ze family


Toute la smala est partie hier après-midi, snif… Mon coeur balance entre les larmes de tristesse de voir partir ainsi ceux que j’aime tant et le soulagement de me dire que les chatounes et moi avons enfin quelques jours de paix avant que le travail ne recommence. En gros, quand’même, je suis triste, très triste, même. Même si j’aime beaucoup ma nouvelle ville et mon nouveau pays, ce n’est pas facile de laisser partir les gens qu’on aime sans savoir quand on les reverra.

En même temps, quand on a la chance de se revoir, on remarque aussi parfois pourquoi on vit tous à un autre bout du monde. Avec le temps, je suis devenue une vraie sauvage et j’aime ma solitude. Et puis dans la famille (proche et moins proche), on a très facilement tendance à se dire des choses qui blessent même si on le regrette ensuite ou on ne se rend pas compte combien c’est blessant. On arrive à se contrôler assez bien avec les gens autours de nous dans notre vie de tous les jours, mais dès qu’on se retrouve en famille, on retombe dans nos mauvaises habitudes, même si on s’adore. Une réplique cinglante, un mot plus haut que l’autre, un soupire d’impatience, une requête égoïste, des regards énervés, des actions qui agacent, un geste malhabile, un manque de réaction, des critiques perfides, une réponse moqueuse, toutes ces petites choses n’ont aucune importance en soi mais font parfois plus mal qu’elles auraient dû et finissent par s’accumuler.

Quand je suis (ou parle) avec ma famille, je passe ainsi de « j’ai vraiment de la chance de passer ces moments avec Untel » à « je ne lui parlerai plus jamais » à « c’est tellement triste qu’on soit si loin les uns des autres » à « vivement qu’ils repartent » à « j’adore ma famille » à « comment peut-on tous être aussi méchants/ bêtes/ amers/ égoïstes/ rancuniers/ cyniques/ caustiques/ indifférents/ ingrats/ cruels/ négatifs/ agressifs/ cinglants/ sarcastiques/ hargneux/ grainçants/ blessants/ etc.!? » C’est l’histoire de ma vie.

Et pourtant je les adore. Tous. Mais je me demande parfois combien de fois on peut pardonner, combien de fois je pourrai me dire « cette fois c’est fini » et continuer pourtant comme si de rien n’était en ravalant ma colère ou ma tristesse et en oubliant tout… jusqu’à la fois suivante. Les bons moments font passer les mauvais, et les bons moments sont heureusement toujours plus nombreux que les mauvais, mais je remarque que je deviens aussi plus méfiante avec le temps, comme si je me préparais d’avance à encaisser les mauvais coups, comme ça je suis heureuse s’ils ne tombent pas et préparée dans le cas contraire.

Je me suis pas amère, je réfléchis, simplement. Je suis triste de voir que nous avons grandit, mon frère, mes soeurs, et moi, dans un environement pas toujours facile et qui nous a aidé à développer une façon de dire les choses qu’on regrette ensuite souvent. Ou à avoir du mal à exprimer ce qu’on ressent vraiment et cacher nos sentiments derrière des remarques cyniques ou blessantes. Une psy, un jour, m’a dit que cette violence, cette façon de répondre, cette façon de (ne pas) montrer nos sentiments, étaient comme gravés sur le CD de notre cerveau et qu’on ne pourrait jamais l’éffacer. Par contre, on pouvait choisir de ne pas écouter certaines parties du CD de notre cerveau comme on peut choisir de ne pas écouter certaines chansons sur un CD. Ce n’est pas facile à faire et ça demande beaucoup de patience, de conscience, et de détermination. C’est le travail de ma vie.

Mais ça en vaut la peine quand on s’aime tellement!

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Comme cadeaux de Noël, j’ai décidé d’inviter mon frangin, ma soeur, et son mari à manger en haut de la fameuse CN tower, la tour la plus haute du monde. Le restaurant, le « 360, » tourne pendant qu’on mange, et fait une rotation complète toutes les 74 minutes.

C’était vraiment chouette! Si on a une réservation pour le resto, on ne doit pas payer pour un ticket normal (et très cher) pour monter dans la tour et aller au fameux « plancher de verre » depuis lequel on voit la tour sous nos pieds! L’ascenseur, qui grimpe sur l’extérieur de la tour, fait du 22 kil/heure et ça se sent dans les oreilles! Et une fois en haut, on ne peut que faire oooohhhhhhhh, aaaaaahhhhhh, ouaaaahhhhhh, tellement la vue est impressionante malgré le temps couvert et les quelques flocons de neige qui se baladent autour de la tour.

Le repas était bon, surtout les tomates grillées avec fromage de chèvre et tapenade, mais à part ça, n’était pas vraiment extraordinaire. Heureusement, c’était joliment présenté et le service était agréable et ne nous poussait pas à manger vite, donc on a eu le temps de faire deux rotations et demi pour admirer la ville à nos pieds. Sur les photos prises par Momo (je rajouterai peut-être quelques photos plus tard, quand jojo aura appris comment télécharger les photos depuis son nouvel appareil génial), on dirait que la ville n’est pas si loin de nous, mais en réalité, on est VRAIMENT très haut et la vue est VRAIMENT superbe! On voit des détails qu’on aurait jamais deviné depuis en bas, la saleté des immeubles, les courts de tennis sur les toits, les fourmies (!) sur les patinoires, le placement des quartiers, la forme des façades, la longueur des rues, et plein d’autres petits détails marrants. Par beau temps et en été, la vue doit être absoluement extraordinaire, et il paraît qu’on peut même voir les chutes du Niagara, de l’autre côté du lac, si on a vraiment de la chance!

Voilà quelques photos, donc. Au printemps, je remonterai là-haut (il faut que quelqu’un me rende visite pour qu’on puisse y aller ensemble, c’est plus chouette), et je prendrai plein d’autres photos encore! En attendant, voici une première idée de ce qu’on peut voir de là-haut! Bonne visite :)

Juste un petit mot pour vous remercier tous de vos gentils messages et vos bonnes pensées. Je viens de parler à toute la petite famille et à ma Mamie et elle va bien, elle a été opérée (de la jambe) ce matin et doit être immobilisée six semaines, mais pour le moment son moral est bon, et elle est bien entourée. Désolée pour mon petit moment de panique hier soir, la distance rend les choses plus difficiles, surtout quand on ne sait pas ce qui s’est passé ni comment les choses évoluent. Saleté de décalage horaire! Je n’en voulais à personne en particulier mais à la vie en général, c’est tout…

On croise les doigts pour que ça continue à évoluer dans le bon sens et que ma Mamie se repose bien et reprenne vite des forces! Et encore merci à tous :)

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Je suis partie pour l’Italie en me répétant moultes fois et avec résignation que je n’y allais pas pour voir Venise mais pour le mariage de ma soeur. $1200 de billet pour quatre jours, dont un attérissage et un décolage à Venise, ce n’est pas grand’chose quand on aime sa soeur! Mais quand’même, le petit pincement au coeur était là… parce que ce n’est pas tous les jours qu’on va en Europe (ça faisait presqu’un an et demi que je n’y étais pas retournée) et encore moins en Italie!

Je crois que le seul moment où j’étais vraiment écoeurée, pendant ce voyage, était lors de l’attérissage sur Venise: je me suis dit que je n’aurais pas le temps de visiter Venise mais qu’au moins, lors de l’attérissage, je pourrais l’appercevoir… mais j’étais assise du mauvais côté, dans l’avion, et je n’ai vu qu’une zone industrielle immense et déprimante avant de tomber dans les bras de mes parents et mon petit frère (et bon, ça me faisait plaisir de les voir mais je les avais vus à peine un moins avant, alors bon ;) ).

En plus, tous les amis et la famille n’arrêtaient pas de me rabacher les oreilles (pendant trois jours) qu’après le mariage, ils allaient profiter de ce qu’ils étaient en Italie pour aller à Venise… Là, j’ai commencé à penser que c’était une conspiration du monde entier, que TOUT LE MONDE verrait Venise sauf moi, et que la vie était trop injuste!

