oh Canada


Comme cadeaux de Noël, j’ai décidé d’inviter mon frangin, ma soeur, et son mari à manger en haut de la fameuse CN tower, la tour la plus haute du monde. Le restaurant, le « 360, » tourne pendant qu’on mange, et fait une rotation complète toutes les 74 minutes.

C’était vraiment chouette! Si on a une réservation pour le resto, on ne doit pas payer pour un ticket normal (et très cher) pour monter dans la tour et aller au fameux « plancher de verre » depuis lequel on voit la tour sous nos pieds! L’ascenseur, qui grimpe sur l’extérieur de la tour, fait du 22 kil/heure et ça se sent dans les oreilles! Et une fois en haut, on ne peut que faire oooohhhhhhhh, aaaaaahhhhhh, ouaaaahhhhhh, tellement la vue est impressionante malgré le temps couvert et les quelques flocons de neige qui se baladent autour de la tour.

Le repas était bon, surtout les tomates grillées avec fromage de chèvre et tapenade, mais à part ça, n’était pas vraiment extraordinaire. Heureusement, c’était joliment présenté et le service était agréable et ne nous poussait pas à manger vite, donc on a eu le temps de faire deux rotations et demi pour admirer la ville à nos pieds. Sur les photos prises par Momo (je rajouterai peut-être quelques photos plus tard, quand jojo aura appris comment télécharger les photos depuis son nouvel appareil génial), on dirait que la ville n’est pas si loin de nous, mais en réalité, on est VRAIMENT très haut et la vue est VRAIMENT superbe! On voit des détails qu’on aurait jamais deviné depuis en bas, la saleté des immeubles, les courts de tennis sur les toits, les fourmies (!) sur les patinoires, le placement des quartiers, la forme des façades, la longueur des rues, et plein d’autres petits détails marrants. Par beau temps et en été, la vue doit être absoluement extraordinaire, et il paraît qu’on peut même voir les chutes du Niagara, de l’autre côté du lac, si on a vraiment de la chance!

Voilà quelques photos, donc. Au printemps, je remonterai là-haut (il faut que quelqu’un me rende visite pour qu’on puisse y aller ensemble, c’est plus chouette), et je prendrai plein d’autres photos encore! En attendant, voici une première idée de ce qu’on peut voir de là-haut! Bonne visite :)

Ma copine Karibou est arrivée au Canada juste quelques jours après moi, mais son boulot l’a tellement occupée qu’elle n’a jamais eu le temps de faire la connaissance de Granbled. De mon côté, j’ai plutôt eu du mal à me mettre à bosser et j’ai donc pris le temps de me balader, de visiter, et d’apprivoiser ma nouvelle ville que j’aime maintenant beaucoup.

C’est pourquoi la semaine dernière, dès que Karibou a eu quelques jours de vacances, je l’ai tirée de son lit et embarquée dans trois jours d’aventures. Malgré le froid, on s’est balladées dans plein de jolis quartiers (d’autant plus que Karibou cherche à acheter une maison), on a mangé comme quatre dans des restos délicieux, on a visité The Beach et The Distillery, deux endroits très célèbres de Granbled, on a dépensé plein de sous, on a papoté papoté papoté, on n’a pas résisté à passer dans notre librairie française adorée, et on a même réussi à aller s’enregistrer au Consulat français et à s’inscrire pour les élections! C’était trois jours intensifs mais fort agréables!

C’est assez rare de faire du tourisme dans sa propre ville, mais finalement c’est génial, surtout quand c’est en agréable compagnie! Et surtout quand en plus on a la chance de tomber sur LES trois jours de beau temps de décembre!

Alors voilà quelques photos, pour la plupart prises par Karibou, de nos découvertes granblediennes. Et celui ou celle qui devine en premier dans quel quartier a été prise la photo qui se trouve juste après Little Italy (il me faut le nom exact) recevra une carte postale de Granbled. Bonne balade :)

Dans Granbled, il y a des trucs qu’il faut absolument voir et des trucs qu’il faut abslument faire. Un peu comme si on habite à Paris et qu’on est jamais monté sur la Tour Eiffel ou qu’on a jamais vu les Champs Elysées. Bien sûr, ici il y a la CN tower, la plus haute tour non-habitée du monde, mais celle-là je me la réserve pour quand mes frangins seront ici, dans quelques jours! Le Roy Thompson Hall, c’était quelque chose d’important pour moi, et le Music Garden aussi, ainsi que le Eaton Centre, et bien sûr, le fameux Rogers Centre aux pieds duquel j’habite.

… et puis il y a aussi le Four Seasons Centre for the Performing Arts, le magnifique et tout nouveau bâtiment où se trouve le National Ballet of Canada (ainsi que le Canadian Opera Company)! Je ne peux pas dire que je suis une fan de ballet (ni d’opéra d’ailleurs), puisque je n’en ai jamais vu, mais j’ai toujours eu, quelque part, depuis que je suis petite, envie de voir à quoi ressemblaient « en vrai » les petits rats de l’opéra.

Four Seasons Centre

Eh bien j’ai eu la chance immense d’y être invitée par le Padawan, l’autre soir, pour aller voir, en compagnie de Nat et son copain, Casse Noisette, le célèbre ballet de Noël. Comme je suis une banane, j’avais oublié mon appareil photo, mais elPadawan avait son portable, donc les photos de ce post sont de lui (cliquer dessus pour les voir en plus grand)… et de toutes les manières, il était interdit de prendre des photos à l’intérieur (hum…).

Casse Noisette

J’ai passé une soirée très sympa, vraiment. Le Nutcracker (« see it again for the first time ») n’est pas un ballet très sérieux mais c’étaitparfait comme introduction au ballet, parce que je ne me suis pas ennuyée une seconde. Les costumes étaient superbes, les danseurs excellents, et tous les enfants et adultes du public ravis! Après avoir entendu parler de ce ballet à chaque Noël depuis des années et des années (c’est vraiment LE classique de Noël en Amérique du Nord), je peux enfin dire que je l’ai vu, moi aussi, et que j’ai été dans ce magnifique Four Seasons Centre! Merci, elPadawan et Nat!

Granbled, c’est une vraie boîte à bijoux remplie de bien des trésors!

Y’en a qui collectionnent les timbres, moi c’est autre chose que je collectionne ces temps-ci, et ça ne me fait pas trop plaisir! Dekoijparle? De PV pardis!

L’histoire (oh combien étrange) a commencé à mon arrivée ici. La circulation infernale et le coût prohibitif des quelques rares places de parking de la ville et de l’essence m’ont vite fait comprendre que les transports en commun étaient la seule solution. De plus, curieusement, je ne trouvais pratiquement jamais de place « accessible » que j’aurais pu utiliser grâce à mon joli petit permis coincé derrière mon pare-brise. J’ai donc acheté un « pass » mensuel et tout allait bien dans le meilleur des mondes.

Décembre venu, je n’ai pas voulu acheter de pass puisque j’allais être en vacances, et j’ai commencé à prendre ma voiture. Au début, je payais des sommes honteuses de parking ($2,50 de l’heure, faites le calcul pour une journée au boulot) et au bout de quelques jours, j’en ai eu marre et j’ai simplement arrêté de payer. Curieusement, je n’ai pas eu de PV… jusqu’à jeudi avant-dernier.

Jeudi avant-dernier, je suis allée au concert et j’ai garé ma voiture sur la rue, comme d’habitude, et je n’ai pas payé, comme d’habitude… mais c’était une rue où je ne m’étais jamais garée auparavant! A mon retour, trois heures plus tard, j’ai trouvé un flic en train de me mettre un PV (de $60). Il faisait tellement froid que j’ai juste eu le courage de lui dire « c’est injuste, il y a pas de parking accessible ici! » Et lui m’a répondu « vous auriez dû vous garer sur les places « no parking » d’à côté! » Hein??? Skuzez-moi??? Mais il faisait vraiment trop froid et je suis partie sans demander plus d’explications.

L’explication, je ne l’ai eue que quelques jours plus tard, lors de mon voyage à Ottawa. Un soir, je me suis garée pour aller au restaurant, et je n’ai pas payé le parking… et en sortant de la voiture, je suis tombée sur un flic qui mettait des contraventions sur les voitures à côté. Avec un grand sourire, je lui ai dit « siouplait monsieur l’agent, ne me mettez pas de PV, j’ai pas trouvé de place accessible par ici, ça serait injuste » et lui de regarder ma voiture et de me répondre la phrase qui tue, « oh, mais avec ce permis accessible vous n’avez jamais à payer le parking! » Hein???

Heureuse de cette fantastique nouvelle (mais furax d’avoir payé des sommes astronomiques jusque là), je lui demandais donc pourquoi j’avais reçu un PV le jeudi précédent, et c’est là qu’il m’a expliqué que j’avais le droit de me garer sur toutes les places permises sans payer, ET en plus sur toutes les places « no parking » (sans payer), MAIS… mais… pas sur les places « no STOPPING. » Et que là où j’étais garée le jeudi précédent, c’était une très large avenue, et qu’on avait le droit de s’y garer à certaines heures, mais qu’aux heures de pointe, ça devenait une rue entièrement « no stopping » pour que toutes les voies soient libres pour la circulation… … et que donc quand je m’y suis garée avant mon concert, à 1:30, c’était permis, mais à la sortie de mon concert, à 4:14, la rue était devenue une autoroute (à partir de 4:00) et les flics s’en donnaient à coeur joie de mettre des PV aux pauvres crétins comme moi à qui personne n’avait expliqué les règles de la circulation!

Ahhh bon, merci m’sieur l’agent!

Fière de mes nouvelles connaissances en matière de règlement parkinguistique, je suis ressortie pour aller au restaurant jeudi dernier. J’ai eu du mal à trouver une place, mais oh surprise, j’ai finalement trouvé un place « accessible » où je me suis vite garée en me disant « profitons-en, là au moins je suis sûre que rien ne peut m’arriver! » Hélas, trois fois hélas, à mon retour quelques heures plus tard, il y avait un PV coincé dans mes essuie-glaces, de $60, qui disait « s’est garée sur une place accessible. » Hein??? Alors j’ai le droit de me garer là où c’est interdit mais pas là où c’est permis??? Il avait trop bu le flic??? Parce que le PV était coincé à DIX centimètres (même pas, merci au Padawan pour la photo!) de l’endroit où se trouvait mon permis accessible de l’autre côté du pare-brise!!

PV

Je n’arrive pas à la comprendre, celle-là, et ce qui me fâche c’est que j’aurai l’air de mentir si je vais râler contre ce PV: pourquoi un flic mettrait un PV comme ça si mon permis avait été bien mis en évidence comme je le dis? Monsieur le Juge des PV fera-t-il plus confiance à ses flics ou à moi? Et pourquoi je n’ai jamais reçu de papier qui expliquait toutes les règles parkingeuses et accessibles de la ville? Je vais aller râler, bien sûr, mais si on m’explique une nouvelle régulation à la con comme quoi j’ai le droit de me mettre sur ces places mais seulement lorsque toutes les autres sont interdites mais pas le soir entre 7:12 heures et 7:34 ni les jours fériés sauf en cas de neige ou si le jour férié tombe un dimanche sauf entre avril et juillet, alors là je vais pêter un cable et je déménage à Ottawa, où là, au moins, y’a des flics sympas et pas beurrés!

PS. Au dos du PV (ils sont en plastique, malins les flics granbledois), il est écrit qu’on peut payer le PV par téléphone (avec $1.50 de frais administratifs en plus), par courrier, en personne (avec $1.50 de frais administratifs en plus), ou par internet. J’ai donc essayé de payer le premier PV par internet et là aussi ils demandent $1.50 de plus pour frais administratifs. Non mais, ils se foutent de la gueule du monde dans ce pays, c’est incroyable!!! En plus, j’ai enfin trouvé sur internet les régulations des places accessibles: (http://www.granbled.ca/transportation/parking/disabled_parking.htm, remplacer « granbled » par le nom de la ville, of course). Mouahahah, si vous y comprenez quelque chose, vous, faites-moi signe, je vous enverrai une carte postale ;)

Je plaisante, Ottawa c’est pas encore le Grand Nord… mais par rapport à Granbled ça l’est presque :) En fait, quand j’étais là-bas, j’ai rencontré un couple qui venait de London, petite ville qui se trouve à deux heures à l’ouest de Granbled, et ils m’ont raconté qu’ils avaient réussi de justesse à sortir de la ville avant que le grand blizard de l’année qui leur a apporté UN METRE de neige en 24 heures paralyse la ville entière! Toutes les écoles étaient femées et même les transports publics arrêtés! Je me rends de plus en plus compte que Granbled est vraiment un micro-climat, bien moins froid (et pourtant, et pourtant!!!) que le reste du Canada!

Voilà donc quelques photos de mon voyage. Le truc qui m’a intéressé le plus c’était de voir comment ils s’en sortaient avec le bilinguisme. En fait, tous les signes sont en anglais seulement jusqu’à ce qu’on monte sur la 416, l’autoroute qui relie la grande autoroute Granbled-Montréal (la 401) à Ottawa. A partir de ce moment-là, tout est en anglais et en français, ce qui complique tout, mais c’est rigolo. Tous les noms de rues sont marqués par exemple « Rue Nelson Street » ou « Avenue Blook Avenue. » Dans les rues, on entendait surtout de l’anglais et de temps en temps du français de France (des touristes, sans doute), et dans les magasins et restaurants, c’était surtout de l’anglais mais de temps en temps du québecois aussi. J’ai eu l’impression que certains vendeurs/serveurs montraient bien qu’ils étaient prêts à parler n’importe quelle langue mais d’autre voulaient bien montrer qu’ils ne parlaient qu’anglais. Par exemple, je suis entrée dans un magasin de souvenirs et le vendeur m’a tout de suite dit « Hello Madame, » avec le « hello » en parfait anglais et le « madame » en parfait français, comme ça j’avais le choix de répondre dans la language que je voulais. Et dans un magasin de poisson (quand je visite, je visite tout, moi!), le vendeur écoutait dans quelle langue ses clients parlaient dans la file d’attente et s’adressait à eux automatiquement dans leur langue, c’était vraiment cool à observer! Par contre, dans un des deux restos où je suis allée, le menu n’était qu’en anglais, et dans l’autre, le menu était en anglais et en français, mais le serveur n’a pas du tout parlé français, même s’il a bien dû voir que je lisais le menu français. Et assies à la table à côté de moi il y avait trois jeunes québecoises qui parlaient québecois bien haut et fort, et le serveur ne leur a parlé qu’anglais à elles aussi.

