’évanouirent frappés à mort, et je vis de
loin leurs livres de magie brûler comme une torche dans
le noir clocher.

Cette effrayante lueur peignait des rouges flammes du
purgatoire et de l’enfer les murailles de la gothique
église, et prolongeait sur les maisons voisines l’ombre
de la statue gigantesque de Saint-Jean.

Les girouettes se rouillèrent ; la lune fondit les nuées
gris de perle ; la pluie ne tomba plus que goutte à goutte
des bords du toit, et la brise, ouvrant ma fenêtre mal
close, jeta sur mon oreiller les fleurs de mon jasmin
secoué par l’orage.

*Aloysius Bertrand: La ronde sous la cloche

PS. J’ai rencontré mes maintenant ex-élèves internationaux dans un petit restau thaïlandais ce soir, et c’était super sympa! On a parlé de bilinguisme, de voyages, de réunification de la Corée, de passages souterrains en Chine pour échapper aux Japonais, de tourisme dans le Kentucky, de la culture à Taiwan, de famille, de nourriture Malaisienne… et de tas d’autres trucs encore! J’adore les élèves internationaux, ils me manqueront!

PPS. C’est fou ce que je bosse mieux et plus quand je suis en vacances! Quand je dois bosser, je fiche rien… et quand je suis en vacances, c’est difficile de m’arracher à ma thèse! Bon, j’ai jamais dit que j’étais une fille logique, hein ;)

PPPS. J’ai enfin découvert à quoi peuvent servir les litières de chats, à part à… heu… servir de litière. C’est très pratique, quand il y a le petit toit dessus, à mettre juste devant les toilettes pour s’y asseoir (devant les toilettes, donc) et vomir tout ce qu’on peut (dans les toilettes, donc, pas devant si possible) sans trop se fatiguer à rester debout (devant les toilettes, donc, pas dedans). Merci mes chatounes!

La heu… porte est un cadeau d’un certain Petitpatapon lapon.