Heureusement que mes parents connaissent bien leur fille et se sacrifient pour elle depuis des années (et des années), et ils ont bien deviné (ou c’est moi qui étais chiante?) que j’avais trop envie d’aller voir Venise, ne serait-ce que pour quelques minutes! On a essayé de coincer un petit voyage (deux heures pour y aller et deux heures pour le retour, quand’même) entre les déjeuners en famille, la mairie, les pizzas, les cérémonies, les petits déjeunés inclus dans le prix de la chambre, la villa, et les dîners dançants, mais ça n’a pas été facile, parce qu’on pouvait quand’même difficilement être en retard au mariage de notre propre fille/soeur!

Finalement, on a décidé de partir un peu plus tôt du « brunch » du dimanche matin et de passer l’après-midi à Venise. On était obligés de rentrer à l’hôtel le soir et de repartir pour Venise très tôt le lendemain matin pour attraper mon avion, ce qui était complètement con, mais moi je ne recule devant aucun sacrifice au nom de la culture et mes parents ne reculent devant aucun de mes caprices :)

Donc on est allés tous les trois à Venise dimanche après-midi, et malgré la recherche épique d’une place de parking pendant quelques heures, on a passé environ trois heures géniales, dans les bateaux et à la Place St Marc, et… et c’est des souvenirs innoubliables! On a eu de la chance parce qu’on est arrivés pépères, on s’est balladés, on a pris plein de photos, et puis on est allés dans la Basilique, la belle, la merveilleuse Basilique, et on en est ressortis… et c’est là qu’on s’est rendus compte qu’on était arrivés 15 minutes avant qu’elle ne ferme! Le pot! (ou le Pô?) En tous les cas, la gellato était délicieuse, le temps magnifique, et mon coeur chantant!

C’est sûr, en trois heures on ne voit pas tout Venise. Mais je m’en fiche. Maintenant, je peux dire que j’y suis allée, je ne suis plus jalouse à chaque fois que mes frangin(e)s en parlent, j’ai vu de mes propres yeux un chef-d’oeuvre d’architecture, de culture, et de beauté, je sais pourquoi je voudrai un jour y retourner, et en attendant, j’ai encore tout l’or de Venise dans les yeux!

Merci à jojo d’avoir fait son mariage dans un pays magique, et merci à mes parents de m’avoir offert ces souvenirs pleins de soleil :)

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Cliquez sur la photo pour voir tout l’album.

Et pour tous ceux qui ont deviné l’Italie et Venise (et Udine!) juste lors de mon petit concours: envoyez-moi vos adresses postales (misslulu chez rogers point com) et je vous enverrai des cartes postales ce week-end, PROMIS!

Y’a une de ces quantités de photos à trier, je vous raconte pas! Entre les cérémonies à droite et à gauche, ma petite escapade dans une jolie ville italienne (à venir), et ma petite escapade d’hier dans le Grand Nord (à venir aussi), ça me fait une belle quantité de photos à trier et améliorer. Vous croyiez que les photos étaient bien prises? Haha. Mon cousin (et mon pôpa, et moi, dans certains cas) a fait un excellent boulot, c’est certain, mais les photos sont quand’même pratiquement toutes coupées, traffiquées, passées à l’anti yeux-rouges, ajustées, recadrées, colorées, et changées de luminosité. Bon d’accord, le résultat n’est pas toujours à la hauteur, mais c’est mieux que rien croyez-moi!

Donc, voilà deux nouveaux albums de photos de mariage: nouméro uno, et nouméro doué. Il manque encore quelques photos que je rajouterai demain ou un de ces quatres sur ces pages (et je viens de remarquer que l’ordre des photos n’est pas toujours très logique) parce que là j’ai trop mal aux yeux pour passer plus de temps devant l’ordinateur.

La famille et les amis: vous pouvez bien sûr copier et imprimer toutes les photos que vous voulez, et aussi envoyer le lien de ces pages à tout le monde! Moi, je vais au cinoche (et c’est pas ça qui va me corriger la pile de copies qui m’attend, hum…).

Y’a pas à dire, ça me fait quand’même bizarre de me dire que mes deux petites soeurs sont mariées. Il reste encore le petit frère, qui je l’espère se mariera dans un endroit très exotique pour qu’en plus de nous forcer à retrouver toute la famille qu’on ne verrait jamais sans ces mariages, ça nous donne aussi au passage l’occasion de visiter un nouvel endroit aussi chouette que l’Italie.

Dans quelques années, j’aurai plein de neveux et de nièces, et dans quelques années, mes frangins seront grands’parents, et dans quelques années, on sera tous vieux. Quand on était jeune, ça n’arrivait qu’aux autres, ce genre d’histoire! Nous, on devait rester jeunes éternellement.

Ce passage à la mairie de San Daniele était très impressionant. La famille était assise devant, dans les hautes chaises en bois des dignitaires, et Madame la Maire était magnifique avec son joli ruban italien. En plus, elle parlait un excellent anglais quand elle a expliqué que le reste de la cérémonie se passerait en italien! Donc je n’ai pas compris grand’chose mais ça ne m’a pas empêché d’avoir les larmes aux yeux plus d’une fois!

Elle était magnifique, ma jojo, rayonnante de bonheur, et son momo aussi! Entre vous et moi, je pense qu’elle a fait un excellent choix et lui aussi. Elle est belle, intelligente, forte, drôle, têtue, créative, talentueuse, et excellente cuisinière. Lui n’est pas mal non plus. Je trouve qu’il devrait venir faire un post-doc au Canada mais ça n’a pas l’air d’être dans leurs plans… Croisez les doigts pour les Etats Unis ;)

Allez, j’arrête de barratiner et je vous laisse regarder les photos!

Beaucoup des photos d’Italie étant en ce moment-même coincées sur l’ordinateur de mon beau-frère et ce dernier étant en balade quelque part en Italie, je ne peux pas encore vous parler de la raison principale de mon voyage court mais bref… mais je peux vous parler de quelques impressions de voyage et de la rencontre des familles des mariés pour vous faire patienter :)

Le truc le plus marrant c’était de partir, pour la première fois de ma vie, de « chez moi » depuis l’aéroport de Granbled. C’était une impression bizarre de ne pas savoir à quoi ressemblait Granbled vu de haut, de me dire que je quittais le Canada mais que j’y reviendrais, de voir cette ville au bord du lac et de me dire que c’était « chez moi. » Bien sûr, la vue était plus intéressante que quand je quittais mon champ de maïs par avion mais moins belle quand’même que quand je quittais Salt Lake City par avion, parce que j’ai rarement vu de plus belle vue que le lac et les étangs salés et multicolores de Salt Lake City au couché du soleil depuis un avion!

Mais Granbled c’est pas mal. Par contre, et je vous prie de me croire et de ne pas oublier ce conseil sage et avisé (après tout, je suis docteure, vous devriez me croire sur parole): ne prennez JAMAIS un avion qui atterrit à ou décole de l’aéroport de New York (JFK)! C’est toujours la galère intégrale et les retards ne sont pas probables, ils sont si certains qu’ils sont déjà prévus en partie dans votre horaire de voyage! Par exemple le vol entre JFK et Granbled est des 55 minutes mais mon horaire me disait qu’on partait à 18:30 et qu’on arrivait à 20:30. On est arrivés à 21:45.

Mon arrivée à Venise (bravo pour les gagnants!) après un très long voyage a été très décevante, parce que ma fenêtre d’avion ne donnait que sur la zone industrielle et je n’ai rien vu de la ville! Par contre, c’était génial de retrouver mes parents et mon frangin qui m’attendaient et de faire avec eux la route vers Udine (bravo pour LE gagnant :) ) et la petite ville juste à côté où allaient se dérouler les festivités. J’étais bien naze, mais très heureuse de retrouver ensuite mon autre petite soeur, son mari et leur bébé, ainsi que la reine de la fête, mon futur beau-frère et ses parents lors d’un déjeuner fort sympatique et délicieux.