Que dire de plus? Mes photos sont presque toutes moches et grises et ratées parce qu’il faisait assez moche et gris et sombre, et conduire dans un coin qu’on ne connait pas du tout, la nuit, et essayer de prendre en même temps des photos, c’est pas évident! Et en plus la nuit tombe à 4 heures, alors c’est pas facile de faire des photos géniales, sorry. Mais ce sont de bons souvenirs, alors zou, par ici la visite guidée :)

ottawalarge.jpg

Eh oui, c’est bien à Ottawa que j’ai passé le week-end, et j’y ai rencontré un certain Dr. Gentil dont le prénom est le même que celui d’Apollinaire! Haha, y’avait tous les indices dans mon post, et avec Google, c’était assez facile! Bravo à tous ceux qui ont joué à mon petit jeu! Et non, il n’était ni libre ni intéressé… huhuh… mais on a bien parlé de boulot et c’est pour ça que je l’ai rencontré!

Les personnes suivantes ont donc gagné une carte postale (ou un petit paquet, si ils/elles ont trouvé le nom de l’université et du type) et sont priées de m’emailer leur adresse postale (je mets « ok » si je l’ai déjà) (par ordre d’emailage):

Bluelulie (ok) (a en plus trouvé le nom de l’université et du Dr. Gentil)
Alcib
Lenaig
Gaëlle
Isabelle
Clotilde
E. (ok)
monpère (ok)
A l’Ouest
Lune (ok) (a en plus trouvé le nom de l’université et du Dr. Gentil)
Denis (ok) (a en plus trouvé le nom de l’université et du Dr. Gentil)
Françoise
DoroT
Ze Mimimousse (ok)
nonmais (a en plus trouvé le nom de l’université et du Dr. Gentil)
Moukmouk

Ce voyage était génial! Il faisait -5 degrés quand je suis partie de Granbled vendredi en fin de matinnée, et -14 (ressenti comme -22 à cause du vent) quand je suis arrivé à Ottawa exactement quatre heures plus tard. Et ça a été comme ça tout le week-end: gelé! Pour visiter une ville, c’est pas très pratique, surtout quand on conduit un peu partout avec les fenêtres de la voiture grandes ouvertes pour ne pas avoir la crasse des fenêtres sur les photos… Heureusement, vendredi il faisait très beau, et samedi, il faisait couvert, mais il n’a neigé que pendant une nuit et il n’a jamais plu, donc j’ai réussi à bien me balader.

La route entre Granbled et Ottawa est CHIANTE à mourir! C’est abominable d’ennui, et je devais conduire vite pour ne pas m’endormir. Par contre, même si NPR, ma radio préférée au monde, me manquait beaucoup, je dois avouer que radio-canada (en français) n’est pas mal du tout et a bien aidé à passer le temps avec des débats sur, par exemple, le genre de litérature qu’il faut enseigner au lycée au Québec. Ce qui est vraiment agréable, aussi, c’est d’écouter la radio en français, ça ne m’arrivait jamais aux Etats Unis! (Je vous mets ci-dessous les paroles d’une chanson québecoise que j’ai entendue deux fois à la radio et que j’aime bien). Et puis surprise parmis les surprises, au retour, j’ai réussi à capter NPR pendant 45 minutes, puisqu’à cet endroit du trajet, on est environ à 10 kilomètres de la frontière avec les Etats Unis!

Ottawa? J’ai beaucoup aimé! C’est une ville beaucoup plus petite que Granbled, of course, mais ça la rend plus … manageable, plus facile à « rencontrer, » plus à ma taille. Les bâtiments sont souvent magnifiques, imposants, impressionants, et historiques, et on voit vraiment l’Histoire (avec un grand H) du Canada là-bas. J’ai souvent entendu dire que c’est une ville morte, et le Dr. Gentil l’a confirmé: le centre-ville n’est vivant qu’en semaine, lorsque les gens qui travaillent pour le gouvernement travaillent. Par contre, il y a une sorte de deuxième centre-ville, plus historique et plus mignon, et là, avec le marché de Noël et des dixaines de petites boutiques adorables, les maisons anciennes joliement décorées, et les foules venues admirer les lumières, c’était vraiment très sympa.

En allant me balader samedi après-midi, j’ai rencontré un flic qui était en train de mettre des PVs sur les voitures qui n’avaient pas payé le parking (dont la mienne, mais j’ai pu l’arrêter à temps) et avec qui j’ai longuement discuté de la ville et de parking et qui m’a raconté plein de choses très très intéressantes et envoyée dans un très bon restaurant. Je reparlerai de cette discussion bientôt, puisqu’elle venait à point après mes mésaventures de jeudi après-midi… Et en cherchant à me garer, vendredi soir, je me suis soudain retrouvée sur une autoroute… qui allait directement au Québec! Donc j’ai visité le Québec pendant au moins 10 minutes, le temps d’arriver à Gatineau, de faire demi-tour à la première sortie, et de repasser la rivière de Outaouais pour retourner en Ontario! (En fait j’y suis peut-être retourné le lendemain mais je ne suis pas sûre, faudra voir mes photos, parce que je sais que j’ai repassé un pont mais je ne sais pas lequel. J’adore conduire au hasard et me perdre, c’est comme ça qu’on tombe sur les plus belles découvertes).

J’ai dormi dans un adorable Bed & Breakfast, mais je n’ai pas vraiment bien dormi parce qu’il faisait trop chaud dans les chambres et que mes chatounes me manquaient. Par contre, je suis allée dans deux restos sympas et j’ai bien mangé, un peu trop bien, même, peut-être… Le truc le plus rigolo de l’affaire c’est que je suis arrivée au Bed & Breakfast vendredi en milieu d’après-midi et c’est au moment où le type m’a demandé comment je voulais payer pour la chambre que je me suis rendue compte que je n’avais pas UN DOLLARS sur moi ni sur mon compte en banque! Hahaha! Prévoyante la fille!

Voili voilà, un petit compte-rendu de ma fin de semaine. Je me suis bien amusée, j’ai pris plein de photos que je mettrai sur un album très bientôt, et si on m’offrait un job super super bien payé à Ottawa, je le prendrais (mais vraiment super bien payé, pour oublier le froid, hehe)! Même si on ne m’offre pas de job, il faudra que je retourne dans cette ville voir le canal gelé et ses patineurs et le festival des tulipes! A part ça, c’était quand’même un peu oppressant de rentrer à Granbled et de revoir les éternels embouteillages de fous sur l’autoroute à 12 voies, un dimanche à midi…

ottawa2.jpg
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Dégénération, par Mes Aïeux

Ton arrière-arrière-grand-père il a défriché la terre
Ton arrière-grand-père il a labouré la terre
Et pis ton grand-père a rentabilisé la terre
Pis ton père il l’a vendue, pour devenir fonctionnaire

Et pis toi mon p’tit gars tu sais pus c’que tu vas faire
Dans ton p’tit trois et d’mie, ben trop cher fret en hiver
Il te vient des envies de dev’nir propriétaire
Et tu rêves la nuit d’avoir ton petit lopin d’terre.

Ton arrière-arrière-grand-mère elle a eu quatorze enfants
Ton arrière-grand-mère en a eu quasiment autant
Et pis ta grand-mère en a eu trois c’tait suffisant
Pis ta mère en voulait pas, toi t’étais un accident

Et puis toi, ma p’tite fille, tu changes de partenaire tout l’temps
Quand tu fais des conn’ries, tu t’en sors en avortant
Mais y a des matins, tu te réveilles en pleurant
Quand tu rêves la nuit, d’une grand’ table entourée d’enfants

Ton arrière-arrière-grand-père a vécu la grosse misère
Ton arrière-grand-père il ramassait les cennes noires
Et pis ton grand-père, miracle, y est devenu millionnaire
Ton père en a hérité il a tout’ mis dans ses REER

Et pis toi p’tite jeunesse tu dois ton cul au ministère
Pas moyen d’avoir un prêt dans une institution bancaire
Pour calmer tes envies de « hold-uper » la caissière
Tu lis des livres qui parlent de simplicité volontaire

Tes arrière-arrière-grands-parents ils savaient comment fêter
Tes arrière-grands-parents ça swinguait fort dans les veillées
Pis tes grands-parents ont connu l’époque yé-yé
Tes parents c’tait les discos c’est là qu’ils se sont rencontrés

Et pis toi mon ami qu’est-ce que tu fais de ta soirée ?
Éteins donc ta TV faut pas rester encabanné
Heureus’ment que dans vie certaines choses refusent de changer
Enfile tes plus beaux habits car nous allons ce soir danser

Quand j’étais gosse (pardon, on ne dit pas gosse en québecois, ça veut dire autre chose :lol: ), donc quand j’étais enfant, en Suisse, on se faisait parfois un « diner suisse » le soir (ce qui est une contradiction gastrolinguistique, puisque si c’était vraiment suisse, ce repas se serait appelé « souper suisse » puisque le diner est à midi et le déjeuner le matin, soyons logiques). Bref, ce repas mal nommé mais délicieux comportait des pommes-de-terre en robe des champs (aussi appelées pommes-de-terre en robe de chambre), plein de fromage, du pain, et du chocolat chaud si on avait été sages. Aaahhh que c’était bon!!!

Ce soir, j’ai donc décidé de me faire un « diner québecois, » (qui est lui aussi une contradiction gastrolinguistique puisque si ça avait vraiment été québecois, ça se serait appelé « souper québecois » (puisque le diner est à midi et le déjeuner le matin, restons logiques), mais on va pas pinailler)! L’idée m’en est venue après avoir vu le post de Nat ce matin. Je me suis dit que zut, j’allais moi aussi m’acheter une « stollen » (gâteau de Noël avec des fruits confits et plein de sucre dessus et qui vaut 250000 calories à la bouché mais dont je me suis empiffrée à chaque Noël de mon enfance suisse et que je n’ai jamais trouvé aux Etats Unis).

stollen de noel

Je suis donc allée à mon Loblows favorit (le supermarché où je fais toujours mes courses) et là, j’ai vu tout un étalage de fromages « québecois »! « Mangeons notre belle province » ou quelque chose comme ça, y’avait marqué partout! La fromageolique que je suis n’a pas pu résister même une seconde (dans mon cerveau, y’a toute une section qui ne se réveille qu’au mot « fromage » et qui, lorqu’elle s’éveille, fait passer le reste du cerveau en mode « off. » Les symptômes en sont bien connus: je deviens gaga, toute folle, impatiente, j’ai les yeux qui s’allument comme des phares à brouillard, et je dépense des fortunes en fromages sans réfléchir… et je n’ai ensuite aucun remors). Bref, j’ai acheté du Grand Délice et de l’Oka, pour mieux connaître le goût de mon nouveau pays, ainsi qu’un peu de bon pain.

soupe de courge

Avec un bol de soupe à la courge faite maison (miam, en hiver c’est ce qu’il y a de meilleur!), j’ai testé les fromages très scientifiquement et précisemment: en les mangeant! Résultats des courses? Le Grand Délice (qui n’est même pas sur la liste des fromages canadiens de Wikipedia!), c’est comme un Roblochon (en plus haut) trop blanc et trop salé. Bof. Et l’Oka, c’est à pâte un peu plus dure que le Grand Délice, un peu comme le Morbier, et très salé aussi, mais c’est pas mal, je pense que j’arriverai à aimer ça au bout de quelques kilos ;)

oka et grand delice

En tous les cas, Sosso et Calinette ont adoré! Et avec une (hum…) petite tranche de stollen pour finir, je dois avouer que moi aussi j’étais assez satisfaite de mon diner québecois!

Je crois que j’ai déja mentionné le coup du lait canadien qui me surprend tellement, et comme certaines personnes avaient du mal à s’imaginer le bidule en question, en voilà quelques photos d’explications. Je dois dire que, comme toute invention canadienne, cette façon de faire les choses a ses inconvenients et ses avantages: ça ne prend pas beaucoup de place dans la poubelle une fois vide et n’utilise pas de papier, mais ça se perce facilement, c’est lourd et pas pratique à porter, et le lait prend vite les ordeurs du frigidaire et ne se garde pas longtemps (et en plus, y’a pas de bouchon en platique avec lequel les chatounes peuvent jouer). Moi, j’utilise une petite pince pour fermer l’ouverture du sac et garder le lait un peu plus longtemps. Je me souviens qu’en Suisse, ce système a existé jusqu’au milieu des années 1980, et mes parents utilisaient une pince-à-linge pour fermer le sac…

Inconnu au bataillon, le gros gallon de lait dans la bouteille de plastique, symbole qu’aux Etats Unis tout est plus grand qu’ailleurs. Au Canada, le lait se vend en cartons d’un litre, de deux litres (si on cherche bien), et par trois sacs en plastique à la fois, pour un total de 4 litres! Sont fous ces Canadiens ;)

gallon americain
Le gallon de lait américain.

gros sac
Le sac de quatre litres en trois sacs.

petit sac de lait
Un des trois petits sacs.

cruche à lait
Cruche exprès pour le lait (y’en a des plus jolies mais au début j’ai juste trouvé ça, p’têt qu’un jour j’investirai dans une plus jolie (et plus fonctionelle) cruche.