La chose la plus rigolote mais qui m’a épuisée le plus dans ce voyage, à part le fait que j’ai dû dormir au maximum 10 heures en 5 jours, c’était la multilingualité de ce mariage: les langues principales étaient le français (langue de la future mariée et de sa famille), l’allemand (langue du futur mari et de sa famille), l’italien (langue du pays et de plein d’amis), et l’anglais (langue de ceux qui essayaient de se parler). C’était souvent difficile de savoir quoi parler avec qui et de mélanger toutes ces langues avec les gens qui en parlaient plusieurs ou aucune, et tous les discours devaient être traduits dans au moins deux langues à chaque fois! J’ai fait ma cure d’allemand et d’italien pour un moment, mais j’ai baragouiné avec plein de personnes super intéressantes et sympatiques!

Bref, voilà un premier album avec quelques photos prises avant le mariage en question. Cliquez sur la photo ci-dessous et vous y arriverez. Bon voyage :)

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Devinez où j’ai passé le week-end et à qui j’ai probablement filé ma (première mais certainement pas dernière) grosse grippe canadienne?

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J’écoute ma radio préférée en directe depuis mon champ de maïs à travers la magie d’internet. Le couché de soleil est sublime et les températures enfin vivables. Mon appartement est rangé, propre, en ordre, joli, pratique. Les chatounes dorment tranquillement quelque part. Je regarde le lac onduler tranquillement et je me dis que je suis chez moi, si si, pour de vrai, chez moi. Seule. C’est ma vie. Maintenant. Comme ça. Ici. Chez moi. A Granbled. Au Canada!

Ces quelques jours avec mes parents ont été vraiment chouettes. C’est différent d’être en visite chez mes parents en Suisse et de les avoir chez moi, en visite chez moi, chez moi, chez moi… si si, c’est vraiment chez moi… Bref, c’est chouette et c’était sympa. En plus, je me suis fait gâter pourrir comme c’est pas permis, même que j’arrive toujours pas à croire que tous, tous les détails que je voulais pour fignoler mon petit chez-moi (si si, c’est chez moi, pour de vrai) ont été vissés, cloutés, trouvés, attachés, montés, jetés, démontés, remplacés, achetés, et … fignolés! Depuis les étagères des placards jusqu’aux étagères à épices de la cuisine, depuis la petite table ronde du salon jusqu’au nettoyeur de moquette, depuis le dictionnaire de canadien jusqu’aux jolies assiettes et bols d’Ikea pour remplacer mes vieux trucs dépareillés et cassés, depuis les croissants de la boulangerie française d’à côté (pas trop à côté, heureusement) jusqu’au magnifique sac à dos en cuir pour faire plus « professeure » et sérieuse! Domage qu’ils soient partis parce qu’à ce rythme, demain c’était la télé plasma de 160 centimètres et la Mercedes ;)

Bon, les cadeaux c’était génial, mais c’était aussi particulièrement agréable de parler de ma nouvelle vie, de Granbled, du boulot, du Canada, du petit neveu-petit-fils, de la Suisse, des croissants de la boulangerie française d’à côté (pas trop à côté, heureusement), et de tout et de rien. C’était marrant aussi d’être « celle qui sait comment ça marche à Granbled » alors qu’en fait je ne connais rien du tout et que si mes parents n’avaient pas été se balader à pieds dans tous les sens et contre-sens, je n’aurais jamais découvert la boulangerie française d’à côté (pas trop à côté, heureusement). Et puis quand je vais en visite chez mes parents, ils ont toujours leur vie qui continue en même temps, alors que là, ils étaient vraiment loin de cette vie de tous les jours, des vrais touristes, et rien qu’à moi pour quelques jours! J’ai cru que ça allait vite me tapper sur les nerfs mais même pas, pas une seule fois! C’était bien triste de les laisser partir!

Après leur départ, Sosso, Calinette, et moi nous sommes regardées… On était assises par terre dans la chambre, seules pour de vrai de vrai, chez nous, et on a écouté le silence et les voitures sur l’autoroute et le cabot de la voisine et le vent sur le lac. On s’est dit que c’était bien triste de ne plus avoir le petit frère qui faisait si bien les calins aux chatounes, les bureaux d’Ikea, et la banane avec nous. On s’est dit que c’était bien triste de ne plus avoir un papa et une maman qui racontaient Granbled avec plein d’enthusiasme et nous faisaient des bons petits plats. Et puis on s’est fait un gros bisou sur le nez et on a fait une grosse sieste!

A notre réveil, quelques heures plus tard, on était heureuses, toutes les trois, et on s’est dit que notre vie à Granbled, dans notre joli petit chez nous, allait peut-être être bien agréable, après tout :)

Bienvenue à Alexandre, mon premier petit (mais pas si petit que ça quand même: 56 centimètres et 4,12 kilos!) neveu! Félicitations et bon courage à sa maman (et à son papa aussi!) pour se remettre de toutes ces émotions et de longs moments pas faciles du tout. On vous embrasse tous les trois très très fort et on attend les photos avec impatience!

Félicitations aussi à mon pôpa et ma môman qui sont grands-parents maintenant, et à mon Papi et ma Mamie qui sont arrières-grands-parents!

Un petit poème de Charles Fontaine pour Alexandre qui parlera bientôt couramment le language SMS:

pti enfan, peu-tu le bi1v’nu
etr sur ter, ou tu n’aport ri1,
mê ou tu vi1 kom 1 pti ver nu ?
tu n’a 2 dra, n linje ki soua ti1,
0r ni $, n’okun bi1 teri1 ;
A pér e mér aport seulmen
pein è sousi, & wala tou ton bi1.
pti enfan, tu vi1 bi1 povrman !

de ton honeur ne veuil plu êtr chich,
pti enfan de grd bi1 jwiSant,
tu vi1 @ mond o6 grd, o6 rich
kom le roua, é o6 floriSant.
ton héritaje é le siL splendiSant ;
té serviteur son lé anje san viS ;
ton trézorié, c le 10eu tt-p8Sant
GraS 10vine é ta mér nouriS.

Allez viens, on t’attend!

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Bon d’accord, je commence avec le (petit) frangin. Il arrive le 11 juillet à Montréal et voudrait passer 2-3 jours à visiter cette magnifique ville avant de me rejoindre (en train? en bus?) dans mon champ de maïs. Y aurait-il donc une bonne âme pour l’héberger pendant 2-3 nuits? Il est pas chiant mais il prend de la place. Pas dans le sens qu’il s’affale sur le canapé devant la téloche avec une bière, mais plutôt dans le sens qu’il fait presque deux mètres! A part ça, il est super sympa, marrant, intéressant, drôle, intelligent, beau comme un dieu, indépendant, et finit des études en science-po et en haubois. Il ne vous cassera pas les pieds et n’aura besoin d’aucune aide (mais les conseils sont toujours les bienvenus, pour visiter une nouvelle ville). Il y a quelques photos de lui sur cet album et les suivants. Bref, au cas où vous auriez la possibilité de lui offrir un (grand) canapé pour ces quelques jours, vous pouvez me contacter :) Et croyez-moi, vous ne le regretterez pas!

Deuxièmement, je dois annoncer à la terre entière que ma Calinette ronronne! Depuis que je suis rentrée de Granbled, elle est redevenue la Calinette que je connaissais avant l’arrivée de Sosso et est une vraie amour de chatoune. Sosso, ma boiteuse préférée, semble elle aussi un peu moins sauvage et se laisse caresser de temps en temps même quand c’est pas elle qui l’a décidé. Elle vient aussi dormir près de moi le matin, souvent juste à côté de Calinette, ce qui fait que quand j’ouvre les yeux, la première chose que je vois est mes deux chatounes à peu près copines et confortables avec moi aussi, et y’a pas de meilleure façon de commencer la journée. Je passe souvent quelques minutes à les caresser et leur fait plein de bisous avant de me lever. C’est vraiment chouette :)

Troisièmement, j’ai enfin réussi à faire un album de photos de mon voyage à Saint Louis. Avec un peu de chance, j’arriverai aussi bientôt à envoyer les cartes postales promises lors de ce voyage, huhuh. J’en ai profité pour rajouter des photos et refaire l’album de photos d’amis qui était trop moche. Comme d’habitude, cliquez sur « Start Slideshow » et laissez les photos défiler. Enjoy :)

Ce matin, je suis allée dans un restaurant pour y rencontrer quelques amis de passage à Lafayette pour une conférence.