Finalement, si je suis dans une phase « je-bois-vachement-de-lait-et-rapidement, » j’utilise ce système, mais si je suis dans une phase « je-bois-peu-de-lait-et-je-mets-longtemps-pour-finir-une-bouteille, » je préfère acheter des cartons d’un ou deux litres, ça se concerve plus longtemps (mais pas beaucoup plus longtemps, en réalité, en tous les cas beaucoup moins longtemps que le lait américain, je ne sais pas pourquoi!).

Bon, je vous quitte, je vais me faire un p’tit milkshake à la banane d’un demi litre :)

Notre cher ami Moukmouk a bien voulu jouer le jeu l’autre jour et a créé un quiz exprès pour nous, à propos des differentes sortes de Canadiens qu’il peut exister. Bien sûr, ce quiz ne va pas vous dire si vous êtes un Canadien de Granbled ou de Saskatoon, un Liberal ou un Tory, un immigré ou un pure laine, mais c’est un bon début! Ce que j’aime beaucoup à propos de ce quiz c’est qu’il nous montre combien les différences d’interprétation de l’histoire peuvent être importantes! On apprend quelque chose dans un livre d’histoire et on y croit, mais ce n’est parfois qu’une seule facette d’une histoire beaucoup plus complexe…

Malgré son titre en anglais, ce quiz est en français, alors allez donc vous préparer une bonne tasse de chocolat chaud et hop hop hop, au boulot :)

Quel genre de Canadien êtes-vous donc?

Et merci à Moukmouk! Allez voir sur son blog, y’a plein de choses intéressantes à y apprendre sur toutes sortes de Canadiens, même ceux qui font cui-cui…

PS. Y’a plus d’bug :)

You are 75% Canuck!
 

Now that’s what I’m talking about! You did good, you really, really did. I can call you my friend and not have to feel ashamed, and I thank you for that, really I do. Thank you, that is just really great!

How Canadian Are You?
Quiz Created on GoToQuiz

Haha, merci, mais je suis plus canadienne que toi, espèce de questionnaire à la noix, parce que MOI, je suis bilingue et que tu ne m’as pas demandé comment on disait « Canada » en anglais ou « Montreal » en français ;)

Alors que j’étais tranquillement en train de travailler dans mon bureau cet après-midi, deux jeunes étudiants hystériques ont débarqué à ma porte avec des paniers que j’espérais remplis de bonbons et gâteaux mais qui étaient en réalité tristement remplis de petites serviettes humides individuelles et anti-germes, ainsi que de gros rouleaux de gros autocollants bleus et moches sur lesquels étaient écrit « I’ve done it, now do your part! »

De quoi s’agissait-il? Du vaccin contre la grippe! Ces chers étudiants hystériques m’ont raconté que si je ne me lavais pas les mains toutes les heures je pouvais mourir, qu’il fallait que je me les lave devant mes étudiants pour leur donner le bon example, que j’aille immédiatement me faire vacciner contre la grippe pour ne pas l’attrapper et ensuite contaminer le reste de l’université (et ensuite coller l’autocollant sur mon pull pour démontrer au monde mon sacrifice), qu’il fallait que j’évite de toucher les poignées de portes et les trucs pour pousser les chariots dans les magasins parce que c’est là qu’on trouvait le plus de germes (entourer lesdits objets avec des kleenex), et que surtout, surtout, il fallait que je fasse le « sleeve sneeze » pour ne pas risquer la peste et l’exil à perpétuité de la société canadienne.

Qu’est-ce que le « sleeve sneeze »? C’est une méthode « anti-germe » contre laquelle je m’oppose haut et fort. En effet, comme on peut le voir sur l’affiche ci-dessous qu’on trouve un peu partout, le « sleeve sneeze » veut qu’on éternue dans la manche de son manteau ou de son pull au lieu d’éternuer dans ses mains. Comme ça on garde les mains propres. Excusez-moi, mais je trouve qu’il est plus facile de me laver les mains après avoir craché dedans que de me laver le manteau ou le pull après avoir craché dessus, au boulot en tous les cas! En plus, maintenant, quand on me verra éternuer dans mes mains en public, ce que je fais depuis toujours et qui jusqu’à il y a quelques jours était considéré « poli » (plutôt que d’éternuer sans me couvrir la bouche), on va trouver que je suis impolie parce que je ne le fais pas dans ma manche! Génial! Vive le progrès!

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Y’a marqué: Vous n’avez pas de kleenex? Faites le « sleeve sneeze. » Eternuez dans votre manche. Gardez vos mains propres. Stoppez la propagation des GERMES!

Et moi qui croyais que seuls les Américains étaient obsédés par les germes… En tous les cas, je vous conseille vivement d’aller vous laver les mains après avoir lu ce post parce que je viens d’éternuer dans mes mains et je continue à tapper sur mon clavier comme si de rien n’était… beurk!

Alors, suis-je amoureuse des Etats Unis ou du Canada, comme postscriptum le demande dans le post précédent? Est-ce que je préfère vivre ici ou est-ce que la vie de là-bas me manque mortellement? Est-ce que je vais retourner vivre le rêve américain le plus vite possible? Est-ce que le Canada est un pays aussi archaïque et déprimant que je l’ai décrit?

Bonnes questions. Avant d’y répondre, je dois encore expliquer trois points importants.

1. Oui, la vie est beaucoup plus facile aux Etats Unis pour quelqu’un qui a mon niveau d’éducation, mon soutient familial, mon travail, mon argent, ou plus. Il n’y a aucun doute là-dessus! Mais je crois que cette vie facile est le résultat d’un capitalisme sauvage où on sacrifie simplement les pauvres pour donner une meilleure vie aux riches. C’est très clair au niveau des assurances maladies, de la retraite, et de l’éducation, entr’autres. Au Canada, on ne court pas aussi férocement vers la belle vie américaine parce qu’on aime moins l’idée de laisser des cadavres et des fantômes derrière soit. C’est un concepte complètement anti-américain, anti- »the survival of the fittest, » anti-rêve américain. Le rêve américain dit que « je peux arriver à faire tout seul ce que je veux dans ma vie, personne ne me doit rien, et je ne dois rien à personne. » Le rêve canadien dit que « ça va pas être facile mais si on se serre les coude, on peut à peu près tous y arriver. » TRES grosse différence.

Et c’est bien agréable de profiter de la belle vie américaine, mais au bout d’un moment, on se sent quand’même vachement coupable… moi, en tous les cas (et j’en connais qui ne le sont pas du tout).

2. A part cette différence de mentalité et de vision du monde, il y a une autre très grosse différence entre les deux pays: l’économie. Il n’y a aucun doute que le marché économique est beaucoup plus limité au Canada (à cause du nombre d’habitants, des températures moyennes de plusieurs provinces, etc.) qu’aux US. Le résutat, c’est que la concurrence est pratiquement innexistante au Canada, et le gouvernement peut dicter sa loi beaucoup plus facilement (puisqu’il y a moins de privatisation). Au niveau des banques ou de LA compagnie aérienne, par exemple, il y a beaucoup moins ou aucune compétition et les prix sont donc plus élevés, le service à la clientele est moins bon (mais toujours meilleurs qu’en France, ouf), il y a plus de paperasserie et moins de changements, et tout est moins efficace. C’est comme ça et on y peut pas grand’chose!

3. Mon troisième point concerne les immigrants et l’image qu’ils ont du Canada. J’ai sûrement eu une vision plus négative du Canada que quelqu’un qui vient de France. Je dirais que le Canada est, sur une échelle de 1 (France) à 10 (Etats Unis)*, à 6 ou 7 (ça dépend dans quel domaine). Par exemple, au Canada, il est beaucoup plus facile (et immaginable) qu’en France de changer de carrière à 40 ans, de recommencer des études à 50 ans, de faire des emprûnts importants à 30 ans, de créer sa propre boîte, de trouver du boulot, de déménager dans un état à l’autre bout du pays… Aux Etats Unis, tout ça devient tellement facile que c’en est presque dangereux. Au Canada, le service à la clientèle est meilleur qu’en France parce qu’il existe! Au US, il est tellement bon que n’importe qui peut faire n’importe quoi pour n’importe quelle raison et ça en devient ridicule (au niveau des procès, par exemple). C’est pareil dans beaucoup d’autres domaines, et je pense que c’est pour ça que mon point de vue est très différent de ce qu’on entend souvent raconter en France par les français qui ont immigré au Québec, par exemple.

Alors oui, je suis amoureuse du Canada, et oui, je veux y rester. Et oui, j’ai aimé et j’aime toujours les Etats Unis mais je n’irai jamais y revivre. On me dit « oui mais bientôt un certain buisson maudit ne sera plus au pouvoir » mais ça ne changera rien, la société américaine a toujours été excessive en bien et en mal et le restera toujours, que son président soit Républicain ou Démocrate. Aux Etats Unis, tout va toujours tellement rapidement et efficacement qu’on finit par oublier qu’il y a des êtres humains derrière tout ça, qui payent de leur santé mentale et physique pour nous offrir cette rapidité. Quand je suis arrivée ici, je gueulais contre la lenteur et l’inéficacité des employés (banques, magasins, etc.), et mon frangin m’a dit « oui mais c’est sûrement plus agréable et meilleur pour la santé de ces gens de pouvoir bosser à un rythme normal et sans se dire qu’à la première gaffe ils se retrouveront à la rue ou avec un procès sur le dos. » Je gueule toujours, mais je pense qu’il n’avait pas entièrement tort. On n’a rien sans rien. La « perfection » apparente des Etats Unis coûte cher, et sous sa lisse surface, on trouve beaucoup plus de problèmes sérieux (qui existent au Canada mais à des niveaux bien moins alarmants) comme le racisme, le fondamentalisme, l’excès, le puritanisme, l’orgueil, la corruption, l’obésité, l’ignorance, la bêtise, la peur, la haine, l’abrutissement, la xénophobie, la manipulation…

Alors oui, ma vie américaine me manque terriblement mais je lui préfère quand’même ma vie canadienne. Quant au rêve américain, les français en manquent sérieusement, mais les canadiens n’en ont pas besoin, la société change bien assez vite d’elle-même pour qu’on en rajoute. Et non, malgré mes médisances répétées que mes amis canadiens ont endurées patiemment, le Canada n’est pas un pays archaïque et déprimant, bien au contraire, et je ne peux raisonnablement que me plaindre du manque d’accessibilité, de la difficulté à trouver des médecins, et du système banquaire (et d’un certain harpagon, bien qu’à côté du buisson maudit, il soit un vrai enfant de coeur). Pour le reste, on s’y fait, et les changements empêchent de vieillir trop vite, pas vrai?

Alors vive le Canada, pays qu’on ne peut s’empêcher d’adorer malgré ses défauts :) Moi je l’ai, mon rêve canadien, et je le garde!

* Ca veut pas dire que la France est nulle, putainborderldemerde! Mon échelle mesure tout en général, la bouffe, la violence, le prix de la vie, la culture… parfois c’est positif, parfois c’est négatif, et peut-êtr que mon échelle va de -10 à + 10, hein?! C’est marrant, très peu de canadiens me sont tombés dessus quand j’ai critiqué sans vergogne leur pays dans nombreux de mes posts, mais là, je dis trois mots sur la France, et la France au complet est prête à me passer à la guillotine! A chaque fois c’est la même chose

Pour détendre l’atmosphère et vous démontrer que tout n’est pas rose noir au Canada, laissez-moi vous raconter une petite histoire. Quand je suis arrivée ici, on m’a dit qu’il fallait que je change ma plaque de voiture américaine en une plaque ontarienne et échanger mon permis de conduire avant 60 jours après mon arrivée. Comme une grande fille, je suis donc allée au département des transports pour y faire tout ça et là, on m’a dit qu’on ne pouvait rien faire parce que les ordinateurs de l’Indiana, qui gardaient secrètement mon « historique de conductrice » nécessaire pour avoir un permis de conduire canadien, étaient en panne. En attendant que les ordinateurs remarchent, m’a-t-on dit, je pouvais aller faire vérifier ma voiture pour la sécurité et la pollution, vérification nécessaire pour avoir les plaques. Bon…

Comme une grande fille, je suis donc tout de suis allée faire ces vérifications de pollution et de sécurité ($160) et j’ai attendu que les ordinateurs de l’Indiana remarchent… Un peu plus d’un mois plus tard, j’ai reçu un coup de téléphone du département des transports me disant qu’ils avaient enfin reçu les informations nécessaires de l’Indiana et que je pouvais venir chercher mes plaques et mon permis. Là-bas, j’ai effectivement reçu mon permis mais pour avoir les plaques, il fallait que j’aie une assurance canadienne pour la voiture… et petit détail navrant, le teste de pollution que j’avais fait pour la voiture n’était valable qu’un mois donc je devais aller le refaire (celui de sécurité était valable un an… ou le contraire…)! Bon…

Comme une grande fille, je suis allée me trouver un assureur chez la même assurance que j’avais aux Etats Unis comme ça j’avais déjà un historique de conductrice et je ne payais pas comme si je venais d’avoir mon permis… mais ça me coûte quand’même $150 par mois alors qu’aux US, ça ne me coûtait que $40 par mois, vive le Canada! Et là, je me suis souvenue que je devais refaire le teste de pollution… et pour la première fois, j’ai béni l’archaïsme canadien qui veut qu’on écrive encore plein de papiers officiels à la main… et j’ai transformé le 7 (de juillet) en 8 (d’août). Comme ça. C’était la première fois (et probablement pas la dernière fois) que je trompais honteusement le gouvernement canadien. Honte sur moi jusqu’à la troisième génération (ça m’a quand’même fait économiser $105)! Pour me faire pardonner, j’ai choisi l’option « chère » pour la vignette et je l’ai payée d’un coup d’un seul jusqu’en janvier 2008! (Et finalement ils n’ont même pas regardé ces papiers…).