On était trois ou quatre assis dans l’entrée du restaurant en train d’attendre les autres quand soudain Art s’est précipité vers la porte, mais trop tard. Un vieux monsieur avait essayé d’entrer dans le restaurant et avait perdu l’équilibre. Sa femme, pas non plus dans sa première jeunesse, était derrière lui et avait essayé de le retenir de tomber mais tous les deux étaient tombés, et lui sur elle. Il avait les cheveux blancs et une petite barbichette blanche. Elle était habillée de bleu et portait des lunettes. Chics tous les deux. Probablement des professeurs de Purdue à la retraite, levés tôt un dimanche matin pour un petit déjeuner en amoureux dans le seul restaurant du quartier ouvert à cette heure. Probablement des grands’parents adorables.

Lui a visiblement réussi à se relever, mais pas elle. Quelques temps après, une ambulence est arrivée et les ont probablement conduits dans un hôpital. Nous, nous sommes allés nous asseoir avec les derniers arrivants de notre groupe et avons essayé de passer un moment agréable ensemble en oubliant ces images.

Moi, j’avais la gorge serrée. J’imaginais ma mamie avec ses genoux fatigués essayant d’empêcher mon papi et son mauvais équilibre de tomber en montant dans un bus
ou en poussant cette horrible porte si lourde pour rentrer chez eux. J’imaginais les passants s’arrêtant pour regarder ce qui se passait et puis continuant leur vie en oubliant cet « incident. »

Je n’ai pas peur de mourir, en ce qui me concerne. Mais j’ai peur tous les jours, à chaque instant de ma vie, que quelque chose arrive aux gens que j’aime. Que mes parents soient confortablement installés devant la télé dans leur salon ou en vadrouille à l’autre bout du monde, que mes grands’parents soient à Paris ou aux Combes, que mes frangin et frangines soient tranquillement chez eux ou en train de faire les zouaves avec les copains, où que soient tous ceux que j’aime, dès que je les quitte des yeux j’ai du mal à respirer.

Alors je retiens ma respiration jusqu’à ce que je les revois et que je sache que tout va bien. Dans mon coeur, bien caché, je fais toujours une prière pour que les mauvais conducteurs, les cigarettes mal éteintes, les bateaux troués, les avions détournés, les marches de métro trop hautes, et les portes de restaurants trop lourdes restent le plus longtemps possible le plus loin possible de tous ces gens que j’aime et qu’ils soient toujours protégés. Et je retiens ma respiration…

Cliquez sur la photo et ensuite sur « start slideshow » (en haut à droite de la page) et laissez les photos défiler :)

alexandre

Où il est parti tout le monde? :cry:

Dans cette société de consommation que sont les Etats Unis, il existe plusieurs rites que chaque personne traverse au long de sa vie. Il y a par exemple la célèbre « prom, » bal de fin de lycée où il faut trouver LA bonne personne qui y ira avec nous, LA robe à $300, la limousine, le smoking avec la boutonière, le restaurant… Comme le disait Super Frenchie, « et pendant ce temps-là les petits français du même âge se préparent au bac. »

Il y a aussi les très célèbres cérémonies de « graduation, » c’est-là dire de remise de diplômes, avec la longue tunique et le « mortar board, » chapeau carré auquel pend un petit pompom avec l’année de la graduation. Je trouve ça très cool, surtout que pour ces cérémonies, les universités essayent d’inviter des gens célèbres pour les grands discours et j’ai eu Jeanne Sadat la première fois (dont j’ai adoré le bouquin, femme de feu Anuar el-Sadat, ex-président d’Egypte), et Rod Paige, maintenant ex-Secretary of Education des Etats Unis la deuxième fois. Passionant! (D’ailleurs, rendez-vous le 5 août pour la dernière cérémonie de graduation en directe du champ de maïs…)

Et puis il y a les « showers. » Non, pas les douches, prises religieusement une ou deux fois par jour par des américains qui ont la hantise des BOs (body odors). Les « showers » dont je vous parle sont des fêtes, tout simplement, en prévision d’événements spéciaux. Il y a en particulier la « bridal shower » et la « baby shower. » La bridal shower, c’est une fête seulement pour la future mariée et ses amiEs, les hommes n’ont pas le droit d’y assister! Tout le monde fait des cadeaux à la future mariée, surtout des trucs marrants du genre menottes en fourrure, dessous coquins, et gel au goût de chocolat… Et la baby shower, vous l’aurez deviné, c’est une fête pour la future maman!

Et samedi soir, c’était la baby shower de ma chtite soeur, organisée par sa copine Sarah, dans un p’tit restau très sympa, avec plein d’amis de ma soeur et de son mari et des tas et des tas et des tas de cadeaux. J’ai profité du fait que j’étais justement de passage dans le Michigan pour y assister ;)

J’ai donc décidé que comme moi aussi j’allais avoir un bébé, un gros bébé de 400 pages, il fallait impérativement que j’aie moi aussi ma baby shower! Vous êtes toutes et tous invités, bien sûr! La fête à lieu maintenant, en ce moment-même, et je vous invite à aller boire un coup et reprendre un de ces petits fours délicieux, à vous asseoir confortablement dans le canapé, et à faire la connaissance de tous mes supers copains. Pour les cadeaux, c’est pas la peine, j’en ai déjà reçu plein sur mon blog ces derniers jours… mais si vous insistez vraiment, ma ouichlist est toujours là et y’a plein de trucs à m’offrir, (comme par exemple les bouquins sur Granbled), huhuh! Pour les baignoires de bébés, la crème pour les fesses, et les petits vêtements, c’est pas la peine, je vous remercie, je ne pense pas que les chatounes apprécieraient que je leur mette des petites chaussettes ou un mignon petit bonnet avec des oreilles de lapin!

PS. le mot « douche » (à prononcer à la française) existe en anglais… mais il vaut mieux éviter de l’utiliser parce que c’est un « savon » de nettoyage d’orifices uniquement féminins… et un « douche bag » se dit de quelqu’un de vraiment très crétin.

PPS. J’ai pris plein de photos de la douche de bébé de ma soeur, mais mon ordinateur refuse de les publier (nouvel ordinateur qui ne reconnait pas mon ancien compte). Je vous prévidendrai dès que ça remarche.

PPPS. Il me reste exactement une semaine pour TOUT FINIR! Je continuerai à lire mon blog avidement le plus souvent possible, mais pardonnez-moi de ne pas être aussi présente que j’aimerais l’être. Je vous suis éternellement reconnaissante pour vos posts qui me donnent du courage et me refont sourire quand tout ne va pas aussi bien que prévu. Continuez à poster… même les inconnus et les nouveaux venus, même les timides, même ceux qui n’ont rien à dire, même si c’est pour raconter n’importe quoi, même si c’est pour poster un petit bout de votre vie… Pour moi, c’est comme si je recevais un bouquet de fleurs à chaque nouveau post, des jonquilles, des roses, des marguerites, des renoncules, des pensées, des lilas, des iris, des crocus, des anémones, des cosmos, des gueules de loups, des oeillets, des fraisias, des paquerettes…

Je vous quitte, je n’en peux plus de mal de poignets, envie de pleurer, rage contre les statistiques, aboiements de chiens, bêtises de chatounes, solitude, thèse sans queue ni tête, pizza froide, et nuits sans sommeil. Je vais voir ces deux-là. Je reviens demain soir, soyez sages :)

Toutes les belles filles vont par trois, dit le proverbe. Aussi le numéro quatre est-il un garçon, à la stupéfaction générale. Chez nous on appelle ces enfants tardifs des raclions, c’est la petite boule de pâte à pain que l’on racle dans le pétrin après avoir façonné les miches.
Les filles voulaient une petite soeur, les garçons nous arrachent les bonnets à la récré, alors si c’est un frère on le met à la poubelle! Mais le jour de sa naissance, Lulu a les larmes aux yeux, d’émotion, j’espère, quand elle annonce la grande nouvelle autour d’elle. Jeanne la philosophe s’informe : comment on sait que c’est un garçon ?
Nils est un prématuré fragile, une quatrième césarienne en urgence, il sera malade souvent. Ma belle-soeur médecin pourra grâce à lui réviser tout son cours de pédiatrie. Il pleure beaucoup, sûrement pour faire sa place dans la famille. Un jour que je lui donne à têter, Anaïs l’encourage : alors, Nils, il est bon le lait de vache, hein ? Je lui explique que c’est la maman qui fabrique le lait, et qu’elle aussi a bu ce lait quand elle était bébé. Elle regarde alors Nils avec complicité : ah ben dis donc, Nils, heureusement que je t’en ai laissé !
Les trois soeurs aiment beaucoup leur frère, c’est un vrai petit gâtion. Il appelle indifféremment « maman » les cinq autres membres de la famille qui se précipitent à ses appels. Parfois il faut mettre de l’ordre pour le partager équitablement. Anaïs reste derrière la porte de sa chambre par solidarité, chaque fois qu’il pleure, elle le laisse démolir ses jeux et ses puzzles, tu sais, me dit-elle, j’aime mieux Nils que moi. Elle refuse de manger son gâteau d’anniversaire car Nils est trop petit pour en manger. Quand Jeanne doit le garder, elle s’assied auprès du berceau et lui chante le livre qu’elle est en train de lire (sa grande passion), et ses compositions musicales endorment le chérubin.
Il parle tard, comment le pourrait-il avec ses soeurs qui papotent toute la journée. Aussi Lulu lui fait-elle faire des exercices : Nils, dis gauffre ! Il dit gonffre. Dis gauauauauauffre ! Il répète gonffre. Dis bateau! Il dit bateau !!!! Alors dis gauffre ? GONFFRE!!!!!.
C’est un enfant inventif, alors que ses soeurs sont sages. Il s’en étonne lui-même : c’est drôle, les bêtises, je sais les faire tout seul, je n’ai pas besoin d’apprendre. Il est aussi gromoteur (il dit des gros mots) et toudeur (il fait tout), dit Lulu de lui. Et, comme les trois autres enfants, très courageux.
Lulu est la grande, déjà, elle participe de haut à cette nurserie, elle défend les petits contre nos abus d’autorité, elle critique aussi, elle trouve que Nils est plus gâté qu’elle ne l’a été, mais elle a la joie de profiter, au seuil de l’adolescence, d’une vie familiale encore fraîche et naïve. Et tout ce petit monde grandit vite, car comme dit Lulu : moi je sais ce qui fait grandir les enfants, ce sont les anniversaires!

Mais la famille s’agrandissait et Lulu fut invitée un jour à répondre à la stupide question traditionnelle: « Qu’est-ce que tu aimerais mieux avoir, Lulu, un petit frère ou une petite soeur? » Elle répondit sans hésiter: « Plutôt un petit chien! ». Ce fut pourtant une petite soeur, Jeanne.
Lors de sa première rencontre avec elle, Lulu regarda Jeanne longuement, puis elle demanda: « Moi aussi, quand j’étais un petit bébé, je m’appelais Jeanne? ».
Après quoi, fière de ses 3 ans, Lulu entreprit la lourde tâche de l’éducation de sa soeur, ce qui prouve qu’elle avait des dispositions naturelles pour l’enseignement… et les sciences expérimentales: elle lui apprit minutieusement à parler, lui nommant patiemment chaque chose… mais en intervertissant leurs noms, le chou s’appelait carotte et la carrote chou, la pomme banane, etc. Grâce à cette méthode passionnante, les deux filles eurent bientôt un langage bien à elles, plein de fantaisie et de surprises!
Jeanne avait deux ans quand, en digne émule de sa grande soeur, elle répondit à l’appel de son nom en pointant énergiquement un index sur sa poitrine tout en proclamant d’une voix forte: « Non, s’appelle Sophie! ».
Lulu s’occupa aussi de la santé de sa petite soeur et lui fit un jour ingurgiter un quart de bouteille de teinture-mère d’arnica (de l’alcool à 80° environ…); Jeanne vécut ainsi sa première cuite à 20 mois – un vrai coma éthilique, dont elle mit longtemps à se réveiller.
Et puis les chamailleries entre ces demoiselles commencèrent. Un jour, leur mère, lassée des cris et des disputes, dit à Lulu: « Cela suffit, Lulu, écoute plutôt ce que te dit ton ange, au lieu de te conduire comme un petit diable! » A quoi Lulu répondit: « Oh, j’aimerais bien obéir à mon ange, mais mon diable parle plus fort… »
Aussi, la deuxième fois qu’on posa à Lulu la question fatidique, petit frère ou petite soeur, elle répondit sans hésiter: « Rien du tout, j’aime mieux qu’on me laisse tranquille! »
(à suivre…) mom

Mais les nuages s’amoncèlent sur la petite tête blonde de Lulu. L’hiver de ses deux ans est glacial. Le chat Poclaque disparait un soir de neige, sans doute mangé par un renard. La chambre de Lulu est chauffée par un poèle à bois antique, et un jour que Lulu y fait la sieste, la maman met une grosse bûche dans le poèle, elle a bien du mal à y entrer….Puis elle retourne vaquer à ses occupations. La maison est immense, tout en longueur, la chambre est au deuxième étage. Au bout d’une heure la maman entre dans la chambre pour voir si l’enfant est réveillée, elle est assise dans son lit, les yeux rougis, la pièce est emplie de fumée….Les efforts pour faire entrer la bûche dans le poèle ont déplacé le tuyau d’évacuation , et la fumée s’est échappée dans la chambre. Seule, isolée, sans voiture, la maman téléphone à un médecin qui conseille de mettre Lulu en observation à l’hôpital. Bagages, taxi, arrivée à l’hôpital, le médecin arrache Lulu à sa maman, lui arrache son pou de doudou, et ,au lieu de la mettre en observation , la met sous tente à oxygène, aux urgences. Lulu hurle, hurle, hurle, elle perd la respiration. Le médecin vient annoncer que sa vie est en danger, qu’il faut prévenir son père, qu’il n’est même pas sûr qu’il reverra sa fille vivante car l’enfant fait des pauses respiratoires, qu’il doit se dépêcher… Deux heures d’attente et d’angoisse. On fait une piqûre sédative à Lulu, elle retrouve sa respiration, elle est sauvée !!!! Son père et sa mère ont appris ce jour-là ce que sait que de vivre en sachant son enfant en danger de mort, la pire des souffrance sans doute. Mais ils pourront à nouveau serrer leur enfant dans leurs bras, lui mettre ses petits habits, la baigner, l’entendre chanter et rire, chahuter avec elle, lui lire des histoires, se réjouir de ses progrès, la regarder dormir pendant des heures, émerveillés de sa vie, toutes ces choses prennent leur valeur à ce moment-là. Quant à cette Lulu, sous son air bienveillant, elle sait se défendre, et protester avec vigueur, une vie sans papa et maman et pou, elle n’en veut pas, elle est forte et fidèle à ses affections, elle ne peut pas vivre avec tant de douleur dans son petit coeur d’enfant, elle a failli mourir de chagrin à l’âge de deux ans !!!!!