Bref, je vous avais bien dit que j’étais une fille immorale et que vous devriez brûler ce blog…

A part ça, que raconter sur les voitures au Canada? D’abord, comme il y a seulement un petit nombre de provinces différentes (et pas beaucoup de voitures dans certaines de ces provinces, j’imagine), on voit rarement des plaques d’immatriculation d’autres provinces comme aux Etats Unis. Et ces plaques sont moins différentes les unes des autres, moins jolies, c’est dommage. Quand je pense aux dixaines de plaques différentes qu’il y avait rien qu’en Indiana! Donc ici c’est un peu « platte » comme disent les Québecois ;)

Un truc différent de l’Indiana et de l’Utah (et je ne sais pas comment c’est dans les autres provinces et états), c’est qu’en Ontario, on paye les taxes de voiture (la vignette) à son anniversaire, pas à celui de la voiture ou à l’année, c’est pour ça que ma vignette est bonne jusqu’en janvier (mon anniversaire, hint, hint ;) ) alors qu’en Indiana, je payais la vignette en juillet de chaque année parce que j’étais arrivée en Indiana en juillet.

Quelque chose qui m’a surpris mais que j’ai trouvé bien pratique, c’est que l’assureur de la voiture est venu lui-même chez moi vérifier le numéro de ma voiture. Il m’a dit que c’est une nouvelle loi en Ontario pour limiter le nombre de voiture volées qu’ils assurent. Moi, ça m’a évité un déplacement, parce que c’est pas mon assureur américain qui se serait bougé les fesses!

En ce qui concerne les limites de vitesses, c’est ridicule: 100 kil/heure sur les autoroutes au maximum, excusez-moi mais c’est presque dangereux de rouler si lentement et il n’y a pas moins d’accidents ici qu’en France ou aux US où on roule plus vite! D’ailleurs en Ontario tout le monde roule plus vite (et plus dangereusement parce qu’il faut tout le temps vérifier que la police ne nous suit pas…). Par contre, en plein centre ville, la limite est entre 70 et 90 kil/heure pour les grandes artères! Ridicule! (Bon, c’est pas souvent que les bouchons perpetuels de mon bled permettent de faire du nonente à l’heure, à vrai dire…). Il y a un système de point sur le permis, comme en France, mais ça n’existait pas aux US. A part ça, les règles de la circulation sont pratiquement les mêmes qu’aux US (ouf!) sauf qu’ici on compte en kilomètres et mètres et pas en pieds et miles. Par contre, pour le parking, ici c’est la grande rigolade (je ferai tout un post là-dessus bientôt, ça vaut le détour!).

On m’avait dit que les piétons canadiens étaient célèbres pour attendre que le feu passe au vert pour eux avant de traverser la rue… sauf à Granbled, je peux vous dire (enfin, la plupart des gens attendent effectivement, et j’ai la vague impression que ceux qui ne le font pas sont des sales français étrangers)! Par contre il est vrai que les Canadiens font la queue aussi sagement que les Américains (contrairement aux français, hum hum) pour attendre le bus, à la poste, etc.. Et puis bon, j’ai gueulé sur la TTC, mais en gros, il y a un bon système de transports publics à Granbled, entre les bus, le métro (il n’y a que deux lignes, c’est vrai, mais c’est mieux que rien), et les streetcars, surtout que les billets pour les uns sont valables pour les autres, c’est pratique, et même si sur un trajet je prends le métro ET le streetcar ET le bus, je ne paye qu’un billet. Il y a parfois des problèmes (accidents, suicides dans le métro, etc.) mais j’imagine qu’il y en a autant ici qu’ailleurs. En tous les cas, on n’a vraiment pas besoin d’avoir une voiture pour vivre correctement dans cette ville! Et comme le prix de l’essence est trois fois plus élevé qu’aux US (alors que le Canada produit beaucoup plus de pétrol que les Etat Unis, mais taxe aussi ce pétrol beaucoup plus), c’est bien d’avoir des bons transports en commun!

Une dernière chose qui peut vous être utile si vous passez par ici. Le feu vert signifie: on roule vite; le feu orange signifie: on roule encore plus vite; et le feu rouge signifie: on ne se laisse pas intimider et on continue, mais après reflection, on s’arrête au milieu de l’intersection! Bienvenue au Canada :)

PS. J’ai oublié le chwal, boudjou! La police se balade à chwal dans la ville, c’est très rigolo! Mais ils n’ont pas le bel uniforme rouge que la police montée canadienne avait toujours à la télé de mon temps… Pfff, le Canada n’est plus c’qu’il était ma brave dame!

Si la médaille d’argent de la chiantise revient à la TTC, la médaille d’or revient sans conteste au système banquaire canadien! (Désolée, post très long parce que moi très fâchée!)

Parlons du système américain d’abord: il y a des centaines de banques différentes, aux US, et donc une compétition serrée pour s’approprier les clients. Ma banque en Indiana, par exemple, « offrait » des tas de cadeaux si on ouvrait tel ou tel compte chez eux (je dis « offrait » parce qu’en fait, on devait payer des impôts sur ces cadeaux à la fin de l’année). Comme je recevais un salaire régulier de Purdue University, je ne payais absolument aucun frais, ni pour garder les comptes courant et épargne ouverts, ni pour les transactions que je faisais à la banque même, sur internet, avec ma carde de « débit » ou mes chèques, ou bien aux distributeurs de sous (ATMs). Les seuls frais que j’aurais pu payer étaient si j’avais eu un compte négatif (ce qui n’est que rarement arrivé puisque j’avais aussi des cartes de crédit). Aujourd’hui, j’ai toujours un compte aux US mais comme je n’ai pas de salaire régulier qui tombe dessus, je paye $1.5 par mois, mais chaque transaction est toujours gratuite.

Avec ce compte américain, j’avais une carte de « débit » gratuite que je pouvais utiliser dans tous les magasins/restos, etc. (et sans minimum, du genre je pouvais payer un timbre à $0.52 avec ma carte), par téléphone (pour acheter une pizza à livrer à domicile, par exemple) et ausi aux ATMs, soit avec une signature, soit avec un code secret (PIN). Quand j’utilisais le PIN, je pouvais aussi bénéficier du système « cash-back, » c’est-à-dire que si mon total était de disons $15.55, je pouvais payer ça et en même temps, « retirer » autant de liquide que je voulais et gratuitement (comme si j’étais à un ATM). Mais en gros, je n’ai jamais eu besoin d’avoir de liquide avec moi pour vivre sans problème puisque qu’on peut payer pratiquement partout avec les cartes banquaire, aux US. Je suis passée par quatre banques différentes dans deux états différents, et leur façon de fonctionner était la même partout, à part pour quelques détails (par exemple une des banques avait un « compte de découvert » spécial attaché au compte courant et qui « offrait » (sans frais si on les repayait en un mois) une possibilité de découverts jusqu’à une certaine limite).

Enfin, les premiers 50 chèques étaient gratuits (et je les utilisais rarement de toutes les manières puisque qu’on pouvait très facilement et gratuitement payer toutes ses factures avec internet) et on pouvait choisir parmis des centaines de designs différents. Sur internet, je pouvais voir toutes les informations à propos de la personne/compagnie à qui j’avais fait des payements, et je pouvais même voir une copie scannée des chèques que j’avais utilisés (le devant et le dos de chaque chèque). Un dernier truc: si par le plus grand des hasard une âme généreuse voulait déposer de l’argent sur mon compte, il/elle pouvait simplement aller à ma banque et dire « je voudrais mettre $6000 sur le compte de miss lulu » et paf, ils trouvaient mon nom, mon numéro de compte, et c’était fait! Bref, tout était clair, simple, et fait pour simplifier les dépenses (on était aux Etats Unis après tout, n’oublions pas!).

Au Canada, ooohhhhhh, c’est une toute autre histoire et une histoire très douloureuse! Déjà, il y a seulement six banques principales et environ une quinzaine de petites banques locales. La compétition est donc très limitée et ces saligauds le savent et en profitent. Là, je n’ai vu qu’une offre de « cadeau » pour l’ouverture d’un compte (un iPod), et les frais sont différents dans chaque banque mais démentiels partout. Par exemple, ma banque ne demande pas de frais mensuel ni de frais de transactions si j’ai au moins $2000 sur mon compte en tout temps mais dès que je tombe à $1999.99 ou en-dessous, alors là ils prennent $4.00 juste comme ça, et en plus, $0.63 par transaction (chèque, ATM, magasin/resto, banquier, etc.). Une autre banque propose des transactions gratuites et illimitées même sans minimum sur le compte mais par contre, les frais mensuels sont de $35!

Les chèques sont hors de prix (et il y a environ cinq designs différents) et acceptés très rarement, et leur carte ATM est très différente de l’américaine. Ici, on ne peut que l’utiliser avec un PIN, et donc c’est impossible de payer avec elle dans beaucoup de restos et magasins et en particulier par téléphone. Donc comme je n’ai pas de carte de crédit canadienne (sauc une AmEx mais elle ne s’utilise pas partout), je ne peux partiquement rien acheter par téléphone (pizza, etc.) ou bien avec du liquide seulement. Et le système « cash-back » marche, mais rarement, et seulement si le montant des achats s’élève à plus de $10, en général.

Un autre truc canadien, c’est les payements par internet. On ne peut payer ses factures par internet qu’à des compagnies qui ont un « deal » avec la banque en question. Par exemple, je peux payer mon loyer par internet si ma régie s’est mise d’accord avec ma banque pour que ce soit possible. Et chaque mois, il faut recommencer les vérifications (impossible de faire des payements mensuels automatiques comme aux US). Donc si la compagnie que je veux payer n’a pas d’accord avec ma banque, je suis screwed, comme on dit.

Les cartes de crédits sont aussi beaucoup plus difficiles à obtenir au Canada qu’aux US. Dans ma banque, ils ne donnent de cartes de crédits qu’aux canadiens et aux résidents permanents (donc pas aux gens qui, comme moi, ont seulement un permis de travail). Heureusement, j’avais une Américan Express aux US et eux ont donc été d’accord de me filer une AmEx (avec un maximum très bas mais qui peut augmenter au fil des temps si je fais mais remboursement régulièrement). Sans mon AmEx, je n’aurais encore ni lit ni bureau ni commodes!) Je n’ai pas investigué le coup de la « credit history » mais d’après ce que je comprends, c’est pareil qu’aux US. Par contre, le truc rigolo (enfin, pas trop) avec AmEx, c’est qu’ils ne me laissent pas les payer avec une autre carte de débit/crédit (genre la carte de mon compte en France ou aux US). Il faut que je demande à ma banque s’ils peuvent avoir un accord avec AmEx pour qu’ils envoient depuis mon compte canadien des sous pour payer mon AmEx. Bizarre. En plus, utiliser le « online banking » (gérer mes comptes sur internet) est très nul aussi parce qu’on voit seulement un bout du nom de la compagnie à qui on a fait le payement et aucun autre détail (donc parfois c’est impossible de deviner ce que c’était), le total du payement, et la date du payement. Oh, et un truc que j’ai encore du mal à croire: parfois, je reçois des reçus écrits à la MAIN, quand je dépose de l’argent sur mon compte! Et quand mes parents ont voulu déposer de l’argent sur mon compte quand ils étaient au Canada, ils n’ont pas pu parce qu’ils avaient SEULEMENT mon nom ET ma carte banquaire ET mon numéro de compte (qui n’est pas écrit sur ma carte), mais il leur manquait mon PIN! On est encore au Moyen-Âge ou quoi?!.

Un autre truc con, ici, c’est le coup des chèques: l’autre jour, j’ai reçu un chèque de remboursement de frais professionels pour $150 de mon université. Je suis donc allée à ma banque, dans ma « branche » (succursale?), là où ils reçoivent mon salaire tous les mois de mon université et où je garde (j’essaye de garder, plutôt) $2000 sur mon compte en tout temps, et j’ai dit « est-ce que je peux vous filer mon chèque et recevoir les $150 siouplait? » et on m’a dit que non. Non, ils gardaient le chèque « gelé » pendant cinq jours pour vérifier que ce n’était pas un faux et ensuite seulement je pouvais recevoir l’argent sur mon compte directement. $150! De mon employeur! Dans MA BRANCHE! Alors que j’ai « cashé » (reçu tout de suite et en liquide) des chèques de $2000 dans mes banques américaines sans problème, même quand c’était des chèques de n’importe qui et que j’allais dans n’importe quelle branche! Ma fin de mois est super serrée mais je reçois enfin $150 de remboursement de frais professionels et $350 de frais de lentilles de contact + occuliste mais non, je n’aurai cet argent que cinq jours plus tard, quand j’aurai été obligée de piocher sur les $2000 de minimum que je dois garder en tout temps sur mon compte et que donc je devrai en plus payer $15 de frais sur toutes les transactions que j’ai faites AVANT ça (même quand j’avais encore $2000 sur mon compte, c’est rétroactif, les abrutis!). Hystérique, je suis, avec ma banque!

Je pense que la plus grosse différence entre le système banquaire aux Etats Unis et au Canada c’est qu’aux US, les banques se font un blé fou avec les cartes de crédit mais les comptes courants et d’épargnes sont pratiquement gratuits (bon, les comptes d’épargne ne rapportent pratiquement rien là-bas, soyons honnête), alors qu’au Canada, les banques se font un blé fou sur tout, absolument tout, et tout est compliqué pour qu’on se fasse avoir le plus possible.

Voyons, qu’oubliais-je à propos de ce &£%#$@&£&$ de système banquaire? Ah, une seule et dernière choses: ce système est archaïque, malhonnête, et honteux, et y’a rien à dire de plus!

Je le reredis: mes OBSERVATIONS sont SEULEMENT des GENERALITES qui me sont venues à l’esprit après SEULEMENT QUATRE MOIS dans UNE SEULE VILLE CANADIENNE et 10 ans dans SEULEMENT DEUX ETATS aux USA. Il est donc ABSLUMENT CERTAIN que ce que je raconte ne concernent QUE MOI. JE M’EXCUSE auprès de tous ceux que j’offusque en GENERALISANT ainsi sur des pays aussi grands et diversifiés que le Canada et les Etats Unis.

Dans la série « Canada vs. USA, » parlons aujourd’hui des petites choses de tous les jours…

- Les magasins sont fermés tôt le soir (enfin, c’est pas aussi pire qu’en Suisse, quand’même), très souvent le dimanche, et très souvent le lundi au Canada alors qu’ils sont pratiquement ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 364 jours sur 365 aux US (le seul vrai jour férié pour les magasins américains est Thanksgiving). Et le truc auquel je n’arrive pas à m’habituer est que les restaurants n’ouvrent que vers 11:30 ou midi et sont parfois fermés l’après-midi. Aux US, tout est ouvert à 11 heure du matin et le reste jusqu’à tard le soir (enfin, 10 heures du soir dans mon champ de maïs, il faut bien l’avouer, alors qu’à Granbled c’est encore souvent ouvert beaucoup plus tard);

- Les gens au Canada sont sympas en général, je dirais autant qu’aux US, mais ma copine Karibou me dit que les Canadiens sont plus exigeants et même un peu chiants parfois…. Ce qui est sûr, c’est qu’aux US les gens ne sont pas casse-pieds, ils vous collent simplement des procès au cul tout de suite…

- Les Canadiens sont définitivement moins propres que les Américains (au niveau du nombre de douches par jours là je sais pas, mais c’est difficile d’être plus obsédé par la propreté que les Américains): il y a des journaux, des papiers, et des tasses en papier (café) partout sur les trottoires et dans le métro, et les toilettes publiques sont de loins moins propres (mais c’est quand’même le paradis comparé à la France!). Par contre, comme aux US, il n’y a pas de crottes de chien, jamais, nulle part! (bon d’accord, il y en a une en bas de chez moi, c’est vrai, mais c’est la première que je vois en quatre mois!);

- Le système de pourboires partout (restos, coiffeurs, taxis, etc.) est le même qu’aux US, c’est pratique;

- Le numéro de sécurité sociale (SS# aux US), n’est pas utilisé au Canada comme vérification de sécurité (banque, etc.). Par contre, on utilise plus la date de naissance, ce que je n’ai jamais vu aux US. Dans les deux pays, on utilise aussi le nom de jeune fille de la mère (donc de ma mère) pour vérifier qu’on est bien la bonne personne;

- Les cartes (permis, carte de santé, carte de numéro social) sont plus jolies, avec des jolies fleurs et tout, huhuh) (admirez la sale tronche que je fais sur la première carte, après avoir dû revenir QUATRE FOIS à leur bureau pour leur rapporter des tas de papiers différents à chaque fois! Et en plus, au Canada on doit attendre 3-5 semaines avant de recevoir sa carte de permis de conduire, alors qu’aux US on la reçoit tout de suite après avoir réussi son permis. (Par contre, le numéro d’assurence sociale, je l’ai eu en 1,5 minute!);

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- Un truc marrant: beaucoup de bijouteries sont fermées à clé et il faut sonner pour y entrer pendant la journée. Pendant la nuit, tout est rangé dans des coffres et les vitrines et le magasin entier sont vides, ça fait bizarre, je n’avais jamais vu ça ailleurs (au début je croyais que c’était des magasins qui avaient fait faillite);

- La frontière pour rentrer au Canada est de loin plus cool que la frontière pour rentrer aux Etats Unis. Pour rentrer aux US, ça me prend entre 30 minutes et une heure et je suis fouillée, questionnée, on me prend mes empreintes digitales et ma photo à chaque fois, et ça me coûte $6 à chaque fois. Pour rentrer au Canada, je montre mon passeport, mon permis de travail, et basta, à la prochaine! Vive le Canada!

- Autre truc marrant: il y a de la publicité par-terre, surtout dans le métro, des affiches immenses (3-5 mètre de long) sur lesquelles les gens marchent…

- Au Canada, il n’y a pas de courrier le samedi et c’est chiant. Les postes et les banques sont aussi fermées le samedi, c’est super pas pratique!

- Au Canada, on recycle beaucoup beaucoup beaucoup plus qu’aux Etats Unis. Tout doit être séparé tout le temps, le verre, le papier, le plastique… Alors qu’aux Etats Unis, le gens ne croyaient pas que le recyclage était utile. A chaque fois que j’apportais mes piles usées à un magasin de piles pour qu’ils les recyclent, ils les jetaient à la poubelle devant mes yeux en rigolant, comme si je venais d’une autre planète;

- Le cinéma se passe comme aux USA. Il n’y a pas de pause au milieu (comme en Suisse, tuez-les!!) ni au début (comme en France). Les sacs de pop-corn sont énormes au Canada mais un peu moins qu’aux US (d’ailleurs il y a beaucoup moins de gens qui ont des problèmes de poids, ici, c’est frappant).

- Internet et le téléphone sont chers et assez nuls (en tous les cas chez Rogers). Enfin, pour internet on a plus de choix de rapidités de connections. Mais le téléphone est terriblement basic, et chaque option est hors de prix (répondeur, caller ID, call waiting, etc.). Mon répondeur (on a UNE option gratuite) ne me dit ni quel numéro m’a laissé un message ni quand l’appel a eu lieu (date, jour, etc.) et je ne peux pas garder les messages après les avoir écoutés. Les options d’appels internationaux sont aussi beaucoup plus limitées au Canada qu’aux Etats Unis (je reviendrai sur le problème de la concurrence un de ces jours).

Voili voilà, quelques petites différences de plus, de mieux ou de moins bien, ce n’est pas ça l’important. L’important c’est que c’est différent :)

Chers lecteurs, chers amis, chère famille,

Vous en voulez des comparaisons entre le Canada et les Etats Unis?? Je vais vous dire la pire, celle qui me gâche la vie quotidiennement, celle qui me rend folle matin et soir, celle qui me pourrit la santé: l’accessibilité! Aux US, tout, et je dis bien TOUT, est prévu pour les personnes aveugles, sourdes, en fauteuils roulants, âgées, enceintes, etc. Tout. Il y a des rampes partout, des ascenceurs, des menus en braille, des bruits spéciaux aux feux, des trottoires abaissés, des portes larges, des autobus qui se baissent avec des passerelles, des citoyens responsables qui ne se garent jamais sur les multiples places handicapées, et des gens qui font couper les files aux personnes qui ne peuvent pas attendre debout longtemps. Et je ne parle pas seulement de mon ex-champ de maïs mais de Chicago, de New York, de Los Angeles, de Washington DC, de San Franciso, de Salt Lake City, de Las Vegas… Au Canada: pratiquement rien. Ni dans le petit bouiboui perdu au milieu de la toundra, ni dans la plus grande ville du Canada. On se croirait presqu’en France…

J’ai failli tuer un agent de la TTC (commission des transpors de mon bled) aujourd’hui. Je n’en peux plus, je suis épuisée et sur les rotules, j’ai mal aux jambes, et je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas de bancs aux arrêts de streetcar et seulement QUATRE sièges à la plupart des arrêts de métro (il faut donc faire 4 kilomètres pour les trouver). C’est honteux, dans une ville aussi grande que celle-ci, dans une société qui se veut moderne et exceptionelle au niveau social (voir mon avant-dernier post) de se trouver dans une situation aussi déplorable et moyennageuse.

J’ai écrit aux TTC quatre fois pour les implorer d’essayer de changer les choses. J’ai reçu une seule réponse, qui m’expliquait que les arrêts de streetcars avaient été construits dans les années 70 et qu’à l’époque, les législations interdisaient de mettre des sièges à ces endroits-là. C’était leur seule excuse. Je la trouve lamentable et même insultante.

Je vous propose donc aujourd’hui d’écrire à ces braves gens et d’expliquer que ça ne va plus, qu’il faut se bouger le popotin parce qu’il y a des centaines de personnes (et je les vois tous les jours, les personnes âges, les femmes enceintes, les mères avec trois marmots dans les bras, les gens qui ont du mal à marcher…) qui ont du mal à rester debout longtemps et qui ont désespéremment besoin de ces sièges (et je ne parle même pas des ascenceurs innexistants, des portes plus larges pour les poussettes au lieu des tourniquets, etc.). Peut-être qu’une centaines d’emails en même temps, de pays différents, qui demandent tous la même chose, pourra faire bouger les choses. Vous pouvez écrire dans n’importe quelle langue, le TTC dépense une fortune pour se vanter qu’on peut leur écrire dans plus de 160 langues différentes et qu’ils les comprennent toutes (ça me fait une belle jambe). Vous pouvez même vous adresser directement au Transportation Services Supervisor qui s’appelle Kypros Perikleous, son adresse email c’est kperikle@granbled.ca (vous changez granbled par le nom de la ville), et son numéro de téléphone c’est le 416-392-1799. Je vous mets l’adresse où vous pouvez écrire des emails au TTC (pas besoin de remplir les informations à propos du jour, du lieu, etc., ni de mettre votre adresse email à la fin) (je mets l’adresse sur une image pour ne pas que le nom de la ville soit trouvable par notre ami Google):

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(Si le lien ne marche pas (attention, c’est httpS), aller à http://ttc.ca ->TTC Information -> Contact Us -> On-line comment form -> Online Form -> Complaint / Suggestion? -> TTC Service?)

Allez-y, harassez-les, parce que je suis fatiguée de le faire. Moi, demain, je téléphone à un avocat (j’aurai le temps, je ne vais pas au boulot, j’ai trop mal aux jambes)!

PS. Pour ceux qui n’auraient pas encore remarqué, je marche avec des béquilles, ben oui. J’ai aussi deux chatounes hystériques, une bagnole de bientôt 10 ans, deux soeurs et un frère, des comptes en banque dans quatre pays différents, et une bosse sur le nez, c’est pas ma faute.

PPS. Si vous écrivez à la TTC et ne mettez pas votre adresse email à la fin de votre message, ils vont croire que tous ces messages viennent de la même personne qui les spamme… Oups…

PPPS. Visiblement, je ne suis pas la seule à pense que leur système est vraiment nul:

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Y sont fous ces canadiens: ils écrivent maple leafs au lieu de leaves, centre au lieu de center, et ils disent « zèd » au lieu de « zii » pour la lettre Z. En plus, ils utilisent programme, cheque, tap, cutlery, railway, et colour (british), mais gas, truck, tire, et chips (américain). Les québecois se disent anti-anglais (on dit « arrêt » au lieu de « stop » et « magasinage » au lieu de « shopping, ») mais ils disent tomber en amour (fall in love), appliquer pour une job (apply for a job), appointment (rendez-vous), badlucké (malchanceux, de bad luck), bosser (donner des ordres tout le temps, de boss), catcher quelque chose (comprendre, to catch), matcher (les pantalons avec chemise, de match), et tant d’autres (allez-y, ne vous gênez pas pour compléter la liste ;) )!

Autres trucs qui me rendent la vie compliquée: on dit « grade 10″ au Canada au lieu de « 10th grade » aux US (pour les niveaux à l’école), marks au lieu de grades (pour les notes d’examens), on « write an exam » au Canada mais on « take an exam » aux Etats Unis, on utilise un calendar au lieu d’un catalog (gros bottin qui donne la description de tous les cours offerts par l’université et autres informations importantes), on utilise très rarement freshman et sophomore (alors qu’on l’utilise très souvent aux US, pour décrire les étudiants universitaires de première et deuxième années), on dit « going to university » au lieu de « going to the university, » et « going to hospital » au lieu de « going to the hospital. » « Going to college » ne veut pas dire « going to university » (alors que c’est à peu près l’équivalent aux US) puisque le « college » au Canada est très différent de l’université (c’est plutôt une école professionelle).

Oh, et le « bacon » au Canada c’est ce qu’on appelle du « Canadian bacon » aux Etats Unis, et le « bacon » aux Etats Unis c’est du « peameal bacon » au Canada (ou quelque chose comme ça, cette histoire n’est pas encore très claire comme je ne mange d’aucun des deux…). « Pissed » veut dire fâché aux US et soûl au Canada, et « rubbers » veut dire condoms aux US et bottes d’hiver au Canada!

En ce qui concerne les stéréotypes sur les Canadiens de différences régions: sur la côte ouest (Colombie Britanique), ce sont tous des végétariens, des hippies, des « tree huggers, » et ils protègent les baleines, mais sont les plus gros consommateurs de café et de SUV (4×4) du Canada. A l’ouest (Alberta, Saskatchewan, Manitoba), il n’y a que des red necks, des fermiers, et des fondamentalistes, (l’Alberta est au Canada ce que le Texas est aux Etats Unis). En Ontario (en fait, en Ontario, il n’y a que Trana qui compte) ce sont tous des snobs qui se croient plus intelligents et cultivés que le reste du Canada. Les Québecois sont des séparatistes, des maudits français, et ils détestent le reste du Canada. A l’est (Nouvelle-Ecosse, Nouveau-Brunswick, Ile du Prince Edouard), on trouve des pequenaus et des marins inclultes dans le brouillard et la pluie éternelle. Au nord (Yukon, Territoire du Nord-Ouest, Terre-Neuve-et-Labrador, Nunavut) ce sont des eskimos qui vivent dans des igloos et mangent de l’ours. Et vous, vous en connaissez des autres, des stéréotypes sur les Canadiens?

Ma question est la suivante: y a-t-il un sentiment anti-Américain au Canada? C’est sûr, les Canadiens aiment se démarquer des Américains et font tout pour bien montrer qu’ils ne sont PAS comme leurs voisins du sud… mais cela veut-ils dire qu’ils détestent les Américains? Parfois j’ai l’impression que c’est assez prestigieux d’être Américain, ici (un peu comme partout dans le monde, finalement, parce que même si on dit qu’on déteste les Etats Unis, on admire (et on envie?) malgré tout beaucoup des bons côtés de ce pays…). Alors qu’aux Etats Unis, l’opinion est quand’même très divisée entre 1) ceux qui pensent que leur pays est le seul pays vivable au monde (le Canada est un pays où il neige tout le temps et où on bouffe du caribou au sirop d’érable) et 2) ceux qui pensent que l’assurance maladie au Canada c’est génial (c’est les bons stéréotypes américains sur le Canada, ça!).