Il était un fois, dans le fin fond de la forêt orléannaise, une petite fille appelé HIHI PUHI, qui était la perle du trésor de la pupille de ses parents car elle était une petite blondinette bouclée aux grands yeux bleus qui chantait toute la journée , et s’emerveillait de découvrir les fleurs et les animaux sauvages. Elle avait pour seule ami le chat Poclaque, (ah ah ) , et elle passait des heures a jouer à cache cache avec lui derrière des vieux cartons, elle partait en balade avec lui, à 8 pattes, et quand il allait trop vite pour elle , elle le ramenait en arrière en lui tirant la queue vers elle…Ses autres amis étaient les chèvres et leurs petits biquets, c’était un petit peu plus difficile parce qu’elles broutaient avec délice la paille sur la tête de Lulu (Aïe !) mordait sa main pour lui voler la pomme qu’elle mangeait, et couraient beaucoup beaucoup trop vite….heureusement elle pouvait être la maman des petits chevreaux trop nombreux et leur donner le biberon.Les chèvres s’appelaient Lilas Blanc, Sardanne, Loire, et le gentil bouc Lothaire, il vivait dans le salon attaché à la cheminée, quelle belle vie c’était pour elle ! Et puis il y avait les poules et les oeufs qu’elle découvrait, les abeilles, qu’elle aimait sans les craindre. Un jour que maman avait fait des confitures, elle avait posé sur la table de la cuisine l’assiette pleine d’écume, et Lulu l’a prise, elle est allée près de rucher et les abeilles gourmandes sont arrivées en essaim compact pour profiter de cette manne céleste, et Lulu disparaissait sous la nuée et son petit coeur généreux brillait dans ses yeux et le souvenir de ce moment m’accompagnera au delà de ma mort, je le sais, car il appartient à un monde indestructible, celui du vrai amour divin.Lulu aimait beaucoup le jardin potager, elle cueillait des bouquets de fleurs de fraises pour sa maman, elle mangeait les cerises et les noyaux avec, et parfois même les pétoles de chèvres, on ne sait jamais, elle ne mangeait jamais de bonbon, mais des graines de courges, miam, miam, et du bon pain fait par papa. Ses jouets étaient les outils, la vaisselle, la nature…Un jour que nous l’avions mise à dormir dans son haut landau de cette époque, et que nous revenions la chercher pour le gouter, nous trouvâmes le landau vide, et Lulu à 300 mètres de là, elle était tombée ( de haut ) et jouait dans le massif de pivoines, attirée sans doute par les belles couleurs des fleurs. Ah , ma Lulu, disait papa, quand la petite fille venait se jeter dans ses jambes. Ah, ton papa, disait Lulu qui avait encore bien des progrès à faire en français.Mais Lulu avait un ennemi et son paradis connaissait le mal, la peur et les cauchemars la nuit et le jour, c’était le coq, Lucifer, qui vous courait après et vous pinçait les mollets jusqu’au sang qund il était mal luné….Un jour Lulu a eu si peur qu’elle a réussi à grimper jusqu’ en haut de l’échelle double, jusqu’au grenier a à foin , elle s’y endormit, et le coq se lassa de l’attente.Quelle peur ! (à suivre)

… Ça dure à peine une semaine,
Mais quelle semaine!

La jolie maison où j’ai passé la semaine et ma petite voiture de location… C’est embêtant de louer des voitures, comme ça, parce que je ça me donne toujours envie d’en acheter un autre pour remplacer mon tracteur…

Les maisons sont construites comme ça un peu partout, comme la Floride est en réalité un immense étang avec des petites îles où sont construites quelques maisons…. Il y a toujours une immense véranda entièrement entourée de « screen » (c’est quoi en français, ce machin qui empêche les moustiques de passer?). Ca permet de passer la soirée dehors sans être embêtés par les petites bestioles. Je ne sais pas, par contre, si c’est efficace contre les crocodiles!

Il y a plein de canards et autres oiseaux magnifiques un peu partout (tiens, ça me rappelle que j’ai vu un faucon l’autre jour sur le campus de Purdue! Tous les passants étaient immobiles, c’était impressionant). Donc j’ai vu cet oiseau-là (un héron?) par ma fenêtre un matin…

Là, c’est la petite terasse où j’ai réussi à m’échapper pour prendre un peu de soleil pendant 10 minutes, mes seules 10 minutes de soleil de toute la semaine!

C’est sympa, comme ça, on dirait, mais en fait, Tampa est une ville qui est en train de se dire qu’elle pourrait être une « grande » ville et donc tout est en travaux, tout est absolument merdique, pas fait pour les touristes, pas pratique, mal indiqué, compliqué… Il n’y a pas de centre ville mais quelques petits coins chics ici et là (souvent entourés de quartiers sordides) avec des magasins et des restaurants. Par exemple autour du centre des congrès où j’étais, il n’y avait pas un seul restaurant (même pas un macdo, imaginez un peu!!) à moins de 20 minutes à pieds!

J’avais donc réussi à convaincre ma chtite soeur d’envoyer un « proposal » pour cette conférence et son truc a été accepté, donc elle est venue avec moi. Ses beaux-parents habitent à Tampa ce qui nous a permis de ne pas prendre d’hôtel mais de nous perdre un certain nombre de fois, comme ils habitaient quand même assez loin du centre-ville. Les embouteillages étaient assez coriaces, eux aussi… Bref, sa présentation était super géniale, et tout le monde lui a dit qu’elle devrait faire un doctorat mais elle veut pas, je sais pas pourquoi…

Là c’était après sa présentation et une des miennes qui était juste après. On était absolument nazes toutes les deux. C’était cool, pour une fois, parce que moi je me fatigue en général très rapidement, mais cette fois je n’étais pas la seule, comme elle se trimbalait avec un p’tit garçon de la taille d’un gros melon dans le bidon, huhuh!

Ce qui m’a fait le plus rire, là-bas, c’est que tous les stéréotypes que je pouvais avoir sur la Floride ont été confirmés: les filles blondes avec leur lunettes de soleil en super bagnoles décapotables, les vrais palmiers à l’intérieur des hôtels, la chaleur torride (plus de 25 degrés celcius en fin d’après-midi), les conducteurs qui ont pris un coup de soleil de trop sur la tête, la bouffe super bonne quand on y met le prix (et surtout plein de poisson, miam!!!), les alligators, … vraiment comme dans la série Miami Vice, vous voyez le genre?

Coucou la chtite soeur :)

Dernière soirée de conférence, on n’avait encore deux dîners auxquels il fallait aller en même temps! On n’en pouvait plus, on se serait couchées sur la table (ou même dessous) si on avait osé! Heureusement que les gens avec qui on était étaient vraiment super chouettes! C’est une des seules raisons pour lesquelles je vais encore à ce genre de conférence: revoir les vieux copains d’Utah ou de Purdue, d’anciens profs, des amis qu’on ne voit qu’une fois par an, et puis rencontrer des tas de gens sympas qui me donnent des idées pour mon déménagement au Canada (95% sûr), mon boulot, et mes études, et que je me réjouis déjà de revoir l’année prochaine… à Seattle cette fois 8)

Il y a quelques temps, j’ai promis d’écrire un truc sur mes problèmes de visa. … Eh bien à l’époque, les problèmes ne faisaient que commencer. Là, en ce moment, ils continuent! Mais avant de vous raconter ma triste histoire, faut que vous sachiez comment ça marche, sinon vous ne pigerez que dalle.

Quand on veut vivre dans les champs de maïs, on a plusieurs options. En gros, on peut se marier avec un bel américain et recevoir la fameuse carte verte, on peut trouver un boulot et recevoir un permi de travail et peut-être la carte verte, ou on peut être étudiante et … c’est compliqué. Pour être « valide » en tant qu’étudiante dans les champs de maïs, il me faut plusieurs choses:

- un passeport valide en tout temps mais s’il n’est plus valide on peut aller en refaire un a une embassade suisse à Chicago (si on s’en souvient à temps…) par exemple,
- un I-20, permi donné par l’université dans laquelle on veut aller et qui doit être valide en tout temps, et dont on fait la demande avant de faire la demande de visa.
- un visa, collé au passeport et obtenu à l’ambassade américaine de notre pays d’origine (ou de n’importe où, il suffit que ce soit en-dehors des Etats Unis)
- un I-94, petite carte blanche qu’on rempli dans l’avion et qu’on se fait aggraffer dans le passeport à l’arrivée, et qu’on doit rendre quand on quitte le pays.

Le I-20 est assez facile à obtenir, du moment qu’on est accepté par une université. Le I-94, lui, n’est pas un problème, puisqu’on a déjà reçu tout le reste. C’est leur moyen de savoir quand on est dans le pays et quand on n’y est pas. Le seul truc qui peut être problématique c’est si la douane ne fait pas bien son boulot et ne met pas un gros tampon rouge sur le I-20 et le I-94 à l’entrée aux Etats Unis… et alors là c’est le merdier intégral… mais ces aventures seront pour une autre fois.

Le visa, lui, est déjà un peu plus difficile à obtenir, surtout si on est de peau un peu trop bronzée, qu’on ne parle pas une langue de l’Europe de l’Ouest, qu’on n’aime pas les caricatures de Mohammed, ou qu’on a une mauvaise tête. Un visa pour une suissesse s’obtient en une journée et sans entretien. Pour un chinois, en un mois ou deux et avec parfois plus d’un entretien avec le consul qui se trouve dans une ambassade parfois à l’autre bout du pays. Un Palestinien peut se voir donner un visa après de longs mois mais s’il veut étudier en sciences, on lui refusera probablement l’accès à certains labs où il devrait travailler. Quand je suis partie pour les Etats Unis il y a dix ans de ça, on n’avait même pas besoin d’aller à l’ambassade en personne pour recevoir un visa. Maintenant si. Les visas « étudiants » sont donnés en fonction de la longueur des études, donc ils ne sont pas éternels.