PS. Ah j’ai oublié un truc qui me fait toujours rigoler: bilingue se dit « bilingual » en anglais et se prononce « baï-lin-gwel » aux US et « baï-lin-guïü-wel » au Canada :lol: (le e de « wel » devrait être à l’envers, ce n’est pas wèl ni weul, c’est le fameux shwa anglais).

Il semblerait que mon « disclaimer » au début du dernier post n’ait pas été lu ou compris par certaines personnes et en particulier mes lecteurs canadiens que j’adore et que je comprends qu’ils s’énervent en lisant mes conneries parce que s’ils osaient faire des GENERALITES à la con sur la Suisse ou la France, je serais aussi fâchée à mort. Alors je le redis plus clairement: mes OBSERVATIONS sont SEULEMENT des GENERALITES qui me sont venues à l’esprit après SEULEMENT QUATRE MOIS dans UNE SEULE VILLE CANADIENNE. Il est donc ABSLUMENT CERTAIN que ce que je raconte n’est que des idioties GENERALISEES qui ne concernent QUE MOI. JE M’EXCUSE auprès de tous les canadiens du monde que j’offusque en GENERALISANT ainsi sur un pays aussi grand et diversifié que le Canada. Et pour que tout le monde se sente mieux, les suisses sont tous des banquiers et des voleurs d’or juif, et les français puent et sont arrogants. (Et je parle même pas des belges!) Tout le monde est fâché? Je peux continuer?

Thème du jour: la santé. Parlons d’abord de mon amie (que nous appellerons Karibou): Karibou, étant tombée dans les escaliers, elle ressentit une douleur terrible au pied et décida d’aller voir un médecin. Clopinant et souffrant le martyre, elle prit le métro et se rendit dans la première clinique qu’elle trouva sur son chemin. Hélas, cette clinique ne prenait pas de nouveaux clients et on l’envoya dans une deuxième clinique. Clopin clopant, elle prit le bus et se retrouva devant une clinique qui la renvoya illico, cette fois parce qu’elle se spécialisait dans les problèmes de drogués seulement. Bien mal en point et au bord de l’évanouissement, notre amie Karibou se rendit donc dans une troisième clinique et là, miracle, on l’accepta. Par contre, le médecin qui la vit pendant exactement deux minutes lui expliqua qu’elle s’était probablement bousillé l’orteil, qu’elle devait payer $50 pour la visite, et qu’elle devait se rendre dans une QUATRIEME clinique pour se faire faire des radios. Une semaine plus tard, le médecin lui dit de repasser par la troisième clinique parce qu’il avait reçu les resultats de ses radios. Là, une infirmière expliqua en deux minutes à Karibou qu’elle s’était cassé le gros orteil, qu’elle devait se mettre du scotch pour tenir ses deux orteils immobiles, et qu’elle devait payer $50 pour la visite. Aux US, Karibou aurait vu un médecin dans la première clinique où elle aurait débarqué, ses radios auraient été prises au même endroit, et elles auraient été interprétées immédiatement (OK, peut-être au bout d’une heure ou deux). La facture aurait été beaucoup plus salée (probablement de $400 de plus) mais l’assurence de Karibou aurait tout couvert sauf les « deductibles » (en général $20-$50). Il est a noter que Karibou n’avait à l’époque pas droit à l’OHIP (assurance maladie de l’Ontario) et que c’est peut-être pour ça qu’elle a dû payer les $100 (plus le coût des radios) de sa poche. C’est à voir.

Quand je suis arrivée au Canada, on m’a prévenue qu’il me fallait urgemment un « médecin de famille » que j’irais voir en cas de pépins et qui me « réfèrerait » à d’autres médecins (orthopédistes, neurologistes, etc.) si nécessaire. Une amie m’ayant recommendé un médecin, j’ai téléphoné là-bas pour me faire dire (on était fin juillet) que je pouvais retéléphoner en JANVIER pour mettre mon nom sur leur LISTE D’ATTENTE.

Il me semble que le système social du Canada est réputé de part le monde pour être excellent… et je ne dis pas qu’il est nul. Je dirais plutôt qu’il est très moyen pour tout le monde au lieu d’être, aux US, excellent pour les gens qui peuvent se l’offrir et pratiquement inexistant pour ceux qui ne le peuvent pas. Aux US, beaucoup d’employeurs offrent une couverture à leurs employés à plein temps (une couverture qui est donc excellente par rapport au Canada), mais les employés à mi-temps ne sont que rarement couverts et ceux sans travail ne le sont que par Medicare et Medicaid, des couvertures médicales à faire pleurer tout ce qui ne se dit pas Républicain. Au Canada, tout le monde est couvert par les assurences de l’état, mais le service est dangereusement lent et inéficace. Certains employeurs offrent des couvertures privées à leurs employés (avec déductions mensuelles sur le salaire, bien sûr), comme c’est le cas pour moi, mais même ainsi, avec l’OHIP plus un assurance privée, je dois payer DE MA POCHE tous les frais médicaux dont je peux avoir besoin et ENSUITE me les faire rembourser (à part le dentiste que je ne paye pas du tout). Payer $329 de ma poche pour des nouvelles lentilles de contacte ça passe, mais imaginez si j’étais allée voir un neurologiste, que j’avais eu des radios, des médicaments à acheter, etc.!

On dit que les médecins sont sous-payés et débordés, au Canada, mais je ne sais pas pourquoi. Beaucoup de cabinets de médecins ne prennent pas de nouveaux clients ou ont des listes d’attentes démentielles. En plus, pour aller voir un spécialiste il faut d’abord passer par son médecin de famille qui vous permet ou non d’aller voir le spécialiste en question (avec donc un rendez-vous six mois plus tard chez ce spécialiste si vous avez de la chance).

Enfin, en Ontario, au Québec (sauf pour les français), au Nouveau-Brunswick, et en Colombie-Britanique, les nouveaux immigrants ne sont pas couverts par l’OHIP (ou l’équivalent de chaque province) pendant leurs trois premiers mois au Canada. Mais même après trois mois et pour tous les habitants de ces provinces, les médicaments, lunettes/lentilles, soins dentaires, et services d’ambulances ne sont pas couverts. Je ne sais pas exactement si un même système existe aux Etats Unis, en ce qui concerne les immigrants, puisque moi j’ai tout de suite été couverte par l’assurance de mon université.

Alors… le Canada possède-t-il le meilleur programme d’assurance maladie au monde? Certainement pas! Comparé à la France, le système est déplorable (et ne me dites pas que la Sécu est au bord de la faillite, elle l’a toujours été). Comparé aux Etats Unis, le système est tout simplement différent, mais je dirais que pour environ 1/3 de la population, le système américain est de très loin meilleur. Bien sûr, je ne sais pas si ça serait possible d’avoir un système aussi efficace que le bon côté des Etats Unis pour tout le monde…

Un dernier petit truc: au Canada comme aux US, on appelle le 911 en cas d’urgence.

Oye oye, les textes qui suivent ne sont le fruit que de 10 ans passés dans seulement 2 états des Etats Unis (avec plusieurs voyages et séjours dans d’autres états c’est certain) et de seulement 4 mois passés dans une seule grande ville du Canada (mais de nombreuses (quoi que pas toutes récentes) visites à, entr’autre, Vancouver, Montréal, Québec, Antigonish, Moncton, Rimouski, Guelph, et Penetanguishene). Mes observations sont donc parfois erronées, ironiques, énervées, sérieuses, ou même (mais il faut bien chercher) parfois objectives à seulement 99%.. OK, 98%!

Donc voili voilà, j’ai décidé d’essayer de comparer les Etats Unis au Canada, puisque le premier me manque terriblement mais je n’y revivrais pour rien au monde, et j’adore le deuxième mais il m’énerve terriblement. Pour ceux qui se posent la question, non, la Suisse ne me manque pas et la France encore moins. La famille et la bonne bouffe si, par contre, et les paysages aussi…

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet qui n’est pas inconnu à ce blog: la bouffe! La bouffe canadienne est-elle meilleure que la bouffe américaine? C’est difficile à dire. Je pense que la bonne bouffe est plus facilement accessible et moins chère au Canada qu’aux US. Même dans une grande ville comme Chicago, ce n’est pas facile de trouver un bon petit truc de bonne qualité sans débourser une fortune, et la fast-food américaine est rarement bouffable. Par contre, ici, on trouve des trucs vraiment bons pour pas trop cher (genre super repas chinois ou indien ou grec pour $5, alors que le macdo et les autres chaînes de fast-food américain sont hors de prix).

A part ça, la vie en général est quand’même relativement plus chère ici qu’aux US. Encore une fois, je pense que Granbled est beaucoup plus chère que Chicago. Il y a non seulement 15% de taxes sur tout mais en plus des taxes de plus sur l’alcool (et le pourboire au restaurant est pareil qu’aux US: 15%). Ce qui est pratique que c’est plus facile de calculer le pourboire qu’il faut laisser au Canada qu’aux US: il suffit d’additionner les taxes de la facture totale et de laisser la même somme comme pourboire (puisque les taxes ET le pourboire sont de 15%, alors que les taxes aux US sont entre 0% et 7% suivant les états).

A part ça, le pain qu’on trouve dans les grandes surfaces est très nul en général et il faut aller dans des boulangeries spécialisées pour en trouver du mangeable (alors que j’en trouvais du très bon à Target au milieu de l’Indiana, snif…). Les restos français sont relativement décevants en général, pas mauvais, mais pas réellement autentiques, ou alors je n’ai pas encore trouvé la perle rare. Par contre, les serveurs de restaurants sont plus relax qu’aux US et ne viennent pas toutes les trois secondes vous demander si tout va bien et si vous avez fini. C’est super agréable. La bouffe qu’on trouve est aussi plus variée, en général, en tous les cas à Granbled (et toujours comparé à Chicago (et encore plus par rapport à mon champ de maïs!)) grâce aux immigrants du monde entiers qui habitent ici.

Un truc marrant ici c’est que tout se vend en quantités différentes dans les magasins et les restaurants, et c’est surprenant: le lait se vent au litre et non pas au gallon (ou bien 3 litres dans des sacs en plastique!), le beurre est une grosse motte au lieu des 4 petites « barres » pratiques, on trouve plus facilement 6 oeufs que 12 (dans une boîte très marrante avec deux couvercles), etc.. Il y a aussi beaucoup moins de glaces dans les rayonnages (et seulement 3 sortes d’Haägen Dazs, Dieu merci, ni celle au caramel, ni celle à la pistache, ni celle à la mangue).

Et saviez-vous que les canadiens ont inventé les petits pois surgelés? Aux USA, on mange beaucoup de: macdo (et autres KFCs, Burger Kings, etc.), Starbucks, pizza (repas d’étudiants par excellence), et BBQ (à la plage, l’été, dans le « backyard, » avec les amis, le 4 juillet, etc.). Au Canada, on mange beaucoup de: macdo, Tim Horton (chaîne comme Starbucks), pizza, BBQ, sirop d’érable, et POUTINE! Les canadiens boivent aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de bière que les américains! Finalement, après un bon repas, le français bois un café, l’américain ne boit rien (ou un coca), et le canadien boit un thé (chaud ou glacé) (d’ailleurs, le « thé froid » canadien est sucré comme le français, mais le thé froid américain est du thé, froid, sans rien d’autre dedans!). Et malheureusement pour moi, les « pecan pies » canadiennes (tartes à la noix de pécan que j’adore aux US) ont des cacahuettes dedans, misère!

Un dernier truc dans le rayon bouffe: aux US, il y a des « liquor stores » un peu partout qui vendent uniquement de l’alcool. Dans certains états, il est interdit de vendre de l’alcool ailleurs qu’au liquor store. Dans d’autres états, on peut aussi vendre de l’alcool dans les supermachés mais il faut fermer le rayonnage le dimanche et les jours où on vote (et les jeunes de moins de 21 ans qui bossent aux caisses n’ont jamais le droit de toucher à cet alcool, (c’est-à-dire qu’ils doivent demander à un autre vendeur de passer la bouteille au-dessus du bidule qui lit le code-barre)). Au Canada (enfin, en Ontario), pour le moment, j’ai vu beaucoup moins de jeunes travailler dans les supermarchés, et je n’ai jamais vu d’alcool dans les supermarchés non plus. Le seul magasin qui en vend est le LCBO (liquor control board of Ontario) et les restaurants qui ont une license pour l’alcool portent un petit signe distinctif sur leurs enseignes et leurs menus: LLBO (liquor licence board of Ontario). L’âge minimum pour acheter de l’alcool est de 19 ans au Canada et de 21 aux US, mais dans les deux pays il est interdit de boire en public (sauf dans les restaurants/bars).

Dernier truc qui me désole: les haricots verts des restaurants de Granbled sont aussi crus que ceux des plats offerts aux Etats Unis. C’est lamentable!

C’est tout pour le moment. Si je pense à autre chose, je le rajouterai dans les postes qui suivent… parce qu’il y a encore des tas de choses à raconter :) Et si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser et j’essayerai d’y répondre (mais je ne fais aucune promesse, hein, parce que je suis pas Madame Soleil).