Mais voilà le hic, le très gros hic, en ce qui me concerne: on PEUT étudier dans les champs de maïs MEME AVEC UN VISA EXPIRE! C’est-à-dire que le visa doit être valide SEULEMENT pour les entrées aux Etats Unis. C’est une « clé » pour rentrer, en fait, et il la faut uniquement pour rentrer, pas une fois dedans, et pas pour sortir. Ce qui fait qu’il y a plein d’étrangers qui étudient ici avec un passeport valide, un I-20 valide, et un I-94 valide, mais avec un visa qui a expiré avant la fin de leurs études. Ce n’est pas un problème si on n’a pas l’intention de voyager et d’aller rendre visite à la family, mais si c’est le cas, on est vachement cuit!

Comment j’ai réussi à aller à Granbled, alors? Fastoche: il y a une permission spéciale pour rentrer et sortir des pays limitrophes: Canada, Mexique, et tout plein de petites îles comme Hawaii (nan, pas Cuba quand même), si c’est pour un voyage de moins de 30 jours. Dans ces cas-là, on ne rend pas son I-94 à la sortie, on a une lettre spéciale du bureau des étudiants étrangers de l’université qui dit qu’on est toujours étudiants ici, et c’est comme si on n’était jamais sortis. Mais c’est seulement pour les pays limitrophes!

Le bureau des étudiants étrangers de l’université interdit qu’on quitte le pays (par exemple pour aller au Canada) et fasse une nouvelle de demande de visa, quand on est dans mon cas. Le risque est trop grand: si on me le refuse, je ne peux plus rentrer aux Etats Unis pour finir mes études ici! Je ne peux donc absolument pas rentrer en Europe avant d’avoir fini mon doctorat! Et je n’aurai de nouveau visa (avec un nouveau permi) que quand j’aurai un nouveau boulot et que je ne serai plus étudiante!

Jusqu’à aujourd’hui, c’était triste de savoir ça mais comme je suis bien occupée ces temps-ci, ce n’était pas dramatique, d’autant plus que je peux aller au Canada pour des entretiens d’embauche. Mais là, là ça deviens plus embêtant, parce que ma soeur chérie, la jojo, va se marier! Congratulez-là :) Et si je trouve un boulot cet été, j’aurai un nouveau permi (de travail et non plus d’étudiante) et un nouveau visa (de travail et non plus d’étudiante) et je pourrai donc aller à son mariage en octobre (faire un allé-retour en Europe pour le weekend c’est dur, mais que ne ferait-on pas pour sa soeur!)… mais si je reste à Purdue un an de plus, comme j’étais en train de me dire que ce n’était pas une mauvaise idée, je n’aurai pas de nouveau visa et je ne pourrai donc pas aller au mariage de ma ch’tite soeur! Comme dirait l’autre, zut, flûte, trompette et guitare! Ou, plus précisement, femme de mauvaise vie de chambre très mal rangée d’excréments de dinosaure!

(Je suis en train de me demander si je ne pourrais pas tricher et passer par le Canada… mais ça voudrait dire acheter 2 billets d’avion séparés, genre Indianapolis-Montréal aller-retour (ça c’est OK) et ensuite Montréal-Paris-Venise aller-retour en faisant semblant que je suis une touriste… à mon avis c’est très risqué et très cher (surtout qu’à mon retour à Montréal, ils vont me demander pourquoi je n’ai pas de billet de « retour, » si je suis une touriste)… Je vais en parler au bureau des étudiants étrangers demain, mais je la sens mal, cette histoire!) Quelle galère! :(

PS. Le bureaux des étudiants étrangers de Purdue ne peut RIEN faire pour moi. Si je sors, je prends le risque de me faire refuser un nouveau visa ou que ça prenne des mois… Y’a pas de doute, je suis OBLIGEE de finir mes études et de trouver un boulot ASAP! Je retourne bosser…

PS. Demain, plein de photos de… … … quelque chose de tas de couleurs différentes, qui a à voir avec l’eau, les gros camions, et qu’on trouve à chaque coin de rue d’Ann Arbor. Carte postale de champ de maïs à celle ou celui qui trouve ce qui sera sur ces photos :)

Bons souvenirs du week-end dernier avec ma ‘tite soeur de passage dans mon champ de maïs pour quelques jours. Cliquez sur la photo :)

[Rajoutage pour les touristes: Anaïs c'est ma petite soeur qui habite dans le Michigan pas très loin de l'Indiana et c'est elle qui est sur les photos, elle a une frange et moi pas et un petit nez et moi un grand et elle a 6 ans de moins que moi!]

J’ai reçu dimanche un drôle de coup de téléphone! Monsieur et Madame Grandsparentsdemisslulu ont adopté un chat! Et oui, tout peut arriver dans ce bas monde. Il paraît qu’il a trois mois, qu’il est noir et blanc, adorable, calin, téméraire, et qu’il s’appelle Appache. Appache le Valeureux même. Alors Monsieur et Madame Grandsparentsdemisslulu m’ont téléphoné parce qu’ils savent que je suis la reine de p’tits chats et ils voulaient me demander conseil. Je vais donc essayer d’écrire ici tout ce que je sais des chats, et j’espère que mes fidèles lecteurs rajouteront ce qu’il manque.

A la base, un chat à besoin de quatre choses: 1) beaucoup d’amour, 2) dormir, 3) manger, et 4) jouer. S’il a tout ça en bonne quantité, le chat sera un chat heureux. Regardons tout ça de plus près.

1) Les chats, surtout les petits, sont fragiles et ont besoin de beaucoup beaucoup de calins. Ils sont calins naturellement, mais si on les ignore ou les maltraite, ils ne viendront plus dans nos bras, ne se laisseront plus carresser, et seront très malheureux. Ils peuvent même arrêter de manger! Quand je ne suis pas là, ma Calinette ne mange pas même une croquette, alors je vous laisse imaginer son état après mes deux semaines en France en juin! Les calins n’ont pas besoin d’être « actifs. » Mes chatounes aiment bien se poser sur mes genoux quand je travaille, lis, ou regarde un film, ou sur mon bureau à côté de mon ordinateur en m’observant ou dormant, ou sur le comptoire de la cuisine où elles ont le droit d’aller, quand je fais la cuisine et que je mange. Elles ont besoin d’être dans la même pièce que moi, et ont besoin de tas de petits bisoux de temps en temps. Elles aiment que je leur parle et que je les brosse, aussi, pour éviter les poils partout, mais je sais que pas tous les chats aiment ça. Calinette aime bien que je lui gratouille la tête, tout près du nez, et les oreilles. Sosso préfère que je lui gratouille le bidon et le menton.

2) Un chat dort! Environ 70% du temps. C’est normal. Mais un petit chaton dormira beaucoup moins et sera plus actif qu’un chat plus vieux. Ce qui est marrant, je trouve, c’est que le chat dort n’importe où. Ma Calinette a un petit lit qu’elle adore, mais ça ne la dérange pas du tout de dormir sur la moquette dans le salon, sur mon lit, sur les fauteuils, et surtout sur la bibliothèque. Mais c’est quand même important qu’elle ait son petit coin à elle. Sosso adore plutôt dormir dans les petits endroits sombres comme ma penderie ou sous mon lit. Je lui ai fait une petite « niche » dans une de mes étagères, bien sombre, bien cachée, et elle adore s’y mettre. Elle n’aime pas beaucoup les « lits pour chats » ronds, parce qu’elle aime bien s’étaler de tout son long, pour dormir. Calinette c’est le contraire, elle aime se mettre en « boule » de chat. Quand elle était petite, Sosso dormait sur mon ventre, la nuit, et elle vient encore de temps en temps s’étaler sur mon ventre ou mon cou. Calinette ne dort jamais sur moi ou dans mes bras.