  CANADA USA
Area 9,987,670 kilomètres carrés 9,632,420 kil. carrés
Population 33,098,932 en juillet dernier 298,444,215
Life expctancy males: 76.86, females: 83.74 males: 75.02, females: 80.82
Immigration 5.9 immigrants/1000 3.2 immigrants/1000
Contains 10 provinces, 3 territoires 50 états, 1 district, et plein d’états dépendants
(Guam, Puerto Rico, etc.)
GDP per capita $33,900 $41,600
Budget revenues: $159.6 billions; expenditures: $152.6 billions revenues: $2.119 trillion; expenditures: $2.466 trillion
Oil production 2.4 billion bbl/day (2004) 7.61 million bbl/day
Public debt 69.6% of GDP 64.7% of GDP
Airports 1,337 14,858
Military expenditures 1.1% of GDP 4.06% of GDP

Quand j’étais aux Etats Unis, je n’ai jamais ressenti que Veteran’s Day, le 11 novembre, s’addressait à moi. Je ne sais pas pourquoi, mais ce n’était qu’une cérémonie patriotique de plus, comme le 4 juillet ou Labor Day, un jour pour se souvenir des soldats américains morts « pour sauvegarder la liberté et la démocratie, » pour mettre des milliers de drapeaux américains partout, et pour se rappeler que les Etats Unis c’est le meilleur pays du monde. Donc bof.

Ici, je me demandais pourquoi, depuis quelques semaines, de plus en plus de personnes semblaient porter un coquelicot à la boutonnière. Je trouvais ça magnifique mais j’étais quand’même bien intriguée, jusqu’à ce que je vois une petite table au milieu de la station de métro avec quelques vieux soldats autour qui distribuaient ces coquelicots. Je leur ai demandé des explications et ils m’ont tout raconté (je vous mets l’histoire officielle ci-dessous).

En les écoutant, je me suis souvenue que mon Papi et mon Pépé, mes deux grands’pères bien-aimés, avaient fait la guerre. Mon Pépé a même été prisonnier en Allemagne, et mon Papi me raconte encore parfois ses souvenirs de certaines batailles. Mes grands’mères, même si elles n’étaient pas soldates, se sont aussi battues pour survivre pendant la guerre. Ma Mamie a même été traductrice pour les soldats américains en France (et elle a failli en épouser un, imaginez un peu où je serais aujourd’hui si elle l’avait fait ;) ). Et je me suis rendue compte que ces coquelicots, au Canada, c’était bien sûr pour se rappeler des soldats canadiens mais aussi de tous les soldats du monde qu’on aimait et qui se sont battus pour nous. Je suis à 300% pacifiste, mais ça ne m’empêche pas d’être reconnaissante envers ceux qui se sont battus quand il le fallait. Alors j’ai moi aussi mis un joli coquelicot à ma boutonnière (admirez les poils de chats qui complètent la décoration si parfaitement!).

coquelicot.jpg

Ce joli coquelicot (il n’est pas super sur ma photo mais en vrai ils sont vraiment jolis) m’a rappelé un certain poème qui je trouve terriblement triste mais qui est aussi malheureusement parfaitement approprié à la situation: Le dormeur du Val, de Rimbaud (et je vous mets l’autre poème dont parle le texte ci-dessous en anglais et en français parce que les deux versions sont assez différentes).

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

C’est au cours des guerres napoléoniennes que l’on commença à remarquer le coquelicot, cette fleur mystérieuse qui poussait sur les tombes des soldats morts au combat.

Le coquelicot fit une réapparition remarquée au cours du 20e siècle du fait que les sols de la France et de la Belgique étaient devenus riches en calcaire à cause des décombres de la Première Guerre mondiale. Les petites fleurs rouges fleurissaient autour des tombes des soldats comme elles l’avaient fait 100 ans auparavant.

En 1915, John McCrae, de Guelph, en Ontario, servit à titre de médecin dans l’Artillerie des Forces canadiennes, et immortalisa ce phénomène dans son célèbre poème In Flanders Fields (Au champ d’honneur, adaptation de Jean Pariseau).

Deux jours avant l’Armistice, Moina Michael, une Américaine d’Athens, en Géorgie, lut le poème de McCrae et eut l’idée de porter un coquelicot durant toute l’année en souvenir de ceux qui étaient morts à la guerre.

En 1920, une Française, Madame E. Guérin, se rendit aux États-Unis et rencontra Mademoiselle Michael qui était bénévole au YMCA, à l’Université Columbia. Elle décida de vendre des coquelicots faits à la main au cours de la période de l’anniversaire de l’Armistice afin d’amasser des fonds pour les enfants des pays qui avaient été ravagés par la guerre en Europe.

En 1921, le feld-maréchal Earl Haig, commandant des armées britanniques en France et en Belgique et principal fondateur de la Légion britannique, entendit parler de l’idée de madame Guérin et encouragea l’organisation du British Poppy Day Appeal par la Légion en vue d’amasser des fonds pour les anciens combattants pauvres et invalides.

La même année, madame Guérin fit un voyage au Canada, et convainquit l’Association des anciens combattants de la Grande Guerre (prédécesseur de la Légion royale canadienne) d’adopter le coquelicot comme symbole du souvenir à l’appui de la collecte de fonds.

Aujourd’hui, la campagne du coquelicot constitue l’un des programmes les plus importants de la Légion royale canadienne. Les fonds provenant des ventes de coquelicots permettent d’offrir une aide financière directe aux anciens membres des forces dans le besoin, et de subventionner l’achat d’appareils médicaux, la recherche, les services à domicile, les établissements de soins, etc.

In Flanders Fields

IN FLANDERS FIELDS the poppies blow
Between the crosses row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.

We are the Dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved and were loved, and now we lie
In Flanders fields.

Take up our quarrel with the foe:
To you from failing hands we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.

Au champ d’honneur

Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.

Nous sommes morts,
Nous qui songions la veille encor’
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici,
Au champ d’honneur.

À vous jeunes désabusés,
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur.

Ces informations ont été trouvées ici. On peut trouver plus de détails sur cette page.

Alors merci à mon Papi et mon Pépé et à tous les autres. Et espérons que le massacre s’arrêtera un jour…

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Oh, il n’était pas de retour pour bien longtemps, mais j’en ai encore le goût sur la langue et le soleil dans les yeux!

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Paris aussi, était là, à Granbled, si si, je vous le promets, ses boulevards, la Seine, ses monuments, ses claxons, et son jazz…

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Comme il faisait presque beau et presque pas trop froid, c’est en flanant sur King Street (d’où les photos) que je suis allée écouter Un Americain à Paris de Gershwin, le concerto pour deux pianos de Poulenc (absolument magnifique, je connaissais même pas, la honte!), le Carnaval des animaux de Saint-Saëns (en fait, Saint-Saëns est super connu pour son Carnaval, mais ses autres pièces sont très belles aussi), et l’Ouvertude de Candide de Bernstein (version pour piano à quatre mains).

Roy Thompson Hall

Le tout était joué par deux pianistes extraordinaires (Scott Meek et William Eddins (ce dernier étant aussi le chef d’orchestre)) et l’Orchestre Symphonique de Granbled, hier après-midi, au Roy Thompson Hall.

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J’en ai vu des masses, des pianistes, et j’en ai entendu un certain nombre, des concerts, mais là j’étais sur le cul.

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C’était drôle, beau, vivant, charmant, pétillant, ça sentait le croissant au beurre, et j’avais l’impression de resentir à nouveau le soleil sur ma peau et dans ma tête, comme après un long hiver.

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Allez, je vais voir si iTunes vend Poulenc…

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Un jour, Nat m’a demandé si je voulais aller visiter Niagara-on-the-Lake avec des copains à elle que je connais aussi un peu… et j’ai dit OK, faut oser prendre des risques dans la vie ;)

En fait, je pensais qu’on allait voir les chutes du Niagara, mais pas du tout! J’avais même plutôt l’impression d’être en Californie (sauf qu’il faisait moche), soudain, après avoir longé le lac Ontario sur environ 150 kilomètres (150 kilomètres qui sont, il faut bien l’avouer, très gris, très pollués, très industriels, et très moches!).

Niagara-on-the-Lake, surnomée la ville la plus mignonne de l’Ontario, est une petite ville touristique à une trenteine de kilomètres des chutes et à deux pas, littéralement, de la frontière avec les Etats Unis, très riche, très « chou » (comme on dit en Suisse), très traditionelle, du style Victorien, et… très chère! C’est aussi une ville historique et on peut encore voir le fort et des remparts où se sont battus les Indiens, les Américains, et les Anglais (à mon avis, où que j’aille au Canada, j’entendrai la même histoire…). On s’est un peu baladé dans la ville, on a mangé des délicieuses glaces chez Cows et un déjeuné bon mais sans plus, et on a passé un après-midi très chouette avant de repartir juste au moment des premières gouttes.

Mais ce qui nous a pris le plus de temps, c’était la visite d’en endroit très spécial et qu’on ne s’attendrait pas à trouver si au nord… Mais quand on connaît leur spécialité, on comprend mieux :) Alors… on va visiter ça ensemble? Voici une première photo, essayez de deviner ce que c’est avant de cliquer dessus pour voir le reste de l’album :) Et bonne visite!

Merci à Nat pour une très chouette balade!

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J’ai trois questions:

1. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi mon anti-spam, Akismet, me dit que j’ai par exemple 268 spams aujourd’hui mais sur la page où je vois les spams en question, je n’en vois qu’une cinquantaine? Est-ce qu’il a du mal à compter ou est-ce qu’il m’en cache certain, et lorsque je clique sur « erase all » j’efface plein de spams qui n’en sont peut-être pas?

2. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi la même paire de lentilles de contacte (même ordonnance, même marque) coûte exactement $40 aux Etats Unis et exactement $260 au Canada?? Je n’en reviens pas, est-ce parce que ce genre de chose se fait (partiellement) rembourser par les assurances maladie au Canada et pas aux Etats Unis qu’ils se permettent de demander autant pour deux petits bouts de plastique?

3. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi je suis tellement à bout de nerfs ces jours-ci? Je n’arrive plus rien à faire pour le boulot, tout m’énerve, je suis découragée, et je n’ai plus envie de rien…

Vous vous souvenez du film Groundhog Day (un jour sans fin, en français, ou quelque chose comme ça)? Bill Murry doit aller faire un reportage sur la marmotte de Punxsutawney qui doit prédire si l’hiver va bientôt finir ou continuer encore six semaine… J’ai toujours adoré le nom de Punxsutawney, qui est une vraie ville de Pennsylvanie, près de laquelle j’ai failli trouver un boulot!

Alors quand dimanche dernier j’ai décidé d’aller faire un peu de tourisme autour de Granbled pour admirer les couleurs de l’été indien, je n’ai pas hésité longtemps quand j’ai vu sur ma carte le nom de Penetanguishene, petite ville a environ 150 kilomètres de chez moi, au bord de la Georgian Bay du Lac Huron.

Alors j’y suis allée. J’ai conduit pépère pendant environ deux heures en m’arrêtant de temps en temps pour prendre des photos (moches parce qu’il faisait un temps de cochon), et je suis arrivée dans le joli petit village de Penetanguishene (prononcer Pénétangüichéné), perché en haut d’une coline qui descendait doucement vers le petit port. Je n’avais aucune carte ni rien, donc je me suis simplement avancé vers le port pour y prendre quelques photos, quand j’ai soudain vu un petit attroupement de personnes dont on voyait à peine le bout du nez sortir des manteaux d’hiver parquées près d’un bateau. Je me suis dit ah, ça doit être pour un tour en bateau ça, pourquoi ne pas y aller aussi?

Le temps que je me gare et que j’arrive près du bateau en question, les gens avaient disparus dans le bateau… mais finalement, le capitaine, qui vendait les billets, m’a dit qu’ils ne partaient qu’à 1 heure de l’après-midi… et il était exactement 12:57! Il m’a aussi dit que normalement, ils faisaient un tour de quatre heures dans les « 30000 îles » de la baie mais que là, il faisait trop mauvais et que ça serait trop dangereux, donc le tour ne serait que de deux heures. J’ai donc vite pris mon billet et un petit dépliant touristique et j’ai embarqué! Et c’est là que j’ai remarqué que les tours en bateaux (un par jour seulement!) commençaient le 15 avril et finissaient le 15 octobre… et on était exactement le 15 octobre!

Tout ce que je peux dire c’est que je me suis gelée! Les couleurs n’étaient pas extraordinaires parce que c’était déjà la fin de l’été indien (qui paraît-il n’était pas particulièrement génial cette année en plus), mais j’ai quand’même appris qu’il y avaient beaucoup de francophones qui habitaient là, que l’histoire de la Baie Georgienne est remplie de batailles entre les français, les américains, les canadiens et les indiens, qu’une rive est granitique est l’autre pas, que les hivers sont tellement rudes qu’ils faut emballer les bâteaux et même enlever les pontons au bord du lac sinon ils se font détruire par les glaces, que plein de gens très célèbres y ont des « cottages » qui valent des fortunes, et que la seule prison psychiatrique de l’Ontario s’y trouve aussi!

Bref, les photos ne sont pas géniales parce qu’il pleuvait, grêlait, et/ou neigeait la plupart du temps, mais tout ça m’a quand’même donné envie de m’acheter un petit cottage au bord du lac pour y passer l’été tranquille, loin de la ville, dans une nature magnifique et encore très sauvage. Alors attendez quelques années et je vous invite tous à venir faire du kayak à mon cottage de Penetanguishene :)

Ce petit voyage était court mais bref, mais je me suis bien amusée (et le couché de soleil sur Granbled à mon retour était magnifique)! Oh, et la marmotte m’a prédit un long, long, long hiver…

Ca fait exactement trois mois que j’habite au Canada. Je peux profiter, à partir de demain, de l’OHIP, Ontario Health Insurance Plan, auquel les immigrants n’ont droit qu’après trois mois, mais je m’en fiche parce que j’avais déjà l’assurance de mon boulot. Depuis mon arrivée, j’ai vu une bonne centaine d’embouteillages en direction de l’ouest et une bonne dixaine d’embouteillages en direction de l’est sur l’autoroute sous ma fenêtre. L’immeuble d’en face s’est rajouté 10 étages, et la température a diminué d’environ 30 degrés celcius. J’ai reçu un permis de conduire de l’Ontario et des plaques d’immatriculation de l’Ontario et mes chatounes ont découvert plein de bonnes planques dans la maison. J’ai pris quatre kilos et Sosso deux, et mes cheveux trois centimètres, mais Calinette a beaucoup maigri. J’achète des produits « President’s Choice » (ce qui est crétin parce qu’il n’y a pas de président ici) et je m’habitude à manger plus souvent thailandais qu’indien.

Mais tous les jours, quand je marche depuis le tram jusqu’à chez moi, quand je me balade dans les rues de Granbled, quand je regarde par la fenêtre, quand je regarde les plaques d’immatriculation sur les voitures, quand je voir les taxes qu’on rajoute à mes factures, quand j’entends « abOOt, » et quand je vois un drapeau canadien flotter dans le vent, je dois encore me rappeler à moi-même que je suis ici chez moi. Au Canada. Chez moi. Je ne suis pas une touriste en visite au Canada, y’a pas d’autre « chez moi » où je pourrai rentrer dans quelques jours.

Ca m’a pris environ quatre ans avant d’arrêter de me dire « c’est fou, j’habite vraiment aux Etats Unis » à chaque fois que je voyais un drapeau des Etats Unis, quand j’y étais. Je pense que j’ai vraiment commencé à me sentir chez moi aux Etats Unis après quatre-cinq ans… et puis il y a eu le 11 septembre et après c’était fichu, je n’ai plus jamais pu me sentir chez moi aux Etats Unis, même si maintenant je me sens plus américaine que suisse ou française.

Je suis heureuse ici, c’est certain. Mais je ne me suis pas encore habituée à la vie d’une grande ville, à la vie canadienne, et à la vie de prof d’université. Je découvre encore de nouvelles choses tous les jours sur les banques (absurdement ridicules), le boulot, la poste (qui ne distribue pas le courrier le samedi), la ville, le pays, les magasins (souvent fermés le dimanche), les gens, la façon de parler… Je pensais que le Canada serait beaucoup plus similaire aux Etats Unis qu’il ne l’est. En gros, je suis parfois déçue, parfois heureusement surprise, parfois contente, et parfois énervée, mais je pense que dans un an déjà je me sentirai un peu plus chez moi (enfin, si je survis à mon premier hiver, of course).

En attendant, tous les matins et tous les soirs je passe en tram devant la CN tower et je me dis « c’est fou, j’habite vraiment au Canada! »

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PS. Juste une petite anecdote pour vous montrer à quel point je ne suis pas encore adaptée au coin: l’autre jour je voulais prendre de l’essence et on ne pouvait payer qu’en billet. Les choix étaient en dollars canadiens et en litres alors que moi je sais qu’en général, je paye pour un plein environ US$30 pour 12 gallons d’essence, et j’ai été absolument incapable de savoir combien il me fallait pour remplir mon … heu… tank (c’est quoi en français?). J’ai mis CAD$20 au hasard pour ne pas risquer de faire déborder le truc et ça m’a à peine rempli 1/4 de tank! Tabernac’!

Ladies and gentlemen, j’ai une grande nouvelle à vous annoncer: je déménage au Mexique dès demain! C’est pas possible autrement, j’ai fait une gaffe, j’m'ai trompé, y’a erreur, et d’ailleurs mon ordinateur vient de m’envoyer ce message:
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Si je restais ici, il me faudrait impérativement et urgemment aller dévaliser le Eaton Center (pardon, Centre, ce qui est canadien con parce qu’on dit entER et non ENTRE et lettER et non lettRE) pour y acheter: une combinaison lunaire une fourrure en lapin polaire albinos, des mounbouttes helvétiques aux noisettes, un bonnet à grelots harmoniques, des collants triple épaisseur en laine vierge de Trinidad & Tobago, des lunettes de ski hautes définitions, un masque à gaz (en espérant que ça fonctionne par -80 degrés celcius), des gants en peau de chèvres et soie sauvage, des raquettes en nylon anti-gèle, et des pantalons doublés de fourrure de cariboux blancs nourris au grain bio. PARCE QU’ON S’LES GELE!!!!!

Bon d’accord il y a 50 centimètres de neige qui sont tombés à deux heures de Granbled et nous n’avons vu que quelques flocons hier et aujourd’hui, donc relativement parlant, on a de la chance, mais je peux vous dire que j’ai rarement eu autant de mal à avancer et respirer et ne pas geler sur place que depuis deux jours tellement la bise est violente et les températures polaires.

Les lèvres? Interdit de se mettre du rouge à lèvres parce qu’on s’enfouit le visage dans une écharpe ou deux. Même le baume qui pourrait soulager nos lèvres gercées par le froid est interdit sous peine de poils-de-chats-et-d’écharpite intense. Les mains? On oublie, y’a pas de solution, on prie pour qu’elles ne se détachent pas cet hiver. Les oreilles? Il faut soit sacrifier les oreilles soit sacrifier le chignon (et avec lui son air civilisé), c’est un choix comme un autre. Les pieds? On ne les sent plus malgré les chaussettes de laine et les grosses godasses, ça fera moins mal si on se fait marcher dessus c’est déjà ça.

Et le pire dans tout ça? C’est que les stations de métros et les magasins et les bureaux sont surchauffés à mort et que dès qu’on est à l’intérieur, on étouffe, on sue comme des boeufs, et on a plus qu’une envie c’est de se mettre à poil! Vive le capitalisme!

Et on est seulement début octobre :cry:

:lol: :lol: :lol:

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:lol: :lol: :lol:

PS. Le mot de passe du message précédent est le nom d’une ville dans laquelle j’ai habité il n’y a pas si longtemps de ça…

Il paraît que le basketball est une invention canadienne, ça doit expliquer pourquoi j’ai toujours aimé regarder les matches de basketball! J’en ai vu un en vrai, une fois, parce qu’un de mes élèves faisait partie de l’équipe de basket de Purdue et m’avait filé un super billet. J’ai aussi vu un petit match de cricket (pas un vrai, ils peuvent durer plus de 12 heures!), et 30 minutes d’un match de football américain. Et je rêve de voir un match de tennis mais je crois pas que ça soit la spécialité d’ici. Par contre, hier soir, je suis allée pour la première fois dans le Rogers CentRE (je fais des progrès) et pour la première fois voir un match de… de… de… et oui, c’est pas facile à avouer mais je suis allée voir un match de baseball. Ce qui, paraît-il, et aussi excitant qu’un jeu de golf quand on le regarde à la télé, mais je ne peux pas confirmer parce que je n’ai pas la télé et que même si je l’avais je ne regarderais jamais les chaînes de sport et encore moins le golf ou le baseball! Parce que c’est trop chiant! CQFD.

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C’était un jeu, donc, des Yankees de New York contre les Blue Jays de Granbled.

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Grace à ça, j’ai eu la grande joie d’entendre l’hymne national américain avant le canadien… Ironique, n’est-ce pas, que le premier hymne que j’entende au Canada soit l’hymne national américain!

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Y’avait même plein de publicité partout, même sur le gazon…

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Et ailleurs…

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Y’avait des joueurs très jeunes et des joueurs très vieux. Et les vrais fans qui prennaient des notes très compliquées à propos de chaque envois de balle…

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Et plein de bruit et de musique et des gens qui hurlaient et de machins bidules dans tous les sens, et trente mille personnes…

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Pis une fille qui connaissait tout, l’autre qui connaissait rien à rien (moi), et la troisième qui avait mal au bide et qui avait pas assez de place pour ses jambes.

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Y’avait aussi des joueurs qui s’étaient habillé dans le style classique (avec les chaussettes par-dessus les pantalons) et d’autres plus modernes (moches, quoi).

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Les frites étaient pas mauvaises mais hors de prix, et le hotdog était très mauvais et hors de prix. Mais fallait bien « jouer le jeu. » Ah, le toit du Rogers machin était fermé parce que l’hiver est arrivé et on se serait gelé les fesses s’il avait été ouvert! Dommage!

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Bref, c’était sympa, long (3 heures!), et le jeu n’était pas génial en soi, surtout quand on ne comprend pas grand’chose, et j’ai bien hurlé et crié même quand je ne savais pas pourquoi. Mais je pense franchement que la balle est trop petite pour un si grand stade. A mon avis, le jeu serait vachement plus intéressant si la balle était plus grosse, le terrain plus petit, le jeu plus rapide, les joueurs plus souvent en train de se courir après ou de s’entasser les uns sur les autres… et en plus, je n’ai jamais réussi à voir le panier, c’est dingue, non? Ah y’a pas de panier en baseball? Ptain, j’ai vraiment rien compris moi! P’tête que je devrais me mettre au golf…

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Cliquez sur la dernière photo!

Je vous donne la description en français (c’est pas moi qui l’ai dit!) d’un bidule que j’ai acheté l’autre jour et vous devez deviner ce que c’est pour de vrai, ok? Attention, attachez vos ceintures!

« Mini racleur de ciel: Fournit chaque chat son propre secteur au repos. Ronronnez-fect l’endroit pour exercer l’instinct d’éraflure normal d’un chat. Abondance des endroits flânants. »

Mouahahahaha! Vous avez deviné?

Non?

Allez, un p’tit effort…

L’instinct d’éraflure ça vous dit rien?

Un mini racleur de ciel, pourtant, c’est pas si compliqué à imaginer!

Allez, je suis sympa, je vous mets les photos!

Ouhh là…. y’a des trucs qui dépassent… Qu’est-ce donc? On commence à deviner les « secteurs au repos »… :lol:

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On fait un petit coucou par le troutrou? On voit bien les « endroits flânants » là, hein ;) (flânants ET poilus!)

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C’est dingue, ça ronronne-fect à merveille ces machins-là :lol:

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Et voilà, ça commence toujours avec un gentil petit bisou… et ça finit toujours en se tappant dessus (c’est normal, c’est l’instinct d’éraflure) :lol:

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Mais qu’est-ce qu’on s’amuse sur notre nouvel arbre à chat mini racleur de ciel (attention, de la même couleur que la moquette, on fait pas n’importe quoi dans notre catroom, non mais!) :lol:

Moi j’vous dis, j’ai raté ma vocation! J’devrais illico me reconvertir en traductrice anglais-français-mais-pas-n’importe-lequel, spécialiste en produits pour chats!

J’écoute parfois une station de radio qui est vraiment pénible parce qu’il y a de la musique magnifique la moitié du temps, et de la musique absolument attroce l’autre moitié du temps. Mais il y a aussi des annonces culturelles. L’autre jour, j’ai entendu une annonce pour un concert du concerto pour violon de Sibelius et du deuxième concerto pour piano de Chopin, un de mes morceaux préférés au monde, alors j’ai pris mon courage à deux main et j’ai téléphoné pour prendre des billets. C’était la première fois que je faisais ça… j’étais un peu nerveuse… et j’ai dit à la madame « je voudrais un billet pour le concert de Tchopine » comme une complète illettrée d’Indiana, au lieu de dire « Chowpin » comme Chopin se dit en anglais. Haha. Haha.

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Bref, malgré une panne de métro et une foule si compacte que la moitié des gens qui attendaient le métro devait attendre la rame suivante (un jeudi soir à 7 heures!), je suis arrivée à North York, une banlieue au nord de Granbled (avant, Granbled s’appelait York), et j’ai facilement trouvé le Center (pardon, Centre) for the Arts où avaient lieu une pièce de théâtre chinoise et mon concert, joué par l’orchestre Philhamonique de Granbled (c’est quoi la différence entre un orchestre philharmonique et un orchestre symphonique?).

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J’avais imprimé mon billet depuis internet (c’est pratique la technologie parfois!) et malgré la meute de vieilles madames en robes de soirée accrochées aux bras de vieux monsieurs aux cheveux blancs, j’ai vite trouvé ma place au deuxième rang du balcon.

Après quelques discours d’autres vieux monsieurs aux cheveux blancs (en fait pas tous, il y avait aussi un chinois aux cheveux noirs qui parlait en chinois!), les musiciens sont arrivés (les femmes avec leur sac à main qu’elles mettaient sous leur chaise!). Le premier violon ressemblait à Dany deVito, et il y avait aussi un arraignée musicophile qui tissait sa toile au plafond, c’était très rigolo!

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D’abord, on a eu droit à la Suite Picasso, d’Henry Somers, un compositeur canadien moderne (pas mal, pas mal). Ensuite, un jeune violoniste canadien lui aussi est venu nous jouer le concerto (op. 47) de Sibelius. Je dois avouer que je ne suis pas fan de ce concerto que je trouve décousu, mais j’adore absolument les « sons » de Sibelius. Il a le grand talent d’arriver à me transporter magiquement dans les forêts infinies de Finlande où se cachent les trolls, les fées, les sorcières, et les dieux du Kalevala.

Ensuite (et comme mes voisins allemands étaient partis, j’ai peu avoir une place un peu meilleure), une jeune (14 ans!) pianiste canadienne nous a joué le concerto pour piano de Chopin. Ce concerto est un joyau de délicatesse et de virtuosité! Par contre, j’ai toujours trouvé que l’orchestre derrière dérange presque tellement c’est un « accompagnement » sans intérêt. Je ne sais pas bien comment expliquer ça, mais avec Sibelius, l’orchestre a aussi une voix, c’est un équilibre entre le violon qui chante et l’orchestre qui lui répond. Avec Chopin, seul le piano a une voix, c’est le seul instrument qui ait vraiment de l’importance dans ce concerto, et l’orchestre est perdu, fondu, derrière le piano. C’était quand’même magnifique! Il n’y a rien de tel qu’un concert « live » pour me redonner le goût à la vie, me remplir d’énergie, m’inspirer, et me faire rêver. C’est magique de pouvoir non seulement entendre cette musique que j’adore mais aussi de pouvoir voir se construire les notes sous les doigts agiles des musiciens!

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Dans le métro qui me reconduisait à la maison, il y avait une vieille chinoise en face de moi qui s’était teint les cheveux en blond et qui équeutait un sac de haricots verts.