3) Manger, ah manger! Si on donne assez de nourriture régulièrement aux chats depuis qu’ils sont petits, ils apprendront à manger assez mais pas plus. Cela veut dire qu’on peut laisser un bol plein de nourriture pour partir deux jours, et je chat ne mangera pas tout le premier jour. C’est bien pratique. Sosso est comme ça, elle mange très peu à la fois mais souvent. Sinon on peut donner juste assez par jour tous les matins et/ou tous les soirs. Calinette ne mangera rien, même s’il y a quelque chose dans son bol, tant que je n’aurai pas mis de la nourriture à la bonne heure matin et soir et lui aurai fait un gros calin et dit « mange ma puce. » Elle mangera à sa faim, sans finir nécessairement son bol… et viendra me chercher le soir ou le matin suivant pour sa ration suivante. Pas besoin non plus de se réveiller aux aurores. Pendant l’année scolaire, je me réveille à six heures et donc les nourris à ce moment-là. Pendant les vacances, je veux dormir un peu plus longtemps donc les premiers jours sont difficiles parce qu’elles attendent (ou pas!) que je me réveille, mais au bout de quelques jours, elles sont habituées à ne se faire nourrir que vers neuf heures. Et ils leur faut toujours, toujours de l’eau bien fraîche! A part ça, Sosso veut toujours goûter ou sentir ce que je mange, et parfois, je lui donne un tout petit bout de fromage ou de gâteau, ou je lui laisse lècher mon doigt sur lequel il y a un peu de beurre, de chocolat fondu, ou de sauce tomate. Mais Calinette ne fait pas ça, c’est marrant, à part avec le yahourt!

4) Le chat a besoin de bouger. S’il reste dans un apartment, il faut jouer avec lui, le faire grimper et courir un peu, surtout s’il est jeune. Sosso, qui a bientôt un an, voudrait tout le temps jouer et elle me le fait bien comprendre. C’est mieux d’acheter des jouets pour chats plutôt que d’attendre qu’ils jouent avec les papiers, crayons, élastiques à cheveux, bobines de fil, fils électriques, sacs en plastique, et tout ce qu’ils trouvent partout. Et là, il faut faire très très attention où on marche, surtout si on a du parquet bien glissant! C’est bien d’avoir deux chats qui peuvent jouer ensemble, mais pour ça, il faut qu’ils s’entendent! Ah, c’est pas toujours évident, et même comme ça, ils veulent quand même notre attention. Les « arbres à chats » sont bien pour qu’ils se fassent les griffes dessus, sinon c’est le canapé et les rideaux qui y passent! Et ces coquines aiment se cacher, sauter partout, se courir après, essayer d’attraper tout ce qui dépasse, et même faire des blagues! Elles savent aussi m’apporter leurs jouets et m’emêcher de bosser pour que je joue avec elles!

Voilà pour la base. A part ça, il faut se souvenir qu’un petit chat c’est comme un bébé de deux ou trois ans. Ca comprend à peu près ce qu’on raconte (viens, mange, attends, arrête, non, allez zou, Sosso, Calinette, fais dodo, bisous, descends, t’as faim?, t’es où? gratouilles, etc.). Ca aime l’attention, et ça veut tout apprendre et découvrir le monde. Les chats iront partout où ils pourront aller, surtout si c’est dangereux! Et puis ça développe son caractère, un chat. Je sais quand Calinette boude, et quand elle en a marre que je la brosse, elle me donne un petit coup de patte… Et, comme les petits enfants, les chats sont innocents (ne comprennent pas quand on se moque d’eux, quand on est méchants, etc.), et n’ont pas beaucoup de mémoire. Si Calinette a fait une bêtise, ça ne sert à rien que je l’engueule 10 minutes plus tard parce qu’elle ne saura pas pourquoi je suis fâchée. Par exemple, je n’ai jamais permi à mes chats de me griffer! Quand je joue avec elles et qu’elles sortent leurs griffes, je leur dit « non! » tout de suite avec une petite tappe sur la tête et j’arrête de jouer. Au bout de quelques mois elles ont appris la leçon. Pareil pour sauter sur le comptoire de la cuisine. Et marcher sur l’ordinateur. Non!

Encore deux-trois trucs. Les chats sont naturellement propres, sauf s’ils ont été séparés trop tôt de leur maman. Donc surtout s’ils ne sortent pas dehors, il n’y a vraiment pas de quoi avoir peur. Calinette va dans sa caisse et se nettoye ensuite pendant 10 minutes à chaque fois! Elle se nettoye après avoir mangé, à chaque fois qu’elle se réveille d’une sièste, quand elle a beaucoup joué, et tout simplement n’importe quand pendant la journée. Si on a fait vacciner le chat et qu’on garde la caisse propre (le mieux c’est de la nettoyer tous les soirs, c’est fait rapidement avec un seul chat!), il n’y a aucune raison d’avoir peur de la propreté d’un chat. Pas besoin de le passer à la douche ou la machine à laver non plus ;) Pour leur apprendre à obéir (viens, arrête, etc.), la mailleure façon c’est d’avoir des petites gâteries et de leur en donner quand elles obéissent. Par exemple j’ai acheté une petite boîte de gâteries qui fait du bruit quand on la secoue. Au début, j’en donnait à Sosso en secouant la boîte. Et puis j’ai dit à Sosso « viens, viens ici ma Sosso » tous les soirs en secouant la petite boîte et elle arrivait à chaque fois en courant, alors je lui donnais une petite gâterie. Petit à petit, je continuais à lui dire « viens » mais lui donnais de moins en moins souvent de gâteries. Il faut parfois reprendre l’apprentissage, surtout après que je lui ai dit « viens » pour lui couper les griffes… après ça, elle se méfie pendant quelques jours.

Pour les griffes, je leur coupe celles de devant toutes les deux semaines, parce que je ne veux pas qu’elles détruisent complètement la baraque. Au début, il fallait que je les emballe dans une grande serviette de bain et je les assayais sur mes genoux contre moi pour leur couper les griffes avec ces ciseaux spéciaux pour chats. Il ne faut pas couper trop court sinon elles saignent et ça leur fait mal (au début c’est pas facile). Je leur donne toujours des gâteries pour les faire patienter, entre deux pattes et à la fin, et je leur parle toujours doucement en leur expliquant ce que je fais et en leur faisant plein de bisous sur la tête, et maintenant elles connaissent le système. Elles n’aiment toujours pas ça, mais je n’ai plus besoin de la serviette de bain pour qu’elles restent sur mes genoux.

Voili voilà. Je crois que c’est tout pour le moment. Qu’est-ce que j’oublie? J’ai oublié de dire combien il est bon d’avoir un chat! C’est une compagnie tellement douce et élégante, tellement mignonne et drôle, que je ne sais pas comment j’ai pu vivre tant d’année sans chat. Cet après-midi, je faisais la sieste et soudain, j’ai senti une toute petite tête se mettre dans ma main et commencer à ronronner… c’était tellement agréable et adorable! Et quand je rentre chez moi, je les vois qui attendent patiemment mon retour, et je leur dit « bisous » et elles courent sur le lit et on se fait plein de p’tits bisous sur le nez. Quand je prends une douche, je vois Sosso assise sur le trône (qu’il faut TOUJOURS bien fermer!!!) et m’observer… et parfois elle ose venir plus près mais elle n’aime vraiment pas l’eau! Je ne peux pas m’empêcher de sourire. C’est sûr que c’est pas drôle de nettoyer la caisse tous les soirs, mais c’est pas pire que de changer les couches d’un bébé, si on a une bonne petite pelle et des petits sacs adaptés. Et puis bon, on a des poils partout, surtout en été, mais on apprend à s’habiller avec les bonnes couleurs et puis il suffit de passer souvent l’aspirateur et d’avoir un de ces petits rouleaux à poils qu’on se passe dessus à chaque fois qu’on sort et voilà, pas de soucis. Ce sont vraiment les deux seuls « problèmes » que j’ai avec mes chatounes, et c’est un bien petit sacrifice que je fais en comparaison de tout ce qu’elles me donnent, tous ces moments chaque jour où je ne peux pas m’empêcher de rigoler, et tous ces petits bisous et ces calins!